Lozzi est une commune française dans la circonscription départementale de la Haute-Corse et le territoire de la collectivité de Corse. Elle appartient à l'ancienne piève de Niolo. Il s'agit de la plus haute commune de Corse, à d'altitude.
Géographie Situation Lozzi est l'une des cinq communes du Niolo. Jusqu'au , la communauté de Lozzi se trouvait dans la piève de Niolo. Depuis 1999, la commune fait partie du « territoire de vie » Niolu du parc naturel régional de Corse auquel elle a adhéré.
Communes limitrophes
Géologie et relief Lozzi se trouve dans la Corse Hercynienne ancienne (ou occidentale), formée essentiellement par un vaste batholite de roches magmatiques ; celui-ci se caractérise par des appareils volcano-plutoniques (complexes annulaires) comme le complexe alcalin anorogénique permien (entre -280 et -240 Ma) du Cinto, Découverte géologique de l'île de Beauté - Centre de géologie de l’Oisans, ..
Lozzi se situe dans la « Corse cristalline » qui, géologiquement, est constituée en grande partie par des roches d'origine volcanique (rhyolites et ignimbrites). Les sommets sont formés d'éboulis et de blocs de rochers nus, avec çà et là, des pelouses rases.
La commune est nichée à d'altitude ; son territoire est entièrement situé au-dessus de ( à ) dans un cirque glaciaire dominé par le plus haut sommet de l'île, le Monte Cintu qui culmine à .
Le territoire occupe le bassin versant de la rivière Ercu qui prend sa source au lac du Cintu () pour se jeter à Cuccia, dans le Golu, le plus long fleuve de Corse.
Accrochée à la crête Monte Cinto () - Capu a u Verdatu () - Capu Biancu (), une chaîne secondaire perpendiculaire d'ouest en est à l'arête centrale orientée nord-sud de l'île, réunit une série de hauts sommets sur une vingtaine de kilomètres dépassant les d'altitude : Punta Minuta (), Paglia Orba (), etc. La commune s'étale au sud, en direction du lit du Golo occupé aujourd'hui par le lac de Calacuccia, jusqu'aux limites de la commune éponyme.
Limites territoriales vignette|Vue de Lozzi depuis le lac de Calacuccia.
Le territoire communal se présente grosso modo, sous forme d'un hexagone, avec Capu a u verdatu au nord. Ses limites se définissent ainsi : au nord, depuis Capu Falu () à l'ouest jusqu'à Capu a u verdatu () à l'est, via les sommets Pointe des Éboulis (), Monte Cinto (), Capu Ciuntrone (), Punta Sellola () et sa crête ; à l'est, de Capo a u verdatu jusqu'à Missoghja () au sud, via les sommets Capu Terra Corscia (), Punta di Grotta Rossa (), puis descendant jusqu'à d'altitude pour prendre le cours du ruisseau de Forcioli affluent de l'Ercu, jusqu'au lieu-dit Sansario ; au sud, depuis Sansario à l'est jusqu'à Capigliolu a e Furchelle () à l'ouest, via Bocca di (col de) Sansario () et un point situé à environ () au N-NO du couvent Saint-François du Niolo (Calacuccia) -la démarcation passe entre les villages de Lozzi et de Calacuccia, puis passe à au sud de Poggio-di-Lozzi ; à l'ouest, depuis Capigliolu a e Furchelle, la démarcation grimpe vite aux du Capu di Villa avant de rejoindre Capu Falu au nord-ouest.
Hydrographie
vignette|L'Erco en amont du pont de Cuccia. Le territoire est représenté par le bassin versant du ruisseau d'Erco.. Il possède un réseau dense de cours d'eau naissant sous la ligne de crête la plus élevée de l'île et enneigée plusieurs mois durant. Les principaux sont le ruisseau de Vergalellu qui longe au nord le village de Poggio-di-Lozzi avant de se jeter dans le lac de Calacuccia, et le ruisseau d'Erco. Ce dernier, qui naît au lac du Cintu () pour se jeter dans le Golu à Cuccia, reçoit les eaux de nombreux ruisseaux : de Cappiaghja. son principal affluent, d'Alzi Mozzi., de Pulella., de Monte Cinto., de Travizzolu., d'Osu., etc.
