Martine Anstett, née le à Thionville et morte à Boulogne-Billancourt le Relevé des fichiers de l'Insee, est une juriste française.
Son travail pour la défense des droits de l'homme au sein de l'ONU (Genève et New York), au sein d'Amnesty International (section France), au ministère des Affaires étrangères à Paris et auprès de l'Organisation internationale de la francophonie (OIF) lui a permis d'acquérir une grande expertise sur les questions en faveur des droits de l'homme et notamment dans le domaine de la justice transitionnelleMartine Anstett, symbole de la lutte pour les Droits humains, 12 mai 2016, Luxembourger Wort. Elle est décédée subitement à l'âge de 46 ans. Son nom est aujourd'hui associé à un prix des droits de l'homme qui est remis chaque à Paris.
Biographie Diplômée de l'Institut d'études politiques de Paris (Sciences-Po, section communication et ressources humaines) en 1992, elle obtient une maîtrise de droit international et européen l'année suivante puis, en 1994, un Dea de droit communautaire et européen. Après de nombreux stages dans le domaine diplomatique ( aux Nations unies à New York et aux Nations unies à Genève), dans le secteur du journalisme (L’Express, RTL TV et Le Républicain lorrain) et de la communication en entreprise (Usinor Sacilor), elle rejoint en 1994, en qualité de consultante, l'Association pour la prévention de la torture (APT) et prépare les rapports pour le Comité européen pour la prévention de la torture au Conseil de l’Europe.
De janvier à , elle intègre le ministère des Affaires étrangères à Paris à la sous-direction des droits de l’homme et des affaires humanitaires et sociales. Elle y rédige des télégrammes d'instruction et apporte sa contribution aux discours de la délégation française au nom de l'Union Européenne, tout en apportant son expertise pour la préparation de la Conférence mondiale sur les femmes (Pékin, 1995). Elle y fait une rencontre importante, celle de Louis Joinet, juriste français, fondateur du syndicat national de la magistrature et auteur, en 1997, des principes contre l'impunité, aussi appelés les principes Joinet et qui font partie des principes de la justice transitionnelleUn certain monsieur Joinet, film de Frantz Vaillant (2011). Extrait de l'intervention de Martine Anstett.
De mai à , aux Nations unies, au Haut Commissariat aux droits de l’homme à Genève, Martine Anstett est à la gestion de programmes de coopération technique pour la Roumanie, l’Arménie et Malte.
De à , toujours au Haut Commissariat aux droits de l’homme, elle est assistante de plusieurs mandats d’experts internationaux (telle Hina Jilani, représentante spéciale du secrétaire général sur les défenseurs des droits de l’homme et les rapporteurs spéciaux sur les exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires, indépendance des juges et des avocats). Elle y mène des négociations à haut niveau avec les différents gouvernements (chefs d’État, ministres, ambassadeurs...). Elle est chargée d'une double coordination : avec les autres mécanismes de protection des droits de l’homme aux niveaux international et régional et coordination d’une vingtaine de missions sur le terrain tout en rédigeant des rapports pour la Commission des Droits de l’Homme et l’Assemblée générale des Nations unies. Elle est bientôt responsable de programmes de coopération technique pour l’Algérie, la Tunisie, le Maroc et la région des Grands Lacs.
Jusqu'en , elle intègre Amnesty International (section française, Paris) en qualité de directrice de la communication où elle élabore et met en œuvre la stratégie de communication externe de l'ONG mais où elle assure aussi l'animation du réseau national des 400 groupes locaux d’Amnesty et coordination avec le Secrétariat international à Londres ainsi qu’avec les sections étrangères.
En , elle retrouve le ministère des Affaires étrangères et européennes à Paris en qualité de chargée de mission à la Direction générale de la mondialisation, sous-direction de la gouvernance démocratique. Elle gère des négociations internationales avec d’autres gouvernements et des organisations internationales tels que l’OCDE et l’Union européenne et elle est la représentante de la France aux réunions annuelles sur l’Instrument européen pour la démocratie et les droits de l’homme (IEDDH) à Bruxelles. Elle est ensuite nommée adjointe de l’Ambassadeur pour les droits de l’homme, François Zimeray, entre mars et pour l'organisation des cérémonies officielles du anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme.
