Les sont un groupe de volcans situé à la limite des préfectures de Tochigi et Gunma, sur l'île de Honshū, au Japon. Son activité volcanique débute il y a environ , avec la formation des monts Nyohō, et Akanagi. Elle prend fin il y a environ avec l'émergence du stratovolcan Nikkō-shirane, son point culminant à d'altitude. Terres sacrées du shintoisme, ils deviennent aussi, au , des montagnes sacrées du bouddhisme par la volonté du moine bouddhiste Shōdō Shōnin, ascète montagnard et propagateur de l'enseignement du Bouddha dans l'ancienne province de Shimotsuke.
Le développement de la pratique de l'exploration de l'espace montagnard japonais en tant que sport et loisir, impulsé vers la fin du par des Occidentaux et poursuivi par les Japonais après la Seconde Guerre mondiale, amène en toute saison de nombreux randonneurs le long des chemins de randonnée qui s'étirent sur les pentes des volcans formant les monts Nikkō dont la faune et la flore sont protégées par le gouvernement japonais du fait de leur intégration au parc national de Nikkō depuis 1934.
Toponymie Dans les monts Nikkō, le mont Nantai, montagne sacrée de l'est de l'ancienne province de Shimotsuke (la préfecture de Tochigi depuis la fin du ), est aussi appelé .. Le terme « » est un raccourci pour , expression qui désigne un vent catabatique qui souffle dans la préfecture de Tochigi deux fois par an, au printemps et à la fin de l'automne (ou en début d'hiver)... À l'époque de Shōdō Shōnin (), moine bouddhiste fondateur de la cité de Nikkō, ces vents saisonniers, venus du nord et dont la force s'amplifiait au pied du mont Nantai, constituaient des calamités climatiques pour Nikkō et au-delà.. En 820, Kōbō-Daishi, saint fondateur de l'école bouddhiste Shingon, séjourna à Nikkō. Ses invocations des divinités bouddhiques au sommet du mont Nantai mirent fin aux turbulences venteuses. Pour marquer l'événement, relevant que , suivant une lecture chinoise, se prononce aussi , prononciation très proche de celle de l'expression signifiant , il désigna la montagne sous un nouveau nom : .. Ainsi, par un jeu de mots, la cité, fondée au au pied du volcan Nantai, est baptisée Nikkō.
Pour assurer la réception de la parole du Bouddha auprès des gens du peuple, le moine Shōdō avait dû composer avec les croyances et les traditions locales du shintoïsme, implantées de plus longue date que celles relatives à sa foi bouddhique... S'est alors élaborée une forme originale de syncrétisme religieux mêlant philosophie bouddhique et spiritualité shintō : le . ou la « foi dans les montagnes de Nikkō ». Les trois montagnes au cœur de cette tradition spirituelle sont les monts Nantai, Nyohō et Tarō, nommées collectivement , et, par extension, l'ensemble du complexe volcanique est appelé ..
Géographie Situation Les monts Nikkō sont situés dans le Nord de la région de Kantō, sur l'île de Honshū. Ils s'étendent sur les deux préfectures de Tochigi et Gunma, au nord du lac Chūzenji.
Leur plus haut sommet est le mont Nikkō-Shirane ().
Tous les volcans formant les monts Nikkō appartiennent au parc national de Nikkō.
Topographie Sommets principaux thumb|upright=1.3|Vue des monts Nikkō depuis le pont Utsunomiya dans la ville de Koga.
Les monts Nikkō se composent de plusieurs sommets dont l'altitude varie de à plus de ; les plus connus sont : le mont Nikkō-Shirane () ; le mont Nantai () ; le mont Nyohō () ; le mont Taishaku () ; le mont Ōmanago () ; le mont Tarō () ; le () ; le mont Komanago () ; le mont Sannōboshi () ; le mont Akanagi ().
