vignette|upright=1.4|alt=empilement de romans « austéniens » d'auteurs variés et de DVD|Signes de la popularité de Jane Austen : littérature « para-austenienne » et adaptations pour grand et petit écran… La culture populaire s'est emparée de l'univers qu'a créé Jane Austen à partir du deuxième tiers du et le phénomène s'est amplifié depuis, grâce à l'audiovisuel et à internet. Aucun autre écrivain n'a inspiré une dévotion aussi généralisée dans le monde anglo-saxon : sur le plan académique, elle est rangée parmi les romanciers les plus influents et honorés de la littérature anglaise, mais elle est aussi la romancière la plus prisée du grand public qui en a développé une image populaire et familière, ayant débouché sur un véritable culte autour de sa vie et de son œuvre. Elle est désormais mondialement connue, grâce à la diffusion de multiples adaptations au cinéma et à la télévision (très variables dans leur fidélité à son œuvre) plus que par ses romans eux-mêmes.

Jane Austen écrivait pour ses contemporains, déployant ses intrigues dans le cadre relativement étroit du monde qu'elle connaissait et dans lequel elle vivait. C'est la parution fin 1869 de A Memoir of Jane Austen (Souvenir de Jane Austen, écrit par son neveu James Edward Austen-Leigh) qui la révèle à un large public, entraînant un brutal accroissement de sa notoriété. À l'époque, ses admirateurs les plus ardents étaient des hommes érudits et cultivés, des littérateurs, éditeurs, romanciers ou écrivains. Mais les éditions populaires et illustrées de ses romans, à partir des années 1880-1890, ressortissent plutôt à la littérature sentimentale et un peu mièvre destinée à un lectorat féminin : c'est dans ce cadre que Georgette Heyer invente en 1935 le roman d'amour « Régence », directement inspiré de son œuvre.

À la fin du , des ouvrages « modernes » qui reprennent et transposent ses intrigues sont devenus des succès d'édition, comme Le Journal de Bridget Jones (1996), inspiré par Orgueil et Préjugés, surtout dans sa version cinéma (2001). De même, un film comme Clueless (1995), version actualisée dEmma, qui se passe à Beverly Hills, est devenu un phénomène culturel et a donné naissance à sa propre série télévisée. Des préquelles et des suites sont aussi inventées autour de ses personnages par des admirateurs parfois célèbres, comme John Kessel et P. D. James, ou des écrivains de romances, et le phénomène, amplifié avec internet et les sites en ligne, a donné naissance à tout une « littérature para-austenienne » qui utilise les canevas et les canons austeniens, mais tend plus souvent vers le conformisme et les clichés du roman sentimental que vers l'ironie et l'élégance de son style.

Jane Austen étant « entrée dans le domaine public », le culte porté à sa personne et à son œuvre a donné naissance à une industrie florissante : Bath, où elle a vécu quatre ans, honore sa mémoire avec son Jane Austen Centre en créant des évènements (Festival Jane Austen en septembre) et vendant des produits dérivés ; les sociétés austeniennes (JAS) éditent des revues (Persuasions) et organisent des rencontres, des centaines de blogs et de sites lui sont consacrés sur la toile…

Représentations de Jane Austen

Sur les écrans Les sources biographiques étant limitées, la vie de Jane Austen n'a pas été portée à l'écran avant le . upright=0.5|vignette|gauche|alt=Photo de l'artiste 3/4 gauche en buste, cheveux bruns très cours, souriante|Anne Hathaway est Jane Austen au cinéma en 2007

En 2007, Anne Hathaway est Jane Austen dans Becoming Jane, de Julian Jarrold, tiré de l'ouvrage éponyme érudit et fouillé de Jon Hunter Spence, publiée en 2003.. Le film, cependant, se concentre sur la jeunesse de Jane Austen, son développement en tant qu'auteur, et, en s'inspirant d’Orgueil et Préjugés, sa relation amoureuse présumée avec Thomas Lefroy (joué par James McAvoy). upright=0.5|vignette|alt=Photo de l'artiste en gros plan, presque de face, longue frange brune, grand sourire |Olivia Williams est Jane Austen à la télévision en 2008 Miss Austen Regrets est un téléfilm britannique diffusé en 2008. Centré sur la relation entre Jane Austen (jouée par Olivia Williams) et l'une de ses nièces préférées, Fanny Knight (qu'interprète Imogen Poots), le téléfilm évoque les dernières années de la romancière, après l'écriture de Mansfield Park jusqu'à sa mort, en restant globalement fidèle au peu qu'on en connait aujourd'hui du fait de la faiblesse des sources disponibles : en s'appuyant sur les lettres conservées, le scénario semi-biographique montre Jane se retournant sur son passé et aidant sa nièce à trouver un mari.

