Palasca est une commune française située dans la circonscription départementale de la Haute-Corse et le territoire de la collectivité de Corse. Elle appartient à l'ancienne piève d'Ostriconi.

Géographie Localisation Palasca est avec Novella l'une des deux communes issues de la piève d'Ostriconi, située immédiatement à l'est de la Balagne, au nord du parc naturel régional de Corse et en limite de celui-ci.

Communes limitrophes

Géologie et relief vignette|Vue du littoral.|alt=

Palasca occupe le nord de la dépression centrale de l'île, que les géologues définissent en . Son territoire est enserré entre ceux de Novella à l'est et de Belgodère à l'ouest. Il s'étale du sud, depuis un chaînon de moyennes montagnes ne dépassant pas les qui le sépare de la commune d'Olmi-Cappella, en direction du nord jusqu'à la mer Méditerranée. Ce chaînon est accroché à l'importante chaîne qui sépare la Balagne du Giussani, depuis le lieu-dit San Antonio où se trouvent sur la commune limitrophe de Belgodère les ruines d'un ancien oratoire proche d'une borne à d'altitude. Sa ligne de crête passe par la chapelle de lAnnunciata (), le Capo Niello (), le Monte Negro (), Bocca di Cento Chiave (), la Punta d'Arco () et ses dolmens ruinés, pour atteindre la mer au nord-est de la plage de Losari.

Le chaînon partage la commune en deux zones collinaires : la partie orientale, arrosée par la rivière Ostriconi, comporte des terrains alluviaux le long de son cours. À son embouchure, l'Ostriconi a créé une zone humide comportant l'étang de Cannuta et l'étang de Foce proche de la mer ; la partie occidentale où les collines déclinent plus rapidement, comporte plus des terrains plats autour du ruisseau de Lozari ou ruisseau d'Erbaiola., affluent du Fiume di Regino. S'y trouvait le village de Spelonche bâti au sommet d'une colline, à d'altitude, et ruiné depuis fort longtemps.

Au nord, au-delà du fiume Ostriconi, la commune possède la partie occidentale des Agriates avec le site remarquable de l'Ostriconi.

Le point le plus haut de la commune se situe au sud de la commune, à un sommet de dominant Bocca di u Prunu, col franchi par la route D963.

La commune possède deux parties « plaine » : en plaine du Regino, elle est arrosée par de petits cours d'eau : le ruisseau de Casa Zoppa et le ruisseau de Nero se perdant dans le sable de Lozari avant d'atteindre la mer, et le ruisseau de Figarella ; en plaine de l'Ostriconi, elle est arrosée par l'Ostriconi qui a son embouchure au Sud d'une remarquable plage de sable blanc mais aussi par son affluent, le ruisseau de Vadellare, émissaire de l'étang de Cannuta au travers duquel coule le ruisseau de Grotelle.

Façade maritime Palasca possède une façade maritime d'environ de côtes : au nord de l'embouchure de l'Ostriconi, la partie occidentale du désert des Agriates, site classé, de l'embouchure jusqu'à la Punta di l'Acciolu, incluant du sud au nord l'anse de Peraiola, l'anse de Vana, l'anse de Pinzuta et l'anse d'Arbu. Ce territoire recèle encore plusieurs bergeries et, au nord de la plage de l'Ostriconi, les ruines de magazini, constructions qui autrefois servaient à stocker les produits de récoltes et autres destinées à l'exportation. Sa plage de sable blanc et fin est l'une des plus remarquables de l'île. Les forts vents d'ouest dominants balayent ce sable jusque sous les flancs de Punta Liatoggiu (). à l'ouest de l'embouchure, une côte déchiquetée jusqu'à la grande plage de sable de Lozari (la deuxième de Balagne en dimensions après celle de Calvi) que Palasca partage avec Belgodère, leurs limites étant marquées par le ruisseau de Casa Zoppa. qui divise territorialement l'ancien V.V.F. de Lozari aujourd'hui sous le nom « Club vacances Belgodère - Club Belambra ». Ce secteur comporte une zone protégée propriété du Conservatoire du littoral d'environ de côtes, autour du lieu-dit « Funtana di Licciola », délimitée à l'ouest par le ravin de Valla Mozza et par un point à environ à l'est de la Punta d'Arco ().

Hydrographie vignette|redresse=2.4|Embouchure de l'Ostriconi (avril 2010).|alt= Compte tenu de la morphologie du terrain fait de nombreuses collines, le réseau hydrographique est dense. Citons les deux principaux cours d'eau : l'Ostriconi, petit fleuve côtier, est le plus important. Traversant Palasca pour se jeter à la mer au sud de la remarquable plage de l'Ostriconi, il est alimenté par plusieurs cours d'eau naissant sur la commune ; -RG : ruisseau de Travonato, ruisseau de Gualatrone (qui arrose le village de Palasca) qui prend en aval le nom de Noci, ruisseau de Malprunica, ruisseau de Campolelli et ruisseau de Guagno, -RD : ruisseau de Campotile prenant les noms successifs de Grotelle et de Vadellare, qui traverse l'étang de Cannuta puis celui de Foce. le ruisseau de Lozari ou ruisseau d'Erbaiola, affluent du Fiume di Regino. Il prend sa source au nord du Petrone. Son principal affluent est le ruisseau de Valle Cave., lui-même alimenté par les ruisseau de Truita., ruisseau de Valle Lunghe., et ruisseau de Morta..

