Nocario est une commune française située dans la circonscription départementale de la Haute-Corse et le territoire de la collectivité de Corse. Le village appartient à la piève d'Orezza, en Castagniccia.
Géographie Situation Nocario est une commune située au cœur de la Castagniccia, dans le canton de Castagniccia, au sud-est de Bastia. Cette commune est un assemblage (historique) de trois villages : le hameau de Nocario (qui a donné son nom officiel à l'ensemble) — orthographié en corse Nucariu — , le hameau de Celle et Pietricaggio et celui d'Erbaggio. Au centre géographique de ces trois hameaux sont situés l'église paroissiale Saint-Michel, la mairie et le cimetière. Nocario est adhérente au parc naturel régional de Corse, dans son « territoire de vie » nommé Castagniccia.
Communes limitrophes
Géologie et relief Nocario est une commune de moyenne montagne, sans façade littorale. Elle se situe dans la « Corse schisteuse » au nord-est de l'îlepar opposition à la « Corse granitique » au sud-ouest, dans le prolongement de l'arête schisteuse du Cap Corse ou massif de la Serra, orientée dans un axe nord-sud, qui se poursuit avec le massif du San Petrone et se termine au sud de la Castagniccia.
La commune occupe le bassin versant du ruisseau de San Fiumento. représenté par un territoire s'étalant vers l'E-SE, sur le flanc oriental du massif du San Petrone, depuis la portion de ligne de crête comprise entre le Pinzu Rossu () et le San Petrone (), son culmen, qui se situe à l'extrémité sud-ouest communale. Son point le plus bas () est le lit du ruisseau de Verdèse, à l'extrémité sud-est communale.
Limites territoriales Au nord la commune est bordée par une ligne de crête articulée à l'ouest au Pinzu Rossu sur la chaîne principale du San Petrone, et se terminant à l'est au col de Foata « à cheval » sur Polveroso, Verdèse et Nocario ; à l'est, la démarcation sépare Nocario de Verdèse depuis le col de Foata jusqu'au lit du ruisseau de Verdèse., près de la chapelle de San Pancrazio ; au sud, c'est d'abord le ruisseau de Verdèse (ou ruisseau de Mulinaccio) qui délimite Nocario et Piedicroce, puis une démarcation remontant au nord à flanc de montagne pour rejoindre le ruisseau de Tigliola et suivre celui-ci, qui sépare Nocario de Campana ; à l'ouest, c'est la ligne de crête comprise entre le San Petrone et le Pinzu Rossu qui sépare Nocario et Saliceto.
Hydrographie Le réseau hydrographique de ce petit territoire (superficie de ) est très dense. Les nombreux vallons sont parcourus par de petits cours d'eau dont le principal est le ruisseau de San Fiumento (ou ruisseau d'Alziccio en amont). Il est grossi par les eaux des ruisseaux de Falongo. et de Tigliola.. Il conflue au sud la commune, avec le ruisseau de San Pancrazio (autres toponymes : ruisseau de Verdèse, ruisseau de Mulinaccio) qui sépare Nocario et PiedicroceLe ruisseau de San Pancrazio alimente sur la commune de Polveroso le ruisseau éponyme, affluent du Fium'Alto.
Climat et végétation La région dans laquelle se situe la commune est la Castagniccia, qui se caractérise par son relief de moyenne montagne (le village se situe à environ 600 mètres d'altitude) et ses forêts de châtaigniers qui constituaient jusqu'au milieu du l'arbre à pain de l'île. Elle faisait partie de l'ancienne pieve d'Orezza.
Nocario est concernée par la forêt indivise de Santo Pietro d'Accia (nord), qui s'étend du col de Prato () jusqu'au sommet du San Petrone. Cette forêt est en zone naturelle d'intérêt écologique, faunistique et floristique de , sous la dénomination « Hêtraies du massif du San Petrone ».
