Cet article dresse une liste par ordre de mandat des 59 maires de Blois depuis 1692Au ..
thumb|center|Hôtel de ville de Blois (depuis 1940).
Antécédents
Acheté en 1397 par Louis de France, duc d’Orléans, le comté de Blois fut réuni à la couronne en 1498 quand Louis duc d’Orléans et comte de Blois devint roi de FranceRevue de la Numismatique Française, 1845, page 30..
La charge d'administrateur de la ville de Blois a été occupée soit par les comtes de Blois, soit par leurs vicomtes.
Des conseillers municipaux existaient également –on les appelait alors échevins–, et leur chef –le premier échevin– avait souvent une autorité proche d'un maire, sans en avoir officiellement le titre. Cependant, c'est le bailli (aussi généralement gouverneur de la ville) qui représentait localement l'autorité royale en présidant les assemblées communalesQuelques baillis de Blois connus : Jean Ier de Viart, Jacques II de Viart, Louis d'Étampes. ; en son absence, c'est le lieutenant-général du comté qui le remplace.
Après la réapparition du titre de comte de Blois en faveur de Gaston d’Orléans entre 1626 et 1660, un gouverneur de la ville est un temps nommé, à savoir Jacques II Charon, seigneur de Nozieux et de MenarsMémoires de la Société des sciences et lettres de Loir-et-Cher (1867).
Sous Louis XIV, Jean VI de La Saussaye, alors président de la chambre des comptes et proche du roi, reçoit le privilège unique de présider les assemblées communales, devenant ainsi le premier individu à administrer la ville sans avoir à gérer le bailliage, ni le comté.
Liste des maires
Ancien régime (1692-1790) Jusqu'en 1692, la ville de Blois n'avait pas eu de maire. En , un édit créa cet office perpétuel et héréditaireMémoires de la Société des sciences et lettres de Loir-et-Cher, 1913, page 189.. Réservée à la bourgeoisie, la charge de maire est ainsi à acheter parmi les habitants. Pour la Couronne, il s'agit alors de nommer quelqu'un responsable de l'administration locale tout en renflouant les caisses de l'État.
En 1717 les offices de maires et autres officiers municipaux créés à titre héréditaire furent supprimés puis en un autre édit les rétablit, mais un édit de l'abolit à nouveau. Il n'y eut plus de maire en titre jusqu'en 1765, l'administration fut reprise par le lieutenant-généralMémoires de la Société archéologique et historique de l'Orléanais, Volume 14, 1875, page 510..
La fonction de maire de Blois est rétablie par un édit de rétablissant la liberté des élections municipales. D'après cet édit de Louis XV, le maire était nommé par le roi pour trois ans sur présentation de trois candidats élus en assembléee générale. Il ne pouvait être réélu qu'au bout d'un intervalle de même durée.
#IdentitéPériodeAutres fonctionsNotes1erGuillaume Druillon(† ) – Lieutenant-général du bailliage de BloisDescendant d'une famille d'échevins blésois depuis un siècle, il est nommé lieutenant-général en 1690Partie III, chap. IX (« Administration judiciaire »), p. 309. puis maire lorsque la charge est installée le . En 1700, il accueillit Louis XIV et son petit-fils, le futur Philippe V d'EspagnePartie I, chap. VIII (« Depuis la mort de Gaston jusqu'à la Révolution de 1789 »), p. 155–156..2Pierre Druillon(† ) – Lieutenant-général du bailliage de BloisFils de Guillaume, il est nommé à sa succession en tant que lieutenant-général et maire le , mais décède sept mois plus tard.Pas de maire (vacance)3François Bachod de l'Esbat(† 1731) – Seigneur de Lesbat,Lieutenant-général du bailliage de BloisLa charge étant vacante car les héritiers de Druillon étant mineurs, le seigneur de Lesbat s'arrangea avec sa famille pour récupérer la mairie de Blois. Il fut nommé le .Pas de maire (offices supprimés)4Jean Desnoyers(†) – Bourgeois blésois, il est élevé maire au rétablissement de la charge en 1723, mais celle-ci est révoquée à peine un an plus tard.Pas de maire (charge supprimée)5François-Simon Neiltz de la Fosse(†) – Lieutenant de maréchaussée,Chevalier de Saint-LouisIl fut élu le pour trois ans parmi trois candidats.6Premier échevin(par intérim) – L'identité du premier échevin à ce moment ne nous est pas parvenue.7Paul Boësnier de l'Orme(† 1793) – Économiste,Maître des Eaux et ForêtsAncien échevin, il est nommé maire le .8Jean-François III de La Saussaye(† 1788)40px – Seigneur de la RaboiePetit-fils de Jean VI de La Saussaye et ancien échevin et syndic de la noblesse du Blésois, il est élu nommé maire en 1773. En 1777, il fit rénover l'hôtel de ville, alors sur les quais de LoirePartie II, chap. VIII (« Édifices publics »), p. 487.. Issu de la famille blésoise de La Saussaye, il fut le grand-père du numismate Louis de La Saussaye.9Pierre Boucherat(†) – NégociantÉchevin dévoué, il fut recompensé par le conseil de ville en 1776, puis designé maire le . Début , il porta secours aux Blésois victimes d'une importante crue de la LoirePartie II, chap. V-5 (« Crues de la Loire »), p. 434..10Pierre-Paul Boësnier de l'Orme(1742–1802) – Maître des Eaux et ForêtsNeveu de Paul Boësnier de l'Orme, il est nommé le et assume la charge jusqu'à la Révolution française.
