La (en occitan : carrièra dels Pairoliers) est une voie de Toulouse, chef-lieu de la région Occitanie, dans le Midi de la France.

Situation et accès Description La rue Peyrolières est une voie publique. Elle se situe au cœur du quartier du Capitole.

Longue de , sa largeur est très variable, car si les parties les plus anciennes de la rue, dont le parcours est hérité du Moyen Âge, ne dépasse pas , elle s'élargit à dans les parties de la rue qui ont bénéficié de travaux d'élargissement aux et surtout au .

La rue naît de la place du Pont-Neuf, au croisement de cette place, de la rue de Metz et de la rue Lanternières. Elle prolonge la rue des Couteliers, qui par les rues de la Dalbade et de la Fonderie se poursuit au sud jusqu'à la place du Parlement. La rue Peyrolières suit d'abord un parcours rectiligne orienté vers le nord, reçoit la rue du Tabac et donne naissance à la rue de l'Écharpe, puis à la rue Clémence-Isaure en s'élargissant et en formant une petite place. La rue oblique légèrement vers la droite et rejoint les rues de la Daurade, François-Boyer-Fonfrède et Jacques-Cujas. Elle oblique encore légèrement et après avoir donné naissance à la rue du Prieuré, elle se termine au carrefour des rues Jean-Suau et Malbec, qu'elle reçoit à gauche, et de la rue Léon-Gambetta, qui la prolonge au nord jusqu'à la place du Capitole.

La chaussée compte une voie de circulation automobile à sens unique, depuis la rue Léon-Gambetta vers la place du Pont-Neuf. Elle appartient à une zone de rencontre et la vitesse y est limitée à 20 km/h. Il n'existe pas de piste, ni de bande cyclable, quoiqu'elle soit à double-sens cyclable.

Voies rencontrées La rue Peyrolières rencontre les voies suivantes, dans l'ordre des numéros croissants (« g » indique que la rue se situe à gauche, « d » à droite) :

Place du Pont-Neuf Rue de Metz (d) Rue Lanternières (g) Rue du Tabac (g) Rue de l'Écharpe (d) Rue Clémence-Isaure (d) Rue de la Daurade (d) Rue Jacques-Cujas (d) Rue François-Boyer-Fonfrède (g) Rue du Prieuré (d) Rue Jean-Suau (g) Rue Malbec (g) Rue Léon-Gambetta

Transports La rue Peyrolières n'est pas directement desservie par les transports en commun Tisséo. Elle reste cependant proche de la rue Léon-Gambetta, ainsi que de la place et du quai de la Daurade, parcourus par la navette . Au carrefour de la rue de Metz et de la place du Pont-Neuf se trouvent également les arrêts de la ligne de bus . Les stations de métro les plus proches restent, au nord, la station Capitole et, au sud, la station Esquirol, toutes deux sur la ligne de métro .

Les stations de vélos en libre-service VélôToulouse les plus proches sont les stations (15 rue Sainte-Ursule), (2 place de la Daurade), (122 quai de Tounis), (52 rue des Couteliers) et (28 rue des Marchands).

Odonymie vignette|Plaques de rue en français et en occitan. La rue Peyrolières tient son nom des artisans « peyroliers » (pairolièrs en occitan), fabricants de chaudrons (pairòls en occitan). Ces chaudronniers se trouvaient encore dans la rue dans la première moitié du Chalande 1918, ..

