Le lycée Eugène Woillez est un établissement français d’enseignement secondaire situé à Montreuil (Pas-de-Calais). Le lycée est polyvalent et présente plusieurs enseignements : général, technologique et professionnel.

Il est installé sur l'emplacement d'une ancienne abbaye et d'une ancienne école militaire préparatoire. Créé en 1958, le lycée prend le nom du médecin Eugène Woillez en 1969. Il compte aujourd'hui environ élèves. À l'intérieur du lycée se trouve un monument dédié aux anciens élèves de l'École Primaire Supérieure (EPS) et aux élèves du collège morts pour la France durant la Première Guerre mondiale.

Histoire Abbaye Le lycée Eugène-Woillez se situe actuellement sur l'emplacement de l’abbaye Sainte-Austreberthe, rue Porte-Becquerelle à Montreuil.

Jusqu'en 1792, l’abbaye a occupé la surface comprise entre la porte Becquerelle, la rue Sainte-Austreberthe et les remparts. Les invasions normandes ont contraint les bénédictines de Pavilly à quitter leur Normandie vers 880 et à chercher refuge d'abord à Marconne puis à Montreuil. Le Comte de la ville Helgaud les accueille et leur propose une abbaye à Montreuil en 1030. Leur fondatrice et patronne, sainte Austreberthe (une sainte mérovingienne) née vers 630 dans le pays d'Hesdin et morte le à Pavilly, aurait été la fille d'un comte d'Hesdin et de sainte Framehilde de Marconne. Depuis cette date, Austreberthe est honorée en Normandie et dans l’arrondissement de Montreuil.

Les religieuses Bénédictines de l'abbaye Sainte-Austreberthe possèdent un pensionnat de filles à l'intérieur de leur monastère. Elles y reçoivent bon nombre de jeunes filles de la noblesse britannique mais aussi des Irlandaises.

Grâce à une bonne gestion cette abbaye devient riche et puissante. L'abbaye connaît une succession d'incendies dévastateurs notamment en 1537 et en 1773 où elle est entièrement reconstruite. Mais le , un nouvel incendie laisse une chapelle sans toit.

En 1818, quelques religieuses demandent si elles peuvent se réinstaller dans leur ancien couvent mais le conseil municipal refuse, préférant garder un lieu pour ouvrir l'enseignement secondaire.

Collège privé En 1828, le collège privé est définitivement mis en service. La ville et M. Decroix, curé d'Embry se mettent d'accord pour ouvrir un pensionnat en plus du collège, les locaux et les meubles sont fournis par la ville. Dans les premières années le collège est dirigé par l’abbé Delwaulle[Histoire du lycée de Montreuil sur Mer, ].

En 1841, on compte six professeurs, six domestiques et la cousine de l’abbé Delwaulle.

La scolarité y est partagée en huit années : de la huitième à la Seconde puis la Première ou « Rhétorique ». Parallèlement, les classes de Français reçoivent « les enfants sortant de l'école maternelle » et comprennent quatre cours. Le latin, qui occupe une place dominante, est enseigné de la à la Rhétorique. Mais en 1878 il n’y a pas d’enseignement des sciences car il n’y a toujours pas de professeur spécialisé dans cette matière. Dans l’ensemble, l’enseignement reste malgré tout très varié[Histoire du lycée de Montreuil sur Mer, ].

De 1825 à 1877, le collège connaît énormément de travaux. Malgré ces interventions, les conditions de vie restent médiocres dans ces bâtiments mal adaptés et trop étroits. Les élèves y sont mal installés, n’ont pas la place nécessaire pour écrire et manquent d’air et de lumière[Histoire du lycée de Montreuil sur Mer, ].

En 1873, l'abbé Macquet, le successeur de l’abbé Delwaulle, prend en charge la direction de l'établissement.

Ce collège reste un collège très engagé, il participe aux grands moments de la vie montreuilloise, comme le lors de la bénédiction de l’arbre de la liberté, à laquelle « Tous les élèves maîtres en tête » participent aux chants (la marseillaise, le chant du départ, le chant des Girondins, le banquet de la liberté et l’hymne à Pie IX)[Histoire du lycée de Montreuil sur Mer, ].

