Les Culicoides sont des insectes diptères de la famille des Ceratopogonidae. Ces insectes sont à differencier des mouches des sables [sand flies] aux États-UnisBlanton F.S & Wirth W.W (1979) Arthropods of Florida and neighbouring land areas. Volume 10. The sand flies (Culicoides) of Florida (Diptera: Ceratopogonidae). Arthropods of Florida and neighbouring land areas. Volume 10. The sand flies (Culicoides) of Florida (Diptera: Ceratopogonidae). (qui appartiennent aux phlebotomidés) ainsi que des yenyen aux Antilles et en Guyane françaises, nono en Polynésie française, brulot ou mouche noire au Canada francophone, moutmout en Afrique centrale, "midges" en Ecosse et arabi dans le sud de la France.. La morsure d'un Culicoides femelle est ressentie comme une piqûre assez vive, souvent suivie d'une irritation, qui disparaît en quelques heures et chez certains en quelques jours.
Ce genre dont la taxonomie est encore confuse et inachevéeMeiswinkel, R., Gomulski, L. M., Delécolle, J. C., Goffredo, M., & Gasperi, G. (2004). The taxonomy of Culicoides vector complexes–unfinished business. Vet Ital, 40(3), 151-159., et qui comprend actuellement plus de Meiswinkel, R., et al. (2004). The taxonomy of Culicoides vector complexes–unfinished business. Vet Ital 40(3), 151-59.Connelly, C. R. Biting midges: Culicoides spp. Featured Creatures, Entomology and Nematology Department, University of Florida IFAS. August 2013 Edition. dont 25 connues en Guyane en 1990, et 84 connues en France métropolitaine en 2010 avec les espèces du complexe obsoletus très largement dominantes (plus de 70 % des captures dans les pièges en France), est divisé en plusieurs sous-genres. Une phylogénie moléculaire basée sur a clarifié en 2017 les relations phylogénétiques de plusieurs sous-genres.
On en trouve presque dans le monde entier, des tropiques à la toundra circumpolaire, du niveau marin à près de d'altitude. Et à titre d'exemple, rien que pour la Corse une étude récente en a recensé différentes en un an (d' à ), dont Culicoides imicola Kieffer, 1913, espèce nouvelle pour la faune de France et critique car principal vecteur de la fièvre catarrhale du mouton en Corse. Leur distribution, mais aussi leur biologie, physiologie et écologie sont encore assez mal connues.
Enjeux sanitaires et vétérinaires Là où elles sont présentes, plusieurs espèces sont connues pour être des vecteurs biologiquesMeiswinkel R, Venter G.J. & Nevill E.M (2004) Vectors: Culicoides spp. Infectious diseases of livestock, 1, 93-136. de plusieurs épizooties virales (arboviroses notammentMellor, P. S., Boorman, J., & Baylis, M. (2000). Culicoides biting midges: their role as arbovirus vectors. Annual review of entomology, 45(1), 307-340.), bactériennes et parasitaires qui peuvent affecter diverses espèces animales.
C'est le vétérinaire R.M. Du Toit qui a, en 1944, le premier montré (en Afrique du Sud) qu'une espèce de Culicoides (C. imicola) était responsable de la transmission du virus de la fièvre catarrhale ovineDu Toit R.M. (1944) The transmission of bluetongue and horse-sickness by Culicoides. Onderstepoort Journal of veterinary Science and animal Industry, 19, 7-16. * Meiswinkel R, Venter G.J & Nevill E.M (2004) Vectors: Culicoides spp. Infectious diseases of livestock, 1, 93-136.
Une même espèce de Culicoides peut piquer des espèces très différentes et ainsi faire passer un virus d'un mouton à une vache ou un cheval par exempleLuedke A.J, Jones R.H & Jochim M.M (1967) Transmission of bluetongue between sheep and cattle by Culicoides variipennis. American journal of veterinary research, 28(123), 457-460 (résumé).. Leur morsure peut induire des sensibilisations ou allergies, y compris chez les animaux ; certaines espèces s'y montrent très sensibles, chevaux notammentAnderson, G. S., Belton, P., & Kleider, N. (1993). Hypersensitivity of horses in British Columbia to extracts of native and exotic species of Culicoides (Diptera: Ceratopogonidae). Journal of medical entomology, 30(4), 657-663..