Au Moyen Âge, la rue portait déjà le nom actuel, quoique certaines parties de la rue aient porté d'autres noms, en concurrence avec le premier. Entre la rue de la Trilhe (actuelle rue de Metz) et la rue Gipponières (actuelle rue Clémence-Isaure), ce fut la rue du Pont-Vieux, car elle était dans le prolongement de la descente du Pont-Vieux (actuelle descente de la Halle-aux-Poissons). À la fin du et au , on l'appela aussi rue du Puits-de-la-Roue, car un puits de ce nom se trouvait au croisement de la rue Gipponières (actuelles rues du Tabac et de l'Écharpe). Au début du , parce qu'elle était habitée par des fabricants d'arbalètes (balestas ou balestras en occitan) et d'armes de jet, apparut aussi le nom de rue Balestrières (balestièrs ou balestrièrs, « arbalétriers » en occitan). De la rue de la Trilhe à l'actuelle rue Jacques-Cujas, entre le et le , ce fut aussi la grande-rue de la Daurade, puisqu'elle longeait le côté est du prieuré bénédictin de la Daurade. En 1794, pendant la Révolution française, cette partie de la rue fut rebaptisée rue Patriotique, mais elle ne conserva pas ce nomChalande 1918, ..

La deuxième partie de la rue, entre la rue Jacques-Cujas et la rue Argentières (actuelle rue Léon-Gambetta) fut, dès le , appelée rue du Bourguet-Neuf. L'origine de ce nom est peu claire et semble liée au développement, au ou au siècle suivant, d'un bourguet (borget en occitan), c'est-à-dire un quartier neuf, peut-être même une sauveté urbaine sous l'autorité du prieuré de la Daurade. En 1794, cette partie de la rue fut rebaptisée rue Révolutionnaire.

Histoire Moyen Âge Au Moyen Âge, toutes les maisons du côté ouest de la rue Peyrolières dépendent du capitoulat de la Daurade, tandis que les maisons du côté est, de son origine jusqu'à la rue des Drapiers (actuelle rue Jacques-Cujas), dépendent du capitoulat de Saint-Pierre-Saint-Martin, et de la rue des Drapiers à la rue des Argentiers (actuelle rue Léon-Gambetta), du capitoulat du Pont-VieuxChalande 1918, ..

La population est principalement composée d'artisans. On y trouve en grand nombre les chaudronniers ou pairoliers, qui ont donné leur nom à la rue. La rue conserve son caractère industrieux tout au long des siècles suivants, même si on constate une évolution des activités. On trouve également des artisans textiles, principalement des « gipponiers », fabricants de pourpoints. Les membres de l'élite sont peu nombreux, même si on remarque la présence d'importantes familles, telles que la famille d'Olmières ou des capitouls, comme Blaise Izarti, capitoul en 1420 et 1431 (actuel ).

Période moderne Le grand incendie du ruine complètement la rue et certaines grandes familles toulousaines en profitent pour accroître leur emprise foncière. La famille d'Olmières acquiert au un vaste espace entre les rues Giponnières (actuelle rue du Tabac), Lanternières et Peyrolières afin d'y bâtir un hôtel particulier (actuels )Chalande 1919, .. La rue reste cependant très populaire et, malgré les interdictions capitulaires de construire en bois, la plupart des maisons reconstruites au cours du utilisent encore le pan de bois. Au , les fabricants d'armes de jet, et particulièrement d'arbalètes, se font plus nombreux dans le haut de la rue, près de la place du Pont-Neuf. Au , les arbalétriers disparaissent. On trouve d'autres artisans liés à la métallurgie, dont le métier reste proche des chaudronniers toujours aussi nombreux, comme les fabricants de pots d'étain et les marchands de fer.

Luc de Saget, prêtre et conseiller-clerc au Parlement de Toulouse, fonde par testament du , une maison de charité qui a pour but principal de soigner à domicile les « pauvres malades ». Celle de la Daurade, connue comme Salus infirmorum, accueille quatre sœurs de la Charité. Par le même acte, il institue les « pauvres malades » de la paroisse de la Daurade comme héritiers de tous ses biens. Le règlement qu'il édicte sert de modèle à toutes les autres maisons de charité créées à Toulouse au . Celui-ci fixe la composition du bureau, désigne les membres qui en feront partie, détermine leurs obligations et prévoit la tenue d'assembléesGuyader 1994, .. Deux sœurs sont préposées à la cuisine et au service des malades, la troisième à l'« apothicairerie » et la quatrième à la lingerieGuyader 1994, .. La maison de charité donne du bouillon aux pauvres et entretient une « apothicairerie » afin de leur distribuer à domicile les remèdes dont ils ont besoin. L'établissement entretient un médecin et un chirurgien, et procure du linge et du pain aux malades et de la viande aux convalescentsGuyader 1994, .. L'inscription Salus infirmorum, apposée sur le fronton de la maison de la Daurade rappelle qu'on souhaite appliquer ce règlement très précis concernant l'assistance médicaleGuyader 1994, .. Les sœurs de la Charité ont d'autres missions comme réparer et laver le linge aux « pauvres malades »Guyader 1994, ..

