alt=Dessin de deux personnes transgenres dans une salle de classe|vignette|La transidentité peut se révéler à plusieurs âges. De nombreuses études scientifiques concernant l'identification des causes de la transidentité ont été menées et soutiennent différentes hypothèses, dont une exposition prénatale ou postnatale à certaines hormones, une apparence des parties génitales hors normes, l'éducation ou encore la structure du cerveau. Ces explications sont parfois concurrentes et tendent à supposer une différence biologique plutôt que seulement psychologique ou influencée par l'environnement social, bien que cette dernière soit aussi parfois citée.
Méthodologie Les recherches d'une cause médicale à la transidentité trouvent le plus souvent une corrélation sans prouver de causalité : par exemple, une étude montre que les mères de personnes trans sont plus susceptibles de dépression et en conclut qu'il y a un lien de cause à effet, qui pourrait être inversé par le fait que les enfants trans subissent de la transphobie, ce qui pourrait logiquement affecter le bien-être de la mère.
L'étiologie de l'homosexualité est extrêmement similaire au niveau neurologique à celle de la transidentité. Cependant, de nombreuses études montrent que les personnes trans ont une structure cérébrale similaire à celle de leur genre d'arrivée et non à celle d'une personne homosexuelle de leur genre d'origine.
De nombreuses hypothèses biologiques, génétiques ou environnementales, sont proposées pour expliquer la transidentité. Ces explications sont parfois concurrentes, mais souvent plus crédibles que la thèse d'une raison sociale seule. Les facteurs biologiques avant la naissance participent probablement à l'identité de genre dans un rôle d'interaction avec l'environnement après la naissance plutôt que dans un rôle déterministe.
Intérêt de la recherche des causes de la transidentité Plusieurs scientifiques estiment que la recherche d'une cause biologique permet d'améliorer l'aide apportée aux patients, souvent psychiatrisés plutôt qu'aidés dans leur transition de genre.
Les recherches ont généralement pour objectif de combattre la discrimination ou des préjugés comme celui de la contagion sociale. Elles ne mènent cependant pas forcément à une plus grande acceptation des personnes trans, bien au contraire : une étude de 2017 montre que les personnes exposées à une explication médicale ont plus de préjugés transphobes que des personnes exposées à des articles ne supposant pas d'explication biologique, une observation partagée avec la recherche sur les causes de l'homosexualité.
Critiques de la recherche d'une cause Une critique répandue de la recherche d'une cause médicale à la transidentité est la volonté sous-jacente de la cause, pathologisant les personnes trans. La recherche sur les causes de la transidentité nourrirait ainsi des approches dangereuses comme la thérapie de conversion, voire l'eugénisme dans le cas des explications génétiques. D'autres personnes s'inquiètent également du sort des personnes souffrant de dysphorie de genre mais dont le traitement pourrait être empêché par l'absence des marqueurs biologiques identifiés par la recherche.
Des militants pour les droits des personnes transgenres encouragent donc à déplacer les moyens investis dans cette recherche vers des améliorations de la société qui auraient un impact positif sur la vie des personnes trans : lois anti-discrimination, meilleur accès aux soins de santé et de transition, représentation médiatique des personnes trans.
Problèmes de méthodologie La recherche peut se baser sur des stéréotypes de genre néfastes pour la société dans son ensemble, par exemple en affirmant que la transidentité est causée par le fait d'encourager un enfant à s'amuser avec des jouets .
Plusieurs études qui interrogent les parents d'enfants trans s'adressent en premier lieu aux parents cisgenres pour expliquer la psychologie de leur enfant plutôt que de s'intéresser à leur propre vécu, voire les recrutent spécifiquement sur des forums destinés à la lutte contre la prise en charge des enfants trans.
Hypothèses biologiques Génétique Dans une étude de 2013, il a été constaté que sur 39 paires de jumeaux monozygotes incluant une femme trans, 33 % des paires sont constituées de deux femmes trans, et de même pour 8 des 25 (22,5 %) paires avec au moins un homme trans. C'est le cas pour seulement 1 sur 38 (2,6 %) des jumeaux dizygotes élevés dans la même famille, en même temps, mais qui ne sont pas génétiquement identiques. Cela montre une plus grande concordance entre les jumeaux homozygotes qu'entre les jumeaux dizygotes, et avance l'influence probable d'un facteur génétique..
Le récepteur aux androgènes, aussi connu comme NR3C4, est activé par la liaison de la testostérone ou du dihydrotestostérone, où il joue un rôle essentiel dans la formation des caractéristiques sexuelles masculines primaires et secondaires. Une étude menée en 2009 à l'université Monash constate que les femmes trans ont un gène récepteur des androgènes plus long que celui des hommes cisgenres, ce qui réduit son efficacité de liaison à la testostérone. et pourrait prévenir la masculinisation complète du cerveau.. On observe aussi plus de dysphorie de genre chez les sujets ayant un syndrome d'insensibilité aux androgènes.
Une variante du génotype d'un gène appelé CYP17, qui agit sur les hormones sexuelles prégnénolone et progestérone, semble être en lien avec la transidentité. Les hommes trans ont une distribution allélique CYP17 similaire aux hommes cisgenres, et différente des femmes cisgenres. Cette étude conclut que la perte d'un allèle spécifiquement associé aux femmes, CYP17 T -34C, est lié à la transidentité FtM.. Chez les femmes trans, on remarque une fréquence élevée de variations de quatre gènes qui déterminent la signalisation des hormones sexuelles pendant la gestation (AR-ERβ, AR-PGR, AR-COMT et CYP17-SRD5A2).