L'École Militaire Préparatoire

Avant 1885 , les Écoles Militaires peuvent accueillir des fils de militaires de différents grades , qu'on appelle Les Enfants de Troupe[Surtout, qu'on nous attende ! Historique de l'école militaire préparatoire de Montreuil-sur-Mer 1886-1924].

En 1812-1813 ,une partie des anciens bâtiments du couvent de Sainte-Austreberthe abrite des Enfants de Troupe rassemblés en une unité d'élite : un Bataillon de Pupilles de la Garde Impériale qui partage les locaux avec les services d'un hôpital militaire d'environ 200 lits.

La réglementation des Écoles Militaires Préparatoires provoque de nombreuses décisions dont la première, le , entraîne la création de 5 écoles militaires en France dont une à Montreuil (École consacrée à l'Infanterie)

La caserne Sainte-Austreberthe doit alors loger un effectif de 500 élèves encadrés par 80 officiers , sous-officiers et soldats. Les travaux débutent en 1885 , les bâtiments sont aménagés, transformés et agrandis. Dans le CDI actuel se trouvait une salle d'escrime .

En 1886 , 186 pensionnaires sont formés au métier de soldat , ils sont encadrés par des militaires et des civils[Montreuil-sur-Mer au cœur de la Grande Guerre, Compagnons de la Violette, 2009, ]. En 1913 ,l'EMP accueille 450 élèves[Montreuil-sur-Mer au cœur de la Grande Guerre, Compagnons de La Violette, 2009, ] dans les anciens locaux de l'Abbaye, appelés Caserne Duval.

L'EMP pendant la Première Guerre mondiale thumb|right|Caserne Duval L’École Militaire Préparatoire de Montreuil ayant quitté les locaux de la caserne Duval au cours de l'été 1914 (elle rejoint l’école des Andelys en Normandie ), un hôpital anglais est installé dans ceux-ci. Le on révèle à la population qu’il s’agit d’un « hôpital affecté aux blessés de l'armée des Indes »[Montreuil-sur-Mer au cœur de la Grande Guerre, La Violette Hors-Série , ], il existe jusqu’au . Il est dirigé par le colonel anglais Bamfield[Montreuil-sur-Mer au cœur de la Grande Guerre, Compagnons de La Violette, 2009, ].

Le GHQ (General Head Quarters)[Vasseur, Lucien, Surtout, qu'on nous attende ! Historique de l'école militaire préparatoire de Montreuil-sur-Mer, Édition des musées de Montreuil-sur-Mer, ] ou GQG (Grand Quartier Général) britannique occupe alors les locaux. En effet, Montreuil est une position géographique stratégique puisqu’elle permet de relier Paris et Londres en 1 jour[Montreuil-sur-Mer au cœur de la Grande Guerre, Compagnons de La Violette, 2009, ]. C'est dans le Grand Quartier Général dirigé par Douglas Haig que se prennent toutes les décisions concernant le déploiement des troupes britanniques[Montreuil-sur-Mer au cœur de la Grande Guerre, Compagnons de La Violette, 2009, ].

À la fin de la guerre, les élèves réintègrent l'école jusqu'en 1924 où elle est transférée à Tulle.

De l’école primaire supérieure au lycée

Le , le maire, M. Dubourg, reçoit une lettre de l'inspecteur académique lui indiquant de créer une école primaire supérieure (EPS) avec pensionnat pour les élèves s'orientant dans l’enseignement agricole.

Une école primaire supérieure de garçons est alors mise en service à Montreuil à partir du par le ministre de l'Instruction Publique et des Beaux-Arts. Le personnel n'est alors composé que d'un directeur et de 3 professeurs. La discipline est sévère et formelle : les élèves ont une tenue universelle (cols et cravates, chaussures cirées). Des sanctions sont donc mises en place en fonction de la gravité des erreurs pour punir les mauvais élèves ne respectant pas les règles (des mauvais points, des punitions, blâmes..).

Pendant une certaine période des maladies apparaissent à cause des mauvaises conditions d'hygiène à l'EPS tels que des cas d'oreillons, de grippes, de rougeoles, d'angines et d'autres maladies contagieuses. L'EPS trouve alors des solutions et met en œuvre divers moyens pour lutter contre ces épidémies (éponges mouillées pour nettoyer le tableau, ouvertures des fenêtres pour aérer et évacuer les bactéries).