Voies de communication et transports Accès routiers Nocario se trouve à utes de voiture environ de Bastia, métropole distante de . Son territoire est traversé du nord au sud par la route D 71 qui relie Ponte-Leccia sur la RT 20 (ex-RN 193), à Prunete (Cervione) sur la RT 10 (ex-RN 198).
La D 46, qui démarre de la route D 71 sur Campana, et permet d'accéder au village de Verdèse et au-delà, dessert les hameaux de Nocario et Erbaggio. Le hameau de Celle et Pietricaggio est quant à lui desservi par le chemin de Pietricaggio à Saint-Michel. Entre le hameau d'Erbaggio (Nocario) et Verdèse, sur la commune de cette dernière, se situe la jonction de la D 46 avec la route D 346 conduisant à Polveroso, Croce, Ficaja, La Porta, etc., communes au nord de Verdèse.
Transports Aucun service de transport public ne dessert la commune. La gare la plus proche se trouve à Ponte-Leccia et est distante de . Les port et aéroport les plus proches sont ceux de Bastia, respectivement à et à . Urbanisme Typologie Au , Nocario est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Bastia, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (88,5 % en 2018), néanmoins en diminution par rapport à 1990 (91,5 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (62,7 %), espaces ouverts, sans ou avec peu de végétation (25,8 %), zones agricoles hétérogènes (11,5 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Urbanisation Village de la piève d'Orezza, situé au cœur de la Castagniccia, Nocario étage ses trois hameaux montagnards Nocario (Nucariu), Erbaggio (L'Erbaghju) et Pietricaggio-d'Orezza (U Petricaghju) sur les pentes du versant oriental du Monte San Petrone ().
Nocario Nocario (Nucariu), le plus haut hameau au nord de la commune, est construit à une altitude moyenne de , sur le flanc méridional d'un petit chaînon s'épaulant au monte San Petrone. S'y trouve la chapelle Sainte-Barbe. En contrebas du hameau, se situe le lieu-dit Casanova.
Erbaggio Erbaggio (Erbaghju) est un hameau situé à environ un kilomètre (distance orthodromique) de Nocario, plus bas que celui-ci puisqu'à une altitude moyenne de . Le hameau domine littéralement la commune voisine de Verdese. Dans la partie basse du hameau, se trouve la chapelle Saint-Martin. Ce hameau est peut-être le plus ancien de la commune.
Celle et Pietricaggio Celle et Pietricaggio (u Petricaghju) est un village construit à une altitude moyenne de , à l'est d'une petite arête rocheuse située au sud du village dont il est séparé par le vallon du ruisseau de San Fiumento. S'y trouve l'église Saint-Jean-Baptiste. Dans le hameau de Pietricaggio, se trouve l'atelier d’ébénisterie de Pantaleon Alessandri.
Au sud de la commune se trouvent les ruines de Fossato, une ancienne communauté encore portée sur les cartes.
Toponymie Le nom en corse de la commune est , probablement issu du latin nugarum signifiant « noiseraie, lieu planté de noyers ».
Histoire Les informations sourcées sur le site communal sont rares, voire inexistantes, avant l'Époque moderne.
Au , Giustiniani évêque de Nebbio décédé en 1536, faisait la description suivante de la pieve d'Orezza à laquelle le territoire de Nocario appartenait :
Moyen Âge Après avoir défait les Mores qui s'étaient retirés sur le mont d'Accia et les avoir soumis, avec l'appui des autres évêques de l'île, le comte Bianco obtint de faire du mont d'Accia le titre d'un évêché, soumis à l'archevêché de Gênes et comprenant trois pièves : Orezza, Ampugnani et Rostino. Cependant, dans sa bulle du , le pape Innocent II dit en propres termes, qu'il institue le siège épiscopal d'Accia, cujus sedem constituimus, et que le nouveau diocèse sera formé de deux pièves, l'une détachée du diocèse de Mariana, l'autre du diocèse d'Aleria. L'erreur est signalée par l'abbé Letteron : l'évêché d'Accia ne comprenait que deux pièves, celle d'Ampugnani et celle de Rostino. Cet évêché, soumis à l'archevêché de Gênes, fut appelé évêché d'Accia ; il y bâtit l'église Saint-PierreGiovanni della Grossa in Chronique, traduction de l'Abbé Letteron in Histoire de la Corse, Description de la Corse - Tome I, ., au lieu-dit "San Petruculu" (littéralement "le petit Saint-Pierre", par opposition au "San Petrone" ("le grand Saint-Pierre").