Hydrographie De nombreux ruisseaux et rivières prennent leur source sur les pentes des monts Nikkō, abondamment arrosés lors de la saison des pluies. Ils contribuent au bassin versant de la rivière Daiya à l'est du lac Chūzenji et, dans le Nord-Ouest de Nikkō, alimentent le cours supérieur de la rivière Kinu, un affluent du fleuve Tone.
Géologie Les monts Nikkō, situés sur l'arc volcanique du Japon, forment un complexe volcanique dont les volcans sont essentiellement composés de roches magmatiques et plus particulièrement de basalte, d'andésite et de dacite.. Selon l'Agence météorologique du Japon, seul le mont Nikkō-Shirane est classé actif, avec un faible risque éruptif.. La dernière éruption enregistrée de ce volcan a débuté en et s'est terminée deux mois plus tard.
Climat Le climat des monts Nikkō correspond à celui d'Oku-Nikkō est la zone géographique de l'Ouest de Nikkō qui comprend les monts Nikkō, le lac Chūzenji et le plateau Senjō., la partie sud-ouest de la ville de Nikkō. Il est du type continental humide. La température annuelle moyenne est d'environ et les précipitations annuelles sont de . L'hiver le mercure peut descendre jusqu'à et grimper jusqu'à en été.
En hiver, un vent froid et humide venu de Sibérie, via la mer du Japon, apporte de la neige sur les sommets des monts Nikkō..
Faune et flore Situé dans le Sud du parc de Nikkō, un parc national d'une superficie de , administré par le ministère de l'Environnement du Japon depuis sa création en 1934.., les monts Nikkō constituent l'habitat de nombreuses espèces d'oiseaux sauvages et les pentes des volcans qui les composent offrent un terrain fertile pour diverses variétés de plantes. Ils font partie d'une zone importante pour la conservation des oiseaux : Oku-Nikkō, le Sud-Est d'un site naturel protégé de qui recouvre une partie de chacune des quatre préfectures de Tochigi, Gunma, Niigata et Fukushima..
Faune Les pentes boisées des monts Nikkō abritent des mammifères communs dans la région comme le cerf Sika (), le macaque japonais (), l'écureuil du Japon (), le muscardin du Japon (), un rongeur omnivore, le lièvre du Japon () et le tanuki du Japon (Nyctereutes viverrinus). Bien que devenus rares, la martre du Japon (), l'ours noir d'Asie () et le saro du Japon () peuvent être aperçus... Des insectes coléoptères du genre Dorcus, , une espèce de capricornes endémique du Japon et le grand porte-queue () peuplent les forêts du groupe de volcans. Les monts Nikkō sont aussi l'habitat du serpent ratier du Japon (), un reptile non venimeux, de la salamandre noire du Japon (), de l'onychodactyle du Japon (), du crapaud commun du Japon (), une proie de choix pour l'épouvantail des montagnes (), un reptile capable de recycler les toxines produites par les grenouilles et crapauds dont il se nourrit.
Les monts Nikkō sont surtout le .. De nombreuses espèces de passereaux telles que le roitelet huppé (), la mésange boréale (), la mésange de Chine (), le cincle de Pallas (), la sittelle torchepot (), le grimpereau des bois (), le cassenoix moucheté (), le gobemouche bleu (), le bouvreuil pivoine (), l'accenteur du Japon (), le troglodyte mignon (), le corbeau à gros bec (), les rossignols bleus (), calliope () et à flancs roux (), le pipit à dos olive (), la bouscarle chanteuse (), le geai des chênes (), le rougequeue aurore () et le pinson du Nord () y font leurs nids. Le martinet de Sibérie (), le coucou fugitif (), le coucou de l'Himalaya (), le pic kisuki (), l'engoulevent jotaka (), l'aigle barbu () et le pygargue empereur () habitent aussi les monts Nikkō et ses environs.
Flore vignette|Végétation sur les pentes du mont Nyohō au printemps.|alt=Photo couleur de la végétation d'un terrain de montagne planté d'arbres, au sol recouvert de bambous et éclairé par un ciel bleu nuageux.
