Boura 1 est un village camerounais, une chefferie de troisième degré située dans la région du Centre au CamerounMér: 11°19', Par 4°40'. Il est l'un des trois villages constituant le canton Kombé dans l'arrondissement (commune) de Mbangassina, département du Mbam-et-Kim.
Boura 1 est créé vers la deuxième moitié du ; il est à de Bafia et du fleuve Mbam. C'est le premier village du Mbam-et-Kim quand on quitte le Mbam-et-Inoubou en passant par Lablé, Nyamsong 1, Egona 1, Tsékané et Bouraka.
Géographie
Localisation Boura 1 est limitéBoura 1 : au nord et à l'ouest par le village autonome Bouraka dans l'arrondissement d'Ombessa dans le département du Mbam-et-Inoubou ; à l'est par le fleuve Mbam ; au sud par la rivière Offama qui la sépare de Boura 2.
Boura 1 s'étend sur près de de long et est traversé par la route départementalePage 20 Bafia-Ntui qui a près de , précisément le tronçon Bafia-Biakoa long de . C'est cette même route départementale D47Idem qui servait jadis, avant la construction de la Nationale Page 9 qui passe par Ebebda à relier la Région de l'Ouest Cameroun à celle du Centre.
Aujourd'hui, la route principale qui relie Bafia à Boura 1 est facilement accessible par moto.
Grâce à l’essor de ce secteur d'activité dans les transports ruraux, la mobilité des populations s'est accrue, les pistes et routes rurales n'étant pas toujours praticables pour les voitures en toutes saisons.
Organisation locale Boura 1 localement est divisé en neuf quartiers ayant chacun un chef de quartier à sa têteSecrétariat du chef du village.. N° Quartiers Chef de quartier 1 Bassêrê Mbala Samuel 2 Biamananguê Mnaga Omboré 3 Séku 1 Belinga Désiré 4 Séku 2 Essondo Henri 5 Biambongo Okala Philippe 6 Assôh Késsah Dima Silas 7 Yanga Andô Jean Claude 8 Kpakara Dima Roger 9 Bionga Abina Abina
Relief Boura 1 a un relief peu accidenté, il est jalonné de collines et plateaux doux où prédominent les sols ferrallitiques.. Dans les bas-fonds nombreux, on rencontre des sols hydromorphes..
Climat Le climat est de type sub-équatorial., malgré les changements climatiques., on distingue deux saisons sèches et deux saisons humides.
Hydrographie thumb|Rivière Offama Outre la rivière Offama et du fleuve Mbam qui servent de limites naturelles, le village a plusieurs marécages et arrosé par deux cours d'eau saisonniers, Mugnogni et Bitatane.
Végétation Elle est essentiellement composées de forêt dégradée., associé à la savane arborée, avec en périphérie des forêts galeries du fleuve Mbam.
Population La population. de Boura 1 est évaluée à environ 500 habitants, inégalement répartis sur la superficie du village qui est évaluée à Laurent Owata in Monographie du village Boura 1.. Ces populations parlent pour la majorité le tuki.
Les principaux groupes familiaux sont :
: ignia veut dire .
Le taux de natalité est moyen, la répartition par classe d'âge confirme la jeunesse du village.
Histoire
Création et toponymie Wussï Mbarra, père de nombreux enfants, originaire de la famille Yangaffi de Ntui, quitte cette localité pour s'installer à Nguila. À cause de la propension hégémonique de ses enfants, ces derniers seront chassés de Nguila après la mort de leur géniteur. Ils iront ainsi se réfugier à Bangara près de Ngoro où ils seront combattus une fois de plus pour avoir tué le chef de Yassakounou. ils traverserons alors le fleuve Ngoro pour s'installer à Ndouma.
Après des excursions chez les Yambassa de Baliama, Boyaba et Nengoang, ils se stabilisent sur le territoire actuel où ils trouvent une espèce de rats blancs abondante et comestibles habitant des nids au sol. Ils lui donnent le nom de Wurā (lire wourā) qui devient plus tard BouraMonographies de village. Territoires du Cameroun (Circonscription de Bafia, subdivision de Bafia), 1933. en français.
