Carticasi est une commune française située dans la circonscription départementale de la Haute-Corse et faisant partie de la collectivité territoriale unique de Corse. Le village appartient à la piève de Vallerustie, dans la région de la Castagniccia. Toponymie En langue corse, la commune se prononce . Ses habitants sont les Carticasinchi.
Géographie vignette|gauche|455px|Carticasi et San Cervone. La pointe visible correspond exactement à l'emplacement du vieux sanctuaire. vignette|gauche|Vue de l'église paroissiale du village.|alt= vignette|gauche|355px|San Petrone vu de Carticasi.|alt=
Positionné au sommet de son oppidum préhistorique, nommé A Cima, Carticasi offre un panorama dominant toutes les vallées de la pieve des Vallerustie. Comme un observatoire, il constituait autrefois le point final d'une route qui serpentait à travers la vallée de la rivière Casaluna. Entouré de montagnes, le village offre par temps clair une vue étendue jusqu'à la mer, embrassant la Balagna. De Carticasi, on peut également contempler San Petrone (autrefois appelé Monte NicegnuMonte Nicegnu dans la correspondance de Saint Grégoire , Registri Epistolarum de SS Gregorius I Magnus : Nigeuno in Liber sextus, Epistola XXII ; Negeugno monte in Liber octavus, Epistola I.), présentant sa forme tabulaire caractéristique, qui se dévoile dans toute sa simplicité à l'instar d'une vue en haute mer (voir photo 3 ci-contre).
Urbanisme Typologie Au , Carticasi est catégorisée commune rurale à habitat très dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Bastia, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est caractérisée par une prédominance des forêts et des milieux semi-naturels, atteignant 100 % en 2018, proportion similaire à celle de 1990 (100 %). La répartition détaillée en 2018 se présente comme suit : forêts (76,9 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (19 %), espaces ouverts, sans ou avec peu de végétation (4,1 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune ainsi que de ses infrastructures peut être observée à travers différentes représentations cartographiques du territoire telles que la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)..
vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Histoire Cf. vestiges préhistoriques.
Lieux, monuments, patrimoine vignette|left|355px|4. Oppidum de Carticasi, nid d'aigle dans les nuages.|alt= Oppidum A Cima (prononciation /dʒi: ma/ , comme "adjiii-ma")) vignette|le village depuis l'oppidum di a cima. Malgré une occupation continue pendant des millénaires de ce qui peut être décrit comme un palimpseste (pour emprunter une expression de François de Lanfranchi, archéologue), la plate-forme sommitale aménagée ainsi que quelques vestiges cyclopéens ont été préservés. Les pentes étaient parsemées de mobilier lithique et céramique.
Capella San Stefanu Situé au lieu-dit Aghja Curtinca. Les analyses de Geneviève Moracchini-Mazel ont révélé que les pierres les plus anciennes de cet endroit sont du même type que celles utilisées pour la construction de la cathédrale de San Petruculu d’Accia (Quercitellu) datant de l’an 596Geneviève Moracchini-Mazel, Les Eglises romanes de Corse, Librairie C.Klincksieck, Paris, 1967, vol.2, p.323. ..
A Casaccia Ce terrain considéré comme 'sacré' (connu localement sous le nom de campu riservatu ou campu santu en langue corse) est situé à proximité de l’ancienne église Santa Maria, désormais en ruines. Ce toponyme évoque l'idée d'un ancien monastère ou prieuré bénédictin, identifié par les termes corses casaccia ou abbadia, renforçant ainsi l'hypothèse d'une datation remontant à la même période grégorienne (Saint Grégoire ), avancée par G. Moracchini-Mazel, pour San Stefanu.
En plus du mobilier céramique couvrant différentes époques, A Casaccia (jardin cultivé) a fourni en abondance du mobilier lithique (haches, fusaïoles, molettes, percutoirs, pointes de flèches), confirmant la longévité et l'ancienneté de l'occupation du site.
vignette|right|55px| pointe de flèche Casaccia vignette|left|355px|5. Site des Schippiate dans la haute vallée de la Ghjuvannina.|alt= E Schippiate (prononciation /eskipiadε/ ) Rocher gravé à la limite de la commune de Bustanicu (Bustanico), situé dans la haute vallée de A Ghjuvannina (voir photo 5). Il se trouve en bordure de la route D 15, qui relie Carticasi à Bustanicu en passant par le col de Chjatru. Le nom du lieu, mal transcrit sur diverses cartes (mentionnant parfois "scribbiate" pour rayées), est E Schippiate, signifiant Les Ecritures ou Les Ecrites. Ce nom représente une exceptionnelle survivance locale du corse médiéval et du toscan médiéval"Schippiate", participe du verbe "Schippià" (corse médiéval) signifiant écrire. Ce verbe est dûment documenté par les corsismes des textes rédigés en toscan médiéval.. Au pied du rocher, un abri sous roche existait autrefois, bien que presque entièrement détruit par le tracé de la route. Dans les années soixante-dix, lors de l'excavation réalisée par un bulldozer, un foyer appareillé a été mis au jour. Les gravures rupestres, également appelées schippiate (les écritures), ont subi une forte dégradation au cours des deux dernières décennies. Sur ce site particulier d'art rupestre, bordant la route et accessible facilement, il est préférable de ne pas marcher sur le rocher.
Par ailleurs, d'autres rochers gravés sont présents sur la commune, mais ils se trouvent dissimulés au cœur du maquis. vignette|Venardina di E Schippiate, sculptée au dos d'une molette de grandes dimensions. On remarque les énigmatiques cornes (lunaires ?).|alt= Une conservatrice exemplaire du patrimoine :
Les Schippiate étaient encore préservées il y a quelques décennies, grâce à la vigilance de sa propriétaire, Paghjuva Bariani (membre de la famille Didier Bariani).
