L'ancien hôpital de Thiers est le site d'un établissement hospitalier remontant au , situé dans la partie est du centre historique de Thiers, en France. Le site possède une superficie de et l'ensemble des bâtiments plus de . Il est situé dans le périmètre du site patrimonial remarquable de Thiers et reste protégé dans le cadre du Plan de sauvegarde et de mise en valeur de la ville. Le site possède, comme l'ensemble du centre ancien de Thiers, des souterrains et des caves.

Fermé en à la suite du déménagement de l'hôpital dans des nouveaux locaux au centre hospitalier de Thiers, le site reste partiellement à l'abandon avant de l'être totalement après le départ du centre de consultation médico-psychologique en .

Localisation L'ancien hôpital de Thiers est situé dans le département français du Puy-de-Dôme, sur la commune de Thiers.. Placé à l'est du cœur médiéval de la ville, il est construit au-dessus d'une partie de la enceinte des remparts de Thiers qui lui sert de mur de soutènement.. L'hôpital surplombe la vallée des Usines et le centre historique qui l'entoure. L'édifice n'est pas visible depuis l'arrivée par l'ouest dans la ville, étant caché par des immeubles médiévaux et par l'église Saint-Genès située à quelques mètres.

Plan général Plan général de l'Ancien-hôpital de Thiersalt=Plan de l'ancien-hôpital de Thiers.|400x400px Les bâtiments en gris subsistent, ceux en rouge sont détruits.Bâtiments et parcsRues1 : bâtiment historiqueA : rue Mancel-Chabot2 : chapelle de l'hospiceB : rue du 3 : centre médico-psychologiqueC : rue des murailles4 : solarium5 : ancienne maternité - urgences (détruit)6 : ancien bâtiment des internes (détruit)7 : jardins de l'hôpital8 : ancien jardin intérieur9 : cour intérieure10 : cour principale

Histoire Origines

L'hôpital de Thiers naît véritablement au de la réunion de trois établissements préexistants : l'hôtel-Dieu vieux de la Charité, de fondation ancienne et administré par le chapitre de Thiers, l'hôtel-Dieu neuf de la Trinité, datant du milieu du et administré par la municipalité, et l'hôtel-Dieu neuf de la Charité, datant du milieu du ... Ces établissements de charité accueillent les nécessiteux et leur assurent des soins médicaux rudimentaires. Ils prennent aussi en charge les orphelins et leur donnent une formation professionnelle. Au début des années , se manifeste une volonté de réunir ces trois entités en un seul et unique lieu, rue Mancel-Chabot — qui porte le nom de « rue des groslières » à l'époque.. L'hôpital général, fondé par lettres de patente du ouvre ses portes le Hubert Jacqueton, Études sur la ville de Thiers ; la communauté des habitants (1272-1789), paru en 1894, éd. Le livre d'histoire, 2008.. Au-delà de leurs aspects caritatifs — et ce jusqu'au , les hôpitaux de l'époque servent aussi à débarrasser les villes de leurs indigents, ce qui est fait sans ménagement à Thiers, dès les premiers jours de fonctionnement de l'établissementLe curé de Saint-genès écrit : « Le 15 avril 1669, jour si célèbre en ceste ville par l'enfermement des pauvres qui a esté faict passionnellement dans l'Hôpital général ». Les pauvres sont enfermés et contraints à travailler sous peine de « corrections et chastimens, poteaux, carcans et prison » conformément à l'usage de l'époque. Cf. Hubert Jacqueton, Études sur la ville de Thiers ; la communauté des habitants (1272-1789), paru en 1894, éd. Le livre d'histoire, 2008...

Agrandissements et destructions Lors de l'ouverture de l'hôpital, seules l'aile nord du bâtiment actuel et la chapelle sont présentes.. En , l'hôpital s'agrandit avec la construction de l'actuelle aile sud dans la continuité de l'aile nord tout en étant la symétrique parfaite de cette dernière.. En , des remaniements sont recensés, notamment dans la chapelle et le bâtiment historique — à savoir l'aile-nord plus particulièrement. En , un agrandissement est acté. Désormais, l'aile nord est remplacée par une nouvelle aile au nord-est du site accueillant la chirurgie dans les étages inférieurs et la maternité au dernier étage...