Ces espèces vectrices étaient limitées par le froid hivernal. Elles pourraient depuis peu être favorisées, à la fois par le recul ou la disparition locale des hirondelles, martinets et chauves-souris, et des amphibiens qui comptaient parmi leurs prédateurs naturels d'adultes (et de larves pour certains amphibiens). Le réchauffement climatique pourrait leur permettre de coloniser de nouveaux habitats et d'y transmettre des maladies qui n'y étaient pas présentesWittmann E.J & Baylis M (2000) Climate change: effects on Culicoides-transmitted viruses and implications for the UK. The Veterinary Journal, 160(2), 107-117..
Taxons notables vignette|Culicoides brevitarsis vignette|Phylogénie moléculaire de Culicoides (2017) Certaines de ces espèces sont connues pour leur agressivité à l'égard de l'homme (dont les "midges" d'Écossehttp://www.snh.org.uk/publications/on-line/advisorynotes/29/29.htm Biting midges in Scotland et d'Europe du Nord). Les espèces ont des préférences en termes de cibles (elles sont dites ou selon qu'elles s'attaquent plutôt aux mammifères ou aux oiseaux) ; certaines visent des animaux à sang froid. Ces insectes sont localement un problème pour le développement touristique.
Des espèces de ce genre sont périodiquement identifiées comme nouveaux vecteurs de certaines maladies (par exemple en 2003 pour la langue bleue en SicileCaracappa S, Torina A, Guercio A, Vitale F, Calabro A, Purpari G ... & Mellor P.S (2003) Identification of a novel bluetongue virus vector species of Culicoides in Sicily. The Veterinary Record, 153(3), 71-74.(résumé)).
Ce genre fait l'objet de révisions régulièresex : Cornet M & Brunhes J (1994) Révision des espèces de Culicoides apparentées à C. schultzei (Enderlein, 1908) dans la région afrotropicale (Diptera, Ceratopogonidae). Bull Soc Entomol Fr, 92(2), 149-64. et n'est pas stabilisé, les listes et classifications présentées ci-dessous sont donc susceptibles d'évoluer.
Sous-genre Avaritia Culicoides brevitarsis - suspecté de transmettre le virus Akabane et le virus Aino Culicoides imicola - principal vecteur de la maladie de la langue bleue et la peste équine en Europe du Sud Culicoides chiopterus - Culicoides dewulfi - Culicoides obsoletus - Culicoides scoticus - Sous-genre Beltranmyia Culicoides circumscriptus Culicoides manchuriensis Culicoides salinarius Sous-genre Culicoides Culicoides nipponensis Culicoides punctata Sous-genre Drymodesmyia Culicoides loughnani Sous-genre Haematomyidium Culicoides insinuatus Culicoides paraensis - vecteur du virus d'Oropouche Sous-genre Haemophoructus Culicoides gemellus Sous-genre Hoffmania Culicoides foxi Culicoides fusipalpis Culicoides ignacioi Culicoides insignis Culicoides lutzi Culicoides maruim Culicoides paramaruim Sous-genre Macfiella Culicoides phlebotomus Sous-genre Meijerehelea Culicoides guttifer Sous-genre Monoculicoides Culicoides deltus Culicoides fagineus Culicoides grisescens Culicoides impunctatus (Highland midge) - vecteur de Haemoproteus spp. Culicoides newsteadi Culicoides nubeculosus Culicoides pulicaris Culicoides punctatus Culicoides variipennis Sous-genre Oecacta Culicoides furens transmet Mansonella Ozzardi Sous-genre Remmia Culicoides oxystoma Sous-genre Tokunagahelea Culicoides pygmaeus Sous-genre Trithecoides Culicoides anophelis
Espèce incertae sedis incluant : un groupe limai Culicoides limai un groupe fluviatilis Culicoides fluviatilis Culicoides leopodoi un groupe reticulatus Culicoides guyanensis Culicoides paucienfuscatus Culicoides reticulatus
Taxonomie, éléments de description Les adultes sont de petits insectes noirs mesurant de 1 à de long (rarement 4 mm).
