vignette|Vitrail de l'Annonciation Léglise Saint-Félix de Sigean, est dédiée au saint patron Félix de Gérone ( en catalan), mort en martyr en 304 dans cette même ville de Gérone est l'un des joyaux de l'art de l'histoire et de l'architecture de Sigean tant par son caractère unique que par les diverses œuvres et reliques qu'elle contient.
Elle s'inscrit dans le cadre catholique français et est rattachée à la paroisse Saint-Pierre et Saint-Paul des Étangs, elle-même rattachée au diocèse de Carcassonne et Narbonne. Le saint patron de l'église est célébré chaque par une procession dans la ville, assurée par les membres de l'Association des Amis de Saint-Félix de Sigeancréée en mars 2011 à la suite des , créée dans les années 1970, suivie d'une célébration dans l'église présidée par le curé de paroisse.
Une construction complexe de l'église
Même si le chantier eu différents retards liés à la guerre franco-espagnole qui ne prit fin qu'en 1659, à un manque d'argent ou encore à des malfaçons structurelles, le chantier pris fin en 1671. Malgré cela, les travaux reprirent en 1654. En 1658, la voûte du chœur et le mur donnant sur l'esplanadeL'esplanade porte aujourd'hui le nom de place de la Libération. se sont écroulés. Les travaux ont été arrêtés entre 1659 et 1665. Repris en 1665, ils ont été continués par Pascal, de Marseille. La consécration de l'église Saint-Félix de Sigean fut faite par Monsieur Dagen, vicaire général de Narbonne, Monseigneur François Fouquet, l'archevêque de Narbonne étant absent, assisté de Monsieur Candelou, procureur fiscal, Monsieur Pierre Alaric étant recteur.
Sigean disposait déjà depuis le Moyen Âge d’une église hors les murs, dédiée à saint Félix de Gérone. Selon les spécialistes sa construction remonterait au . Elle est nommée sous le vocable de Saint-Félix au Livre Vert de Monseigneur Pierre De La Jugie (1319-1376). Sigean aurait vainement réclamé à plusieurs reprises d’être pourvu d’un sanctuaire moins éloigné du centre du bourg. Le , lors d’un conseil général, la Communauté prétextant d’un vol sacrilège commis contre leur sanctuaire extra-muros, obtint gain de cause de la part de leur Seigneur, Claude de Rebé, archevêque de Narbonne. Le prélat ayant choisi l’emplacement de la nouvelle église, en partie sur le rempart Ouest, et sur sept maisonnettes de la vieille ville, promit à la communauté de participer aux frais de façon substantielle. Le recteur en titre. M. Amaury, fit de même mais en se gardant bien d’avancer une somme précise.
Première période 1647–1659 Ce fut sous l’œil de Jean Blanc, vicaire desservant de Sigean, qu'eut lieu la pose de la première pierre le . En grande majorité, les pierres furent tirées des carrières de Portel, moyennant un droit acquitté au Seigneur du lieu. Lors des travaux de finition, en particulier pour les escaliers du parvis, une autre variété de pierre plus dure fut extraite à Sigean même : «montée de guerre», lieu-dit des « trois moulins » Les moellons récupérés de la partie démolie du rempart durent être employées pour les fondations de la nouvelle église. Pour le marbre, des carrières de marbre rouge de Caunes-Minervois (du ). Le chantier connut différents retards imputables à plusieurs causes. D'abord un épisode de la guerre franco-espagnole qui ne prit fin qu'en 1659. En vain les Sigeanais avaient prié leur Seigneur d’attendre la fin d’une guerre, qui les appauvrissait à plusieurs titres, pour poursuivre cette construction. Par ailleurs le prélat avait imposé à la Communauté des maîtres d’œuvre montpelliérains de son choix ; l’un d’eux au moins était un escroc. Plus les imprévus ralentirent l’avancée des travaux et plus Claude De Rebé se montrait impatient de consacrer «sa» nouvelle église de Sigean. Les entrepreneurs indélicats surent exploiter l’état d’esprit du prélat ; il leur suffisait de prétendre que tel retard était dû à la lenteur avec laquelle Sigean leur versait les avances exigées pour obtenir le résultat escompté. L’archevêque ordonnait alors aux autorités sigeanaises de contracter de nouveaux emprunts ; quand aucun prêteur honnête ne voulut faire d’avance à Sigean, il fallut recourir aux usuriers. Une malfaçon notoire concernant le chœur fut dénoncée fin 1655 ; cependant le prélat soutint continuellement contre Sigean, le parti de ses maîtres d’œuvre, qui lui faisaient miroiter l’achèvement prochain des travaux. En , alors que l’un des entrepreneurs était poursuivi pour ses escroqueries, l’une des deux voûtes du chœur de l’église s’écroula avec le « coing des murailles maîtresses ». Les travaux furent arrêtés de 1659 à .