Arrivée des infirmières Durant la première moitié du , les religieuses sont progressivement remplacées par des infirmières et des médecins. Les premiers chirurgiens arrivent à l'hôpital de Thiers en . L'établissement est composé de grandes chambres accueillant à . Ces derniers sont alors séparés par des draps et l'ambiance familière est accentuée par l'usage des prénoms. Les dernières religieuses quittent l'hôpital en ..

Gestion de l'hôpital L'instruction sur le règlement des hôpitaux et hospices, créé par circulaire ministérielle du , les place sous l'autorité de la commission administrative.. Les religieuses y sont déléguées à l'application pour le service intérieur. Les premiers statuts du personnel sont signés par Antonin Chastel — alors maire de Thiers — en . La circulaire de , réglant les fonctions de la commission d'administration hospitalière, institue donc légalement l'entrée de la ville dans la réglementation hospitalière..

Tentatives d'agrandissement et premières annonces de fermeture Difficultés d'accès et ouverture de la clinique de Chantemerle L'ancien hôpital de Thiers, situé entre la rue Mancel-Chabot et la rue des murailles, est très difficile d'accès pour les pompiers, le personnel et les visiteurs. La première rue, très étroite, laisse difficilement le passage pour les voitures tandis que la deuxième permet uniquement le passage pour les piétons. L'absence de places de stationnement, en demande grandissante, est également un problème majeur quant à l'accessibilité de l'hôpital. En , la clinique de Chantemerle ouvre ses portes dans le bas de la ville.. Sa situation en plaine, sa taille et son accessibilité — ajoutées au fait que l'hôpital de Thiers avait la réputation d'être un hospice indigne depuis plusieurs décennies — font que rapidement, les thiernois préfèrent se faire soigner dans le bas de la ville à la clinique et ne plus monter au vieil hospice en centre ville..

Études d'agrandissements vignette|L'entrée du nouveau centre hospitalier de Thiers sur le site du Fau en .|alt= Dans la deuxième moitié des années , alors que les dernières religieuses quittent les lieux, plusieurs études d'agrandissements sont travaillées. Des études de faisabilité pour agrandir le centre hospitalier dans les jardins sont évoquées mais le relief, très pentu, limite rapidement cette idée. D'autres solutions sont envisagées comme celle de construire des annexes directement dans la cité médiévale, en vain. Dans les années , l'hôpital avait créé une annexe au lieu-dit des Belins pour accueillir la maison de retraite « Le Belvédaire », ce qui donne l'idée de déménager le centre hospitalier en dehors de l'agglomération, sur le site du Fau. En , le service de psychiatrie est ouvert au Fau..

Élections municipales de En , alors que Maurice Adevah-Pœuf, avec le soutien du docteur Gautier, détrône René Barnérias à la mairie de Thiers, le projet de déménagement de l'hôpital semble bien entamé. Les premières maquettes sont construites et après de travail, selon différents budgets, et l'accord du conseil d'administration, la première pierre du futur Centre hospitalier de Thiers est posée, en ...

Fermeture progressive

En , une grande partie de l'établissement déménage dans des locaux fraîchement construits en dehors du centre-ville, proches du village du Fau, toujours sur la commune de Thiers.. Seule une partie des soins reste sur le site en ville, dans un bâtiment annexe : le centre de consultation médico-psychologique.. Ce centre médical prend en charge les enfants et les adolescents souffrant de troubles psychologiques.. En , ce centre déménage à son tour au Fau dans la ville-basse laissant le site du centre-ville sans aucun usage. Le déménagement de la première grande partie de l'hôpital à la fin du laisse le bâtiment à l'abandon, l'entretien du bâtiment étant arrêté..

