Mela est une commune française située dans la circonscription départementale de la Corse-du-Sud et le territoire de la collectivité de Corse. On la nomme fréquemment Mela-di-Tallano. Situé dans la vallée du Fiumicicoli, le village appartient à la piève de Tallano, en Alta Rocca.

Géographie Localisation et relief

Mela, commune de moyenne montagne au climat méditerranéen comportant des étés tempérés, se situe dans la région de l'Alta Rocca, entre le col de Bavella et la Rocca (région de Sartène, traditionnellement dénommée la Plaine), à au sud-est d'Ajaccio. Elle est historiquement rattachée au canton de Tallano, dont tous les autres villages dominent la moyenne vallée du Rizzanese, de l'autre côté du col Saint-Roch et sa chapelle. Son territoire, d'une superficie de 462 hectares, est bordé, d'ouest en est et du nord au sud, par ceux des communes de Sainte-Lucie-de-Tallano, Altagène et Levie. Bâti sur une éminence à d'altitude., en contrebas de la route départementale 268, le village de Mela étale ses maisons anciennes de granit surplombant la vallée du Fiumicicoli et jouxte la piève de Carbini (Levie, Zonza). Il est séparé de son hameau Foce-di-Mela, aux constructions étagées sises à une altitude n'excédant pas , par le Fiumicicoli qui les éloigne de 4 kilomètres à vol d'oiseau et de 18 kilomètres par la route.

Hydrographie La commune est traversée par la rivière du Fiumicicoli, ainsi que par les ruisseaux de San Polu, de Mezzane, de Petra grossa, de Casavecchia et de Culumbella.

Minéralogie Si Mela n'a pas la chance de compter sur son territoire la merveilleuse curiosité qu'est la diorite orbiculaire, roche qui est, au niveau insulaire voire européen, l'apanage de la seule commune limitrophe de Sainte-Lucie-de-Tallano, sa minéralogie ne manque cependant pas d'intérêt. La nature de son terrain est granitique, entrecoupé de masses de grünstein, et l'ingénieur des mines Emile Gueymard y observe, dès 1820, la présence de granit syénitique à longs cristaux d'amphibole noir, pierre qui sert à l'érection des tombeaux et mausoléesEmile Geymard, Voyage géologique et minéralogique en Corse 1820-1821, Bulletin de la Société des Sciences Historiques et Naturelles de la Corse, juillet-août 1883, p.52-57.

Flore Composée de petites montagnes boisées de chênes verts et de maquis, la vallée offre un bel environnement verdoyant de pâturages et de cultures en terrasses.

Faune L'Inventaire National du Patrimoine Naturel. recense dans la commune les espèces suivantes : Nom valide Nom vernaculaire Dernière observation Statut Anguilla anguilla (Linnaeus, 1758) Anguille européenne 1985 Présent Salmo trutta fario (Linnaeus, 1758) Truite de rivière 1985 Présent Sus scrofa (Linnaeus, 1758) Sanglier 1985 Présent

Phénomènes naturels Bien que située sur une zone à très faible sismicité, plusieurs séismes ont été ressentis à Mela au fil des ans.. Le , un séisme de magnitude 4, dont l'épicentre est dans le Sartenais, est ressenti à dans tout l'Alta Rocca. Le , un séisme de magnitude 5, dont l'épicentre est à Cauro dans le pays d'Ajaccio, est également ressenti, à , à Sainte-Lucie-de-Tallano et Levie. Le , un séisme de magnitude 6, dont l'épicentre est en Sardaigne, est ressenti à dans le Sartenais et l'Alta Rocca. Le , un séisme de magnitude 6, dont l'épicentre est à Cervione en Castagniccia, est ressenti à dans toute la Corse. Le , un séisme, dont l'épicentre est à l'est de la Sardaigne, est ressenti à dans le Sartenais et l'Alta Rocca.

