Binali Yıldırım (prononcé ), né le à Refahiye, est un homme d'État turc membre du Parti de la justice et du développement (AKP). Il est président de l'AKP du au , Premier ministre de Turquie du au puis président de la Grande Assemblée nationale de Turquie du au .

Président du conseil d'administration d'une compagnie maritime, il est élu député à la Grande Assemblée nationale de Turquie sous les couleurs de l'AKP, à l'issue des élections législatives de 2002, largement remportées par son parti.

Il est nommé ministre des Transports dans le gouvernement d'Abdullah Gül et conserve ce portefeuille stratégique dans le cabinet dirigé par Recep Tayyip Erdoğan, fondateur et dirigeant de l'AKP dont il est l'un des plus fidèles. Comme ministre des Transports, il est le responsable des grands projets d'aménagement des infrastructures décidés par le Premier ministre comme l'expansion des aéroports et des lignes à grande vitesse.

À l'exception des périodes pré-électorales, il conserve cette responsabilité jusqu'en 2013, quand un scandale de corruption le contraint à se retirer. Il est cependant rappelé après les élections de 2015 par Ahmet Davutoğlu. En 2016, ce dernier annonce le son retrait de la présidence de l'AKP et de son poste de Premier ministre à la suite de désaccords avec le président.. Lors de sa démission effective le , le président Erdoğan choisit alors Yıldırım comme nouveau chef de l'exécutif.

En 2017, l'adoption par référendum d'une importante réforme constitutionnelle visant à faire évoluer le pays vers un régime présidentiel doit aboutir à l'abolition du poste de Premier ministre après les élections législatives anticipées de 2018 organisées avec l'élection présidentielle dans le cadre d'élections générales. L'application de cette disposition constitutionnelle intervient le .

Biographie Famille Né le , à Refahiye dans la province d'Erzincan en Turquie, Binali Yıldırım est le benjamin d'une famille de sept enfants. Il passe son enfance dans un village nommé Kayı, en hommage à la tribu Kayı dont est issue la dynastie ottomane. Son père, Dursun Yıldırım, fermier, l'envoie à Istanbul après l'école élémentaire décelant en lui un potentiel pour les études. Sa mère, Bahar Yıldırım, femme au foyer, est morte lorsqu'il avait 16 ans.

Formation et vie active Yıldırım suit des études supérieures de génie maritime à l’université technique d’Istanbul (), puis de sécurité maritime et de protection environnementale à la World Maritime University de Malmö.

Il devient peu après directeur de la compagnie de ferries İstanbul Deniz Otobüsleri (İDO) qui assure des navettes entre des villes de la mer de Marmara et Istanbul, alors gouvernée par Recep Tayyip Erdoğan.

Politique Débuts Il entre en politique en en aidant Erdoğan à fonder un parti islamiste conservateur modéré, l'AKP. Il se présente ensuite aux élections législatives du dans la première circonscription d'Istanbul et se trouve élu à la Grande Assemblée nationale.

Ministre des Transports Le , Binali Yıldırım est nommé ministre des Transports et des Communications dans le gouvernement que forme Abdullah Gül. Il est confirmé dans cette fonction quand Recep Tayyip Erdoğan prend la direction du cabinet, l'année suivante.

Élu député d'Erzincan en 2007, puis de la deuxième circonscription d'Izmir en 2011, il est systématiquement maintenu à la tête de son ministère, rebaptisé en 2011. Au cours de chaque période pré-électorale et conformément à la Constitution turque, il est relevé de ses responsabilités.

Passage au second plan et conseiller d'Erdoğan Il quitte le gouvernement au cours du remaniement ministériel orchestré le par Erdoğan et qui suit un important scandale de corruption. Aussitôt Erdoğan le nomme conseiller spécial à la présidence générale du Parti de la justice et du développement.