État actuel vignette|alt=Photographie de l'intérieur de la chapelle en .|Intérieur de la chapelle en .

L'ancien hôpital de Thiers est en globalité dans un mauvais état de conservation. En effet, depuis , aucun travail d'entretien n'est effectué. La toiture est en partie abîmée, laissant ruisseler l'eau de pluie à l'intérieur du bâtiment, ce qui favorise l'humidité et les moisissures. Plusieurs étages des niveaux supérieurs — construits avec une armature en bois contrairement au rez-de-chaussée construit avec une armature en pierre — se sont effondrés à l'intérieur de l'édifice. La mérule pleureuse, champignon lignivore qui est un redoutable ennemi du bois œuvré et de tous les matériaux contenant de la cellulose, s'attaque depuis plusieurs années au bâtiment. La végétation — jusque là gardée à l'extérieur du site — arrive à pénétrer à l’intérieur de la bâtisse par les différentes ouvertures (fenêtres, portes ou encore trous dans le toit).

Une partie de l'édifice est détruite en afin de libérer de l'espace pour accueillir un futur parking de de stationnement.. Le projet, en , n'est toujours pas mis en place...

Protection de l'édifice Le site de l'ancien hôpital est entièrement inscrit dans le plan de sauvegarde et de mise en valeur et dans le site patrimonial remarquable de la ville de Thiers... Ces dispositifs participent de la protection et à la mise en valeur du patrimoine historique de la ville : l'ancien hôpital, datant du , est dans ce cas.

Projet de réhabilitation

Avenir du site Plusieurs projets de réhabilitation sont évoqués à la fermeture du site dans les années mais aucun n'aboutit.. En , une partie de l'édifice est détruite — à savoir l'ancienne maternité — afin d'accueillir un parking de places de stationnement dans l'optique de réhabiliter le site en résidence pour seniors...

Alors que l'ensemble des projets de réhabilitation sont écartés en 2020, un projet de vente présenté par la municipalité, propriétaire des lieux est annoncé en conseil municipal. Ce dernier prévoit de scinder le bâtiment en deux parties : l'une réservée à un ensemble de logements privés, aménagés par un investisseur privé, et l'autre gardée par la ville de Thiers pour y créer le nouveau musée de la coutellerie de Thiers.

Réhabilitation des abords du site En cohérence avec le projet de réhabilitation du site en lui-même, la ville de Thiers étudie aussi le réaménagement des abords de la bâtisse. Aujourd'hui, les aménagements et revêtements présents sont vieillissants. Les trottoirs, discontinus, souvent de faible largeur, ne permettent pas un cheminement piéton continu. La topographie du site rend l'aménagement de ce dernier plus compliqué et la voirie prend le pas sur les cheminements piétons.. Le projet serait de modifier le tracé de la voirie — essentiellement la rue Mancel-Chabot — de créer un parvis d'entrée pour la future résidence senior et de réaménager la rue des Murailles située juste en dessous du site.

Architecture Ordonnancement et décor extérieur vignette|alt=Photographie de la façade principale de la chapelle.|Façade ouest de la chapelle de l'hospice.Pour construire l'édifice principal, le granite et la pierre de Volvic sont utilisés. Le granite, aujourd'hui caché partiellement par du crépi, est apparent au pied du bâtiment tandis que la pierre de Volvic, apparente notamment aux angles formés par les fenêtres et les murs, est mise en valeur grâce à son relief et à sa couleur foncée plus imposante..

La chapelle suit les mêmes méthodes de construction. La seule différence est que la façade occidentale est entièrement construite en pierre de Volvic. Plusieurs statues représentant des personnages religieux sont posées en hauteur sur la façade de la chapelle..

Au , la toiture du bâtiment central de l'hôpital est rénovée. L'arête de ce dernier est rehaussée, augmentant le pourcentage de pente des deux pans de toits.

Architectonique et décor intérieur