Le Salvator Mundi (le « Sauveur du monde », en latin) est une peinture à l'huile sur bois de noyer, sur le thème du Christ rédempteur, attribuée par plusieurs experts. Lors de l'exposition du Louvre en 2019, le catalogue de l'exposition l'attribue à l'atelier de Léonard cependant un catalogue non officiel publié en décembre 2019 évoque une expertise du musée du Louvre in connaissancedesarts2", à Léonard de Vinci en totalité ou en partie, ou à l'un de ses élèves, Bernardino Luini. ou Giovanni Antonio Boltraffio. Afin de le distinguer parmi les vingt-deux copies identifiéesVincent Delieuvin & Louis Frank, Léonard de Vinci (catalogue d'exposition), Paris, co-édition Hazan / Éditions du musée du Louvre, 2019, . . de l'atelier de Vinci, le tableau, dont la restauration a été très critiquée, est aussi appelé Salvator Mundi, version dite « Cook », du nom d'un de ses anciens propriétaires, . Longtemps ignoré, réapparu en 2005, restauré, et rendu public en 2011 lors d'une exposition à la National Gallery de Londres, le tableau devient la peinture la plus chère du monde. En 2017, lors d'une vente d'art, son précédent propriétaire Dmitri Rybolovlev la vend aux enchères de Christie's à New York pour la somme de (), à laquelle s'ajoutent 50 millions de dollars de commission de vente. L'identité de l'acquéreur, d'abord tenue secrète, est révélée quelques mois plus tard : il s'agit du prince héritier d'Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane..

Depuis cette date, le tableau n'a jamais été exposé et sa localisation demeure inconnue. Le , le département de la Culture et du Tourisme d'Abou Dhabi confirme qu'il est propriétaire de l'œuvre.., sans pour autant l'exposer..

Thème et description vignette|redresse|gauche|Antonello de Messine, Christ Salvator Mundi, avant 1479, panneau de polyptyque du sanctuaire de l'Annunziata (Ficarra, Sicile). Le Salvator Mundi (« Sauveur du Monde ») est un thème de l'art chrétien, inspiré du Christ pantocrator (« Christ tout-puissant » en grec ancien), popularisé d'abord par l'art byzantin, puis, entre autres par les peintres d'Europe du Nord Jan van Eyck (1390-1441), Hans Memling (v. 1435-1494) et Albrecht Dürer (1471-1528)...

Il représente le Christ en gloire, qui donne sa bénédiction de la main droite, avec un orbe dans sa main gauche.

Léonard de Vinci reprend ce thème, avec une figure du Christ vu de face, cadré à mi-corps. La bénédiction est donnée de la main droite, selon le type , avec l'index et le majeur croisés. Cette main droite levée représente aussi le geste de celui qui enseigne, énonce la parole divine. Jésus-Christ tient dans la main gauche une sphère de cristal transparente, variante de l'orbe, qui se laisse traverser par la lumière sans subir de réfraction importante..

Le Christ porte un vêtement bleu finement brodé avec des garnitures en brocart d'or, et il a de longs cheveux bouclés. L'orbe et les deux bandes croisées ornées de motifs géométriques répétitifs, sur sa poitrine, sont des attributs caractéristiques des empereurs. L'arrière-plan est neutre..

Histoire Certains ont avancé que le Salvator Mundi aurait été commandé par Louis XII vers 1500Joanne Snow-Smith, The Salvator Mundi of Leonardo da Vinci, Seattle : Henry Art Gallery, University of Washington, 1982. ., peu de temps après la deuxième guerre d'Italie (1499-1500) par laquelle le roi de France conquiert le duché de Milan du duc Ludovic Sforza, pour qui travaille Léonard de Vinci, mais rien ne permet de soutenir cette thèse. Ce dernier quitte Milan pour Florence, d'où il est originaire, en 1500. Si l'on ne possède aucune description du tableau par Giorgio Vasari, il existe plusieurs esquisses préparatoires. Pour Jacques Franck, expert de Vinci, le tableau initial de Léonard n'aurait probablement jamais existé« The ‘Salvator Mundi’ must, of necessity, be thought to be one of those works and, given the preceding it is very likely that a fully original version never existed. » cité par Michael Daley, Problems with the New York Leonardo Salvator Mundi Part I: Provenance and Présentation, à lire sur http://artwatch.org.uk/problems-with-the-new-york-leonardo-salvator-mundi-part-i-provenance-and-presentation/. Cependant, le tableau est connu à travers de nombreuses versions des Leonardeschi, dont deux sont dites de « Cook » et de « Ganay ». La première mention d'un Salvator Mundi apparaît dans l'inventaire rédigé après le décès en 1524 de Salai, élève de Vinci, comme une copie tout comme la Joconde du Prado, et donc taxé comme telCatalogue d'exposition Leonardo y la copia de Mona Lisa del Museo del Prado. Nuevos planteamientos sobre las practicas del taller vinciano, musée du Prado, 2021, .

