vignette|Carte montrant les territoires de l'Ukraine (vert), de la Russie (rose) et de la Crimée (noir). Le blocus économique de la Crimée par l'Ukraine est un blocus mené par des activistes d'organisations publiques d'Ukraine à l'encontre de la Crimée, annexée à la Russie à la suite de la crise de Crimée L'action du blocus de la Crimée est pour ue période indéfinie, rappelle Choubarov, Interfax Ukraine, 22 septembre 2015. de 2014. Il a été mis en place le à l'initiative de la présidence du Majlis des Tatars de Crimée comme un « blocus civil de la Crimée » visant à arrêter l'approvisionnement de produits alimentaires. Le , une liaison ferroviaire acheminant des matières premières (minerais d'ilménite) a également été interrompue, visant les industries lourdes de Crimée, en particulier Ukrainian Chemical Products à Armiansk «Titan de Crimée» a cessé de recevoir du minerais à cause du blocus de la Crimée par l'Ukraine, Interfax Ukraine, 25 septembre 2015. Les autorités de Crimée aident l'usine de Firtach, qui reste sans livraison de minerais, RIA novosti, 25 septembre 2015 Les activistes de l'« Union panukrainienne des vétérans ATO » ont fermé la ligne ferroviaire vers l'usine « Titan de Crimée » à la frontière administrative avec la Crimée, Interfax Ukraine, 28 septembre 2015..
En , des activistes tatars de Crimée et ukrainiens ont effectué une première tentative de mise en place d'un blocus énergétique de la Crimée en abîmant des pylônes de lignes à haute tension de l'oblast de Kherson reliant la presqu'île à l'Ukraine continentale. Du 20 au , des inconnus ont fait sauter les pylônes de quatre lignes à haute tension, occasionnant une coupure d'électricité totale en Crimée et dans certaines parties d'Ukraine Près de 2 millions de personnes privées d'électricité en Crimée, TV 5, 22 novembre 2015.. Après cela, les activistes ont empêché durant deux semaines le rétablissement des lignes.
Le , le gouvernement ukrainien, en réponse à la proposition du président Porochenko de cesser les livraisons de denrées à la Crimée, a annoncé l'arrêt temporaire de la circulation des poids-lourds par la frontière avec la Crimée Le gouvernement ukrainien interdit temporairement le transit des camions en Crimée, BBC russe, 23 novembre 2015.. Le , le gouvernement Ukrainien a décidé l'arrêt du transit de marchandises et de services en provenance et vers la Crimée « quel que soit le régime douanier […] sauf pour les effets personnels, les produits alimentaires d'importance sociale et l'aide humanitaire ». La décision est entrée en vigueur 30 jours plus tard Le cabinet des ministres a décidé de limiter le transfert de marchandises en Crimée, Interfax Ukraine, 16 décembre 2015.. Le , le blocus civil a été arrêté Islyamov a annoncé l'arrêt du blocus civil de la Crimée, "LB.ua", 31 décembre 2015..
Contexte Le , la Rada a déclaré que le territoire de la république autonome de Crimée et Sébastopol subissaient une occupation temporaire de la part de la Russie La Rada d'Ukraine a adopté la loi « De la protection des droits et libertés des citoyens et de l'état de droit sur le territoire temporairement occupé d'Ukraine », Site de la Rada, 15 avril 2014..
En , les autorités ukrainiennes ont interrompu le Canal de Crimée du Nord Le Canal de Crimée du Nord n'approvisionne plus la Crimée en eau, Pravda Economique, 13 mai 2014., et mi-2015, la livraison de matériaux de construction a été suspendue. De septembre à , l'alimentation en électricité a été limitée; cette limitation a pris fin le , quand les contrats de livraison de charbon et d'électricité de Russie à l'Ukraine ont été signés.
Le , la frontière russe a été établie entre la Crimée et l'Ukraine Le 25 avril, la frontière Russe a été établie entre la Crimée et l'Ukraine, Nouvelles de Sébastopol, 25 avril 2014. L'Ukraine a protesté auprès de la Russie du fait de l'installation de la frontière criméenne, Nouvelles de Crimée, Service de presse de Crimée, 30 avril 2014..