Exposition à des hormones sexuelles pendant la grossesse Des recherches cliniques, animales et biométriques montrent que l'identité de genre et l'orientation sexuelle peuvent être affectées par une exposition plus ou moins élevée à la testostérone pendant la grossesse. Ces effets peuvent n'être visibles que pendant l'enfance et seulement chez les garçons, dans le cas par exemple d'une déficience de gonadotrophines. La production de stéroïdes sexuels, qui influence la structure cérébrale à la puberté, est également influencée par l'exposition à la testostérone et à l'estradiol pendant la gestation.
L'intersexuation est corrélée à de plus nombreux cas de dissonance entre le genre attribué et imposé à la naissance et le genre choisi à un âge plus avancé. Elle est souvent liée à une exposition hors norme à des androgènes pendant la grossesse.
Structure cérébrale L'étude par IRM d'adolescents souffrant de dysphorie de genre montre des schémas d'activation du cerveau plus similaires, mais pas identiques, au genre d'arrivée des adolescents trans qu'à leur genre attribué à la naissance.
Chez les personnes trans, il semblerait que deux zones du cortex cérébral tendent à être moins plissées que chez les personnes cisgenres : le lobe occipito-pariétal et le cortex moteur, deux régions qui contrôlent entre autres l'image corporelle. La différence touche le volume et la surface de ces zones du cerveau, mais pas leur épaisseur ; une autre étude observe que l'épaisseur de certaines zones sous-corticales tend à rejoindre celle du sexe d'arrivée des personnes trans, y compris avant tout traitement hormonal et encore plus après un traitement. Les hommes trans auraient des zones sous-corticales plus fines, comme les hommes cisgenres, et les femmes trans des régions corticales plus fines dans l'hémisphère droit, comme les femmes cisgenres. Les personnes trans semblent avoir leur propre structure du cortex, plutôt qu'une structure proche de celle des personnes cisgenres hommes ou femmes.
Ces études ont démontré que l'INAH3 possède un volume plus grand (en taille et en nombre de neurones) chez les hommes hétérosexuels que chez les femmes hétérosexuelles. D'autres études ont démontré que chez les hommes trans FtM, l'INAH3 est à peu près le double de celui d'une femme cis hétérosexuelle et que l'exact opposé est vrai pour les SDN MtF, leur volume INAH3 étant environ la moitié de celui d'un homme cis hétérosexuel typique. Leurs tailles correspondent à la taille moyenne des personnes cisgenres hétérosexuelles du sexe biologique opposé. Cette nouvelle ajoute une crédibilité scientifique et un poids probant significatifs au trope commun de l'idée de se ressentir être « femme piégée dans le corps d'un homme » ou vice versa.
Dans une première étude de ce genre, Zhou (1995) ont constaté que dans une région du cerveau appelée noyau du lit de la strie terminale (BSTc), une région connue pour les réponses sexuelles et anxieuses, les femmes trans avaient une taille de femme cisgenres, tandis que les hommes trans avaient une taille d'hommes cisgenres. Aucune relation avec l'orientation sexuelle n'a été trouvée..
Dans une étude qui a suivi, Kruijver (2000) ont regardé le nombre de neurones dans la BSTc, au lieu du volume. Ils ont trouvé le même résultat que Zhou (1995), mais avec des différences encore plus significatives, en incluant également une femme trans qui n'avait jamais été hormonée..
En 2002, une étude réalisée par Chung a constaté que le dimorphisme sexuel (variation entre les sexes) du BSTc ne s’établit pas jusqu'à l'âge adulte. Chung ont théorisé le fait que l'évolution des niveaux d'hormones fœtales produisent des changements de la densité synaptique du BSTc, de l'activité neuronale, ou du contenu neurochimique qui conduisent plus tard à la taille et au nombre de neurones du BSTc, ou que la taille du BSTc est affectée par l'impossibilité d'avoir une identité de genre cohérente avec son sexe anatomique..
Dans un examen de 2006, Gooren confirme la recherche antérieure en soutenant que la transidentité est un trouble de la différenciation sexuelle du sexe dimorphique cérébral.. Dick Swaab partage également ce point de vue..
En 2008, une nouvelle région avec des propriétés similaires à celle du BSTc concernant la transidentité a été trouvée par Garcia-Falgueras et Swaab : le noyau interstitiel de l'hypothalamus antérieur (INAH3), une partie du noyau hypothalamique. Le même procédé d'utilisation hormonale que celui de Zhou (1995) et Kruijver (2000) a été effectué. Les différences sont encore plus prononcées qu'avec le BSTc ; les hommes cisgenres témoins ont en moyenne fois le volume et fois les neurones des femmes cisgenres témoins, encore une fois, quel que soit le niveau d'exposition aux hormones, les femmes trans se situaient dans la gamme féminine, et les hommes trans dans la gamme masculine..
Alors que la résolution des tomographes IRM est en général assez fine, les noyaux indépendants ne sont pas visibles en raison d'un manque de contraste entre les différents types de tissus neurologiques. Par conséquent, ces images ne montrent pas de structures détaillées, telles que BSTc et INAH3, et des études sur BSTc ont été effectuées par bissection de cerveaux post-mortem.
Cependant, l'IRM ne permet pas plus facilement l'étude des grandes structures cérébrales. Dans Lùders (2009), trans n'avaient pas encore bénéficié du traitement hormonal. Bien que les concentrations régionales de matière grise étaient plus semblables aux hommes cisgenres qu'aux femmes cisgenres, il y avait un bien plus grand volume de matière grise dans les régions du putamen par rapport aux hommes cisgenres. Comme dans de nombreuses études antérieures, ils ont conclu que la transidentité était associé à un modèle cérébral distinct...