Il est alors approché par le Premier ministre pour postuler au poste de maire de la métropole d'Izmir aux élections locales du . Il obtient , soit 35,9 % des suffrages exprimés. Il est devancé de par le sortant social-démocrate Aziz Kocaoğlu. En suivant, Erdoğan est élu président de la République et conserve Yıldırım comme conseiller officieux, puisque sa nomination officielle le contraindrait à renoncer à son mandat parlementaire.

En vertu des statuts de l'AKP, il n'est pas éligible aux élections législatives de . Après ce scrutin, qui ne dégage aucune majorité, il est formellement nommé conseiller spécial du chef de l'État.

Un nouveau scrutin étant convoqué en novembre, il postule à nouveau dans la deuxième circonscription d'Izmir, retrouve un mandat parlementaire, puis son poste de ministre des Transports dans le troisième gouvernement d'Ahmet Davutoğlu.

Premier ministre (2016-2018) Après la démission d'Ahmet Davutoğlu, sur fond de désaccord avec le chef de l'État, il est désigné candidat unique à la présidence du Parti de la justice et du développement (AKP) à l'occasion du congrès extraordinaire qui se tient le « Turquie : Binali Yildirim, candidat unique pour le poste de Premier ministre », France 24, « Turquie: Binali Yildirim devient le nouveau Premier ministre », Aujourd'hui la Turquie, « Turquie : le ministre des Transports en passe de devenir Premier ministre », Euronews, « Turquie-Yildirim va devenir chef de l'AKP et du gouvernement », Reuters via Boursorama, . Finalement, il est élu à l'unanimité comme le nouveau président général du parti et est chargé de former un nouveau gouvernement.

Le , il prend ses fonctions de Premier ministre et présente son gouvernement. Ami de longue date de Recep Tayyip Erdoğan, il défend ouvertement le projet de présidentialisation de la Turquie avec le remplacement de la Constitution de 1982, et assure qu'il mettra tout en œuvre pour lutter contre le terrorisme en se référant à l'organisation État islamique et plus particulièrement au Parti des travailleurs du Kurdistan.

Le , son gouvernement remporte le vote de confiance par 315 voix pour et 138 voix contre.

Les et , il est visé, avec le président Recep Tayyip Erdoğan, par une tentative de coup d'État, qui échoueLe soir du 16 juillet 2016. L'un de ses principaux conseillers est arrêté en avec son épouse, soupçonné d'avoir soutenu le réseau du prédicateur Fethullah Gülen.

Le , Erdoğan lui succède à tête du parti.

Président de la Grande Assemblée nationale Le , après les élections législatives turques de 2018, il est choisi comme candidat de l'AKP à la présidence de la Grande Assemblée nationale de Turquie. Il est élu le . Il annonce qu'il va démissionner de son poste de président de l'Assemblée le pour se présenter comme candidat aux élections municipales d'Istanbul qui ont lieu le . Il est finalement battu par le candidat du CHP.

Vie privée Il est marié à Semiha Yıldırım, institutrice retraitée, et est père de trois enfants : deux fils, Erkan et Ahmet Yıldırım, et une fille, Büşra Köylübay. Sa famille serait à la tête de 17 entreprises et posséderait au total 28 bateaux et 2 yachts, selon le quotidien turc Cumhuriyet. Plus de 140 millions d'euros seraient détenus dans des paradis fiscaux selon des documents révélés par le Malta Files.

Selon sa biographie officielle, il parle couramment l'anglais et le français.

Notes et références Notes

Références

Voir aussi Articles connexes Recep Tayyip Erdoğan ; Ahmet Davutoğlu Parti de la justice et du développement (AKP)

Liens externes

Catégorie:Naissance en décembre 1955 Catégorie:Naissance dans la province d'Erzincan Catégorie:Étudiant de l'université technique d'Istanbul Catégorie:Premier ministre de Turquie Catégorie:Ministre turc des Transports Catégorie:Député à la Grande Assemblée nationale de Turquie Catégorie:Personnalité du Parti de la justice et du développement (Turquie) Catégorie:Président de la Grande Assemblée nationale de Turquie