Mela a été touchée à plusieurs reprises par des inondations reconnues comme des catastrophes naturelles. Le , les eaux du Fiumicicoli, gonflées par une tempête que les contemporains qualifièrent de véritable ouragan, ont submergé et détruit le pont de Cutulla, qui permet de relier Mela à Foce-di-Mela par un sentier pédestreRapports et délibération du conseil général de la Corse pour l'année 1902, page 34. Du au , la crue du Fiumicicoli et la coulée de boue qui en a résulté ont endeuillé et endommagé les bains d'eau sulfureuse de Caldane, situés sur la commune limitrophe de Sainte-Lucie-de-Tallano et ont emporté, pour la seconde fois en cent ans, le pont de CutullaArrêté préfectoral de reconnaissance de l'état de catastrophe naturelle en date du 29 novembre 1993, publié au Journal Officiel du 15 décembre 1993. Du 29 au , se sont produits une inondation par crue et débordement de cours d'eau, ainsi que par ruissellement et coulée de boueArrêté préfectoral de reconnaissance de l'état de catastrophe naturelle en date du 26 juin 2008, publié au Journal Officiel du 05 juillet 2008.

Mela, inscrite sur la liste des communes exposées aux feux de forêt, a connu sur son territoire, le , un incendie qui a ravagé 0,02 hectare de maquis..

Voies de communication et transports Mela et son hameau de Foce-di-Mela, séparés par la vallée du Fiumicicoli, sont reliés entre eux et au reste de l'île par les voies suivantes.

Voies routières Mela est connectée à la route départementale 268, qui, depuis l'est, commence à Sari-Solenzara, franchit le col de Bavella, passe notamment par Zonza, Levie et Sainte-Lucie-de-Tallano et rejoint, peu avant Propriano, la route nationale 196 qui relie Ajaccio à Bonifacio. Sur le plan historique, le réseau routier de l'île était, jusqu'au milieu du , peu développé ou, en tout cas, guère carrossable. Les rapports et délibérations du conseil général de la Corse permettent cependant de constater que, curieusement, celui qui menait à Mela fut en relatif bon état avant beaucoup d'autres. Il est ainsi noté, en 1862, que dans l’arrondissement d’Ajaccio, il n’y a pas un seul chemin praticable de bout en bout pour les voitures et que dans l’arrondissement de Sartène, il n’y a que les chemins d’intérêt commun 55 d’Olmiccia à Poggio, d'une longueur de et 54 de Mela à Altagene, d'une longueur de qui soient ouverts sur une largeur de 4,50 m et qui ne nécessitent que des dépenses d’entretien. Ces deux chemins sont fusionnés en 1864 pour devenir le chemin d'intérêt commun 44 d'Olmiccia à Mela, ancêtre de la portion de la route départementale 268 qui relie toujours Mela au reste du canton. Son tracé commence sur la route forestière 4 borne 58,870 km, passe par Olmiccia, Poggio-di-Tallano, où il rencontre à 700 mètres de Poggio le chemin de grande communication 6 qu’il emprunte jusqu’à Sainte-Lucie-de-Tallano. Il emprunte ensuite la route forestière 4 entre les bornes 57,550 km et 56,100 km, passe par Saint-André-de-Tallano et se termine à Altagène. L’embranchement de Mela qui commence sur la route forestière 4 et se termine à Mela fait partie de ce chemin. En 1866, le descriptif relatif à cette voie se fait légèrement moins enthousiaste que quatre ans auparavant puisqu'il est constaté que le chemin 44 est ouvert sur une longueur de 3 kilomètres et en lacune sur un kilomètre. Le Conseil général, qui se montre étonné qu’une ligne de 4 kilomètres de parcours seulement ne soit pas encore ouverte bien que classée depuis longtemps, explique néanmoins ce retard par le fait que les propriétaires demandent à être indemnisés préalablement à l’occupation des terrains. Il faut attendre le rapport présenté à l'assemblée délibérante en 1880 par le service vicinal pour se réjouir enfin de l’achèvement des travaux qui a complété l’ouverture du chemin 44, désormais livré à la circulation sur toute sa longueur.

