Laurent McCutcheon (né le à Thetford Mines et mort le à Montréal) est un militant québécois engagé dans la reconnaissance des droits des personnes LGBTQ+.
Il a d'abord fait carrière dans le monde de l’éducation pour ensuite gravir les échelons de la haute fonction publique québécoise. Publiquement connu comme homosexuel à la fin des années 1970, il s’est au même moment engagé dans le bénévolat et le militantisme pour défendre les droits de sa communauté et développer des services spécialisés. Son engagement a pris véritablement forme avec Gai Écoute qu'il présidera pendant 31 ans. Il crée en 2000 la Fondation Émergence qui donne naissance en 2003 à la Journée nationale de lutte contre l'homophobie qui deviendra par la suite la Journée internationale contre l'homophobie et la transphobie.
À titre de vice-président de l’action sociopolitique de la Table de concertation des gais et lesbiennes du Québec, il a lancé en 1998 la Coalition pour la reconnaissance des conjoints et conjointes de même sexe où pour la première fois, les organismes de la société civile se joignaient au mouvement gai et lesbien. Il s'est ensuivi l’adoption par l’Assemblée nationale du Québec, en 1999, de la Loi sur les unions de fait. Il est aussi à l’origine de la Politique québécoise de lutte contre l’homophobie adoptée par le gouvernement du Québec en 2009.
Militant de premier plan, il est de tous les combats et il utilise toutes les tribunes pour faire reconnaître le droit à la diversité sexuelle. Il a présenté de nombreux mémoires aux différentes commissions parlementaires canadiennes et québécoises et il a prononcé plusieurs conférences. De prestigieux prix soulignent son apport à la reconnaissance de la diversité sexuelle dont le Prix Droits et Libertés 2007 remis par la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse du Québec et le Prix Justice du Québec 2010, la plus haute distinction remise par le ministre de la Justice, pour sa contribution à l’égalité de droits.
Biographie Fils d'Émilien McCutcheon et de Berthe Jacques, Laurent McCutcheon est né à Thetford Mines (Québec, Canada) en . Il est le cadet d'une famille de quatre enfants.
Depuis les années 70, ce Québécois est un acteur incontournable de la reconnaissance de la diversité sexuelle et de l’identité de genre. Affirmant son leadership, il témoigne aussi devant plusieurs commissions parlementaires et intervient régulièrement dans tous les médias. Refusant toute rémunération pour son engagement communautaire, il exerce bénévolement toutes ses fonctions.
Cadre supérieur de la haute fonction publique Laurent McCutcheon a eu une longue carrière professionnelle qui débute à Montréal en 1964 en éducation auprès des jeunes en difficultés. Par la suite, il fera carrière dans la haute fonction publique québécoise comme cadre supérieur. En 1972, il est nommé directeur régional de l’Aide sociale pour la région de l’Estrie. En 1980, il devient directeur général de l’administration de l’Office des services de garde à l’enfance qu'il met sur pied avec Lizette Gervais. Il sera ensuite nommé, en 1985, vice-président et juge administratif de la Commission d’appel en matière de lésions professionnelles (CALP). En 1998, il devient le premier président du Conseil de la justice administrative, nouvel organisme du gouvernement du Québec qui veille au respect de la déontologie des juges administratifs. Laurent McCutcheon est retraité depuis 2009.
Engagement communautaire Dans les années 1970, parallèlement à sa vie professionnelle, il s’engage dans le militantisme en vivant publiquement son orientation homosexuelle. Il participe aux premières marches dans les rues de Montréal affrontant l’hostilité et la réprobation. Témoin et acteur de l’évolution des droits des gais et des lesbiennes, il est de tous les combats. Il intervient aussi devant plusieurs commissions parlementaires.
De 1982 à 2013, il préside les destinées du service d’aide, d’écoute téléphonique et de renseignements Gai Écoute (devenu Interligne en 2017) et il s’engage activement dans la défense des droits des personnes homosexuelles.
De 1997 à 2002, il est responsable de l’action sociopolitique à la Table de concertation des gais et lesbiennes du Québec. Il sera le porte-parole de la campagne menant à l’adoption de la Loi concernant les conjoints de fait entrée en vigueur le .
En 2000, il crée la Fondation Émergence en vue d’assurer une égalité de fait aux personnes homosexuelles.
En 2003, il crée la première Journée nationale contre l'homophobie qui deviendra par la suite la Journée internationale contre l’homophobie à laquelle s'ajoutera la transphobie.
En 2004, il lance la mise sur pied de la Coalition québécoise pour la reconnaissance des conjoints et conjointes de même sexe. Il est aussi engagé dans la lutte menant à l’union civile québécoise de même que pour la Loi sur le mariage civil du Canada en vigueur depuis .
Il milite aussi pour la lutte contre les préjugés entretenus à l’égard du VIH/Sida.
Bien connu dans son milieu, il est régulièrement invité aux émissions d'information et d’affaires publiques, à la télé et à la radio.
Promotion des droits et libertés Depuis 1973, il vit ouvertement son orientation homosexuelle. Il a été militant engagé avec l’Association pour les droits des gai(e)s du Québec (ADGLQ).