Au théâtre En France une création originale sur l’œuvre de Jane Austen a été imaginée en 2008 par Lesley Chatterley (décédée en 2013) qui était au Cours Florent. Écrite par Lesley Chatterley, Céline Devalan et Élodie Sörensen., Les 3 Vies de Jane Austen (sous-titrée celle qu’elle a vécue, celle dont elle a rêvé, celle qu’elle a écrite) fut créée en à Senlis, jouée au Festival Off d'Avignon la même année, reprise à Paris, au théâtre de l'Essaïon, en 2011 et, dans une nouvelle version, en 2012..

En littérature

Jane Austen est présentée comme un détective amateur dans la série de romans policiers historiques « Jane Austen » de Stephanie Barron, commencée en 1996 et traduite en français dans la collection Labyrinthes à partir de 1998.

Kate Beaton, dessinatrice de BD canadienne, auteur de Diantre ! Un manant, Bande dessinée en ligne, a consacré l'un de ses strips à Jane Austen.

Adaptations des romans

Outre des émissions radiophoniques ou des représentations théâtrales, les six romans de Jane Austen ont tous fait régulièrement l'objet d'adaptations audiovisuelles à la télévision britannique, essentiellement à partir de 1970, mais elles ont proliféré pendant les années 1995-1996, au cours desquelles furent tournées six adaptations, dont la moitié à Hollywood.Il s'agit de Raison et Sentiments, Clueless et Emma, l'entremetteuse.. Les adaptations et transpositions de ces années-là ont généré nombre de produits dérivés. Les ménages commençant à être bien équipés en magnétoscopes, une très large diffusion est désormais possible., élargie depuis par les avancées technologiques. Le DVD, le Blu-ray et plus récemment le Web ont notablement accru la popularité de cet auteur, même en dehors de la sphère anglo-saxonne..

Les origines variées des transpositions à l'écran montrent que les questions qu'elle soulevait il y a deux siècles sont toujours d'actualité, mais aussi qu'il y a un décalage inévitable entre les horizons d'attente des lecteurs auxquels elle s'adressait et ceux d'un spectateur de la fin du .

(1813)

vignette|upright=0.8|gauche|alt=Photo noir et blanc tirée de la scène de la demande en mariage à Hunsford|Greer Garson et Laurence Olivier dans Pride and Prejudice (1940). Orgueil et Préjugés est le plus visuel des romans de Jane Austen, celui qui se prête le mieux à une adaptation sur écran.. Premier à paraître à la télévision britannique, dès 1938, il n'a cessé d'être adapté ou transposé, à la télévision surtout, mais aussi au cinéma, au théâtre, et même sous forme d'une web-série, chaque adaptation reflétant la sensibilité de l'époque de sa création. Source du plus grand nombre d'adaptations fondées sur une œuvre austenienne, il est aussi celui qui génère le plus d'écrits romanesques (préquelles, suites).

Adaptations et transpositions au cinéma Les diverses adaptations de ce grand classique de la littérature anglaise se rangent en différentes catégories : films d'époque (), transpositions, adaptations libres ;