Climat et végétation Le climat est dans l'ensemble doux et tempéré par l'action de la mer Méditerranée. L'ensoleillement est important et la pluviométrie en général, relativement élevée en automne et entre les mois de février et mars. Les précipitations sont parfois importantes selon les secteurs. Durant les mois d'été, la sécheresse est forte, brunissant rapidement les cistes du maquis. Il gèle rarement sur le littoral.

La végétation se répartit différemment selon les étages. Au plus haut, c'est-à-dire sur les flancs de montagnes, il n'y a pas de forêt mais un haut et dense maquis composé essentiellement de bruyères, d'arbousiers et de chênes verts. Sous le village, le paysage se présente comme un ensemble de collines arrondies dont les sommets dépassent rarement les , couvertes d'un tapis végétal de maquis méditerranéen classique (cystes, lentisques, arbousiers, genêts, filaires à feuilles étroites (Phillyrea angustifolia), myrte clairsemé d'où émergent de petits chênes verts et des oliviers nains, sauvages.

Voies de communication et transports vignette|La route D 363 reliant le village à Lozari.|alt=

Accès routiers La commune est traversée au Nord par la RN 197, portion dite « Balanina ». Celle-ci a détourné l'important trafic routier qui passait auparavant par l'ancienne RN 197 renommée RN 2197 en franchissant le col de San Colombano ().

La RN 2197 qui dessert le village, traverse la commune entre le col de Caselle () et le col de San Colombano.

Le village est aussi desservi par la D 363 qui relie la RN 2197 entre Belgodère et Palasca, à la RN 197 à Lozari.

La D 163 est une bretelle partant de la D 363 au nord du village pour se rendre à la gare de Palasca. Elle s'y termine en cul-de-sac.

Transports

Avec pas moins de cinq tunnels, la voie des Chemins de fer de Corse Ligne Ponte-Leccia - Calvi traverse la commune. La gare de Palasca seul point d'arrêt sur la commune est située à d'altitude, au Nord-est du village.

Quoique possédant une façade maritime, Palasca ne possède pas de port. Le port le plus proche est celui de L'Île-Rousse L'aéroport le plus proche est celui de Calvi-Sainte-Catherine.

Toponymie Dans un texte de 1447 le village est déjà nommé Palasca. On y remarque notamment le suffixe ligure -asca qui rappelle que ce peuple fut présent dans l'île au carrefour de la Proto-Histoire et de l'Antiquité.

Urbanisme Typologie Au , Palasca est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de L'Île-Rousse, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de moins de ...

La commune, bordée par la mer Méditerranée, est également une commune littorale au sens de la loi du , dite loi littoral.. Des dispositions spécifiques d’urbanisme s’y appliquent dès lors afin de préserver les espaces naturels, les sites, les paysages et l’équilibre écologique du littoral, tel le principe d'inconstructibilité, en dehors des espaces urbanisés, sur la bande littorale des , ou plus si le plan local d’urbanisme le prévoit..

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (89,7 % en 2018), néanmoins en diminution par rapport à 1990 (92 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (78,2 %), espaces ouverts, sans ou avec peu de végétation (11,5 %), zones agricoles hétérogènes (4,6 %), prairies (4,4 %), terres arables (0,7 %), espaces verts artificialisés, non agricoles (0,6 %), eaux maritimes (0,1 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Histoire

Moyen Âge

Au , la pieve d'Ostricone appartenait aux marquis de Massa di Corsica, descendants des comtes Bonifacio et Adalbert (son fils) qui avaient été chargés de la défense de la Corse respectivement en 825 et en 845. Marquis en Italie, ils conservèrent cette fonction. Ils étaient défenseurs de la Corse comme l'empereur était défenseur de RomeHistoire de Corse Colonna de Cesari Rocca Louis Villat - Anc. Lib. Furne Boivin & Cie Éd. 1916.

À l'époque, leur part s'étendait sur tout l'« En-Deçà-des-Monts ». Les marquis de Massa sont les descendants directs du marquis Alberto qui, au , aurait chassé les Sarrasins de Rome et contribué à la défense de la Corse. Bien que leur château de San-Colombano ait été incendié par le peuple, les révolutions populaires du ne ruinèrent pas leurs privilèges féodaux. Ils firent des donations aux églises, ne conservant que le château de San-Colombano réparé ou reconstruit. L'implacable populaire Gottifredo da Zoagli qui vouait sa haine pour la noblesse, semble n'avoir pas été étranger à l'incendie et au pillage du château de San-Colombano par les populaires.

Au Palasca s'écrivait Palasia. Vers 1520, Artacha, Lama, Novella, Cruscani, Pochina, Palasia, Spelonche étaient les lieux habités de la pieve d'OstriconeÉléments pour un dictionnaire des noms propres Corse A-D. Monti ADECEC. Spelonche est un village depuis longtemps ruiné de Palasca. On peut en voir les ruines sur une hauteur () sur la rive gauche du ruisseau de Lozari, en empruntant la route D363.

Temps modernes Au Palasca qui était dans la pieve d'Ostricone (devenue pieve de Canale sous administration militaire française en 1768, deviendra avec la Révolution française en 1789, le canton de Lama), passe dans la piève de Paraso.

Palasca dans la grande révolte des Corses contre Gênes 1729- 1769 1731 août - Le marquis Camillo Doria arrive en Corse en qualité de commissaire muni des pleins pouvoirs militaires accordées par la république de Gênes. Dans sa chronologie des faits, A-D Monti écrit en 1979 : La Grande révolte des Corses contre les Génois 1729-1769 A-D Monti ADECEC 1979. 1737 : le roi de France intervient en Corse où Théodore a été proclamé roi de Corse à l'issue d'une consulte le . 1739, le . .