vignette|Le dalaï-lama arrivant à l’aéroport de Kloten à Zurich en octobre 1973. Le dalaï-lama, qui vit en exil en Inde depuis 1959, a fait sa première visite hors de l'Inde en automne 1967, lors d'un voyage au Japon et en Thaïlande. Il visite pour la première fois l'Europe en 1973 et l'Amérique du Nord en 1979. À la date de 2016, il s'est rendu dans 67 pays et 6 continents. On note cependant une importante diminution, de 2000 à 2014, du nombre d'entrevues avec des présidents de pays et des ministres des affaires étrangères.
Cette page recense ses plus de 200 visites à l'étranger et mentionne les principaux dignitaires qu'il a rencontrés lors de ses voyages Dignitaries Met: 1954-1989 (archive du 5 août 2016, consultée le 9 juin 2025)..
Historique vignette|Le 14e dalaï-lama, Matsutarō Shōriki, avec Sonam Topgyal Kazi et Thupten Jigme Norbu en arrière plan, le lors de l'ouverture d'une exposition tibétaine à Tokyo au Japon. vignette|Tenzin Gyatso, le 14e dalaï-lama, avec Lobsang Phuntshok Lhalungpa, examinant un ouvrage tibétain à bibliothèque du Congrès en 1979. Réfugié en Inde en avril 1959, le dalaï-lama est reçu par le Premier ministre Nehru et le socialiste indien George Fernandes.
Jusqu'à la fin des années 1970, les autorités chinoises, qui présentent le dalaï-lama sous les traits d'un « dangereux séparatiste », réussissent à dissuader la plupart des gouvernements de le contacter.
Paradoxalement, l'exil renforce les rôles politiques et religieux du dalaï-lama. D'une part, il doit s'efforcer de sauvegarder la culture tibétaine et de lutter pour l'indépendanceBentz, p. 88-89 : , puis l'autonomie substantielle du TibetBentz, p. 55 , et d'autre part, son gouvernement en exil n'étant pas reconnue, il doit se présenter comme chef religieux dans ses séjours à l'étranger.
Bien que ses fonctions religieuses et politiques se soient renforcées en exil, il fait preuve d'humilité en se rendant plus accessible aux Occidentaux et aux Tibétains de l'exil. S'il se présente en premier lieu comme chef religieux, plus précisément comme « humble moine bouddhiste », il n'en oublie pas pour autant son rôle de chef politique défendant la cause du Tibet dès que possible..
Selon l'image que s'en font les Occidentaux, les Chinois et les Tibétains en exil, le dalaï-lama est un moine bouddhiste traversant la planète dans le but de trouver une issue à la cause du Tibet.
Selon Anne-Sophie Bentz, son image s'est modifiée au cours du temps : si, au Tibet, il symbolisait le bouddhisme tibétain, en exil, il en est venu à représenter la nation tibétaine. Ces dernières années, il redevient le symbole du bouddhisme tibétain, et même celui plus universel du bouddhisme. Sa visibilité s'est accrue après qu'il a reçu le prix Nobel de la paix en 1989, et s'est confirmée quand lui est remise la médaille d'or du Congrès en 2007.
À l'automne 1967, le dalaï-lama débute ses voyages hors de l'Inde par le Japon puis la Thaïlande, des nations bouddhistesPico Iyer, Les Chemins du Dalaï-Lama, Albin Michel, 2011, , . Il visite l'Europe en 1973 en commençant par rencontrer Paul VI au Vatican, puis la Suisse, occidental à recevoir des réfugiés tibétains, les Pays-Bas, la Scandinavie puis le Royaume-Uni qui conserve des liens avec le Tibet. En 1979, il se rend pour la première fois aux États-Unis. Dans les années 1980, ses voyages deviennent plus nombreux. Il s'implique dans le dialogue inter-religieux en développement et rencontre Jean-Paul II en 1980, 1982, 1986, 1988... l’archevêque de Canterbury Robert Runcie en 1981, avec qui il reste lié, et des rabbins. Il rencontre des hommes politiques, discrètement à cette période, ou des parlementaires plus libre vis-à-vis du gouvernement chinois. Son influence internationale augmente entre 1987 et 1990 en relation avec les soulèvements au Tibet entre 1987 et 1989 sévèrement réprimés par la Chine. Le Congrès des États-Unis l'invite, occasion où il exposera son Plan de paix en cinq points pour le Tibet visant notamment à faire du Tibet une zone démilitarisée et une réserve écologique. Il est reçu au Parlement Européen en 1988. La répression des manifestations de la place Tian'anmen en 1989 est déterminante. Il résulte de cette succession sa consécration par le prix Nobel de la paix où il exposera de nouveau son projet politique et développera son idée de responsabilité universelle. Les gouvernements vont alors accepter de le rencontrer. Václav Havel en 1990 à Prague est le premier chef d'État occidental à le recevoir, première personnalité étrangère qu'il invitait. George Bush le reçoit à la Maison Blanche en 1991, alors que le Sénat américain vote une Résolution sur le « Tibet illégalement occupé » reconnaissant le Kashag et le dalaï-lama comme « représentant authentique du peuple tibétain ». Puis, c'est Moscou, encore capitale de l'URSS, Londres et John Major, et le président lituanien. Il est invité à Rio et prononce un discours le 5 juin 1992 à la Conférence des Nations unies sur l'environnement et le développement Address at Rio Earth Summit et le 7 juin sous l'égide de cette Conférence, à la « Rencontre mondiale des parlements et leaders spirituels ». En 1993, il est de nouveau à la Maison Blanche et rencontre Bill Clinton et Al Gore, et Lech Wałęsa. En 1993, à la conférence de l'ONU sur les droits de l'homme à Vienne, il se voit refuser l'accès à l'immeuble principal, la Chine tentant de le faire taire. Mais les ONG protestent et il prononce son discours sous la tente d'Amnesty International. La France lui accorde pour la première fois un visa en 1982 et Jacques Chirac le reçoit en tant que maire de Paris. Il rencontre discrètement Bernard Kouchner. En 1990, il est reçu officiellement par Claude Évin, puis à nouveau Kouchner et Jack Lang, puis il visite le Quai d'Orsay et inaugure le Groupe d'études sur la question du Tibet, suivi de l'inauguration en 1991 de la Maison du Tibet, en présence de Micheline Chaban-Delmas et de Danielle Mitterrand. Il revient en 1993, 1997, 1998, 2000 et 2003Raphaël Liogier, , .
