Vigilance est un parti politique nationaliste et de droite genevois créé en 1965 et disparu en 1993.

Création Les origines du parti remontent à la mise en scène en 1963 d'une pièce de théâtre de Walter Weideli. Cette pièce, Le Banquier sans visage, est consacrée au financier genevois Jacques Necker, ministre des finances de Louis XVI, et porte un regard critique sur la bourgeoisie genevoise de l'époque. Ce spectacle doit être présenté lors des festivités marquant le de l'entrée de Genève dans la Confédération suisse (1815) et est fortement critiqué à droite, en particulier son subventionnement.

Sous l'impulsion de René Besson se forme un comité de vigilance en 1964 demandant l'interdiction de la pièce par le biais d'une pétitition qui récolte 11 000 signatures. Le comité mène ensuite avec succès deux campagnes référendaires contre des augmentations d'impôts communaux et cantonaux, avant de se constituer, en 1965, en parti politique.

Doctrine politique

Aux élections de 1965, le parti milite contre les trusts internationaux qui << envahissent et défigurent Genève >>, s'opposant ainsi à ce qu'il considère comme le surdéveloppement de Genève.

Aux élections de 1973, le parti critique la trop grande présence d'étrangers, notamment italiens, à Genève, mais aussi ceux qu'il considère comme de faux réfugiés. Vigilance s'inscrit ainsi dans le sillage des initiatives contre l'emprise étrangère de James Schwarzenbach et Valentin Oehen. Le parti a alors pour slogan : << Soyons moins nombreux pour vivre heureux. >>

Il critique également la présence des organisations internationales et lance un référendum contre la Fondation pour les immeubles à leur intention (FIPOI).

Ses principales figures sont le conseiller national Mario Soldini et l'avocat Arnold Schläpfer. Son slogan est : << Restons princes en notre ville. >>

Résultats électoraux

Grand Conseil

1965 : 10 députés 1969 : n'atteint pas le quorum 1973 : 10 députés 1977 : 8 députés 1981 : 7 députés 1985 : 19 députés : le parti devient ainsi le du canton juste après le Parti libéral, mais de nombreux candidats qui ne pensaient pas être élus démissionnent. 1989 : 9 députés 1993 : n'obtient que 2.23% des voix, ce faisant n'atteint pas le quorum

Organisation Organe de communication Vigilance : bulletin d'information du Comité de vigilance, 1964-1978 (n° 1-137) Le vigilant, 1978- (n° 138-257)

Sections romandes Vigilance a eu une section vaudoise, issue du Mouvement républicain, entre 1985 et 1987. Elle sera absorbée par l'Action nationale.

Scission et disparition Dès 1985, l'aile centriste de Vigilance s'inquiète de points de vue trop xénophobes de leur président, Éric Bertinat, proche du Front national français. Celui-ci démissionne en 1988Tribune de Genève, De Vigilance à l'UDC genevoise, le parcours d'Éric Bertinat, par Nicolas Merckling, 8 juin 2002.

En 1990, une scission survient finalement au sein du parti entre modérés et radicaux. Les scissionnaires modérés fondent le Mouvement patriotique genevois et 8 des 9 députés rejoignent le nouveau mouvement. Vigilance ne survit pas à la scission et disparaît en 1993.

Postérité

L'Union démocratique du centre, le Parti des automobilistes et le Mouvement citoyens genevois font plus tard appel à la même sensibilité et idées politiques, récupérant du même coup d'anciens militants comme Pierre Schifferli (UDC), Roger Golay (MCG), Éric Bertinat (UDC)L'UDC est-elle une succursale du parti radical?, Genève Home Informations, 25-26 février 2004, et Georges Jost (MCG). Mais d'autres militants comme le futur procureur général du canton Olivier Jornot, qui le rejoint encore adolescent, iront rejoindre le Parti libéral suisse.

Appartenance à l'extrême droite

« La filiation avec l’extrême droite est indiscutable » estime le quotidien suisse Le Temps. Le conseiller national du parti, Mario Soldini, et le caricaturiste du bulletin du parti Noël Fontanet étaient tous deux d'anciens militants de l'Union nationale, longtemps dirigée par Georges Oltramare, grande figure genevoise du fascisme de l’entre-deux-guerres.

Par ailleurs, un député de Vigilance, Pierre Jaquiard, qui était aussi responsable des Jeunesses vigilantes, après qu'un député du Parti du Travail a traité le groupe Vigilance au Grand Conseil de « Bande de fascistes ! », a rétorqué : « Et je suis fier de l’être ! »Vigilance et MCG : les faux jumeaux, Le Temps, 19 octobre 2013..

Bibliographie

Notes et références

Voir aussi Articles connexes Mario Soldini

Liens externes