Les monts Nikkō sont couverts de forêts de hêtres du Japon () parsemées de mélèzes () et de cèdres du Japon (), de cerisiers des montagnes d'Ezo () et d'érables du Japon (), une configuration végétale particulièrement appréciée des Japonais en automne lorsque les feuilles des érables virent au rouge sang et celles des hêtres au jaune vif. L'étage montagnard comprend aussi une sous-espèce du chêne de Mongolie () endémique du Japon, des pins nains de Sibérie (), des bambous () et des sapins tels que le sapin de Nikkō () et le sapin de Veitch (). Au printemps et en été, ils s'animent de quelques couleurs à la suite de la floraison de colonies de , d'arabettes hirsutes (), de séneçons de Nikkō (), de baguettes d'Aaron (), de balsamines des bois () et de violettes de Corée ().
À l'étage subalpin, apparaissent la savoyane (), la parnassie des marais (), l'immortelle d'argent (), l'oseille des bois (), la diapensie de Laponie (), , , une espèce d'orchidée endémique du Japon, le fraisier du Japon (), la myrtille des marais () et diverses espèces de rhododendrons comme l'azalée à cinq pétales ().
Au-delà des , se prolonge le domaine du bouleau d'Erman (). Jusqu'aux abords des sommets, les espèces du genre Rhododendron, et , cohabitent avec le cerisier alpin du Japon (), des sous-arbrisseaux comme et une variété asiatique de la camarine noire (). Quelques parois rocheuses hébergent une plante carnivore rare : la grasette du Japon (Pinguicula ramosa)..
Histoire Histoire éruptive Il y a environ , par accumulation de coulées de lave et d'éjectas, le mont Nyohō émerge de la croûte terrestre, sur l'arc volcanique nord-est de l'île de Honshū.. Avec celle du mont Akanagi voisin, sa formation marque le début de l'activité volcanique des monts Nikkō... Le développement de l'édifice volcanique s'étend sur une période d'environ ; il résulte de l'épanchement à la surface du sol d'un volume équivalent en « roche dense » (DRE) d'environ . Puis, après une période de sommeil de , le mont Nyohō entre en éruption, produisant des coulées pyroclastiques et des coulées de lave jusqu'à BP.. Durant cette phase d'activité éruptive, autour de BP, des séries d'éruptions phréatiques provoquent des avalanches de débris rocheux le long de ses pentes et, finalement, l'écroulement d'une partie du versant sud-est de son cratère. Le volume DRE de blocs de roche volcanique arrachés aux flancs de la montagne, estimé à au moins , forme, au pied du volcan, une étendue rocheuse d'une superficie de .. Avant de s'éteindre il y a , le volcan Nyohō se manifeste de nouveau pendant une période d'environ , ses éruptions explosives successives produisant un volume DRE total de magma estimé à .
Il y a , à l'ouest des deux premiers volcans, émergent de l'écorce terrestre des dômes de lave constitués de dacite et d'andésite parmi lesquels les monts Orogura, Sannōbōshi et Komanagō. Puis se forment des volcans polygéniques de petite taille dont les monts Ōmanagō et Tarō. L'activité de tous ces volcans cesse il y a environ .
Il y a , du magma surgit des entrailles de la terre et donne naissance, au sud du mont Ōmanagō, au mont Nantai. Les éruptions successives de ce dernier, jusqu'à il y a environ , engendrent notamment la formation du lac Chūzenji, au nord, et du plateau Senjō, à l'ouest.
L'émergence du mont Mitsu, un volcan monogénique dont l'éruption est à l'origine de la formation du lac Yu, et du stratovolcan Nikkō-shirane remonte à .
À l'ère conventionnelle, le mont Nikkō-shirane reste le seul volcan actif des monts Nikkō ; son éruption la plus récente date de 1952..
Notes et références Notes
Références bibliographiques
Autres références
Voir aussi Articles connexes Préfecture de Gunma Préfecture de Tochigi Nikkō
Bibliographie
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Liens externes
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