En 1990, il avait visité plus de 35 pays, s'était rendu au moins 7 fois aux États-Unis, 5 fois en France, se forgeant de solides amitiésPierre-Antoine Donnet, Tibet mort ou vif, Gallimard; 1990: Nouv. éd. augm 1993, , à partir de la (intitulé Les aléas de la solidarité internationale). De 1967 à 2007, il s'est rendu 7 fois au Japon Martin Repp, H.H. The 14th Dalai Lama and the Japanese Buddhists, 2010, Japanese Religions, 33(1–2), 103–125. En 2016, il avait visité 67 pays sur 6 continents Peter A. Geniesse, Saints & Sinners: A Journalist's 50 Years of Third World Wonders, iUniverse, 2016, , et s'était rendu 21 fois en France sur une période de 35 ansGaël Lombart, DANS LE RETRO. Dalaï-lama en France : des visites entre politique et spiritualité, Le Parisien, 13 septembre 2016, 5 p., ..
À défaut d'un siège de chef d'État, son statut moral international lui permit d'ouvrir les portes fermées jusque-làJean-Paul Ribes, postface, in Le Dernier Dalaï-Lama ?, Michael H. Goodman, Éditions Claire Lumière, 1993, ..
Selon des statistiques établies par Robert Barnett, de 2000 à 2014, le nombre d'entrevues entre le dalaï-lama et les présidents de pays a décru de façon considérable (de neuf en 2000 à une en 2014), de même que le nombre d'entrevues avec des ministres des affaires étrangères (de quatre en 2000 à une en 2014) Tibet in China's Diplomacy: The Implications of the Trojan Horse Hypothesis, mémo observatoire Chine 2016 / 2017, ASIA CENTRE / DGRIS : . Selon Robert Barnett, concéder aux demandes de la Chine sur la question du dalaï-lama a rapidement diminué l'espace de négociation de plusieurs pays. Ainsi, le Népal a perdu tout pouvoir de négociation face à la pression constante de la Chine pour contrôler les réfugiés tibétains, et cela malgré l'acceptation de toutes les demandes chinoises précédentes. Cette pression ne fonctionne pas avec des gouvernements forts. Les États-Unis étaient sensibles aux demandes chinoises jusqu'à récemment, mais cela est devenu moins important ces dernières années : il n'y a eu aucune conséquence à leur refus de concéder aux réunions avec le dalaï-lama. Seuls les pays faibles ou se considérant comme tel en termes de négociation sont confrontés à ce type de demande de la Chine. Pour le professeur Barnett, la question du dalai-lama souligne une faiblesse dans la capacité diplomatique et de prise de décision des pays occidentaux. Robert Barnett pense que les pays occidentaux devraient chercher à prendre des initiatives dans des politiques symboliques de ce genre.
En août 2017, le dalaï lama devait être reçu par Ian Khama, le président du Botswana où devait se rendre en visiteRencontre entre le dalaï lama et le président du Botswana en août. Pour raison de fatigue il annula celle-ci et sa participation à la conférences du Mind and Life Institute centrée sur l'ubuntu, remerciant cependant le président Ian Khama d'avoir maintenu son invitation malgré les pressions..
En novembre 2017, Samdhong Rinpoché se serait rendu en Chine à Kunming Did the Dalai Lama’s envoy visit China in November?, Tibetan Review, 7 décembre 2017 Ajay Banerjee, 'Former Tibetan government head visited China recently', Tribune News Service, 14 décembre 2017 pour préparer un pèlerinage du dalaï-lama sur au Wutai Shan Brice Pedroletti, Le dalaï-lama préparerait un pèlerinage en Chine, Le Monde, 21 décembre 2017. En janvier 2018, il exprime son souhait de visiter ce site en Chine, comme il l'a fait dans les années 1990..
Samuel Brownback, membre du parti républicain, a rencontré le dalaï-lama à Dharamshala en octobre 2019. Les présidents américains successifs l'ont tous rencontré, sauf le président américain sortant Donald Trump.. En septembre 2020, Joe Biden, alors candidat démocrate à la présidence, déclare qu'il rencontrera le dalaï-lama..
Liste de visites du dalaï-lama hors de l'Inde et de dignitaires rencontrés