Achèvement 1664–1671 Après quelques années de stagnation certains membres éminents de la Communauté sigeanaise parvinrent à persuader les autres membres du Conseil qu’on ne pouvait laisser à l’abandon le chantier de la nouvelle église qui avait tant coûté à leurs pères. Il se peut que le fait qu’eux-mêmes soient astreints à payer les intérêts exorbitants que les multiples emprunts avaient générés, ait amené les Sigeanais à faire achever l’église intra-muros. Cette fois le chantier fut confié à un ingénieur honnête et compétent, M. Pascal. Ce Marseillais était en train d’assécher l’étang qui deviendra le domaine de Sainte-Croix. Non seulement il lui incomba de corriger certaines malfaçons de ses prédécesseurs, mais il le fit malgré le peu de moyens de la Communauté. Les procès que Sigean intenta aux héritiers de Claude de Rebé et au « théologat » M. Amaury, qui leur avait jadis promis des subsides, ne leur procura aucune compensation. Quant au nouvel archevêque, François de Fouquet, s’il avait émis le vœu que la nouvelle église soit terminée, il délégua à son Vicaire Général et à des laïcs de haut rang la supervision de l’avancement des travaux. Pour sa part il apparaît qu’il joua de son statut de Président des États du Languedoc pour faire obtenir à Sigean quelque fonds ; il s’agissait essentiellement des sommes compensatoires dues aux paroisses ayant servi d’étapes à des gens de guerre. À plusieurs reprises, les États du Languedoc, bien que Sigean ait fourni les justificatifs adéquats, s’étaient dispensé de régler ce défraiement ou l’avait fortement minoré. « Sigean, le , Dimanche de l’Octave du St Sacrement de l’Autel ; en l’absence de Monseigneur l’Archevêque de Narbonne, François De Fouquet, M. D'Agen son Grand Vicaire, a procédé à la bénédiction de la nouvelle église construite sur la place & dédiée à St Félix martyr, et il l’a érigée en paroisse ; il fut assisté de M. Candelou, procureur fiscal, de M. François Augustin archiprêtre de Roquefort, de M. Pierre Jacques recteur de La Palme et de moi (Pierre Alaric/Gouges) Recteur de Sigean soussigné et de mes prêtres (deux vicaires « étrangers » et le purgatorier). Le Très Saint Sacrement, les reliques et autres choses précieuses, y ont été transportées en procession, de la vieille église (St Félix extra-muros) ; M. D'Agen nous a offert en outre une côte de st Prosper, martyr, qui sera mise dans un reliquaire et exposée à la dévotion du public. Dorénavant il faudra considérer que l’église paroissiale de Sigean est celle-ci et non plus l’église champêtre. « En memoire de quoy » signé Alaric Recteur. [extrait des délibérations du Conseil de Sigean].
Monsieur Pierre Alaric, d’une très ancienne famille sigeanaise, recteur de la paroisse depuis 1661 fut donc le premier à exercer son ministère dans la nouvelle église, avant son achèvement en 1671. Peut-être du fait que plusieurs prêtres et des membres des familles de notables avaient été ensevelis dans Saint Félix du Calvaire, l’ancienne église ne fut livrée à la démolition qu’en 1740 ; le chantier devait probablement inclure le clocher attenant, comme l’église, au mur du cimetière et situé à l’Est et un ancien petit sanctuaire dédié à Saint Martin, contiguë au porche de Saint-Félix, côté rue Saint-Martin. Ce ne fut qu’en 1874 que fut édifié sur cet emplacement un Chemin de Croix, situé dans l'actuel Calvaire (direction Portel-des-Corbières).