Le , la Rada d'Ukraine a adopté une loi Loi d'Ukraine « de la création de la zone économique libre de Crimée et des particularités de l'activité économique dans les territoires temporairement occupés d'Ukraine », Site de la Rada, 12 août 2014. qui prévoyait entre autres l'accomplissement de formalités de douane lors du passage de marchandises à travers la frontière entre la Crimée et l'Ukraine. Le , la douane ukrainienne a commencé à appliquer cette loi, exigeant des déclarations d'import ou d'export au passage des marchandises La douane ukrainienne considère maintenant la Crimée comme étant à l'étranger, Rosbalt, 30 septembre 2014. L'Ukraine instaure des déclarations douanières à l'entrée et la sortie de Crimée, Interfax Ukraine, 30 septembre 2014..
Le , à la suite de la décision du Conseil de défense et de sécurité nationale d'Ukraine, le transit de voyageurs vers la Crimée est devenu interdit par les voies routière et ferroviaire Le CDSN explique pourquoi le transit de voyageurs par la Crimée a été interdit, depo.ua, 27 décembre 2014..
Le blocus civil Exigences des organisateurs Le , lors d'une conférence de presse à Kiev., les instigateurs de l'action, le député Moustafa Djemilev, le président du Majlis des Tatars de Crimée et député Refat Choubarov et le vice-président du Congrès mondial des Tatars de Crimée Lenour Isliamov ont présenté le document « Exigences des participants du blocus de la Crimée envers les autorités russes »., parmi lesquelles figurent : la libération des activistes ukrainiens et tatars de Crimée prisonniers des forces russes (Nadia Savtchenko, Oleh Sentsov, Alexandre Koltchenko, Alexandre Kostenko, Moustafa Degermendja, Ali Asanov et Tair Smedliaev) ; l'arrêt des persécutions envers les tatars de Crimée ; la création de conditions de travail libre pour les médias et journalistes étrangers ; la levée des interdictions de territoire à l'encontre des dirigeants tatars de Crimée (Moustafa Djemilev et Refat Choubarov, interdits d'entrer en Crimée en 2014 pour une durée de cinq ans pour incitation à la haine ethnique).
Par la suite, d'autres exigences ont été ajoutées concernant l'accès à la Crimée de représentants d'organisation internationales pour observer la situation en matière de droits de l'homme, et le « rétablissement des droits démocratiques tels qu'ils existaient en Crimée sous le gouvernement ukrainien » Les Tatars de Crimée ont exprimé les conditions de la levée du blocus, «Slon.ru», 23 novembre 2015..
Actions de activistes La première action, à laquelle participaient des activistes tatars de Crimée et des membres de Secteur droit et du Régiment Azov, a eu lieu le L'antenne de Zaporijia de « Secteur Droit » se joint au blocus alimentaire de la Crimée, Interfax Ukraine, 16 septembre 2015. simultanément à trois points de contrôles de l'oblast de Kherson Politique alimentaire : ce que cache le blocus de Crimée, Forbes Ukraine, 21 septembre 2015., et consistait à fermer la route aux camions à l'aide de blocs de béton. La voie ferrée vers Armiansk a été coupée par des activistes de l'« Union Pan-Ukrainienne des Vétérans ATO » à l'aide de plaques de béton le La ligne ferroviaire d'Armiansk a été coupée à l'aide de plaques de béton, 112.ua, 26 septembre 2015..
Le président d'Ukraine Petro Porochenko, soutenant l'action, a déclaré que son but était «la reprise rapide de la souveraineté nationale sur la péninsule». Selon le Président Porochenko, les garde-frontières et le ministère de la Défense avaient reçu l'ordre de maintenir l'ordre et de s'assurer de l'absence de provocation pendant les actions Porochenko : le but du blocus de la Crimée est son retour sous l'égide de l'Ukraine, RIA Novosti, 22 septembre 2015..
Puis, alors que le passage de la frontière restait bloqué pour les camions, les membres de Secteur droit et du Majlis ont commencé à limiter le passage de la frontière pour les automobilistes en établissant le contrôle des papiers des conducteurs et la vérification de leurs données avec la liste des « traitres » sur le site « Mirotvorets » Le blocus filtre les séparatistes, CrimReal, 17 décembre 2015..
