La rafle de la rue Sainte-Catherine est une rafle décidée par Klaus Barbie et organisée par la Gestapo lyonnaise, qui s'est déroulée le vers 10 h au 12 de la rue Sainte-Catherine à Lyon. Quatre-vingt-six Juifs sont raflés, internés au camp de Drancy puis envoyés dans des centres d'extermination nazis. Seules trois personnes reviendront des camps ainsi qu'une jeune déportée à Drancy, Malvine Lanzet transférée dans une maison d'enfants. Elle témoigne au procès Barbie.
Contexte
En 1943, l'union générale des israélites de France, créée par le régime de Vichy (sur demande de l'autorité allemande 1941) pour regrouper les associations juives, dispose d'un local au 12 de la rue Sainte-Catherine à Lyon (1er). Localement, le bureau qui s'occupe des juifs est composé de membres issus de deux structures existantes avant guerre : le Comité d'aide aux réfugiés allemands et autrichiens et la Fédération des sociétés juives de France. Cette organisation fournit des logements à leurs coreligionnaires arrivant sans moyens à Lyon, leur trouve des faux papiers, les met en relation avec des filières de départ à l'étranger, souvent la Suisse. Cette structure dispose également de relations avec des non-juifs amis qui hébergent un certain nombre de fuyards.
Au cours de la journée du , la Gestapo dirigée par Klaus Barbie arrête l'ensemble des membres de la structure et systématiquement chaque personne s'y présentant. Au soir, ( et .) ont été arrêtées mais deux d'entre elles réussissent à s'échapper, David Luksemberg et Driller Siegfried. du Fort Lamothe (7ème), le , où elles ont été amenées, car la prison Montluc était pleine.. Finalement, sont déportées sur lesquelles seules trois personnes reviendront des camps d'extermination.
Durant la journée, Michel Kroskof, un israélite disposant de faux papiers, a été arrêté mais a réussi à convaincre Barbie qu'il n'était pas juif et qu'il était là pour un travail de peinture. Lorsqu'il est sorti, il a tenté de prévenir le maximum de juifs de ne pas aller au bureau de l'UGIF. Une autre personne, Victor Szulklaper, réussit également à sortir du piège grâce à de faux papiers.
Annette Grinszpan, tenant dans ses bras son fils René, âgé de 8 mois, entre et s'entend dire : "Deutsche Polizei, sie sind verhaftet !". Avec ses faux papiers, elle prétend être Alsacienne. Le bébé hurle ; Klaus Barbie, gêné par les cris, lui dit : "Allez le nourrir". Elle part. Âgée et malade, elle ne témoignera que par écrit au procès. (voir sa déposition au procès Barbie le jeudi 21/5/1987)
Procès de Barbie
En , Serge Klarsfeld consulte au YIVO Institute for Jewish Research de New York les archives de l'UGIF et parvient à établir la liste des de la rue Sainte-Catherine notamment en analysant la liste des entrants du camp de Drancy du ..
L'ordre signé par Klaus Barbie est par la suite obtenu ce qui fait de cette rafle l'un des actes instruits au cours du procès Barbie en 1987.
Victimes vignette|Loja Rappaport, une des victimes de la rafle, photographiée en 1932. Ci-dessous les noms des quatre-vingt-quatre raflés puis déportés de la rue Sainte-Catherine (par ordre alphabétique) :
Parmi la liste des 84, quatre survivants : Gilberte Jacob, plus tard, épouse Lévy, témoin au Procès de Klaus Barbie; Malvine Lanzet, plus tard épouse Kessler, témoin au Procès de Klaus Barbie ; Armand Steinberg ; Rachmill Szulklaper.
Signalons également deux évadés du Fort Lamothe, le : Siegfried Driller né le à Vienne (Autriche) ; David Luksemberg (ou David Luxembourg ) (qui avait présenté les papiers de son frère, Aron Luxenburg, né le à Lodz et Aron est noté par Klaus Barbie!)Voir, Le 9 février 1943, Klaus Barbie passe à l'action. Le Progrès, 13 février 2011..
Hommages
En 2011, une plaque commémorative est apposée, Rue Sainte-Catherine (Lyon).
Bibliographie
Serge Klarsfeld, La rafle de la rue Sainte-Catherine à Lyon le , éd. FFDJF, 1985. Gerda Bikales. Getting To Know Germaine In: Yitta Halberstam & Judith Leventhal. Small Miracles of the Holocaust. Extraordinary Coincidences of Faith, Hope, and Survival. The Lyons Press: Guilford, Connecticut, 2008. . [Voir, 194-197.]
Serge Klarsfeld. Le Mémorial de la déportation des Juifs de France. Beate et Serge Klarsfeld: Paris, 1978. Nouvelle édition, mise à jour, avec une liste alphabétique des noms.FFDJF (Fils et filles de déportés juifs de France), 2012.
Références
Articles connexes
Lyon pendant la Seconde Guerre mondiale Convois de la déportation des Juifs de France Liste de musées et monuments commémoratifs de la Shoah Germaine Ribière Gerda Bikales
Liens externes La Rafle de la Rue Sainte-Catherine A Lyon Le 9 février 1943 dans les locaux de la (CAR) et de la (FSJF) de la Direction "Assistance" de l'UGIF. Documentation réunie et publiée par Serge Klarsfeld Président de l'Association "Les Fils et Filles des Déportés Juifs de France". Yad Vashem. 1942-1944 Klaus Barbie: le boucher de Lyon. Documentaire. Lyon: 80e Anniversaire de la Rafle de la rue Sainte-Catherine. 13 février 2023. Les grandes rafles de Juifs en France. cheminsdememoire.gouv.fr.
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