La Révolution française dévastatrice pour l’Église Atteignant jusqu'au bourg de Sigean, les réactions anticléricales et destructrices de la Révolution française ne manquèrent pas de toucher gravement l'égliseLes dommages furent particulièrement importants en 1792 qui comme partout en France subit de graves réquisitions et/ou actes de destructions ce qui eut pour effet la destruction ou la perte d'une partie non négligeable du patrimoine de l'église que les paroissiens avaient obtenue par leur travail ou leur or. En effet, c'est à cette période et sous l’influence de (non sourcable –cf. Émile Maltret) que la plupart des boiseries, meubles et ornements liturgiques furent tout simplement brûlés. Sans oublier l'argenterie ainsi que d'autres objets de valeur qui disparurent à jamais. Les premières cloches de l’église connurent le même triste sort puisqu'elles disparurent également à cette période. Le maître-autel fut détruit pour faire place à une grande porte permettant la circulation de charrettes ; ce n'est qu'en 1836 qu'un second maître-autel fut construit en marbre rouge de Caunes. Par la suite l'édifice fut dépossédé de son caractère sacré et ainsi fut dérobé à la foi des paroissiens puisqu'il servit successivement de Temple de la Raison, d’hôpital puis de prison et enfin de . Ce n'est qu’au milieu du , après les guerres napoléoniennes que l'édifice put enfin retrouver son caractère sacré et à nouveau accueillir des célébrations catholiques. Entre-temps et comme tous les édifices religieux de Sigean, elle servit d’hôpital militaire.
Le cas particulier du clocher À l'origine, aucun clocher n'était prévu pour l'église, celui qui est aujourd'hui présent est assez récent puisque datant du . Son accès a d’ailleurs été modifié et de nombreux travaux de consolidations y ont été effectués au cours de la seconde moitié du . C'est ce même clocher qui sert encore parfois d'emblème à la ville.
Le premier clocher de était en réalité une tour de garde du rempart (type beffroi) qui, munie de cloches, remplissait le rôle du clocher. Cet ouvrage militaire servait également pour les offices et les heures liturgiques (l'horloge n’apparaîtra que bien plus tard vers la fin du XVII). Le mécanisme des cloches de cet ancien beffroi fut en partie récupéré sur l’ancien clocher de ce qui est aujourd’hui le calvaire. M. Pascal dut corriger à cet effet les malfaçons de ces prédécesseurs en agrandissant le haut du beffroi afin d’y faire rentrer les pièces récupérées.
Même s'il n’existe plus aujourd'hui, ce clocher originel, intégré aux remparts, fut militarisé sous l'impulsion de l’archevêque de Narbonne de 1375 à 1391, Jean-Roger de Beaufort qui eut à cœur de construire les fortifications de l’agglomération. Par ailleurs, les armoiries de ce dernier figurèrent un temps sur les murs constituant le clocher, elles ont depuis disparu.
L'église à l'époque moderne Au et début du , le lieu de culte connu moult changements et adaptations à l'ère moderne ainsi que quelques restaurations.
En effet, en 1982, la commission d’art sacré du diocèse réunie en date du décida d'initier, avec l'appui de l'Abbé de l'époque, Charles Manenti (1909-1950-2009), une vaste campagne de restauration et d'aménagement de l'intérieur de l'église. C'est à la suite des conclusions de cette commission que l'édifice connu ses couleurs actuelles de beige pour les piliers et la voûte, rose pour les murs et bleu pour le chœur. Les chapelles ont également été restaurées entre 1983 et 1990. À cette occasion, l'on profita des travaux pour prévenir l'effondrement de l'église lié au rapprochement des deux murs composant la nef par une large tige en métal reliée aux deux piliers de l'église situés vers le chœur.