Climat et végétation Lozzi est la commune la plus haute de Corse. Sur les hauteurs, les conditions climatiques y sont extrêmes. L'enneigement dure longtemps, parfois huit à neuf mois. S'y trouvent des névés permanents aux ubacs. Sur cette terre de bergers, les pelouses rases procurent depuis des siècles de fraîches estives.
Autrefois, la commune était en grande partie couverte de pins laricio, dans le prolongement de la forêt de Valdu Niellu. La longue et lente déforestation entreprise par les habitants leur avait permis de vivre de l'agriculture. Aux flancs du massif du Cinto, trop hauts pour que le maquis y pousse, les vestiges de l'ancien système agropastoral sont encore bien visibles. Les nombreuses terrasses de culture (lenze) et les plus de deux cents aires de battage à blé dallées (arghia à chjappata) avaient été construites à l'époque par une population coupée du mondeLe Niolo a été désenclavé à la fin du ., des gens refoulés des plaines par les différents occupants, et obligés de subvenir à leurs besoins alimentaires. De nos jours, on voit à nouveau pousser par endroits, de jeunes plants de pins. Les semences sont déposées par le vent du sud-ouest franchissant le col de Vergio et balayant la vaste forêt territoriale de Valdu Niellu.
Lozzi ne possède plus qu'une forêt de châtaigniers qui poussent jusqu'à l'étage du village.
Voies de communication et transports vignette|centre|redresse=2.2|Panorama sur Lozzi et le Monte Cinto. Accès routiers Pour se rendre à Lozzi, il faut obligatoirement emprunter la D 84, route reliant Francardo (Omessa) sur la Route territoriale 20 ex-RN 193 à Porto (Ota) et unique route pour pénétrer dans le Niolu (passage par la Scala di Santa Regina et par le col de Vergio).
Il existe ensuite deux possibilités pour se rendre au village : la D 218 à prendre à la sortie de Calacuccia vers Albertacce, à hauteur de l'église Saint-Pierre-et-Saint-Paul ; la D 318 à prendre à l'entrée d'Albertacce en venant de Calacuccia et ensuite la D 518. Quelle que soit la départementale empruntée, la route grimpe jusqu'à Lozzi (dénivelé de ) et offre plusieurs points de vue remarquables sur les montagnes environnantes (Monte Cintu, Paglia Orba, I Cinque Frati, etc.) et sur le lac de Calacuccia.
Transports Lozzi n'est desservi par aucun service de transports publics. La gare la plus proche est celle de Francardo, distante de .
Le village est distant de :
Urbanisme Typologie Au , Lozzi est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine et hors attraction des villes...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (99 % en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (99 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (61,9 %), espaces ouverts, sans ou avec peu de végétation (33,1 %), forêts (4 %), zones agricoles hétérogènes (1 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Lozzi-Village vignette|Vue de Lozzi depuis les maisons d'Acquale. Chevriers ou bergers de chèvres (appelés en langue corse i capraghji) et bergers de brebis (appelés i picuraghji) ne cohabitaient pas puisque les premiers demeuraient à Lozzi et les autres à Acquale. À l'origine moins aisés, les chevriers emmenaient leur troupeau paître dans le Filosorma (vallée du Fango et Galéria) où le pacage était libre tandis que les autres gagnaient les plaines de Balagne, à Calenzana, car ils pouvaient payer le droit de pacage. Lozzi était habité par deux grandes familles de bergers : la famille Simeoni au hameau de Lozzi et les Acquaviva au hameau de L'Acquale.
Une particularité de la commune est de posséder des terres dans la vallée du Filosorma et surtout, dans celle du Marsolinu (Marzulinu) à l'est de Galéria, avec les hameaux de Prezzuna, et de Chiusone. Cette anomalie « géographique » est liée à l'histoire des habitants de ce village dont l'activité pastorale les obligeait l'hiver à transhumer vers des climats plus cléments.