Études préparatoires de Léonard de Vinci

Le catalogue de la Royal Collection, attribue ces dessins à l'atelier de ou d'après VinciÀ lire sur https://www.rct.uk/collection/search#/3/collection/912525/the-drapery-of-a-chest-and-sleeve.

Dans la première sanguine, Léonard trace un premier projet pour la manche droite du Christ, mais ce motif n'est pas retenu dans le tableau. De la même manière, la seconde sanguine propose la manche droite du Christ bénissant ; là encore, cette disposition n'est pas présente dans le tableau. En revanche, Léonard détaille le plissé de la tunique de Jésus dans un arrangement très proche du futur tableauVincent Delieuvin & Louis Frank, Léonard de Vinci (catalogue d'exposition), Paris, co-édition Hazan / Éditions du musée du Louvre, 2019, . .

La version dite « Cook » vignette|redresse|Gravure (1649) de Wenceslas Hollar. vignette|redresse|La version « Ganay », (1512) présentée lors de l'exposition Léonard de Vinci au musée du Louvre en 2019-2020. vignette|redresse|La version Cook, photographie en noir et blanc de 1908-1910. vignette| La page du catalogue de vente de 2005 où réapparaît un Salvator Mundi d'après Léonard de Vinci. Selon Christie's, le tableau aurait autrefois appartenu à Charles d'Angleterre. À la demande de sa veuve, née Henriette Marie de France, Wenceslas Hollar en réalise une copie gravée, qui est enregistrée dans la collection royale en 1649Une version du Salvator Mundi par GianPietrino aujourd'hui au Musée Pouchkine de Moscou porte la marque Royale CR (Carolus Rex), marque de la collection de Charles in .. Il est admis que la reine Henriette a apporté l'œuvre en Angleterre par son mariage. Ensuite, on perd sa trace durant un siècle. Le tableau est vendu aux enchères par le fils du duc de Buckingham et Normanby en 1763, puis, sa trace se perd de nouveau..

Il réapparaît en 1900, quand il est acheté par un collectionneur britannique, , le tableau est attribué à Bernardino Luini., un élève de Léonard de Vinci, lors de la vente.

Il est décrit comme une copie libre d'après un autre élève de Vinci, Giovanni Antonio Boltraffio, lors de l'inventaire de la collection.. Les descendants de Cook vendent le tableau aux enchères en 1958 pour seulement Vendu , le tableau s'avère être un Léonard de Vinci, Slate.fr, 3 juillet 2011.. Il est alors acheté par Basil Clovis Hendry Sr, un petit industriel de Bâton-Rouge en Louisiane ; le tableau reste dans la famille jusqu'en 2005Margaret Carrigan, Salvator Mundi’s patchwork provenance now includes a 50-year stop in Louisiana, The Art Newspaper, September 2018 à lire https://www.theartnewspaper.com/news/salvator-mundi-s-patchwork-provenance-now-includes-a-50-year-stop-in-louisiana.