Époque contemporaine Les travaux de la rue Transversale (actuelle rue de Metz) emportent plusieurs maisons de la rue ( à 6). En 1914, c'est au tour du , qui menace ruine, d'être abattuChalande 1918, ..

Dans les années 2000, la rue Peyrolières bénéficie des opérations de réhabilitation du centre-ville. En 2003, entre les mois de mars et d'octobre, la semi-piétonnisation de la rue s'accompagne de travaux d'embellissement des espaces publics« Sept mois de travaux pour la rue Peyrolières », La Dépêche du Midi, 4 mars 2003.. Dans le même temps, des opérations de police cherchent à rendre la rue plus sûre et à combattre la criminalité liée au trafic de drogueJean-Noël Gros, « Stups : la rue Peyrolières «libérée» », La Dépêche du Midi, 10 juin 2004.. La rue Peyrolières devient alors une rue attrayante avec ses salons de thé, bars, restaurants et boutiques Marie Maillet, « Invitation au voyage rue Peyrolières », La Dépêche du Midi, 29 octobre 2003..

Patrimoine et lieux d'intérêt Hôtels particuliers vignette| : tour du début du de l'hôtel d'Olmières. 3 : hôtel d'Olmières. .. Le capitoul Jean-Étienne d'Olmières est peut-être à l'origine de la construction de cet hôtel particulier, construit sur tout l'îlot délimité par les rues Peyrolières, Lanternières et du Tabac. L'édifice se compose de plusieurs corps de bâtiment autour d'une cour. La porte cochère centrale ouvre sur la rue par un arc en plein cintre est en brique et pierre alternées et couronnée d'une corniche à modillons. Elle se prolonge par un passage voûté qui relie les deux corps de logis sur rue. Au , une terrasse, fermée par un balcon en fer forgé, couvre le passage et deux loges. Au fond de la cour, la tour d'escalier octogonale possède des fenêtres ornées d'accolades se terminant en choux frisés dont les modillons sont ornés de têtes et d'animaux fantastiques. Jean de Balanguier, conseiller au Parlement, achète l'hôtel en 1621. C'est probablement lui qui fait surélever la tour d'un étage de mirandes. L'hôtel est remanié au cours du : la porte d'entrée de la tour, ainsi que les fenêtres sont reprises à cette période..

vignette| : tour du de l'hôtel des Ysalguier. 18 : hôtel des Ysalguier. Le marchand et capitoul Raimond Ysalguier fait probablement construire un premier hôtel particulier au début du . Il s'organise en plusieurs corps de bâtiment autour d'une cour centrale. C'est de cette période que date la tour octogonale de six étages, éclairée par de petites fenêtres étroites modifiées au , et ouverte par une porte de style gothique, avec un décor de nervures croisées. La façade ouest de la cour conserve des fenêtres à meneaux datant probablement du . L'édifice est presque intégralement reconstruit au . L'élévation sur la rue Peyrolières s'élève sur trois étages décroissants et séparés par des cordons moulurés, et a cinq travées. La porte cochère, en brique et pierre alternées, est surmontée d'une corniche moulurée, tandis que les piédroits sont protégés par des chasse-roue. Les étages sont éclairés par des fenêtres rectangulaires. Celles du sont surmontées de corniches et ont des garde-corps en fer forgé. L'élévation est surmontée d'une large corniche..

vignette| : façade de l'hôtel Lagorrée.