Angelo Nannoni, né à Incisa in Val d'Arno en 1715 et mort à Florence à Florence le 30 avril 1790, à la suite d’une hydropisie, est un chirurgien italien. Il fut l'un des premiers opérateurs de son temps, perfectionna l'opération de la taille et combattit la théorie des humeurs.

Biographie Apprenti barbier-chirurgien dès l'âge de 16 ans, il fut disciple d’Antonio Benevoli, chirurgien en chef du grand hôpital de Sainte-Marie-la-Neuve de Florence et, par ses succès, accéda rapidement à la célébrité. Il s’attacha d’abord à perfectionner l’opération de la pierre par la méthode latérale. Protégé du chevalier Maggio, il put effectuer en 1747 un voyage à Paris et à Rouen, où il apprit la pratique des hôpitaux. Il y était attiré par la réputation de Le Cat, un des plus habiles lithotomistes de l’époque. Nannoni ne fut pas long à s’apercevoir de l’abus qu’on faisait des médicaments dans le traitement tant interne qu’externe, des maladies chirurgicales et releva aussi plusieurs maladresses dans la manière d’opérer, vol. 30, pp. 34-36..

À son retour en Toscane, devenu professeur et chirurgien en chef de l’hôpital de Florence, il forma le plan de rédiger un nouveau code chirurgical. L’humorisme galénique, la chémiatrie et le mécanisme dominaient la médecine ; Nannoni combattit ces théories dans ses cliniques et dans ses écrits, démontrant que dans les maladies, : cet axiome forme la base de son système médical. Nannoni supprima l'usage, dans le pansement des plaies, des corps huileux, et des baumes, résines, terres ou alcools de table qu'on utilisait alors. Il leur substitua les cataplasmes de mie de pain, la charpie sèche, des décoctions émollientes, ou de l’eau pure. Il fallait, selon lui, défendre les plaies du contact de l’air.

Les opérations difficiles qu’il exécutait chaque jour avec succès, ainsi que ses leçons, attirèrent auprès de lui les disciples et les malades de toute l’Europe : il affirme ainsi avoir pu reprendre, après plusieurs points de suture, des nez qui ne tenaient plus qu’à une étroite languette de peau. Nannoni détestait les charlatans et travaillait sans cesse à découvrir, par l’observation, de nouvelles idées. Il donnait une grande partie de son temps aux pauvres, auxquels il fournissait gratuitement des médicaments et souvent même de l’argent.

Fournier de Pescay lui a reproché de rejeter trop légèrement l’extraction du cristallin, inventée par Jacques Daviel (1696-1762) pour l’opération de la cataracte : Nannoni craignait que ce procédé n’entraînât l’inflammation de l’iris ; il préférait l’ancienne technique, qui consiste à abaisser le cristallin dans la chambre postérieure au moyen d’une aiguille ronde, parce qu’il croyait que, quand le cristallin vient à remonter dans la chambre antérieure de l’humeur vitreuse, il ne tarde point à se dissoudre et à être absorbéDissertationi chirurgiche cioe della fistola lacrymale, delle cataracte ; de medicamentis exsiccantibus, de med. causticis, 1748..

Fournier lui a aussi reproché d'avoir critiqué, au sujet de la fistule lacrymale, la perforation qu’on fait dans certains cas à l’os unguie, pour introduire un drain.

Nannoni est mort à Florence le 30 avril 1790, à la suite d’une hydropisie.

Œuvres Trattato chirurgico delle malattie delle mamelle, Florence, 1746, . L'un des premiers livres consacrés à la chirurgie du cancer, où l’auteur rejette tous les remèdes par injection, et recommande d'extirper le plus tôt possible les tumeurs, sans essayer de les détruire au moyen de l’application d'un agent caustique. L’amputation du sein est, selon lui, le seul moyen convenable pour guérir le cancer du sein. Dans ses opérations, décrites en grand nombre dans l'ouvrage, Nannoni ménageait assez de peau pour recoudre la plaie. Della simplicita del medicare, Florence, 3 vol., 1761-67. Tome I : , Tous les tomes : . Cet ouvrage est le plus célèbre de tous ceux qu’a publiés Nannoni.

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