upright=1.4|thumb|Panorama de Jérusalem. Le dôme du Rocher se dresse au centre de l'Esplanade des Mosquées bâtie sur le Mont du Temple, dont le dernier vestige est le Mur des Lamentations inclus dans les Remparts de la Vieille Ville. La mosquée al-Aqsa est visible en bas à gauche de l'image. Jérusalem est d'une importance symbolique centrale dans le volet religieux du conflit israélo-palestinien car elle contient de nombreux lieux saints pour les trois religions monothéistesMaurice Konopnicki , Jérusalem, Presses universitaires de France, 1997..

Sous l'intitulé général « Palestine occupée » Cet intitulé apparaît pour la première fois dans le compte-rendu des décisions adoptées par le Conseil exécutif de l'UNESCO dans un sous-titre d'une décision relative à la Rampe des Maghrébins à Jérusalem. Voir , le Conseil exécutif de l’UNESCO a pris plusieurs décisions concernant des lieux saints situés dans les Territoires palestiniens occupés. Bien qu'à chaque fois adoptées en l'état, le contenu des décisions a évolué au fur et à mesure des débats et des réactions internationales. La décision 26 de la Document définitif : () est adoptée en ; la décision 19 de la Document définitif : ()a été approuvée par trente-trois pays, dont la France, la Russie, l'Espagne et la Suède. Dix-sept pays se sont abstenus et six ont voté contre : les États-Unis, l'Estonie, l'Allemagne, la Lituanie, les Pays-Bas et le Royaume-Uni. est adoptée le et la décision 25 de la Document définitif : () a été approuvée par vingt-six pays dont la Russie. Vingt-six pays se sont abstenus dont l'Espagne, la France, l'Inde, la Slovénie, le Sri Lanka et la Suède (qui avaient voté pour la décision précédente en avril 2016) et six ont voté contre : les États-Unis, l'Estonie, l'Allemagne, la Lituanie, les Pays-Bas et le Royaume-Uni. présentée par l’Algérie, l’Égypte, le Liban, le Maroc, Oman, le Qatar et le Soudan est adoptée le en séance plénière par 26 voix pour, 6 contre et 26 abstentions. La décision 30 de la Document définitif : ()a été approuvée par vingt-deux pays, dont la Russie et la Suède. Vingt-trois pays se sont abstenus dont la France et l'Espagne et dix ont voté contre : l'Allemagne, les États-Unis, la Grèce, l'Italie, la Lituanie, le Paraguay, les Pays-Bas, le Royaume-Uni, le Togo et l'Ukraine. est adoptée le .

Cette série de décisions fait suite aux nombreuses résolutions du Conseil de Sécurité (252, 476 et 478) et de l'UNESCO dénonçant les tentatives israéliennes de modifier le statut de la ville sainte de Jérusalem. Rappelant en préambule ces résolutions précédentes de la communauté internationale, la dernière version de la décision : « affirm[e] l’importance de la Vieille Ville de Jérusalem et de ses remparts pour les trois religions monothéistes (...) [et] vise (...) à sauvegarder le patrimoine culturel palestinien et le caractère distinctif de Jérusalem-Est (...), regrette profondément le refus d’Israël de mettre en œuvre les précédentes décisions de l’UNESCO concernant Jérusalem (...), déplore vivement le fait qu’Israël, la Puissance occupante, n’ait pas cessé les fouilles et travaux menés constamment dans Jérusalem-Est, en particulier à l’intérieur et aux alentours de la Vieille Ville (...) [et] demande de nouveau à Israël, la Puissance occupante, d’interdire tous ces travaux, conformément aux obligations qui lui incombent (...) »Projet de décision « Palestine occupée », 200 EX/PX/DR.25.4Rev, Paris, le 12 octobre 2016..