Wurā est toujours usité jusqu'à nos jours par les personnes originaires de ces localités. Ainsi, une personne de là vous dira qu'elle est (l'un/l'une de ceux de wurā) en tuki et les personnes d'un groupe originaire de cette même localité diront qu'elles sont (ceux de Wurā).
Pour des raisons de sécurité et de protection mutuelle, les deux frères, parmi les plus vaillants de la fratrie issue de Wussï Mbara, Edoua Agnïnga et Wassara Agnïnga, accompagnés chacun de sa famille et autres fidèles, décident de se séparer. C'est ainsi que l'aîné traversera la rivière Offama pour créer Boura 2 sur la rive opposée, tandis que le cadet restera sur le site où ils s'étaient installés à leur arrivée et qui deviendra Boura 1.
C'est lors de la réunion du relative à la coordination des activités des chefs traditionnels, que le sous-préfet de Mbangassinahttp://afs4food.cirad.fr/content/download/4545/34394/version/1/file/Bakemhe,+Evaluation+des+produc+vivrieres+ds+SAF+cacao+Cameroun.pdf relèvera que ces derniers ne sont pas assez outillés pour l'accomplissement de leur mission. Et, afin de leur permettre de jouer pleinement leur rôle, il leur conseillera de s'approprier les termes du décret du portant organisation des chefferies traditionnelles, complété et modifié plus tard par le décret du . C'est dans ce contexte que ce dernier demandera auxdits représentants de la notabilité coutumière de relever des défis sanitaires, environnementaux, éducatifs et sécuritaires : mise sur pied un comité de développement local dans chaque village ; création des comités de vigilance pour réguler les problèmes sécuritaires ; prévention de la consommation de drogue et d'alcool ; promotion de l'éducation féminine ; assainissement de l'environnement et lutte contre les maladies hydriques.
Chefs et règnes Depuis sa création à ce jour, Boura 1 a eu six chefs à sa tête, leur nom, période et durée de règne sont données ci-dessous. N° Nom et prénom Période de règne Durée du règne Observations 1 Edoua Agnïnga de la création à 1915 Inconnue Mort au trône 2 Belinga Edoua 1915 à 1964 49 ans Accède au trône après le décès de son père en 1915, est le premier chef du Canton Kombé en 1933, est destitué le novembre 1964Arrêté ministériel /VPG/INT/AD/SAD/1 du 7 décembre 1964 portant destitution d'un chef de canton. 3 Vacance novembre 1964 au 18 février 1966 15 mois 4 Edoua Edoua mars 1966 à 1992 26 ans Accède au trône par arrêté préfectoralArrêté préfectoral /AP/DEC du mars 1966 portant désignation du chef de village Boura 1., meurt au trône. 5 Mbiôrô Edoua 1992 à 1998 6 ans Décède au trône 6 Belinga Belinga Simon 1998 à 2006 08 ans Décède au trône 07 Belinga Belinga Emmanuel Depuis le 16 février 2006 - En poste Belinga Edoua Né vers 1895 de Edoua Agnïnga (père) et Noumongo (mère) ; il a le plus long règne (49 ans) jusqu'à nos jours à Boura 1. Il succède en 1915 à son père Edoua Agnïnga (écrit Yenga dans son bulletin de notes) alors qu'il n'a que 20 ans. Dix huit ans plus tard, en 1933, il est fait chef de canton. Il est ainsi le premier chef du canton Kombé. Il a 17 femmes et 27 enfants. Il est par ailleurs le plus grand agriculteurMonographie de village 74 Renseignements sur le chef de village, archives de la Préfecture de Bafia. et éleveur de sa localité. Il sera craint par ses populations pour sa sévérité. Il est bien apprécié au début comme l’attestent les bulletins de notes établis à son endroit.
Ses difficultés commencent dès lors qu'il s'est opposé au recensement de ses populations. Il lui est adressé une demande d'explicationhttps://commons.wikimedia.org/wiki/File:Explications_B%C3%A9linga.jpg à la suite de plusieurs plaintes portées contre lui. Plus tard, des sanctions sont demandées à son encontre. Le sous-préfet de Ntui transmettra ainsi une lettre manuscrite de l'agent recenseur Bidias, dans laquelle il est fait état de l'attitude réticente du chef face au recensement de ses populations.
D'apprécié qu'il était, il tombera en disgrâce et sera ainsi destitué par un arrêté ministériel le https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Destitution_B%C3%A9linga.jpg.