Il est à l’origine de plusieurs campagnes de lutte contre les préjugés envers les personnes homosexuelles dont Ceci est une tapette et Fifi c’est le nom d’un chien. Il présente des mémoires à la Commission parlementaire sur les institutions à l’Assemblée nationale du Québec, devant le Comité permanent de la Justice de la Chambre des communes du Canada, devant la Commission des droits et libertés de la personne et de la jeunesse et devant la Régie régionale de la Santé et des services sociaux. Gai Écoute Gai Écoute (devenu Interligne en 2017), le service d’écoute téléphonique et de renseignements des gais et des lesbiennes du Québec, a été mis sur pied en 1980 par un petit groupe de bénévoles. En 1982, Laurent McCutcheon en devient le président. L’organisme, incorporé en 1986, obtient d’importantes sources de financement et prend un essor important. Les services d’abord offerts quelques heures par jour en soirée dans la région de Montréal deviendront des services gratuits partout au Québec, 365 jours par an. Il offre à Gay Line l’infrastructure de Gai Écoute de manière à rejoindre les communautés anglophones. Laurent McCutcheon comprend le premier l'importance de s'adapter aux nouvelles technologies (Internet, courriel, clavardage) qui permettront à Gai Écoute de rejoindre de nouvelles clientèles et de répondre à leurs besoins.
Sous sa présidence, Gai Écoute a connu un essor remarqué grâce à ses nombreuses réalisations : Premier organisme homosexuel reconnu comme œuvre de bienfaisance autorisé à délivrer des reçus de charité aux fins de l’impôt. Premières campagnes publiques de sensibilisation où il est question d’orientation homosexuelle, dont certaines dans les autobus (Une orientation sexuelle différente). vignette|480x480pxvignette|480x480pxvignette|480x480pxvignette|233x233pxPremières campagnes humoristiques de sensibilisation de l’opinion publique aux réalités homosexuelles : Ceci est une tapette en 1997, Fifi c’est le nom d’un chien en 1997, La vie en rose en 2001), Mort de rire en 2004, etc. Après une longue bataille, l'inscription de Gai Écoute dans les bottins des étudiants des écoles secondaires commence peu à peu à se répandre tout comme l'ajout aux pages consacrées à l’aide morale dans les annuaires téléphoniques du Québec. Création des logos de Gai Écoute, de la Fondation Émergence et de la Journée internationale contre l’homophobie. Conduite de sondages menés par Léger Marketing montrant que Gai Écoute avait un taux de notoriété enviable de 50 % de la population. Virage technologique commencé par la mise en ligne d’un des premiers sites Internet LGBT au Québec. Il favorise ensuite l’ajout de services d’aide par Internet, par courrier électronique, par clavardage en privé et par une banque de ressources spécialisées devenue depuis accessible en ligne. Présence des premières personnalités publiques à prendre part au défilé de la Fierté gaie de Montréal, leur imposant des règles interdisant la visibilité à caractère partisan. Depuis, un nombre impressionnant de personnalités politiques et artistiques participent au défilé aux côtés des communautés LGBT. Il convainc des personnalités publiques de devenir porte-parole de Gai Écoute : le comédien Yves Jacques, l’auteur Michel Marc Bouchard, les animateurs Daniel Pinard et Dany Turcotte, l’acteur et metteur en scène René Richard Cyr, le comédien Éric Bernier, l’animatrice Monique Giroux et l’humoriste Alex Perron. Création en 2012 du Registre des actes homophobes et rédaction du rapport L’homophobie dénoncée.
Mémoires Auteur et présentateur au nom de Gai Écoute du mémoire d’ouverture des audiences tenues par la Commission des droits et libertés de la personne qui ont conduit au rapport De l’illégalité à l’égalité. Auteur et présentateur en 1996 d’un mémoire devant la Commission des institutions en vue de faire abroger l’article 137 de la Charte des droits et libertés de la personne du Québec. Auteur et présentateur en 1998, devant le Tribunal des droits de la personne, du mémoire Revendications des personnes homosexuelles. Auteur et présentateur, au nom de la Coalition pour la reconnaissance des conjoints et conjointes de même sexe, en devant le comité permanent de la Justice et des Droits de la personne de la Chambre des communes du Canada d'un mémoire sur le projet de Loi visant à moderniser le régime d'avantages et d'obligations dans les lois du Canada. Auteur et présentateur en 2003 d’un mémoire devant une commission parlementaire de la Chambre des communes sur le mariage homosexuel intitulé Oui je le veux. Auteur et présentateur en , avec un écoutant de Gai Écoute, d’un mémoire devant la Commission de la culture et de l’éducation intitulé L’intimidation que l’on ne voit pas qui a permis de changer la définition de ce qu’est l’intimidation. Auteur et présentateur en d’un mémoire devant le Comité de la Santé de la Chambre des communes, intitulé Pour une politique raisonnable des dons de sang. Auteur et présentateur en d'un mémoire lors d'une consultation publique sur la condition des aînés. Auteur et présentateur d’un mémoire le devant le Comité permanent de la santé de la Chambre des communes sur le Règlement sur la sécurité des cellules, tissus, et organes humains destinés à la transplantation. Allocution au Forum MSM Exclusion Criteria for Cells, Tissues, Organs, and Blood à Ottawa, en 2010.
Politique québécoise de lutte contre l’homophobie Il est initiateur de l’idée d’une politique québécoise de lutte contre l’homophobie. Il obtient la formation d’un groupe de travail ayant pour mandat de proposer des pistes de solution au gouvernement du Québec.
Amorcés par le ministère des Relations avec les citoyens, ces travaux réunissent des représentants des principaux ministères et organismes du gouvernement du Québec et des groupes intéressés. Il est désigné porte-parole des groupes communautaires, syndicaux et du milieu de la recherche. En 2005, le dossier est transféré sous la responsabilité du ministre de la Justice du Québec. La Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse assure la poursuite des travaux. En , la CDPDJ rend public le rapport De l’égalité juridique à l’égalité sociale — Vers une stratégie nationale de lutte, contre l’homophobie et, en , le gouvernement du Québec adopte la Politique québécoise de lutte contre l’homophobie. Il aura été, du début à la fin du long processus, porte-parole, interlocuteur et conseiller.
Suicide et homosexualité