Les Brigandes était un groupe musical féminin de chanson française apprécié de certains milieux d'extrême droite et vivant en communauté.
Elles ont publié entre et une centaine de chansons dont les textes critiquent toutes sortes de groupes sociaux, professionnels ou religieux.
Installées depuis à La Salvetat-sur-Agout, dans l'Hérault, elles vivent dans une communauté sectaire de plusieurs familles, dirigée par le gourou Joël LaBruyere.
Les Brigandes ont annoncé la fin de leurs activités en .
Historique Création du groupe Les Brigandes (le nom est un hommage aux insurgés de la guerre de Vendée) sont, avant , installées dans les Pyrénées. À partir de , les jeunes femmes vivent en familles avec leurs enfants et en communauté à La Salvetat-sur-Agout (Hérault)...
Le groupe apparait à la suite des Ultra Sixties, une formation tournée vers la musique des années 1960, et dont les membres sont eux aussi installés, depuis , à La Salvetat-sur-Agout. La chanteuse vedette des Brigandes participe également à Ultra Sixties, qui anime des fêtes et des bals populaires dans la région en proposant une musique dénuée de teneur politique. Au contraire des Ultra Sixties, les Brigandes prennent soin de ne pas se produire dans la commune où elles résident. À la suite de la révélation des liens entre les deux groupes, le maire de la commune est interpellé par certains habitants, qui dénoncent notamment la programmation du Ultra Sixties lors de la fête du village.
Les Brigandes, au nombre de sept., produisent des vidéo-clips depuis .. Leurs vidéos sont accessibles à travers un compte sur la plate-forme YouTube, mais selon David-Julien Rahmil, contributeur au site Neon, elles sont diffusées à partir de .
En , la communauté qui abrite le groupe des Brigandes se rebaptise « communauté de la Rose et de l'Épée »..
Style et thèmes Les textes du groupe versent dans la provocation identitaire et le complotisme.. Les Brigandes sont parfois qualifiées de , ., même si Louis-Henri de La Rochefoucauld, critique musical pour Technikart estime que .
Les thèmes abordés sont ainsi la dénonciation de , du , l'hommage à Vladimir Poutine, la lutte contre la ou contre le cannabis. Les textes des chansons ont pour cibles directes et variées la modernité, l'américanisation, les antifas, les soixante-huitards, l'immigration, la pollution, les homosexuels, les musulmans, les maghrébins, les Juifs, les journalistes, les financiers, les francs-maçons, les hommes politiques et les jésuites (dont le pape François).. Y figure aussi, selon le journal Le Point, le complotisme , avec le titre Ce geste, qui , En enfer, qui condamne , Comment on devient américain, qui évoque
Les Brigandes abordent aussi des thèmes ésotériques ou mystiques, comme la fascination pour l'Inde (chanson Hare Krishna), qui est pour le groupe. Les genres musicaux adoptés par le relèvent parfois de la musique folk, du style « sixties » ou du pop rock.
autour du groupe Grâce à une chanson qui tourne en dérision les , les Brigandes sont lancées en . La vidéo diffusée sur YouTube dépasse les et popularise le groupe auprès des internautes de la « fachosphère »..
Si les vidéos des Brigandes sont moins visionnées que les clips mainstream., elles ont plus d'audience que les chansons des autres groupes de rock identitaire français.
Le groupe a également une chaîne YouTube, dont les commentaires sont désactivés à partir de . En , Youtube ferme la chaîne des Brigandes à la suite de .. La chaîne totalisait alors plus de dix millions de vues.. Les Brigandes dénoncent une censure ciblée., arguant que les textes de rap qui incitent à la haine ne sont pas censurés.
Dès leur apparition, les Brigandes suscitent de nombreuses critiques en raison de leur positionnement politique. Le blogueur Guillaume Natas leur consacre un article, repris par David-Julien Rahmil du magazine Neon. Ce dernier présente la formation comme , et un article publié par l'école de journalisme de Sciences-Po analyse leurs chansons comme . Toujours selon David-Julien Rahmil, les Brigandes sont , , et leur vidéo sur la chanson Ce geste À l'inverse, le critique musical de Technikart, Louis-Henri de La Rochefoucauld, parle quant à lui de et ., et le journaliste du Point Thomas Mahler évoque des .
Les avis des villageois de La Salvetat-sur-Agout sont divisés à propos de clips du groupe diffusés dans l'espace public..
Succès dans certains milieux d'extrême droite L'extrême droite est divisée à l'égard des Brigandes, observe le politologue Jean-Yves Camus.. Si le groupe est très vivement attaqué par l'extrême droite d'obédience catholique traditionaliste et en particulier l'hebdomadaire Rivarol, il recueille une certaine audience dans des organisations relevant du nationalisme identitaire, tel le site Synthèse nationale, proche de Carl Lang, ou le groupuscule Ligue du Midi.. C'est ainsi qu'en 2015 Les Brigandes sont invitées à jouer à la « journée de la Synthèse nationale », revue identitaire..
Le groupe se produit en à Montpellier, lors d'une manifestation anti-migrants organisée à l'appel du groupe identitaire la Ligue du Midi.. Le même mois, les Brigandes se produisent à nouveau en concert lors de la de la Synthèse nationale », devant notamment Jean-Marie Le Pen et Serge Ayoub. Au milieu du mois d'octobre, à l'invitation du service de presse de la République autoproclamée de Donetsk, les Brigandes se rendent dans le Donbass..
Positionnement politique Dès , il s'est profilé dans l'opposition à la politique anti-Covid-19..