Le , naissance de son unique fils, Jules Vaillant-Anstett. En , elle intègre l'Organisation internationale de la francophonie (OIF) à Paris en qualité de sous-directrice à la direction de la paix, de la démocratie et des droits de l'homme. AFFAIRES INTERNATIONALES : ACTUALITES Conférence des Institutions nationales des droits de l’homme (INDH) et des Défenseurs des droits de l’homme dans les locaux du Conseil national (8 novembre 2013) Conseil National de Barreaux.
Elle y mène des activités diplomatiques et politiques de haut niveau avec les États membres de la francophonie dans le domaine des droits de l’Homme, de la démocratie et du renforcement de l’État de droit.. Elle œuvre notamment pour la promotion du plurilinguisme et de la diversité juridique. au sein des institutions juridiques internationales basées à La Haye (CPI, CIJ, tribunal spécial pour le Liban) Allocution prononcée par Martine Anstett à La Haye, le 15 novembre 2012 et participe à toutes les négociations diplomatiques autour des déclarations et résolutions adoptées par les chefs d’État et de gouvernement de la francophonie (sommets de Montreux, Kinshasa et Dakar).
Vie privée Elle est la fille de Justin Anstett, professeur de français agrégé de lettres, et de Marie-Louise Andres, agent immobilier. Elle est la deuxième d’une fratrie de trois enfants. Elle a été partenaire avec le journaliste français Frantz Vaillant avec qui elle a eu un fis, Jules.
Réactions à son décès À son décès, Michaëlle Jean, secrétaire générale de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF), ex-gouverneure générale du Canada écrira :
D'autres réactions émanant de divers horizons arriveront à sa famille. Parmi elles, citons celles de Karim Lahidji, président de la Fédération internationale des ligues des droits de l'homme (FIDH), Souhayr Belhassen, présidente d’honneur et Antoine Bernard, directeur général .
Geneviève Garrigos, présidente d’Amnesty International et Stephan Oberreit, directeur général d’Amnesty International : ; Abdou Diouf, ancien Président de la République du Sénégal et ancien secrétaire général de la francophonie : ; Fatou Bensouda, procureur de la Cour pénale internationale (CPI) écrira : .
De son côté, Zeid Ra'ad Zeid Al-Hussein , Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme rendra également hommage à Martine Anstett : ..
Publications Publication de divers articles pour le mensuel La Chronique d’Amnesty International Auteur d’un manuel de formation sur les défenseurs des droits de l’homme - ONU, Genève, 2003 Les États à l’épreuve de la sécurité, édition PUG/Centre d’études et de recherche sur le droit et l’administration publique, 2003, « Déontologie et sécurité : L’Expérience du Comité européen pour la prévention de la torture » Revue pénitentiaire et de droit pénal, juillet- "La Convention européenne pour la prévention de la torture ».
Conférencière Multiples interventions dans le cadre de ses fonctions à l’Organisation internationale de la francophonie depuis 2009. Colloque à Nantes () sur « Le Pouvoir des médias ». Journée de réflexion au Sénat () sur « l’Information, aspects ontologiques dans le monde d’aujourd’hui », sous le haut patronage du secrétaire général du Conseil de l’Europe et le vice-président du Sénat Semaine de la publicité à Paris () aux côtés de Dominique Wolton.
Chargée de cours 2013-2014 : intervenante à l'École nationale d'administration 2010-2011 : intervenante au master Juriste internationaliste de terrain (Université d'Aix-Marseille) 2007-2009 : intervenante au CELSA/Paris Sorbonne en master 1 journalisme 2008 : formation sur les droits des femmes dispensée à Sciences Po Bordeaux 2003-2007: intervenante régulière sur la « Communication grandes causes » dispensée au master « communication d’entreprises » de l’École supérieure de commerce (ESC) de Rouen 2003-2005 : intervenante sur la Communication grandes causes en maîtrise info/comm à Paris 8.
Notes et références
Catégorie:Juriste français du XXe siècle Catégorie:Juriste français du XXIe siècle Catégorie:Naissance en mars 1969 Catégorie:Naissance à Thionville Catégorie:Décès en avril 2015 Catégorie:Décès à Boulogne-Billancourt Catégorie:Décès à 46 ans