En 1916, deux ans après le début de la Grande Guerre, le nombre d'élèves diminue. Ceux-ci participent en effet à l'effort de guerre pour fournir de la main-d’œuvre aux familles d'agriculteurs en ramassant ou en cultivant des plantes médicinales. Sur les 290 élèves fréquentant l'école de 1900 à 1907, 66 sont tués (1/4 des élèves et 2/3 des professeurs morts au front).

Le massacre continue en 1913-1914, il ne reste que 55 des 92 élèves mais l'effectif remonte à 149 à la rentrée de 1918.

Durant la Seconde Guerre mondiale, les deux salles du rez-de-chaussée sont réquisitionnées pour installer une pharmacie adjointe à l’hôpital militaire dans l’orphelinat.

En 1942, l'armée allemande évacue enfin les bâtiments et l'EPS devient un collège moderne. Ce changement a pour but de supprimer les établissements animés d’un mauvais esprit et ainsi de consolider le secondaire. Grâce à cette transformation le nombre d'enfants d'ouvriers quadruple en pour passer à 32%. Il y a successivement la création des classes de secondes (en ), de premières puis de sciences expérimentales en 1951. En 1958, l'établissement devient officiellement un lycée « classique et moderne » qui prend par la suite le nom de Eugène Woillez.

À partir de 1950, les conditions d'hébergements au lycée deviennent inquiétantes, l'état des locaux et escaliers très vétustes présentent différents soucis. Ces problèmes pourraient créer de graves accidents dans les années futures, c'est pour cela que le lycée est rénové et réaménagé par la suite.

La restructuration du lycée vignette|left|Cloître du lycée À la rentrée 1974, le départ du premier cycle dans les bâtiments du nouveau collège a brutalement vidé les deux-tiers de ses effectifs. Alors que le lycée est en difficulté, le nouveau lycée de Berck lui complique la tâche.

Les Montreuillois veulent également avoir leur lycée polyvalent ce pourquoi ils lancent une pétition qui recueille 880 signatures.

En 1977, l’établissement poursuit sous le signe d’une grande continuité mais perd 4 postes de surveillant d’un coup.

En 1979, l’établissement apparaît comme un petit lycée et frôle un déclassement.

Dans le milieu des années 1980, le lycée connaît une forte croissance des effectifs : en 5 ans , les arrivées d’élèves de seconde augmente de 75% mais les formations offertes évoluent lentement, le lycée reste donc « classique et moderne » jusqu’en 1989 où le lycée offre une série technologique tertiaire.

En 1987, Noël Josèphe, président de la région Nord-Pas-de-Calais, autorise la reconstruction du lycée qui commence en 1988 par le conseil général du Pas-de-Calais sous l’égide de l’architecte montreuillois Jean-François Leblanc qui a réussi à faire de ce bâtiment classé monument historique un lycée où se mélangent l'aspect ancien et les éléments modernes.

En 1990, l’internat et les logements de fonction sont érigés. L’ensemble est terminé au printemps 1992, bien que le lycée soit reconstruit, son cadre architectural est des plus séduisants. La reconstruction du lycée en ville et le respect de son cadre ont conduit à un résultat assez éclatant et la transformation du lycée donne à l’ensemble un aspect très lycée classique.

Architecture alt= Façade de la chapelle du lycée avec les notions d'architecture|right|vignette|Chapelle du lycée avec les notions d'architecture. En 1030, l’abbaye est transférée à Montreuil à l’emplacement du lycée actuel et des religieuses s’y sont installées. Elle connaît plusieurs pillages et incendies qui ont donc mené à des reconstructions.

On retiendra l’incendie de la nuit du 21 au qui provoque l’effondrement complet des bâtiments. L’abbaye est reconstruite de 1756 à 1761 par les frères Lemercier, architecte montreuillois. La chapelle aujourd’hui est adossée au lycée Woillez.

On dit souvent que la chapelle est de style jésuite alors qu’en réalité elle est de style Renaissance.

Le lycée aujourd'hui