Ota est une commune française située dans la circonscription départementale de la Corse-du-Sud et le territoire de la collectivité de Corse. Elle appartient à l'ancienne piève de Sevinfuori, dans les Deux-Sevi.

Géographie Situation Ota est une commune du littoral du Vicolais, dans le parc naturel régional de Corse. Elle est l'une des neuf communes du canton des Deux-Sevi, située autrefois dans l'ancienne piève de Sia devenue plus tard Siasalogna puis Sevinfuori), dans l'ancien diocèse de Sagone et l'ancienne juridiction de Vico.

Communes limitrophes

Géologie et relief

vignette|Le village d'Ota, dominé par le Capu d'Ota. Ota se trouve dans le « Delà des Monts », ou Corse occidentale ancienne, constituée pour l'essentiel de roches granitiques, comme ordinairement distinguée par les géologues au sud-ouest de l'île, par opposition au « Deçà des Monts » ou « Corse schisteuse » au nord-est.. Ici, le socle constitué de granites alcalins a été profondément entaillé par la rivière de Porto, qui en amont, a creusé des gorges vertigineuses (gorges de la Spelunca). Les roches granitiques du substrat donnent la série des sols bruns acides, bruns méditerranéens et lithosols. Les sols sont dans l’ensemble peu ou moyennement profonds.

Façade maritime vignette|Littoral du nord de Porto jusqu'à Bussaglia. une côte déchiquetée, formées de rochers de granite rose, que surplombe la route D 81 et comportant la petite punte d'Aghia Campana ; la marine de Porto ; le rocher de Porto, porteur d'une tour génoise avec, à son pied, l'embouchure du Porto ; la plage de Porto.

Limites territoriales Ota s'étale vers la mer dans un axe est-ouest, soit des deux côtés de la rivière de Porto, depuis une ligne de crête orientale démarrant au nord avec Capu Acitoriu (), interrompue par le cours du ruisseau de Lonca, puis passant par Capu di e Querce (), Bocca di Fornacciole (), et Capu Rossu (), au sud. Sur une partie de son cours, le ruisseau de Lonca sépare Ota d'Évisa.

Au nord, son territoire est marqué par une ligne de crête comportant les sommets Capu San Petru (), Capu a Vetta (), et Capu Acitoriu. Au sud, une autre ligne de crête passant par Capu a u Monte (), Capu a e Macinule (), Capu di u Vitullu () et Capu d'Orto () la sépare de Marignana et de Piana.

Composition Depuis les gorges de Spelunca jusqu'à son embouchure dans le golfe, la rivière de Porto sépare la commune en deux : La partie septentrionale ou rive droite de la vallée du Porto, est dominée par un sommet central, Capu di Larata (), et Capu d’Ota qui domine le village d'Ota. Elle comprend deux principaux vallons : celui du ruisseau de Lonca et du ruisseau d'Enova, tous deux affluents du Porto ; La partie méridionale ou rive gauche du Porto comporte un remarquable petit massif nommé Capu d'Orto e Tre Signore dominant les vallons des ruisseaux U Riu, de l'Onda, de Campoghiu et de Lamatoghiu.

Hydrographie

vignette|Embouchure du Porto Ota occupe la vallée de la rivière de Porto, depuis les gorges de Spelunca jusqu'à son embouchure dans le golfe de Porto. principal cours d'eau communal. Le Porto prend sa source à d'altitude sur la commune de Cristinacce, sous le nom de ruisseau de San-Petru, et pénètre sur la commune d'Ota à la sortie des gorges de Spelunca sous le nom de ruisseau de Tavulella. Au cours de la traversée communale, il est alimenté par plusieurs ruisseaux dont le ruisseau de Lonca. son principal affluent, qui a sa source sur les flancs méridionaux du Capu a e Ghiarghiole (), sommet « à cheval » sur Évisa, Manso et Albertacce.

Les autres cours d'eau sont les ruisseaux d'Enova, U Riu, de l'Onda, de Campoghiu et de Lamatoghiu. Ils sont à forte déclivité. Leur régime est de type pluvial, lié aux précipitations, c'est-à-dire très irréguliers, faibles en période estivale, volumineux de l'automne au printemps.

Climat et végétation vignette|Euphorbe arborescente La région littorale et les basses vallées de l'intérieur bénéficient du climat méditerranéen maritime, caractérisé par une extrême douceur des températures, une sécheresse estivale importante et des précipitations modérées ( à /an).

Plus l'altitude augmente, plus le climat méditerranéen cède sa place à un climat montagnard aux influences alpines avec des écarts de températures plus importants et surtout d'abondantes précipitations ( à m/an) sous forme de pluie et de neige.

À partir de , le climat de la région est de type méditerranéen d’altitude, plus marqué par le relief que par les influences de la mer. Il est dominé par une double influence, montagnarde et marine, due à la fois à son relief montagneux très important et à la situation géographique de l'île (située au cœur du golfe de Gênes). La pluviosité varie de à pour un nombre moyen annuel de jours pluvieux de à Résultats du Troisième Inventaire national forestier - Département de Haute-Corse (2004) et de Corse-du-Sud (2003) - Ministère de l'Agriculture et de la Pêche 2006. L’enneigement peut être quelquefois important en montagne.

Le maquis méditerranéen tient une grande place avec oléastres, arbousier, lentisque et myrte dans les parties basses et des cistaies. Du chêne vert s’y mêle généralement, formant çà et là des taches denses de taillis ou de futaie, avec parfois des oliveraies abandonnées. S'y trouve aussi du chêne-liège, sous forme d’arbres épars. Le pin maritime constitue quelques peuplements proches de la mer, près de Porto. Sur le littoral rocailleux du nord de Porto, on rencontre l'euphorbe arborescente et l'asperge sauvage (Asparagus acutifolius). À l'étage supérieur, près du village, quelques châtaigneraies sont présentes.