Le , à la suite du vote de la décision d', la Directrice générale de l'UNESCO Irina Bokova publie un communiqué rappelant que . Mais elle exprime également que . Plusieurs pays ont marqué leur regret d'avoir voté la décision, dont la France qui s'abstient lors du vote d'. Sous la pression des réactions internationales pro-palestiniennes ou pro-israéliennes, ces décisions évoluent légèrement : celle d' cite le Mur des Lamentations, mention qui disparaît dans les décisions plus récentes. Celle d' fait également référence à de « fausses tombes juives » dans des cimetières musulmansDavid Elkaïm, Quand l'Unesco se penche sur la "Palestine occupée" : sérieux rififi archéologique au Moyen-Orient, Atlantico.fr, 22 mai 2016. ce qui n'est pas repris en quand est introduite la référence à l'importance de la vieille ville de Jérusalem et de ses RempartsLes Remparts de Jérusalem, stricto sensu, entourent la vieille ville de Jérusalem. Le Mur des Lamentations n'en fait pas partie. Toutefois, le texte anglais mentionne the Walls of Jerusalem et on peut y voir une allusion au Mur des Lamentations (Wailing Wall) pour les trois religions monothéistes.

Mounir Anastas, ambassadeur adjoint de la Palestine à l'UNESCO, se réjouit de cette décision d' : « la résolution rappelle qu'Israël est une puissance occupante à Jérusalem-Est et lui demande d'arrêter ses abus »L'UNESCO adopte une résolution controversée sur Jérusalem, Le Figaro, octobre 2016. mais elle est condamnée par le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou qui affirme qu'elle ignore le lien historique unique entre le judaïsme et le Mont du Temple PM slams UNESCO resolution ignoring Jewish connection to Temple Mount et la classe politique israélienne dénonce une « décision antisémite ». Le vote de la décision d' amène Israël à suspendre sa coopération avec l'UNESCO.

La directrice de l'Unesco déclare en , après ce vote : Déclaration de la Directrice générale de l’UNESCO sur la Vieille ville de Jérusalem et ses remparts, Patrimoine mondial de l’UNESCO, 14 octobre 2016..

En France, cette décision suscite l'émoi d'une grande partie de la communauté juive (video) et Eric Conan dans Marianne a pu parler de « l'extension du domaine de la solitude juive ».

En , une nouvelle décision « Palestine occupée » est adoptée par l'UNESCO : les Palestiniens et les pays arabes y acceptent des concessions, notamment le retrait du texte de toute mention de la mosquée Al-Aqsa ou du « Noble sanctuaire », terme musulman pour désigner le Mont du Temple. Les parties supprimées de la résolution sont celles qui avaient irrité Israël et l'avaient amené à suspendre sa coopération avec l'Unesco. Une phrase a par ailleurs été ajoutée stipulant que Jérusalem est importante pour le judaïsme, le christianisme et l'islam.

Ces décisions « Palestine occupée » puis l'inscription de la vieille ville d'Hébron sur la liste du patrimoine mondial en péril amènent les États-Unis puis Israël à annoncer qu'ils quittent l'UNESCO en .

Le , le Conseil exécutif de l'Unesco décide par consensus de repousser à la session d'octobre, deux points concernant "les territoires arabes occupés" et "la Palestine occupée". Contexte

Statut de Jérusalem-Est Jérusalem-Est a été occupée par la Jordanie de 1948 à la guerre des Six Jours en 1967 et est depuis occupée depuis par Israël.

L'ONU s'est inquiétée et a critiqué à plusieurs reprises des décisions israéliennes visant à modifier le statut de la villeLa question de Palestine - le statut de Jérusalem, sur le site des Nations-unies (consulté le 21 octobre 2016).. La résolution 252 du Conseil de Sécurité votée en 1968 indique « que toutes les mesures et dispositions législatives et administratives prises par Israël, y compris l’expropriation de terres et de biens immobiliers, qui tendent à modifier le statut juridique de Jérusalem sont non valides et ne peuvent modifier ce statut ».

Malgré les résolutions, Jérusalem-Est a été proclamée partie intégrante de par le parlement israélien en 1980. L'annexion a été condamnée et est illégale en vertu de Résolution 476 du Conseil de sécurité des Nations unies confirmé dans la Résolution 478. Le caractère illégal de l'annexion est confirmé par un avis de la Cour internationale de justice de 2004..