Polémiques et dénonciation comme mouvement sectaire Secte Les critiques envers les Brigandes ne s'arrêtent cependant pas à leurs textes, et portent également sur la nature réelle du groupe. En , Louis-Henri de La Rochefoucauld, critique musical du magazine Technikart et premier journaliste non issu de la à les avoir rencontrées, réalise un reportage sur les Brigandes, qu'il présente comme une formation non assimilable à l'extrême droite classique. L'article décrit les membres du groupe comme des personnes qui , et vivent avec leurs compagnons dans une communauté fermée d'une vingtaine de personnes où et où tous les biens sont mis en commun. Le journaliste s'interroge par ailleurs sur le rôle joué par leur directeur artistique, Joël LaBruyère, un sexagénaire qui fait figure de ..
Directeur de la rédaction du journal d'extrême droite Rivarol, Jérôme Bourbon, qui a d'abord été favorable à la communauté des Brigandes, la qualifie, après enquête, de . Au printemps , un article de son journal fait état du caractère sectaire de la communauté des Brigandes. En de la même année, Rue89 réalise à son tour un reportage sur la communauté des Brigandes, où les membres du groupe expliquent leur affiliation à l'extrême droite par le fait qu'il s'agirait du et car .
Selon le compte rendu du conseil municipal du de La Salvetat-sur-Agoût, la préfecture de l'Hérault identifie comme une secte la communauté dont font partie Les Brigandes.. Cependant, le procureur de la République et la préfecture de l'Hérault déclarent en qu'. En , le préfet de l'Hérault dit que le groupe et a des relations avec le maire.
Joël Labruyère, déjà connu par la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (MIVILUDES) pour ses activités de gourou, s'était illustré par le passé en tant que militant prosectes, notamment en fondant un , l'Ominum des Libertés, après l'affaire de l'Ordre du Temple solaire ; une plainte, déposée par cinq anciens adeptes contre Labruyère en , est toujours en cours d'instruction à Tarbes. Dans un article paru en , sur le site Rue89, une femme interrogée par la journaliste Nolwenn Le Blevennec décrit Joël Labruyère comme , capable de faire trembler un immeuble et, à distance, de bloquer les trains et de faire éprouver à ses adversaires d'intenses malaises physiques. Rodolphe Bosselut, avocat représentant plusieurs anciens membres de la Communauté de la rose et de l'épée , rapporte en que Labruyère déclare être . En , une enquête du Parisien décrit Joël Labruyère comme étant derrière les Brigandes et comme un ; Serge Blisko, directeur de la MIVILUDES, déclare que .
À la rentrée , dénonçant le travail de l'Éducation nationale comme un , le groupe déscolarise ses enfants..
En , l'hebdomadaire L'Obs publie une enquête de Nolwenn Le Blevennec, dans laquelle elle signale la mort, en , d'une femme souffrant d'un cancer de l'utérus et appartenant à la communauté « la Nation Libre » ; la communauté l'aurait encouragée à ne pas se soigner, à jeûner, et l'aurait isolée dans un cabanon... Un témoin présumé affirme que deux femmes appartenant au groupe auraient la personne décédée... Cette nouvelle enquête vaut à la journaliste des menaces et des insultes, notamment de la part de Joël Labruyère, qui affirme que le témoin présumé est une .
Ensuite, en , L'Obs révèle que .. En réaction, le groupe Les Brigandes publie un communiqué vidéo, très virulent à l'encontre des journalistes, dans lequel il dénonce une et un dont il serait la victime. Joël Labruyère et le groupe des Brigandes déclarent d'ailleurs porter plainte pour diffamation contre certains médias ayant relayé ces accusations..
En , une membre du groupe a été convoquée devant une commission d'enquête parlementaire sur les groupuscules d'extrême droite en France. Elle met en avant, dans son discours de défense, la liberté d'expression et affirme que l'activité du groupe est légale et apolitique.. Les Brigandes se vantent d'avoir été le seul groupe musical à avoir été convoqué par l'Assemblée nationale pour se justifier des chansons devant une commission d'enquête parlementaire.
Le groupe des Brigandes se défend de l'accusation de secte en se définissant comme un , et en affirmant que le terme de est utilisé .
Agressions et plaintes En , Antoine Duvivier, un membre du groupe, frappe Jérôme Bourbon après qu'il a refusé de retirer ses accusations sur le groupe.. Antoine Duvivier affirme quant à lui être venu au départ pour parler à Jérôme Bourbon.
Thierry Canals, un habitant de la commune militant de La France insoumise, porte plainte contre elles pour agression verbale (un ). et menace physique. La situation crée des divisions et une ambiance dans le village qui les abrite. Les Brigandes auraient également menacé un journaliste de lemouvement.info.. Un autre habitant voisin, Christophe Pourprix, lance une pétition, recueillant , demandant aux pouvoirs publics leur intervention contre le groupe ; il porte également plainte pour menaces. D'après le journal La Croix en , En , les plaintes n'ont toujours pas donné de suite.
Dissolution Début , les Brigandes annoncent mettre fin à leur activité. Pour justifier sa dissolution, le groupe avance la crise sanitaire qui perdure en France et une exposition médiatique défavorable.. Le groupe envisage de se réorganiser autrement. Selon l'hebdomadaire Marianne, Joël Labruyère, meneur des Brigandes et gourou de la Communauté de la rose et de l'épée, mettrait fin au développement d'une stratégie de construction d'alliances politiques qu'il a mise au point en créant le groupe, déclarant dans un communiqué : .
Discographie De à , les Brigandes sortent douze albums comprenant , accompagnés de la diffusion d'une centaine de clips..
Notes et références
Voir aussi Bibliographie .
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