Leurs antennes, composées de 15 segments sont longues et couvertes de poils bruns, densément chez les mâles et en moindre quantité chez les femelles.
Le thorax est cerclé.
Les ailes sont larges et tachetées. Seules les deux premières nervures longitudinales sont distinctes. La forme et le dessin des ailes comptent parmi les critères d'identification des sous-genres et espècesWirth W.W (1985) An atlas of wing photographs, with a summary of the numerical characters of Nearctic species of Culicoides (Diptera: Ceratopogonidae). Contrib. Am. Entomol. Inst., 22, 1-46.
Comportement Mâles et femelles sont nectarivores, mais après l'accouplement et avant la ponte, les femelles font aussi un repas de sang (nécessaire à la maturation des œufs fécondés). Selon J.P Rieb (1982), en zone tempérée, la plupart des espèces produisent deux générations dans l'année : l'une au printemps et l'autre (moins nombreuse) en étéRieb J.P (1982) Contribution à la connaissance de l’écologie et de la biologie des Cératopogonidés (Diptera, Nematocera). Thèse de Doctorat es Sciences Naturelles (Diplôme d'État), U.E.R., Vie et Terre, n°10, Université Louis Pasteur de Strasbourg, 395 p..
Pour cela, les femelles recherchent des animaux (animaux à sang chaud chez la plupart des espèces), qu'elles piquent généralement au crépuscule ou à l'aube (quelques espèces sont toutefois diurnesEl Sinnary K.A, Muller R, Atta el Mannan A & Hussein S.H (1985) The diurnal activity of Culicoides kingi in northern Sudan. Revue d'élevage et de médecine vétérinaire des pays tropicaux, 38(3) (résumé.). Cette quête se passe souvent en essaims denses, habituellement non loin d'une zone riche en végétaux en décomposition, d'une étendue d'eau ou d'une zone humide. Plusieurs auteurs ont montré que la météorologie influence beaucoup l'activité de quête de sang des femellesZhdanova T.G (1975) The activity of blood-sucking biting midges (Diptera, Ceratopogonidae) in relation to meteorological conditions in the left-bank Polesie of the Ukraine. Vestnik Zoologii, 6, 58–64.Olbrich S & Liebisch A (1987) Studies on the occurrence and infestation by biting midges (Diptera: Ceratopogonidae) of pastured cattle in northern Germany. Mitteilungen der Deutschen Gesellschaft fur Allgemeine und Angewandte Entomologie. In: Vortrage der Entomologentagung in Heidelberg, 30 September–4 October 1987. 415–420 Wulfsberg S (1989) Field observations on the infestation of horses by biting midges (Diptera: Ceratopogonidae) in northern Germany. Thèse de doctorat, Tierarzlichen Hochschule, Hanovre, Allemagne. Les morsures semblent beaucoup moins nombreuses par temps chaud (plus de ) et ensoleillé et/ou quand il y a grand vent. Elles sont plus nombreuses par temps plus humide et aux températures de 20-22 °C.
Au crépuscule les Culicoides sont attirés par la lumière et notamment ultraviolette (ce qui a permis de créer des pièges lumineux (utilisant éventuellement la lumière UV)Mellor P.S & Prrzous G (1979) Observations on breeding sites and light-trap collections of Culicoides during an outbreak of bluetongue in Cyprus. Bulletin of Entomological Research, 69(02), 229-234. en complément des pièges collants autrefois utilisés et des pièges à aspiration). Cet attrait pour la lumière pourrait peut-être renforcer leur présence autour des habitations, étables, villes, poulaillers, campings éclairés la nuit...