La Bibliothèque d'art et d'archéologie (BAA) est une bibliothèque fondée par le mécène Jacques Doucet au début du . Elle est donnée par celui-ci à l'Université de Paris en 1917, avant de rejoindre l'Institut national d'histoire de l'art en 2003. La bibliothèque déménage dans Paris à plusieurs reprises : située à sa fondation rue Spontini, elle occupe ensuite l'hôtel Salomon de Rothschild, puis l'Institut d'art et d'archéologie, avant de prendre place sur le site Richelieu, d'abord en salle Ovale puis en salle Labrouste en tant que bibliothèque de l'Institut national d'histoire de l'art.
Histoire
La bibliothèque de Jacques Doucet Vers la fin du , le couturier, mécène et collectionneur Jacques Doucet, constatant l'état de pénurie où se trouve la recherche française en histoire de l'art décide de constituer une bibliothèque qu'il souhaite de référence dans le domaine.
Secondé par son bibliothécaire René-Jean et son secrétaire Albert Vuaflart, Jacques Doucet réunit, avec l'aide de spécialistes, tels qu'Édouard Chavannes, Émile Espérandieu, Fernand Mazerolle, Paul Perdrizet, Henri Saladin, Noël Clément-Janin, etc., une collection importante, ouverte au public. Elle voit le jour vers 1909 sous le nom de bibliothèque d'art et d'archéologie. Elle est installée dans plusieurs appartements mitoyens de la rue Spontini, à proximité de son hôtel particulier. La constitution de ces collections, internationales, s'accompagne et s'appuie de celle de réseaux, parfois structurés en sociétés savantes comme la Société pour l'Étude de la gravure française ou la Société d'Iconographie parisienne.
La biblithèque ferme durant la Première Guerre mondiale. Le , Jacques Doucet fait don de sa bibliothèque à l'université de Paris, pour une application le . À cette période, elle compte plus de 100000 imprimés, 500 volumes manuscrits, 1500 dossiers de documents originaux, 150000 photographies, 10000 estampes, 2000 recueils de gravures, des fichiers de dépouillements de périodiques (L'Artiste, le Journal de Paris, L'Art, etc.) et un laboratoire de photographie.vignette|Salle de lecture de la BAA à l'hôtel Salomon de Rothschild vers 1929 (Bulletin de la Société des amis de la Bibliothèque d'art et d’archéologie, no 1)
La Bibliothèque d'art et d'archéologie de l'université de Paris Devenue bibliothèque universitaire, la Bibliothèque d'art et d'archéologie (BAA) - Fondation Jacques-Doucet est d'abord installée rue Berryer, au sein de l'hôtel Salomon de Rothschild. En 1936, elle emménage rue Michelet, dans le bâtiment de l'Institut d'art et d'archéologie, construit sur les plans de l'architecte Paul Bigot grâce à un mécénat de la marquise Arconati-Visconti. Dans les années 1970, elle est érigée en bibliothèque interuniversitaire et rattachée aux universités de Paris IV et Paris I.
En 1992-1993, à l'étroit dans ses locaux, elle est transférée dans une partie des bâtiments historiques de la Bibliothèque nationale, rue de Richelieu. Là, elle partage la salle Ovale et les magasins attenants, et cohabite avec le département des références de la Bibliothèque nationale. La bibliothèque rejoint l'Institut national d'histoire de l'art pour constituer son département de la Bibliothèque et de la documentation en 2003.
La Société des amis de la Bibliothèque d'art et d'archéologie La SABAA, Société des amis de la Bibliothèque d'art et d'archéologie, est fondée en 1925 par Jacques Doucet lui-même afin de soutenir l'établissement. Parmi les premiers membres de la SABAA figurent des mécènes et collectionneurs de l’époque, comme David David-Weill, Maurice Fenaille, Georges Wildenstein, Moïse de Camondo, et bien sûr, Jacques Doucet lui-même, qui n’avait alors plus aucune responsabilité dans le fonctionnement de la bibliothèque. Au sein de son conseil d’administration, présidé par le recteur de l’Académie de Paris, la SABAA compte d’autres personnalités comme l’ancien président de la République Raymond Poincaré ou Louis Barthou, ancien président du Conseil. Leur influence permet d’obtenir le soutien des pouvoirs de l’époque. Des membres étrangers soutiennent aussi la société, notamment Joseph Duveen, ou Edward Tuck.
Les statuts de la SABAA prévoient que « les moyens d’action de la Société sont, d’une façon générale, tous ceux qu’elle croira susceptibles de faciliter les études d’art en France grâce à la Bibliothèque d’Art et d’Archéologie de l’Université de Paris. Elle fera ou provoquera des libéralités destinées à enrichir la Bibliothèque. Elle pourra continuer les publications entreprises, organiser des expositions, des cours, des conférences, créer des prix ». Cette société mécène la bibliothèque de l'INHA, héritière de la bibliothèque d'art et d'archéologie.
Notes et références
Voir aussi
Bibliographie
Lucie Prohin, « A-t-on suffisamment rendu grâce à la générosité de M. Jacques Doucet ? Récits médiatiques autour de la Bibliothèque d’art et d’archéologie dans la première moitié du ? », Balisages, , 2022 (lire en ligne [archive], consulté le 15 mai 2023)
Bibliothèque d'art et d'archéologie Jacques Doucet, carnet de recherche Hypothèses du programme mené à l'INHA sur l'histoire de la première Bibliothèque d'art et d'archéologie.
Art et d'archéologie Catégorie:Bibliothèque d'art