Le hameau de Foce-di-Mela se situe sur la route départementale 548, qui continue la route départementale 148 venant de Sartène, qui rejoint à la hauteur de Tirolo la route départementale 248 venant de Chialza et qui, sous ce dernier numéro, se raccorde, vers Foce d'Olmo, à la route départementale 59 qui, au sud depuis Sotta va vers Carbini. Les voies devancières des actuelles routes départementales 548 et 248 furent percées plus tardivement que celle qui menait à Mela et il est à considérer que de simples chemins pédestres permettaient de rejoindre Foce-di-Mela avant la fin du . En effet, ce n'est que lors de la séance du Conseil général du que M. Giacomoni, représentant du canton de Sainte-Lucie-de-Tallano, dépose le dossier relatif à la construction d’un chemin de grande communication partant des bains de Sainte-Lucie (Caldane) et passant par les hameaux de Foce-di-Mela, Tirolo, Pantano, par la commune de Carbini et aboutissant à la route forestière de Marghese, chemin dont le début des travaux d’ouverture n'est pas attesté avant le . En ce qui concerne l'actuelle route départementale 248, ce n'est que lors de la séance du que le conseiller général Orsatti émet le vœu que l’administration des chemins vicinaux mette à l’étude le tracé d’un chemin destiné à desservir les hameaux de Casabianca, Matra, Orio, Chialza, Campoli et Bisè, avec prolongement sur Foce-di-Mela et le classement de ce chemin comme embranchement du chemin d’intérêt communal 28 et qu'il est spécifié que ces hameaux, dont plusieurs constituent à l'époque des agglomérations importantes, sont dépourvus de toute voie de communication.

Sentiers Mela et son hameau de Foce-di-Mela sont reliés par un sentier muletier qui franchit le Fiumicicoli à la passerelle de Cutulla. Cette dernière a été détruite par deux fois dans l'Histoire. La première destruction fait suite à ce que les contemporains ont qualifié d'ouragan, qui a occasionné une crue du Fiumicicoli le . Les rapports et délibérations du conseil général de la Corse nous montrent que sa reconstruction fut de longue haleine. En dépit d'une première subvention de 250 francs accordée en 1893 par le Département et de la réunion d'une somme de 200 francs prélevée dans le budget de la commune de Mela et de 150 francs dans celui de la commune de Sainte-Lucie de Tallano, dont le hameau de Bisè est desservi par cette passerelle, l'argent manque pour restaurer l'ouvrage. Il faut dire que les devis établis par le service vicinal prévoient une dépense de dans le cas d'une passerelle en maçonnerie et de dans celui d'une passerelle en simple charpente. La commune de Mela, qui n'est pas en mesure d'obérer davantage son budget, cherche à se tourner, en vain, vers les établissements de crédit. Par quatre fois, en 1896, 1897, 1901 et 1902, le conseiller général Arrii émet le vœu que l'État ou la collectivité locale vienne en aide à la commune. Les archives ne permettent malheureusement pas de préciser à quelle date exacte le problème a pu enfin trouver une solution. Ce qui est sûr est que la passerelle a bien été reconstruite au puisqu'elle a été une seconde fois emportée par la crue centennale du Fiumicicoli qui a eu lieu du au . L'équipe municipale, alors conduite par Gisèle Chiaverini, semble néanmoins avoir connu moins de déboires que ses prédécesseurs de la Belle Époque pour réunir les financements utiles à une nouvelle reconstruction, la passerelle étant de nouveau empruntable depuis lors.

Urbanisme Typologie Au , Mela est catégorisée commune rurale à habitat très dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine et hors attraction des villes...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (81 % en 2018), néanmoins en diminution par rapport à 1990 (85,3 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (81 %), zones agricoles hétérogènes (9,6 %), prairies (9,4 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).