Au début du , l'île était profondément troublée, et comme autrefois, une partie était soumise aux seigneurs et aux gentilshommes ; l'autre partie avait repris le régime populaire, sous des comtes. Un grand nombre de familles avaient pris à leur tour de l'importance ; leurs membres s'appelaient aussi gentilshommes, comme par exemple les Orezzacci qui bâtirent un château à Pietreto.
En 1245, envoyé par les Pisans en Corse comme général, avec le titre de Juge (Giudice), Sinucello Della Rocca passa à Cruscaglia, obtint la soumission des Pianinchi à Valle, des Orezzacci à Cruscaglia et des Zicaugnacci, que Giudice traita dans la suite comme ses gentilshommes.
Temps modernes Orezza faisait partie des dix-neuf pièves de l'évêché d'Aléria qui avait un revenu de deux mille ducats.
Vers 1520, la piève d'Oreza comptait environ habitants. Elle avait pour lieux habités : la Campana, la Ponticagia, lo Fossato, le Bulianache, le Celle, lo Poggiolo, Nocario, Acqua Fredola, lo Zuccarello, l’Erbagio, lo Petricagio, le Verallese, Campo Rotundo, Campo Donico, Siliura, lo Pigiale, lo Pè di Oreza, Pozolo, la Casalta, Piano, lo Pèdelaciore, la Fontana, le Duchelagie, lo Satoio, Patrimonio, Pastorechia, Stazone, le Piazole, le Ghilardagie, le Francolachie, lo Pastino, Osto, le Pichiaragie, Casabuona, Marmurio, lo Pogile, Casinegri, lo Gallico, la Casanova, la Penra buona, la Parata, lo Pogio, lo Pè di Petro, Tramica, le Pogie, Rapagio, Granagiolle, l’Olmo, Carpineto, Posatoio, Brosteco, lo Colle, Carcheto, lo Sorbello, lo Castello, lo Pè di Albertino, le MaistragieADECEC Éléments pour un dictionnaire des noms propres Cervioni.
1553 - Agostino Spinola, l'un des premiers gentilshommes de Gênes débarqué en Corse sur vingt-six galères avec mille soldats espagnols et deux mille Italiens, après avoir défait et chassé ses ennemis, se conduisit comme s'il eût fait la guerre aux populations de ces montagnes, et non aux Français. Pour leur mettre sous les yeux un exemple terrible, il fit brûler et piller une partie de la piève de Rostino, une partie de celle d'Ampugnani et celle d'Orezza tout entière. 1554 - Andrea Doria accorda pour vingt jours un sauf-conduit aux pièves d'Orezza, d'Ampugnani, de Bozio, de Vallerustie, de Rostino et de Casacconi, pour que leurs habitants pussent aller faire la moisson et s'en retourner librement. Les populations firent ainsi leur moisson sans être inquiétées. 1556 - Sampiero Corso souleva sur son passage les populations, notamment dans la pieve d'Orezza où des centaines d'hommes le rejoignirent. Il séjourna quelques jours dans la piève d'Orezza. Il est trahi par Fra Martino, un religieux du couvent qui informa Stefano Doria sur les mouvements de Sampiero. Découvert, Fra Martino sera emprisonné avant d'être relâché sur la demande de Fra Battista, supérieur général de la province.