Le , des représentants de Secteur droit ont déclaré l'arrêt de l'action de leur organisation dans le blocus civil de la Crimée et le retrait de leurs permanences aux points de contrôle, expliquant cette décision par des désaccords avec leurs partenaires de blocus, qui « les écartaient de fait des prises de décisions ».
Blocus énergétique Le système énergétique de la Crimée est déficitaire, et dépend historiquement de l'alimentation en électricité depuis d'autres régions d'Ukraine (des centrales thermique et nucléaire de Zaporijjia, et du réseau d'énergie de l'oblast de Mykolaïv) par quatre lignes à haute tension : Melitopol - Djankoï (), Kakhovka - Djankoï (), Kakhovka - Ostrovskoe (), Kakhovka - Titan (, branche terminale alimentant Armiansk et Krasnoperekopsk). Fin 2014, la Russie et l'Ukraine ont signé deux contrats pour la période du au . Le premier prévoyait la fourniture d'électricité pour un volume de , le deuxième impliquait l'alimentation en électricité de la Crimée par l'Ukraine sans interruption sur la même période. L'approvisionnement en électricité depuis la Russie permit entre autres à l'Ukraine de satisfaire ses besoins pendant la réparation de la centrale nucléaire de Rivné La Russie ne fournira pas d'électricité à l'Ukraine, Gazette russe, 12 janvier 2016..
Dans la nuit du , des inconnus ont abîmé les pylônes d'une des lignes à haute tension réalisant l'alimentation en électricité de la Crimée La dégradation des pylônes de la ligne à haute tension à Kherson ne mènera pas à des coupures en Crimée, RIA Crimée, 6 octobre 2015.. Secteur Droit a déclaré initialement n'avoir pas de lien avec cet incident et l'a qualifié de « provocation » destinée à discréditer le blocus civil de la Crimée Secteur droit nie avoir abîmé les lignes à haute tension vers la Crimée, RIA Crimée, 7 octobre 2015.. Cependant, les activistes de Secteur Droit ont, par la suite, soutenu les membres du Régiment Azov. et les partisans du Majlis, qui empêchaient les réparations des pylônes par les spécialistes de «DnieprEnergo». Les activistes ont tenté d'entraver les travaux, exigeant que l'« alimentation en électricité de la Crimée soit interrompue, de même que les biens de consommationSecteur droit décide de commencer un « blocus énergétique » de la Crimée, RIA Crimée, 10 décembre 2015. UkrEnergo a remis en route la ligne à haute tension Melitopol-Djankoy, Interfax Ukraine, 13 octobre 2015. ».
vignette|300x300px|Lancement de la première étape du pont énergétique. Vladimir Poutine, à gauche, le ministre de l'Énergie Alexandre Novakom et le Premier ministre de Crimée Sergueï Aksionov à Simferopol, le 2 décembre 2015.
Dans la nuit du , avec la réparation de la centrale nucléaire de Rivné, l'Ukraine mit fin au contrat d'achat d'électricité à la Russie.
Entre le 20 et le , les pylônes des lignes à haute tension alimentant la Crimée ont été détruits, provoquant l'interruption totale de l'alimentation en électricité de la péninsule, après quoi les activistes ont empêché le rétablissement des lignes pendant deux semaines.
Les travaux de la Russie pour créer un pont énergétique avec la Crimée se sont alors accélérés, permettant la mise en place d'un premier câble unissant le réseau électrique de la Crimée avec le réseau du Sud de la Russie. Les organisateurs du blocus énergétique, dont les représentants du Majlis des Tatars de Crimée, ont annoncé sa levée partielle et autorisé la remise en service de la ligne à haute tension Kakhovka - Titan. Le , Secteur Droit a subséquemment annoncé l'arrêt de sa participation dans le blocus en raison de dissensions avec leurs partenaires Secteur droit a annoncé l'arrêt du blocus énergétique de la Crimée, RIA Crimée, 8 décembre 2015..