Du fait d'une pluviométrie importante, la région possède une vaste couverture boisée, aussi bien sur le littoral qu'à l'intérieur et en montagne. On trouve ainsi une chênaie verte sur le versant nord du massif du Capo d'Ortu jusqu'à la mer, et la forêt de Lonca-Lindinosa en partie sur Ota.

Voies de communication et transports Au début du , dans sa Description de la Corse, Giustiniani écrivait Giustiniani in Dialogo nominato Corsica, traduction de l'Abbé Letteron in Histoire de la Corse, Description de la Corse - Tome I, . :

Accès routiers Le village d'Ota est situé entre Porto distant de , et Évisa distant de , sur la route départementale D124, route qui rejoint la D84. .

Transports Le village d'Ota est distant, par route, de : de la gare la plus proche, qui est la gare de Francardo en Haute-Corse, et de de la gare d'Ajaccio ; de l'aéroport d'Ajaccio ; de l'aéroport de Calvi, l'aéroport le plus proche ; du port de commerce d'Ajaccio.

Urbanisme Typologie Au , Ota est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine et hors attraction des villes...

La commune, bordée par la mer Méditerranée, est également une commune littorale au sens de la loi du , dite loi littoral.. Des dispositions spécifiques d’urbanisme s’y appliquent dès lors afin de préserver les espaces naturels, les sites, les paysages et l’équilibre écologique du littoral, tel le principe d'inconstructibilité, en dehors des espaces urbanisés, sur la bande littorale des , ou plus si le plan local d’urbanisme le prévoit..

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (96,9 % en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (96,9 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (36,5 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (34,8 %), espaces ouverts, sans ou avec peu de végétation (25,6 %), espaces verts artificialisés, non agricoles (1,4 %), zones urbanisées (1 %), zones agricoles hétérogènes (0,7 %), eaux maritimes (0,1 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Ota village Le village d'Ota est entouré de deux chaînes montagneuses. Bâti à flanc de montagne, il est dominé par le mont Capu d'Ota (). Situé à une altitude moyenne de ()Ota - Porto sur le site officiel de la commune. Consulté le 5 novembre 2013., il s'étire au milieu des terrasses plantées d’oliviers. C’est un ancien verger de cultures telles que le cédrat, la vigne ou le blé et où les maisons sont semblables à de petites forteresses perchées sur des rochers.

La petite ville d'Ota possède également une mairie et une école, se situant au sous-sol de la mairie. De nombreux restaurants de spécialités corses s'y trouvent également. À l'est du village, le pont génois de Pianella enjambe la rivière de Porto.

Le village ouvre accès aux gorges de la Spelunca qui abritent un autre pont de l’époque génoise, le pont de Zaglia, « à cheval » sur Marignana et Évisa, sur le sentier « Tra Mare e Monti », l’ancienne route muletière reliant Ota à Evisa.

Porto vignette|La marine de Porto

Le hameau de Porto est situé en bas de la vallée du Porto, à près d'un kilomètre de son embouchure et à du village.

La marine de Porto, située à deux kilomètres du hameau, se situe au nord de l'embouchure du fleuve. Une passerelle permet de franchir celui-ci pour accéder à la plage de Sia jadis appelée vulgairement le Porto di Sia.

Le golfe de Porto a été classé patrimoine mondial de l'humanité par l'Unesco. Selon la nouvelle dénomination approuvée en 2006 par l'UnescoUnesco - Décision 30COM 8B.4 de 2006, le golfe de Porto englobe les calanques de Piana, le golfe de Girolata et la réserve de Scandola.

Toponymie En corse, la commune se nomme (prononcé []).

Histoire La commune d'Ota était située dans l'ancienne piève de Sia devenue plus tard Siasalogna puis Sevinfuori, dans l'ancien diocèse de Sagone, dans l'ancienne juridiction de Vico.

Moyen Âge Durant des siècles, le Sia a fait partie d'un fief dominé par les Seigneurs de Leca, dont le domaine s’étendait du sud de Calvi jusqu'au nord de Propriano. Les Seigneurs de Leca se révoltèrent contre la domination génoise, durant une période dite « guerres des Cinarchesi », mais ils furent vaincus et massacrés. De tout ce territoire, les gouverneurs génois n'avaient laissé aux seigneurs de Leca que la piève de Vico et le Niolo ; Arrigo les en dépouilla et traita de même tous les seigneurs de cette partie de l'îleGiovanni della Grossa in Chronique, traduction de Lucien Auguste Letteron in Histoire de la Corse Tome I.

Ota est le haut lieu de l’histoire de la « piève du Sia ». Pendant les guerres des Cinarchesi, cette piève, comme entre autres celles du Sevengrentu et du Salognu, était alliée à des chefs rebelles comme Ghjuvan’Paulu di Leca (fin du , début du ), qui étaient en résistance contre Gênes. Le Sia était souvent dévasté par les Génois et les incursions turques, et les Siesi se regroupaient dans le seul village d’Ota.

La piève de Sia relevait de l'évêché de Sagone, au revenu de cinq cents ducats environ et qui comprenait douze pièves : Pino en Balagne, Olmia ou Calenzana, Chiomi, Armito, Sia, Salogna, Paomia, Vico, Cinarca, Sorno in sù, Cruzini et Sevendentro. Dans le Delà des Monts, l'évêché possédait huit pièves, dont Sia.