Révolution française (1790-1799) À la Révolution, le maire devient élu au suffrage censitaire. Ainsi, pour pouvoir voter, il faut être de sexe masculin, avoir plus de et payer le cens (alors équivalent à trois journées de travail, ou dix pour devenir éligible). Le maire est élu pour un an. La noblesse ayant été abolie en , la charge de maire n'est donc plus un titre anoblissant.
À Blois, le jusque-là maire Pierre-Paul Boësnier de l'Orme est contraint de se retirer et d'organiser les premières élections municipales. Six mois plus tard, ce dernier fut élu vice-président du directoire du département.
#IdentitéPériodeAutres activitésNotes11eHenri Petit de Villanteuil(1745–1807) – MagistratNé sans jambes dans la maison familiale dans la rue des Papegaults, le 1er maire élu de Blois a dû gérer la confiscation des biens du clergé pour éponger la dette de l'État. En , il est élu membre du directoire du Loir-et-Cher jusqu'en 1793, puis se retira de la politique.12Paul Legros-Mouillanderie(† 1800) – CommerçantNégociant en vin, il devint membre consulaire du tribunal de commerce, administrateur de l'hôpital, puis conseiller municipal en 1782, puis pendant le mandat d'Henri Petit de Villanteuil. Après son mandat de maire, il fut membre du directoire du département jusqu'à l'épuration de 1794.13Nicolas Girault-Villiers(†) – CommerçantÉlu à la suite de la 3e élection municipalePartie I, chap. IX (« Blois pendant la Révolution »), p. 210–211., il fut destitué par le député Guimberteau, alors de passage à Blois pour une séance d'épurationPartie I, chap. IX (« Blois pendant la Révolution »), p. 187.Discours de Guimberteau à Nicolas Girault-Villiers le 30 octobre 1793 : (, Vol. 1, p. 210–211).14Michel Bezard-Boisse(1750–1829) – CommerçantD'abord maire de Suèvres, il devint membre du directoire du Loir-et-Cher en 1791 puis est proclamé maire le par GuimberteauDiscours de Guimberteau à Michel Bezard-Boisse le 30 octobre 1793 : (, Vol. 1, p. 211).
La Constitution du 5 fructidor an III () met en place les municipalités cantonales. Chaque commune doit dorénavant élire un agent municipal qui participe à l'administration de la municipalité cantonale. La fonction de maire est temporairement remplacée par celle d'un « président de municipalité cantonale », élu pour un an, et obtient ses prérogatives. À Blois, la reunion des cantons donnant essentiellement la ville, le rôle de président de municipalité revient à celui de maire. #IdentitéPériodeAutres activitésNotes15Louis Antoine Thomas Desfray(1741–1811) – MarchandSimple marchand mercier lorsque la Révolution éclate, il devient député des merciers-drapiers et représente le Tiers-état lors des États généraux de 1789. Il fut le père du docteur Desfray (odonyme), médecin chirurgien blésois.16Michel Bezard-Boisse(1750–1829) – MarchandRéélu pour un deuxième mandat en 1797Partie III, chap. VI (« Administration civile »), p. 204–207..17Benoit Pierre Lemaignen(†) – ÉpicierSimple épicier blésois en 1789 et cousin germain de Bezard-Boisse, il fut élu pour l'an VI.18Michel Bezard-Boisse(1750–1829) – MarchandRéélu pour un troisième et dernier mandat en 1799.
Début XIXe siècle (1800-1885) À partir de la Constitution du 22 frimaire an VIII (), le maire est nommé par le Premier consul de la République, sauf entre 1831 et 1848 où il est nommé par le roi.
Aussi, à compter du 2 pluviôse an () le maire est chargé seul de l’administration de la commune et les conseillers ne sont consultés que lorsqu’il le juge utile. Le maire exerce ce pouvoir absolu jusqu’en 1867.
De plus, entre 1803 et 1828, la commune de Saint-Gervais-la-Forêt est intégrée à Blois et ressort donc du territoire administré par le maire de Blois.
Dans leur ouvrage, Bergevin et Dupré détaillent qu'en 1846, Blois comptait 831 électeurs municipaux (dont 693 censitaires et 138 à qui les fonctions ou titres donnèrent droit de vote). Le cens minimal était alors fixé à francsPartie III, chap. VI (« Administration civile »), p. 296..
Au début de la Troisième République en 1871, le maire continue d'être nommé, cette fois par le préfet.