La version « Ganay » En 1978 et en 1982, Joanne Snow-SmithJoanne Snow-Smith, The Salvator Mundi of Leonardo da Vinci, Arte Lombarda, Nuova Serie, No. 50, 1978, , avec l'appui de l'historien de l'art allemand Ludwig Heydenreich, "Leonardos "Salvator Mundi", Raccolta Vinciana, XX, , 1964 propose que le Salvator Mundi dit « de Ganay », tableauAujourd'hui dans des mains privées brésiliennes. Pour le Louvre, il est attribué aujourd'hui à un disciple de Leonard, Marco d’Oggiono. Il est mis en vente le 28 mai 1999 à New York par Sotheby's avec autorisation de sortie du territoire, et atteint dollars — lire en ligne., dont l'historique avéréL'historique du Salvator Mundi dans la version de Ganay est reconnue par tous les historiens. Il remonte à Anne de Bretagne, qui le donne au couvent des Clarisses de Nantes vers 1500. Saisi à la Révolution, le tableau, identifié comme étant de Vinci, entre dans la famille du baron de Lareinty, président du conseil général de la Loire-Inférieure. Il y reste jusqu’à sa vente par ses héritiers en 1902 à une collectionneuse parisienne qui le vend au marquis de Ganay en 1909. Le tableau est présenté au public en 1866 à Paris, in Joanne Snow-Smith, The Salvator Mundi of Leonardo da Vinci, Seattle, Henry Art Gallery/University of Washington, 1982, 96p. remonte à Anne de Bretagne (l'épouse de Louis XII), soit, lui, l'original de VinciPour les historiens de l'art, Pedretti en 1973, Romano en 1981, Navarro en 1983, Marani en 1985, Bora en 1987, il s'agit d'une réplique d'atelier attribuée à Marco d'Oggiano, la plus fidèle aux dessins conservés à la Royal Library de Windsor, en Angleterre, in Pietro C. Marani, Leonardo, Catalogo Completo, 13A Salvatore Mundi, ed. AKAL, 1992 . Il est identifié comme l'original de Léonard de Vinci lors des expositions temporaires du 9 juillet au 12 octobre 2013, au musée des Beaux-arts de Rio de Janeiro : L'héritage du sacré : chefs-d'œuvre du Vatican et des musées italiens et à Naples en 2017, in Cat Nicola Barbatelli, Carlo Pedretti, Leonardo a Donnaregina. Il Salvator Mundi per Napoli, Napoli, CB Edizioni, 2017, 196 p. Il existe à Naples une autre version du Salvator Mundi par un autre élève de Vinci, Alibranti, découverte par l'historien de l'art Navarro en 1983, in Pietro C. Marani, Leonardo, Catalogo Completo, 13A Salvatore Mundi, ed. AKAL, 1992 et article et le prototype des multiples versions Michael Daley, Problems with the New York Leonardo Salvator Mundi. Part I: Provenance and Presentation – lire en ligne.. Cependant, cette version est identifiée, par le Louvre, comme étant de Marco d'Oggiono, un élève de Vinci ; aussi en 1999, le musée en refuse l'acquisitionvoir notes précédentes. En 2019, lors de l'exposition Leonard de Vinci, la version « Ganay » est présentée comme étant une réalisation de « l'atelier de Vinci », sans auteur préciséVincent Delieuvin et Louis Frank, Catalogue de l'exposition Léonard de Vinci 2019, coédition Hazan/Musée du Louvre, Paris, 2019, 480 p..

En 2021, cette version « Ganay » est décrite par Ana Gonzalez Mozo, conservatrice-restauratrice du musée du Pradohttps://theworldnews.net/fr-news/un-salvator-mundi-toujours-record-mais-de-moins-en-moins-credible, comme la plus proche d'un original perdu (un dessin) de Vinci et dont la copie Cook n'est qu'un succédané, dans le catalogue de l'exposition : Leonardo et la Copie de la Joconde. Nouvelles Approches des pratiques d’atelier de l’artiste au musée du Prado, Madrid du 28 septembre 2021 au 23 janvier 2022. Elle classe les deux versions dans la catégorie « Œuvres attribuées, d’atelier ou autorisées et supervisées par Léonard»in Cat.Exposition, "Leonardo y la copia de Mona Lisa del Museo del Prado. Nuevos planteamientos sobre las practicas del taller vinciano ", musée du Prado, 2021 , , la version « Ganay » étant de la même main que celle de La Joconde du Prado attribuée à Salaï. Vinci n'a jamais peint de Salvator Mundipropos., affirme -t-elle.

Redécouverte de la version « Cook »

En 2005, mise en vente à La Nouvelle-Orléans, la version Cook est acquise par deux marchands d'art new-yorkais (Robert Simon, spécialiste des maîtres anciens, et Alexander Parish) pour (la somme erronée de a d'abord été alléguée dans un premier temps).. Le tableau a été gravement endommagé par des tentatives de restauration précédentes, fortement repeint et reverni, de sorte qu'il ressemble à une copie. Une barbe et des moustaches ont été ajoutées, probablement après la Contre-Réforme, pour adapter l'image du Christ à la physionomie officielle. Il est alors décrit comme « une épave, sombre et lugubre »..