Jérusalem-Est abrite la vieille ville et ses remparts qui sont un site inscrit au patrimoine mondial par l'UNESCO depuis 1981.. On y trouve l'esplanade des Mosquées, troisième lieu saint de l'Islam et le mont du Temple, le lieu le plus sacré du judaïsme. Par un héritage historique, la Jordanie continue à administrer l'esplanade mais Israël en contrôle tous les accès. La vieille ville est divisée en 4 quartiers (un juif, un chrétien, un arménien et un musulman) qui comprennent des lieux sacrés majeurs pour les trois religions abrahamiques : le mur des Lamentations (ou Mur occidental), la synagogue Hourva, l'église du Saint-Sépulcre, l'église Sainte-Anne, la mosquée al-Aqsa, le dôme du Rocher...

L'UNESCO a notamment dans ces attributions de prendre des décisions concernant la sauvegarde du patrimoine historique mondial. Dans de nombreux cas, ces sujets sont sensibles car non dénués d'arrière-pensées politiques. Parmi ceux-ci, la « question de Jérusalem » revient de manière récurrenteRaymond Goy, La question de Jérusalem à L'UNESCO, In: Annuaire français de droit international, volume 22, 1976. . .

Causes de protestations israéliennes

Négation du lien entre le judaïsme et Jérusalem

Dans les décisions de 2015 et d', aucune phrase ne lie Jérusalem au judaïsme ou au christianisme, aucune phrase ne nie explicitement ce lien. Dans la troisième décision, un membre de phrase a été ajoutée .

Dénomination juive des lieux absentes

Sur les quatre sites évoqués dans les décisions : trois sites le sont par leur désignation musulmane et juive: Al-Haram Al-Ibrahimi/Tombeau des Patriarches à Hébron mosquée Bilal Bin Rabah/Tombe de Rachel à côté de Bethléem place al Buraq appelée aussi « Place du Mur Occidental » à Jérusalem, la mise entre guillemet du terme hébreu est contesté https://www.theguardian.com/world/2016/oct/26/unesco-adopts-controversial-resolution-on-jerusalem-holy-sites-israel . Un site l'est uniquement sous sa dénomination musulmane la mosquée al-Aqsa/Al-Haram al-Sharif à Jérusalem ainsi que ses dépendances alors que la terminologie juive "mont du Temple" n'est pas utilisée.

Fausses tombes juives

La deuxième décision comprenait la phrase "installation de fausses tombes juives en d’autres lieux des cimetières musulmans". D'après François Hollande, cette phrase "malencontreuse" aurait été rajoutée au dernier moment par un amendement Jordanien. Cette phrase a été retirée dans la troisième décision.

Position française

Entre la proposition provisoire d'avril, et le texte définitif d'octobre, la France conditionnait son vote positif à ce que soit explicitement écrit "la nécessité de protéger le patrimoine" le membre de phrase soit ajoutée. la phase sur les fausses tombes juives soit retirée les désignations juives des lieux suivent les désignations arabes. La France a obtenu satisfaction sur les trois premiers points mais seules 3 désignations juives sur 4 ont été ajoutées. La plus "importante" symboliquement, l'expression n'y figure pas. La France a donc pris acte et choisi de s'abstenir http://www.assemblee-nationale.fr/14/cri/2016-2017/20170032.asp#P887785 , déclaration gouvernementale à l'Assemblée nationale le 2 novembre 2016.

Analyses

Selon le politologue David Elkaïm, si la décision d' comporte une série de maladresses, « à aucun moment (...) le lien entre Jérusalem et le judaïsme ou le christianisme n’est nié ». Il argumente que « l’Afrique du Sud, l’Argentine, le Brésil, l’Espagne, la France ou la Russie, pour ne citer que quelques-uns des pays qui ont voté la résolution, [n'] auraient laissé passer un texte qui se livrerait à une telle réécriture de l’Histoire ». Il dénonce par contre une instrumentalisation israélienne visant à faire « prévaloir les éléments démontrant l’ancienneté de la présence juive ».