Acquale Les hameaux Lozzi et Acquale, qui se touchent, sont un lieu de montagne de caractère. Ici, point de grosses bâtisses mais des maisons à hautes façades, alignées sur la montagne à d'altitude, avec des rues pavées et des escaliers en pierres brutes.
Poggio-di-Lozzi vignette|Vue de Poggio et I Cinque Frati. Poggio-di-Lozzi (U Poghju) est situé à l'ouest de Lozzi. Les deux villages éloignés de sont reliés par la route D 518. Ils se situent à une quasi même altitude, soit et sont séparés par le ruisseau de Vergalellu. Le bâti est ancien et les constructions sont alignées sur une arête rocheuse orientée Est-ouest. Le village possède une église et un monument aux morts.
À Poggio-di-Lozzi il y avait deux grandes familles de capraghji et de picuraghji, les Rossi et les Luciani. Comme pour le village de Lozzi, les premiers, moins aisés, conduisaient leur troupeau dans la Falasorma tandis que les autres partaient passer l'hiver à Calenzana.
Si l'on poursuit la D 518, on rejoint Albertacce ; mais on peut se rendre directement à Calasima, le plus haut village de Corse, en empruntant la bretelle D 318.
Poggio-di-Lozzi avait tenté vainement de créer une commune propre en 1906. Il est resté hameau de Lozzi.
Toponymie
Le nom corse de la commune est . Ses habitants sont les Luzzinchi.
Histoire Antiquité
Moyen Âge
Temps modernes Au , vers 1520, la pieve du Niolo était inhabitée, le Magnifico Officio ayant fait détruire les habitations des villages qui la composaient : Lozzi, l’Acquale, Ercu, Corscia, Calacuccia, Casamaccioli, Sidossi et l’Erbechincie A.-D. Monti - Éléments pour un dictionnaire des noms propres..
Le village dans sa forme actuelle date de la fin du ; une maison d'Acquale (hameau principal) porte l'inscription 1696.
L'ancienne communauté villageoise était éparpillée sur plusieurs hameaux dont certains (cités au Moyen Âge) ont aujourd'hui totalement disparu. La mémoire locale rapporte en effet qu'il y avait un hameau sur la rive gauche de l'Ercu, près du pont de Santa-Lucia, et un autre à San-Martinu, près du monument aux morts actuel. En raison du dévouement des Niolins aux Cinarchesi (Abbé Letteron : Histoire de la Corse - Tome I .), Niccolò D'Oria, soldats de cavalerie légère qui tiraient leur origine de la Grèce et de l'Albanie. - Abbé Letteron : Histoire de la Corse - Tome I avait en effet ordonné en 1503 que toutes les maisons du Niolo soient rasées et les habitants déportés. Lorsque certains purent revenir dans leur pays, ils n'auraient pas reconstruit tous les anciens villages, notamment ceux de San-Martinu et d'Ercu ; la présence du pont de Santa Luccia, qui ne mène aujourd'hui nulle part, et de chemins autrefois importants, tendrait à prouver l'existence de ce hameau d'Ercu. Dans la au sein des musées du Vatican, juste avant de pénétrer dans la chapelle Sixtine, le village de Lozzi (ainsi que Niolo et Albertaccio) est déjà mentionné, avec cette orthographe, sur les cartes de la Corse réalisées par Ignazio Danti entre 1580 et 1583. 1753 - Un habitant du village, Barretta Vechja (vieille casquette), fut impliqué dans l'assassinat à Corte du général de la Nation Ghjuvan Petru Gaffori. Poursuivi, il se réfugia dans le Niolu et choisit pour abri une anfractuosité rocheuse située tout près du pont de Fontanello, au-dessus du Golo. 1754 - En représailles de ce meurtre, les troupes du général Paoli encerclèrent le village ; il y eut 5 morts et 10 blessés.