Aléria est une commune française située dans la circonscription départementale de la Haute-Corse et le territoire de la collectivité de Corse.

Implantée sur une butte au cœur de la Plaine orientale, à mi-chemin entre Bastia et Porto-Vecchio, Aléria tire l'essentiel de ses ressources de la culture fruitière et viticole intensive et du tourisme. La ville se trouve à proximité immédiate de l'embouchure du Tavignano, second fleuve de Corse, et de l'étang de Diane, principal pôle conchylicole de l'île.

La cité d'Aléria fut fondée au sur le littoral oriental de la Corse. Sa situation face à la côte latine en fit le chef-lieu de la Corse romaine et une cité antique prospère, dont les vestiges constituent aujourd'hui un site archéologique majeur. Décimée au fil des siècles par les incursions barbaresques et le paludisme, Aléria a joué un rôle notoire dans l'histoire de la Corse comme siège épiscopal au Moyen Âge puis foyer d'opposition aux paolistes au (symbolisé par le fort de Matra). Elle fut enfin le , le théâtre des événements d'Aléria, acte fondateur du nationalisme corse contemporain.

Géographie vignette|redresse=2.4|centre|Panorama de Cateraggio depuis la butte d'Aléria et le site antique avec le Tavignano. Situation Aléria est au centre de la plaine orientale de Corse, souvent nommée plaine d'Aléria. À l'initiative de la collectivité territoriale de Corse, un nouveau territoire a été créé « la Costa Serena » ainsi nommée par les professionnels du tourisme. Idéalement située, au carrefour de la RT 50 () et de la RT 10 (), Aléria est à de Bastia, de Porto-Vecchio et de Corte. Le bourg centre de "Cateraghju" est à de la plage de "Padulone" sur la mer Méditerranée . Le Tavignano, second fleuve de l'île, traverse la commune d'Ouest en Est sur environ et se jette dans la Mer Tyrrhénienne au lieu-dit Padulone. Son littoral s'étend sur entre l'embouchure de l'étang de Diana au Nord et celle de l'étang d'Urbino au Sud. Les zones humides "del Sale" et de "Siglione" constituent un habitat privilégié pour de nombreuses espèces d'oiseaux, d'insectes et de petits mammifères. Son relief vallonné autorise de nombreuses cultures - vignes, céréales, arbres fruitiers et de l'élevage, essentiellement ovin et bovin. Avec Tallone et Linguizzetta, elle constitue le plus grand espace agricole de Corse.

Communes limitrophes

Géologie et relief La commune est en grande partie une plaine alluviale formée par le remaniement marin des alluvions du Tavignano dont les méandres sillonnent la commune au pied des hameaux de Rotani, A Vaccaghja, Calviani, U Cateraghju et U Forte d'Aleria, site de la ville antique, jusqu'à la mer Tyrrhénienne, au Sud de l'étang de Diane. La plaine, très riche durant la période gréco-romaine a semble-t-il été abandonnée à partir de la fin du . L'abandon de la ville antique (en raison peut être de la présence des Vandales, ce qui reste à démontrer sur le plan archéologique) qui a entrainé un défaut de drainage continu des terres et un probable réchauffement climatique, ont vu un fort développement du paludisme obérant ainsi toute possibilité de culture jusqu'au . L'assainissement de la plaine initié par les Génois aux sans succès fut de nouveau entrepris à la fin du grâce à la main-d'œuvre pénitentiaire sans plus de réussite malgré de gros travaux. C'est durant le deuxième conflit mondial que les Américains grâce au DDT, interdit de nos jours, ont jugulé la malaria en exterminant son vecteur, l'anophèle. Dès lors, la plaine redevint le jardin de la Corse et vit se développer la viticulture, les céréales (blé, maïs, luzerne), l'arboriculture (prunes, olives, amandes, kiwis, pommes, pêches, clémentines et oranges) et l'élevage (ovins et bovins).

La façade maritime

Toute la côte n'est qu'une bande de sable fin de douze kilomètres, entrecoupée seulement par l'embouchure du Tavignano. Les limites sont définies par deux graus : au Nord, le grau de l'étang de Diane qu'Aléria partage avec la commune de Tallone ; au Sud le grau de l'étang d'Urbino qui est sur la commune de Ghisonaccia. Seule la rive Nord de l'étang partant du grau jusqu'à l'embouchure du ruisseau de Frassone lui appartient. vignette|L'étang de Diane. L'intérieur du littoral est en grande partie occupé par des étangs et des zones humides qui sont, du Nord au Sud : le marais de Padulone, le long et étroit étang del Sale (site naturel protégé) avec son canal d'assèchement se déversant dans le Tavignano à son embouchure, le marais de Siglione au Sud de Casabianda, enfin les Pozzi Brandinchi et Pozzi Piatti.

L'intérieur des terres La commune s’étend sur les domaines agricoles environnants, du plan d’eau de Teppe Rosse au Sud-Ouest, à l’étang de Diana au Nord-Est et au pénitencier de Casabianda au Sud-Est. Quelques petites collines modèlent son relief dont celle de d'altitude, sur laquelle près du site néolithique de Terrina, a été bâtie l'antique "Alalia" par les Phocéens vers 565 av. J.-C.