Pour les visiteurs souhaitant admirer les gravures rupestres, une information utile est que la maison de Paghjuva (connue comme a Casa di e Schippiate, prononcée comme «a gaza dié skipiadai») est répertoriée sur les cartes sous l'appellation déformée «casa scribbiata» (les «gens de la ville» peuvent parfois négliger la préservation du langage reflétée dans la toponymie). Cette désignation exogène de la maison permet néanmoins de localiser le rocher.
Zia Paghjuva (prononciation /tziaba: juwa/) avait exprimé le souhait d'être inhumée près des Schippiate, à la limite des communes, avec, "un pede in Bustanicu, è un pede in Carticasi" (un pied sur Bustanicu et un pied sur Carticasi). Cependant, son vœu n'a pas été exaucé. Ainsi, la présence des Schippiate dans la page wiki de Bustanicu et de Carticasi vise à rendre hommage à cette personne qui les a préservées. Dans les années soixante, en tant que conservatrice exemplaire, elle a contribué à maintenir en bon état le trésor rupestre, situé en bordure du chemin muletier et bien connu des voyageurs faisant halte à la source (Funtana di Paghjuva).
Venardina di E Schippiate (prononciation /bénærdi: na dieskipia: dε/ ) Sapie schippià, un sapemu leghje. I to ochji un sò spenti, corci cechi chi noi simu ! Petite vénus des Schippiate, tu savais écrire … nous ne savons pas lire. Tes yeux ne sont pas éteints …c’est nous qui sommes aveugles ! Oppidum A Marza (/amærtza/), en limite des communes de Carticasi et de Bustanicu. cf. Bustanicu Capella San Cervone, chapelle en ruine, non datée, à 1444 m d'altitude. La Capella San Cervone se trouve à une altitude de 1434 m, située en limite des communes de Carticasi et de Rusiu, plutôt qu'au point culminant de la montagne (A punta, 1451 m, sommet réel non visible depuis Carticasi). Ce lieu, le véritable San Cervone, comprenant les ruines de la chapelle, représente le point le plus élevé de la commune de Carticasi vers l'Ouest et constitue le sommet apparent de la montagne, tel qu'observé précisément depuis Carticasi (cf. photo San Cervone). Il est évident que ce lieu, succédant à un sanctuaire païen, a été choisi en référence à l'oppidum de Carticasi.
Pour les randonneurs, le site de la Capella San Cervone offre le plus beau point de vue sur Carticasi, les Vallerustie, et le San Petrone. Cf. photo de Carticasi vue depuis San Cervone.
vignette|390px|Solstice 2008 au cœur de l'Arcu di l'Ursini.|alt=
Arcu di l’UrsiniL’Arcu di l’Ursini fut identifié et photographié dès 1945, par Antone Tomasi et son oncle Ghjuvan’Ursinu. Il est à préciser que ce monument, et tous les sites préhistoriques de la région, ont toujours été connus et protégés, voire, si nécessaire, cachés, par la population (au demeurant, cachés certains devront même le rester –hélas- tant que ne pourra être assurée leur protection). En ce qui concerne l’Arcu di l’Ursini et les sites proches, tous avaient été entièrement vidés, sans doute par un chercheur de trésor connu qui au début du , ratissa entièrement cette zone. En ce qui concerne l’Arcu, il ne reste même pas de déblais.. Le mégalitheMégalithe : le terme dolmen (stazzona, en corse) est réservé aux monuments dont «les montants sont plantés». François de Lanfranchi, Le fait mégalithique en Balagne, dans: Les temps anciens du peuplement de la Corse, la Balagne II, Université de Corse, 1988. Or, à Carticasi, tout comme à Loriani (Cambia, mégalithe fouillé par J-C. Weiss), au moins l’un des montants est constitué par le rocher en place. est positionné de manière que le soleil puisse seulement pénétrer sous l’Arcu pendant la période du solstice d’été (hémisphère nord) (voir photos ci-dessous 4 et 5). Cependant, ce n'est pas la seule particularité.
Pendant trois jours, de la veille au lendemain du solstice. Le premier rayon frappe la dalle horizontale (sous l’Arcu) sculpté par les caractéristiques du lieu et l'aménagement des pierres. La lumière suit alors l'alignement des entailles et crée pendant quelques minutes, une flèche lumineuse pointant vers la crête montagneuse (A Serra d'Accia), indiquant l'endroit où le soleil est en train de se lever. .
Photos 6, 7, 8 : De manière tout aussi remarquable, le coucher de soleil pendant le solstice d’été offre un spectacle singulier. Un des montants du mégalithe, sculpté et marqué, présente une face oblique qui, éclairée par les derniers rayons du soleil, permet de viser la position du soleil couchant (celui-ci disparaît derrière le mont Capizzolu, point le plus septentrional atteint par le soleil sur la Serra, une crête montagneuse. Cf. photos 7, 8). Sur la sixième photographie, prise le à 20 h 47 (heure française d'été), soit une minute avant que le soleil ne disparaisse, l'aspérité principale (nommée gnomon par commodité et sans intention de froisser les "archéoastronomo-sceptiques") projette son ombre dans une zone décaissée. Il est à noter que ce phénomène ne peut se produire que lorsque le soleil, progressant sur la Serra de Lanu, atteint le mont Capizzolu (cf. photos 7, 8).
Politique et administration
Démographie
Culture locale et patrimoine Lieux et monuments
Église de l'Annonciation de Carticasi
Personnalités liées à la commune Pierre Albertini, maire de Rouen (2001–2008), député de la Seine-Maritime (1993–2007) ; Didier Bariani, secrétaire d'État aux Affaires étrangères (1986–1988), maire du de Paris (1983–1995) ;