En 1940, Orgueil et Préjugés de Robert Z. Leonard, première tentative d'adaptation cinématographique, obéit à deux tendances : la volonté de restituer l'ironie de Jane Austen, et celle d'obtenir l'atmosphère légère caractéristique des comédies romantiques de l'âge d'or hollywoodien. Les rôles de Darcy et d'Elizabeth Bennet sont tenus par deux acteurs bien connus des théâtres londoniens : Laurence Olivier, auréolé de ses premiers succès hollywoodiens, et Greer Garson, la nouvelle star de la MGM. vignette|upright=0.7|alt=Photo de l'actrice, gros plan visage souriant de face|Aishwarya Rai interprète Lalita Bakshi (Lizzie Bennet) en 2004. vignette|upright=0.7|alt=Photo de l'actrice de face, plan épaule, longs cheveux châtain clair|Keira Knightley interprète Elizabeth Bennet en 2005. En 2001, Le Journal de Bridget Jones est une sorte de mise en abyme : adaptation du roman à succès d'Helen Fielding, sa trame principale reprend l'intrigue du roman. Les personnages de Daniel Cleaver et Mark Darcy sont librement inspirés des personnages de Wickham et Darcy dans la version dOrgueil et Préjugés de 1995 pour la BBC. Le metteur en scène attend donc du spectateur qu'il ait vu la série télévisée, non qu'il ait lu le roman, d'où la présence de Colin Firth dans le rôle de Mark Darcy et le plongeon de Hugh Grant dans un lac, sans compter que la maison d'édition où travaille Bridget s'appelle Pemberley Publishing.

En 2004, avec Bride & Prejudice, Gurinder Chadha transpose l'intrigue dans l'Inde contemporaine, mêlant la tradition du film britannique avec les codes de Bollywood. L'intrigue est bâtie sur la confrontation entre deux mondes culturellement opposés, l'Inde, dont Lalita Bakshi (Aishwarya Rai) est très fière et l'Occident représenté par le riche investisseur américain Will Darcy (Martin Henderson), le douteux Johnny Wickham (Daniel Gillies) et l'ami de Darcy, l'Anglo-indien Balraj Bingley (Naveen Andrews).

En 2005 Joe Wright donne la deuxième adaptation « en costumes » du roman au cinéma, avec Keira Knightley et Matthew Macfadyen dans les rôles principaux. Les libertés prises avec le roman-source font du film une adaptation romantique, plus proche d'une œuvre des Brontë que de Jane Austen. L'Elizabeth de Keira Kneithley, insolente, provocante et sensuelle, a touché le jeune public.

Deux adaptations n'ont pas été projetées en France. Le Pride & Prejudice d'Andrew Black, sorti en 2003, est une transposition au dans une université mormone de l'Utah, qui relève du Chick flick. A Modern Pride and Prejudice de Bonny Mae, sous-titré (un conte moderne de premières impressions), tourné en 2011 dans le Colorado, n'est sorti qu'aux États-Unis en 2012.

À la télévision

Pride and Prejudice a bénéficié de bonne heure d'adaptations en Europe en dehors de la Grande-Bretagne : il a été italianisé pour la jeune Rai Uno en 1957, adapté en néerlandais en 1961 (avec un changement de titre), et hispanisé en 1966 pour la Televisión Española. Adaptations « en costumes » Jusqu'au début des années 1960, les émissions étaient toutes réalisées en direct et en studio, y compris les trois adaptations en néerlandais, italien et espagnol. Il y en a eu trois produites par la BBC (1938, 1952, 1958) et deux diffusées sur des chaînes américaines (1949, 1956). 1938 : Pride and Prejudice de Michael Barry, première adaptation britannique, de 55 min, en noir et blanc et en direct 1949 : Pride and Prejudice de Fred Coe, de la première saison de The Philco Television Playhouse, (États-Unis). 1952 : Pride and Prejudice de Campbell Logan, six épisodes diffusés en noir et blanc et en direct sur la BBC, du au . 1956 : Pride and Prejudice, épisode de l'Anthologie , diffusé en direct et en couleur sur NBC (États-Unis) le . 1957 : Orgoglio e pregiudizio, adaptation en italien de Daniele D'Anza avec Virna Lisi et Franco VolpiEn cinq épisodes en noir et blanc, visibles sur YouTube 1958 : Pride and Prejudice de Barbara Burnham, en six épisodes en noir et blanc et en direct, diffusés du au sur la BBC. 1961 : , adaptation en néerlandais par Cedric Wallis et Lo van Hensbergen, avec Lies Franken et Ramnes ShaffyEn six épisodes en noir et blanc, visibles sur YouTube . 1966 : Orgullo y Prejuicio, adaptation en espagnol de Alberto Gonzalez Vergel.