Après sa destitution, la chefferie connaîtra une vacance de près de quinze mois, et c'est le https://commons.wikimedia.org/wiki/File:D%C3%A9signation_chef_Boura_1.jpg qu'elle verra la désignation d'un nouveau chef au nom de Edoua Edoua (mal écrit : Edoua Édouard).
Activités économiques Les populations de Boura 1 pratiquent entre autres l'agriculture, l'élevage, le commerce, la pêche, la cueillette, la chasse et l'exploitation des produits forestiers.
Agriculture C'est le cacao qui reste la principale culture de rente., il connait un grand engouement, mais depuis, les plantations sont vieillissantes. Les plants existants et exploités sont ceux mis au sol depuis longtemps. Les jeunes ont déserté le village pour aller chercher un mieux vivre ailleurs, dans les localités comme Yaoundé ou Douala.
Les cultures vivrières sont aussi pratiquées. Parmi elles on a le manioc qui est souvent transformé en saucisse de manioc (bâton de manioc), parfois il est séché pour être vendu comme farine. Il y a aussi la banane, l'igname, la patate, le macabo, le taro, l'arachide, le maïs, les légumes de diverses saisons.
Concernant les agrumes, il y a les mandariniers, les orangers, les citronniers, pamplemoussiers… Du côté des arbres fruitiers il y les manguiers, les avocatiers, les goyaviers, les ananas, les pruniers, les safoutiers
L'agriculture à Boura 1 est le plus souvent pratiquée selon la conception du temps et les saisons chez wakî..
Le présent calendrier (Utênê râ Mbéya 2016, avec Utênê = État, râ = de, Mbéya = Année) fait état de l’année telle qu’elle était et est conçue par waki, suivant le temps et les activités agricoles.
Ce calendrier a été réalisé par Wissûmatê, une association déclarée à la Préfecture de Bafia sous le récépissé de déclaration d'association /RDA/J04/SASC du et dont le but est le développement et l’harmonisation du Tukî ainsi que la promotion et la sauvegarde du patrimoine culturel waki.
Ce calendrier, présente douze périodes (mois) de l’année qui indiquent le temps ou le type de travaux champêtres qu’il fallait et qu'il faut réaliser, ainsi que sept jours de la semaine et deux périodes de la journée, l’une diurne (Wuchï) et l’autre nocturne (Wutiôr), enfin des intervalles de temps y afférents, ayant chacun une dénomination particulière.
En effet les Waki qui n’avaient pas d’horloge, désignaient les intervalles de temps par des appellations particulières qui se fondaient sur la régularité de certains chants d’oiseaux ou de cris d’animaux, la position des astres et les ombres portées.
Nous avons ainsi : les douze périodes de l’année qui sont : Premier semestre de l'année Deuxième semestre de l'année Wǎh (janvier) ; période de sécheresse Mabowa (juillet) ; grandes récoltes Uffïrô (février) ; période d’étiage Mbwángá (août) ; période de la gelée Wéssa (mars) ; début du désherbage Môssô (septembre) ; début des pluies Undjirï (avril) ; période de soudure Mingô(octobre) ; périodes des grandes pluiesManéma (mai) ; période des semis Yǎndú (novembre) ; période du rougissement des eaux de rivière Ungômê (juin) ; période nuageuse Ndumukanê(décembre) ; période du vent froid et sec (l'harmattan) L'agriculture à Boura 1 se conforme au présent calendrier et se caractérise par : des exploitations familiales, principalement pour l'autoconsommation alimentaire locale ou l'expédition des produits vivriers aux enfants et autres parents hors du village ; une culture fortement extensive.
Les populations bénéficient de l'assistance agricole régulière et traditionnelle du Ministère de l'Agriculture et du Développement Rural à travers le poste agricole de Koba.
Commerce et service Le système de commercialisation du cacao est caractérisé par une multiplicité d'intermédiaires parmi lesquelles les coxeurs. (qui nuisent et dont l'activité est combattue par les pouvoirs publics), le Gic Plabou et autres sous-traitants. Concernant les cultures vivrières, le village n'ayant pas de marché périodique, l'écoulement des vivres se fait lors des marchés les plus proches à Bouraka et celui de Tiko à Bialanguena.