Les limites de la commune sont définies depuis le Sud par une ligne partant du grau de l'étang d'Urbino, longeant la rive Nord jusqu'à l'embouchure du ruisseau de Frassone, le bas cours de ce ruisseau jusqu'à la RT 10 (ex-RN 198). De là, la ligne longe le bord Nord de cette nationale sur environ puis part sur Punta di Paldomo une petite colline haute de qui est « à cheval » à la fois sur Ghisonaccia, Aghione et Aléria. La ligne repart ensuite direction Nord-Ouest rejoindre la route qui relie la RT 10 (ex-RN 198) à la RT 20 (ex-RN 193) à Vivario (distance ) via Pietroso, Vezzani et Muracciole. De la , elle se dirige tout droit au Nord pour atteindre la partie occidentale du réservoir de Teppe Rosse, servant à l'irrigation de la plaine et passe par Punta San Giovanni () qui délimite les communes de Aghione, Antisanti et Aléria, jusqu'au ruisseau de Figamorella, et suit son cours jusqu'à la confluence avec le Tavignano. La ligne remonte le cours du fleuve jusqu'à la confluence du ruisseau de Barallo, remonte son cours jusqu'à proximité de Pointe Rondella ( - Tallone) à l'extrémité Nord de la commune. Cette ligne repart ensuite vers l'Est en passant par Pointe Baratto (), Pointe di Rondelle (), Punta Bianca (), Puntallone, coupe la RT 10 d'où elle suit le cours du ruisseau de Pietroni jusqu'à l'étang de Diane et atteindre enfin le Sud de son grau, partageant l'étang avec Tallone.

Hydrographie

La commune est traversée par le fleuve Tavignano qui achève ici sa course dans la mer. Le bourg Cateraggio (U Cateraghju qui signifie le vieux portail en corse) domine le fleuve au Nord légèrement en retrait de la côte.

Le littoral comporte plusieurs zones humides préservéees, et des plans d'eau littoraux : étang de Diane, marais del Sale, marais de Silione et Pozzi Piatti, mais aussi l'embouchure du Tavignano.

Climat et végétation

Voies de communication et transport Accès routiers Aléria est située au carrefour des RT 50 () et RT 10 (), leur jonction se faisant dans le bourg de Cateraggio. Ces deux nationales relient ainsi Aléria au Nord à Bastia, à l'Ouest à Corte au centre de l'île, et au Sud à Porto-Vecchio et Bonifacio. La côte orientale servant de parcours aux Italiens pour se rendre via la mer et la route, de l'Italie en Sardaigne, la est empruntée par beaucoup de voyageurs devant se rendre dans l'île voisine.

La route permet de gagner les villages du canton de Vezzani en passant par le village haut perché d'Antisanti, distant de . La prend naissance à la , sous le fort d'Aléria. Elle peut être rejointe depuis la en prenant la « route de l'ancienne voie ferrée », passant par le hameau de la Gare.

La ville d'Aléria est distante, par route, de :

Transports Aléria était autrefois desservie par une voie ferrée des chemins de fer de la Corse. La ligne de la côte orientale allait jusqu'à Ghisonaccia dans un premier temps, et fut prolongée jusqu'à Porto-Vecchio en 1935. Elle avait été ouverte le . Mais avec les importantes destructions subies durant la Seconde Guerre mondiale, la ligne ne devrait plus jamais desservir cette ville.

Un projet de la Collectivité territoriale de Corse serait de reconstruire une partie de cette ligne depuis la gare de Casamozza sur une dizaine de kilomètres jusqu'à Folelli.

Urbanisme Typologie Au , Aléria est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine et hors attraction des villes...

La commune, bordée par la mer Méditerranée, est également une commune littorale au sens de la loi du , dite loi littoral.. Des dispositions spécifiques d’urbanisme s’y appliquent dès lors afin de préserver les espaces naturels, les sites, les paysages et l’équilibre écologique du littoral, à l'image du principe d'inconstructibilité, en dehors des espaces urbanisés, sur la bande littorale des , ou plus si le plan local d’urbanisme le prévoit..

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (65,7 % en 2018), néanmoins en diminution par rapport à 1990 (69,9 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (19,1 %), cultures permanentes (16,1 %), prairies (16,1 %), zones agricoles hétérogènes (14,4 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (12,7 %), eaux maritimes (6,3 %), forêts (5,8 %), zones humides intérieures (3,8 %), eaux continentalesLes eaux continentales désignent toutes les eaux de surface, en général des eaux douces issues d'eau de pluie, qui se trouvent à l'intérieur des terres. (1,9 %), zones urbanisées (1,6 %), mines, décharges et chantiers (0,5 %), espaces ouverts, sans ou avec peu de végétation (0,5 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (0,4 %), espaces verts artificialisés, non agricoles (0,4 %), zones agricoles hétérogènes (14,4 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Aléria vignette|Le fort de Matra et le clocher de l'église San Marcello. Aleria colonia : le village et fort d'Aleria, nom de lieu mentionné par Ptolémée dont l'emplacement est indiqué par les cartes topographiques .

Aléria est l'antique village devenu un pôle touristique et culturel d'importance dans la plaine orientale de l'île. Quelque peu retiré des anciennes maisons, le fort de Matra, du nom de la puissante famille qui régnait sur la piève de Serra au temps des Génois, visible à la ronde, en est le point fort. Il abrite depuis 1978 le musée d'archéologie Jérôme-Carcopino dans lequel sont exposés nombres d'objets et vestiges découverts, pour l'essentiel, lors de fouilles sur la nécropole préromaine de Casabianda.

En face du fort s'élève l'église paroissiale San Marcellu (Saint-Marcel), sans doute première cathédrale de Corse, probablement construite durant le ou le de notre ère. Le légendaire Ugo Colonna l'aurait reprise aux barbaresques au . Un peu plus loin, proche des fouilles, se trouve le cimetière.

Cateraggio vignette|Vue de Cateraggio. Le Tavignano à gauche et la T 10 à droite|alt=