Le théâtre occidental de la guerre d'indépendance américaine (1775-1783) était la zone de conflit à l'ouest des Appalaches, la région qui est devenue le Territoire du Nord-Ouest des États-Unis ainsi que les États du Kentucky, Tennessee et Missouri. La guerre de l'Ouest s'est faite essentiellement entre Amérindiens, Canadiens avec leurs alliés Britanniques à Détroit, et les colons américains au sud et à l'est de la rivière Ohio.
Contexte Lorsque la guerre d'indépendance américaine débute en 1775, la rivière de l'Ohio marque une frontière ténue entre les colonies américaines et les Amérindiens de la Vallée de l'Ohio. Cette frontière a ses origines dans la proclamation royale de 1763, qui interdisait aux colons britanniques de s'installer à l'ouest des Appalaches. La Couronne britannique a émis cette proclamation après la guerre de la Conquête (1754-1763) afin d'éviter les conflits entre les Amérindiens et les colons dans le vaste territoire nouvellement acquis à la France. Les colons et les spéculateurs fonciers en Grande-Bretagne et en Amérique se sont toutefois opposés à cette restriction, et les responsables britanniques ont ainsi négocié deux traités avec les Amérindiens en 1768 qui ont ouvert des terres pour la colonisation au sud de la rivière Ohio. Par la suite, les tensions entre les responsables britanniques et les colons à propos de la politique foncière dans l'Ouest a diminué..
En réalité, la plupart des Amérindiens qui vivent et chassent dans la vallée de l'Ohio n'ont pas été consultés pour les traités de 1768. Furieux après les Iroquois pour avoir vendu leurs terres aux Britanniques, les Shawnees mettent sur pied une confédération d'Amérindiens avec l'intention d'empêcher la perte de leurs terres. Cependant, les responsables britanniques et iroquois œuvrent pour isoler diplomatiquement les Shawnees des autres nations amérindiennes et lorsque la guerre de Dunmore éclate en 1774, les Shawnees affrontent la milice de Virginie avec peu d'alliés. Après la victoire de la Virginie dans la guerre, les Shawnees sont obligés d'accepter la rivière Ohio comme frontière. Les chefs shawnees et mingos qui n'acceptent pas ces conditions reprennent la lutte peu après le début de la guerre d'indépendance américaine en 1775.
1775 à 1776 – Neutralité et petites incursions
Initialement, à la fois les Britanniques et le Congrès continental ont cherché à maintenir les Amérindiens de l'Ouest en dehors de la guerre. À Fort Pitt en , les chefs américains et amérindiens ont réaffirmé la limite établie l'année précédente par la guerre de Dunmore. Sans soutien britannique, les chefs amérindiens comme Blackfish (Shawnee) et Pluggy (Mingo) mènent des raids dans le Kentucky, dans l'espoir d'y chasser les colons. En représailles, le gouverneur de Virginie, Patrick Henry, souhaite attaquer le village de Pluggy dans la vallée de l'Ohio, mais il annule l'expédition par crainte que les miliciens ne soient incapables de faire la distinction entre les Amérindiens hostiles et ceux restés neutres, et faire ainsi entrer en guerre contre eux les Shawnees et les Lenapes jusque-là restés neutres. Néanmoins, les Shawnees et les Lenapes sont de plus en plus divisés sur la question de prendre part ou non à la guerre. Alors que des chefs comme White Eyes (Lenape) et Cornstalk (Shawnee) appellent à la neutralité, Buckongahelas (Lenape) et Blue Jacket (Shawnee) décident de se battre contre les Américains.
Dans le Kentucky, les colons et chasseurs isolés deviennent la cible fréquente d'attaques, obligeant nombre d'entre eux à retourner dans l'Est. À la fin du printemps 1776, moins de 200 colons demeurent dans le Kentucky, principalement dans les villages fortifiés de Boonesborough, Harrodsburg et Logan's Station.. En , Pluggy est tué dans une attaque sur McClellan's Station. Le nom de McClellan est parfois orthographié McClelland., qui est situé à l'emplacement actuel de la ville de Georgetown dans le Kentucky.
1777 – Escalade En 1777, les Britanniques lancent une grande offensive à partir du Québec. Afin d'offrir une diversion pour des opérations dans le Nord-Est, les officiels à Détroit commencent à recruter et à armer des Amérindiens pour attaquer les implantations américaines. Un nombre inconnu de colons américains dans les États actuels du Kentucky, de Virginie-Occidentale et de Pennsylvanie sont tués dans ces attaques. L'intensité du conflit augmente après que des miliciens américains furieux ont assassiné Cornstalk, principal défenseur de la neutralité chez les Shawnees, en . En dépit de la violence, de nombreux Amérindiens de l'Ohio espèrent toujours rester en dehors de la guerre. La tâche est difficile car ils sont directement situés entre les Britanniques à Détroit et les Américains le long de la rivière Ohio.
1778 à 1779 – Avances américaines
Durant les premières années de la guerre, les Virginiens ont tenté de défendre leur frontière occidentale avec des miliciens postés dans trois forts le long de la rivière Ohio . Défendre une si longue frontière s'est toutefois avéré futile, parce que les Amérindiens ignoraient simplement les forts pendant leurs attaques. En 1778, les Américains décident que des opérations offensives sont nécessaires pour sécuriser leur frontière occidentale.
