Yvonne de Komornicka, née Yvonne Roeschlin le à Saulxures-sur-Moselotte (Vosges) et morte le à Avignon(Vaucluse), dite capitaine Kléber, est une résistante française, chef du mouvement Combat puis des Mouvements unis de la Résistance (MUR) de Vaucluse. Arrêtée, elle est déportée à Ravensbrück où elle eut à subir des expériences pseudo-médicales.

Biographie

Ses premiers pas dans la Résistance Aînée d'une famille alsacienne nombreuse, Yvonne Roeschlin parachève ses études à Paris à la fin de la Première Guerre mondialeYvonne de Komornicka et ses filles - Archives départementales de Vaucluse. Devenue veuve, elle s'installe en Lorraine avec ses trois fillesBiographie en allemand de Yvonne de Komornicka. Répondant à l'appel du 18 juin 1940, elle organise à Nancy, où elle réside alorsTémoignage d'Yvonne de Komornicka, recueilli par Marie Granet, le 12 novembre 1955, . Elle doit fuir vers le Midi de la France pour des raisons de sécurité et s'arrête à Avignon à la fin de l'été 1941 avec ses trois filles.

Pour faire face à l'afflux des réfugiés de l'Est, elle est embauchée par le bureau d’aide sociale de la mairie afin de prendre en charge les Lorrains. Ceux de religion catholique avaient leur aumônier, un prêtre chassé de Lorraine par les occupants, car il faisait réciter . Cet abbé Krebs est un résistant organisé, connu sous le surnom de Victor, et est .

Chef du réseau Combat et des Mouvements unis de la Résistance de Vaucluse L'appartenance à la Résistance de l'abbé Krebs parvient jusqu'à l’archevêque d’Avignon, Gabriel de Llobet, à la fin de l’été 1942. Furieux, celui-ci lui donne deux heures pour quitter la ville. Pris de court et confronté au peu d'allant de certains de ses adjoints pour lui succéder, l'aumônier lorrain désigne Yvonne de Komornicka, dite Kléber.

En 1955, lors d'un entretien avec l'historienne Marie Granet, elle confie . C'est ainsi que, dès l'automne, elle devient chef incontesté du réseau Combat dans le Vaucluse.

Par ailleurs, ses filles travaillent avec elle dans la Résistance. Elle les a prénommées Christiane, Wanda et HélèneVol de la bicyclette de Christiane de Komornicka..

Kleber devient la responsable du ROP (recrutement organisation propagande) de Combat pour le Vaucluse. Ayant rencontré Jean Moulin, sur ses ordres, elle fédère dans les Mouvements unis de la Résistance (MUR) les organisations de la Résistance vauclusienne et centralise, avec l'aide de ses filles, la distribution des journaux et des tracts.

Jean Garcin, dit Bayard, qui est à la tête des Groupes francs de Vaucluse la rejoint, entre la fin 1942 et le début 1943 et se place sous sa directionJean Garcin, Nous étions des terroristes, Éd. Alain-Barthélémy, Avignon, 1996, ..

Déportée à Ravensbrück vignette|Yvonne de Komornicka. Portrait réalisé par Simone Auburtin au camp de Ravensbrück, 1944. Le , Yvonne de Komornicka est arrêtée par la Gestapo qui investit son bureau à la mairie d'Avignon. Elle est internée aux Baumettes puis déportée à Ravensbrück. Compte tenu de ses activités, elle est classée dans la catégorie Nuit et Brouillard, celles et ceux qui ne devaient pas revenir et sa famille n'eut plus aucune nouvelle. Il faut alors lui trouver un successeur : c'est Paul Faraud, ancien maire de Plan-d'Orgon suspendu par le gouvernement de Vichy depuis le . Il avait fait savoir qu'il ne pouvait accepter l’armistice signé par le maréchal PétainPaul Faraud successeur de Kléber..

Entouré de quelques camarades, il entre en résistance et rejoint « Combat » et Yvonne de Komornicka. En automne 1943, les faits d'armes de Paul Faraud, dit Marcel dans la Résistance, sont tels qu'il la remplace et se retrouve ainsi à la tête des MUR pour la région R2.

À Ravensbrück, Yvonne de Komonicka est assignée au block 32 au sein duquel elle aide moralement ses codétenues par son écoute et son soutien mais également en cherchant la nuit, malgré les risques, du rab de soupe ainsi qu’en témoigne l’attestation de Simone Auburtin du 27 novembre 1946. Simone Auburtin réalisera dans le camp un portrait d’Yvonne de Komomicka avec du papier récupéré (voir encadré).

À cause du nom polonais de son mari, Yvonne de Komornicka n'échappe pas . Elle survit à ces expériences pseudo-médicales. Vers la fin 1944, elle dénonce le rôle de Treite, un des médecins de Ravensbrück, dans l'Affaire des timbales (Fall Pauken). Plutôt que de l'opérer de la hernie dont elle souffrait, il lui enlève la glande gauche de Bartholin (ou glande vestibulaire)La comtesse Yvonne Komornicka.

Retour à la vie civile Comme elle l'a confié à Marie Granet : . Contrairement à beaucoup de ses camarades résistants, elle ne postule à aucun rôle politique après la Libération. Elle demande seulement d'être réintégrée dans les services sociaux de la ville d'Avignon.

Hommages vignette|gauche|Plaque de rue à Avignon. Une rue d'Avignon porte son nom. Un ouvrage lui a été consacré : Le Comité vosgien de l'Union lorraine des médaillés de la Résistance présente une héroïne vosgienne de la Résistance : Yvonne de KomornickaYvonne de Komornicka, une héroïne vosgienne de la Résistance, éd. Comité vosgien de l'Union lorraine des médaillés de la Résistance, Épinal, 1998. La croix de guerre et la croix de la Légion d'honneur ont récompensé son action.

Une famille de résistantes vignette|Christiane de Komornicka, à vélo. Dans les archives de Vaucluse se trouve le témoignage de Wanda Hudault, fille d’Yvonne de Komornicka : .

Wanda avait alors et faisait régulièrement, en une journée le trajet Avignon-Cavaillon, puis Cavaillon-Carpentras, avant de rejoindre son domicile à Avignon, 4 rue des Chalets, avant le couve-feu puisque les arrestations continuaient, de plus en plus nombreuses.

Christiane de Komornicka, autre fille d’Yvonne, fut aussi active, les archives de la ville de Cavaillon possèdent une déclaration du vol de sa bicyclette .

Décorations

Notes et références

Catégorie:Naissance en juillet 1898 Catégorie:Naissance dans le département des Vosges Catégorie:Personnalité provençale du XXe siècle Catégorie:Résistante française Catégorie:Déporté résistant Catégorie:Déporté_à_Ravensbrück Catégorie:Survivant de Ravensbrück Catégorie:Officier de la Légion d'honneur (date non précisée) Catégorie:Titulaire de la croix de guerre 1939-1945 Catégorie:Décès à Avignon Catégorie:Décès à 96 ans Catégorie:Décès en octobre 1994