Problèmes à Fort Pitt La première expédition américaine dans la vallée de l'Ohio est une débâcle. En , le général Edward Hand conduit 500 miliciens de Pennsylvanie depuis Fort Pitt pour une marche hivernale surprise vers les villages mingos situés sur la rivière Cuyahoga, où les Britanniques ont entreposé des fournitures militaires qu'ils distribuent aux Amérindiens. Cependant, des conditions météorologiques défavorables empêchent l'expédition d'atteindre son objectif. Au retour, certains hommes de Hand attaquent des Lenapes pacifiques, tuant un homme et quelques femmes et enfants, dont des proches du chef lenape Hopocan. Parce que seuls des non-combattants ont été tués, l'expédition est devenue connue sous le nom dérisoire de « campagne des squaws » ; ; ..
Outre une milice indisciplinée, le sentiment loyaliste autour de Pittsburgh contribue également aux problèmes de Hand. En , trois hommes ayant des liens étroits avec les Britanniques et les Amérindiens quittent Pittsburgh et font défection pour rejoindre les Britanniques et les Amérindiens. Ce sont Simon Girty, un interprète qui a servi de guide lors de la « campagne des squaws », Matthew Elliott, un commerçant local et Alexander McKee, un agent pour le département britannique des affaires indiennes. Tous les trois se révéleront être de précieux opérateurs pour les Britanniques dans la guerre. Au cœur des critiques, et face à une enquête du Congrès pour avoir permis à ces hommes de faire défection, Hand démissionne en .
Élaboration de traités et construction de forts À la suite de l'escalade de la guerre en 1777, les Américains sur la frontière occidentale lancent un appel au Congrès continental pour plus de protection. Après une enquête, une commission du Congrès recommande au début de 1778 que deux régiments de l'Armée continentale soient stationnés dans l'Ouest. Par ailleurs, comme une ligne de défense constituée de forts n'a que peu d'effets sur les raids amérindiens dans les colonies américaines, les commissaires demandent à ce qu'un fort soit construit du côté amérindien de la rivière Ohio, la première d'une série de forts qui permettrait aux Américains de planifier une expédition contre Détroit.
Afin de construire un fort dans la vallée de l'Ohio, les Américains cherchent à obtenir l'approbation des Lenapes. En , les Américains négocient le traité de Fort Pitt avec les Lenapes, qui aboutit à la construction de Fort Laurens le long de la rivière Tuscarawas. Rapidement cependant, les plans américains tournent mal. White Eyes, le chef Lenape qui a négocié le traité, est apparemment assassiné en 1778 par des miliciens américains. Son rival, Hopocan, finit par abandonner l'alliance américaine et se déplace vers la rivière Sandusky, où il commence à recevoir l'appui des Britanniques à Détroit.. En outre, en raison d'une guerre intense dans l'Est de la Pennsylvanie et dans le Nord de l'État de New York, le Congrès n'est pas en mesure de fournir les effectifs nécessaires pour des opérations contre Détroit. Le fort Laurens est abandonné en 1779.
La campagne de Clark aux pays des Illinois
À la fin 1778, George Rogers Clark, un jeune officier de milice de Virginie, lance une campagne visant à s'emparer du pays des Illinois, où les Britanniques n'ont que peu de garnisons. Avec une compagnie de volontaires, Clark capture Kaskaskia le , poste clé du pays des Illinois, et obtient plus tard la soumission de Vincennes. Vincennes est ensuite repris par le général Henry Hamilton, commandant britannique à Détroit. En , Clark marche sur Vincennes lors d'une marche d'hiver surprise et capture Hamilton lui-même.
Hamilton était connu des Américains de la Frontière comme « le général qui achetait des scalps », car selon eux, il encourageait les Amérindiens à tuer et scalper des civils américains. Pour cette raison, le gouverneur Thomas Jefferson emmène Hamilton à Williamsburg en Virginie, pour être jugé en tant que criminel de guerre. Après que les représentants britanniques ont menacé d'exercer des représailles contre des prisonniers de guerre américains, Jefferson a cédé, et Hamilton a été échangé contre un prisonnier américain en 1781.
1780 – Offensive majeure britannique et amérindienne
Durant les années suivantes, les deux parties mènent des attaques l'une contre l'autre, ciblant habituellement des colonies de peuplement. En 1780, des centaines de colons du Kentucky sont tués ou capturés dans une attaque des Britanniques et Amérindiennes dans une campagne contre le Kentucky. Grenier affirme que .. George Rogers Clark réagit en menant une expédition au mois d' qui détruit deux villages shawnees le long de la rivière Mad, mais faisant peu de dommages à l'effort de guerre amérindien.
À la fin mai, la ville de Saint-Louis, tenue par les Espagnols, est attaquée par une force britannique principalement composée d'Amérindiens. L'assaut est repoussé par une force mixte de défense espagnole et française. Le centre de la défense était une tour de pierre, Fort San Carlos, située dans l’actuel centre-ville de St Louis.
Dans le territoire de l'Illinois, l'officier français Augustin de La Balme assemble une milice de résidents canadiens dans le but de prendre Fort Détroit. Sa force militaire a été détruite en novembre par les Miamis menés par le chef Michikinikwa. Dans le même temps, le Fort Saint-Joseph qui était presque abandonné, a été attaqué par les Américains de Cahokia. Cependant, lors de leur voyage de retour, ils ont été dépassés par des loyalistes britanniques et amérindiens près du Petit Fort.
1781 À Saint-Louis, le gouverneur espagnol Francisco Cruzat envoie une force d'environ 140 soldats espagnols et amérindiens sous le capitaine Eugnio Pourré pour capturer le Fort Saint-Joseph. Il est capturé et pillé le Indiana dans la révolution américaine.
thumb|upright|droite|L'attaque de Joseph Brant sur le colonel Lochry (1781) mit fin aux plans de George Rogers Clark pour attaquer Détroit.