, de son nom complet Geoffroy Daniel de Lagasnerie, né le à Fontenay-aux-Roses (Hauts-de-Seine), est un philosophe et sociologue français.

Il est considéré comme une figure de la gauche radicale.

Biographie Famille et vie personnelle Geoffroy Daniel de LagasnerieDaniel de Lagasnerie étant son nom de famille complet. Cf Lettre de l'École des hautes études en sciences sociales : soutenance de thèse au nom de : Geoffroy Daniel de Lagasnerie., né le ., est le troisième enfant issu du mariage de Jean-François Daniel de Lagasnerie, ingénieur diplômé de Supaéro, et d'Agnès de Goÿs de Meyzerac, issue d'une ancienne famille de la noblesse du VivaraisE. de Séréville, F. de Saint-Simon, Dictionnaire de la noblesse française, 1975, .. La famille Daniel de Lagasnerie appartient à la bourgeoisie du LimousinGustave Chaix d'Est-Ange, Dictionnaire des familles françaises anciennes ou notables à la fin du , tome 13, pages 91 à 92 Daniel de Lagasnerie..

Il est pacsé depuis 2003 à Didier Eribon, dont il est le compagnon depuis 2001... Il entretient, par ailleurs, un intense lien affectif avec Édouard Louis depuis les années 2010..

Carrière Ancien élève de l'École normale supérieure de Cachan (qu’il intègre en 2003, au terme de trois années de prépa B/LJournal Officiel du 14 mai 2003, page 8279, arrêté du 7 avril 2003 portant nomination d'élèves à l'École normale supérieure de Cachan au nom de : M. Daniel de Lagasnerie (Geoffroy).), il est agrégé de sciences économiques et sociales...

En , Geoffroy de Lagasnerie obtient un doctorat en sociologie à l'École des hautes études en sciences sociales avec une thèse intitulée Les conditions de la création théorique et rédigée sous la direction de Jean-Louis Fabiani.. Il s'était auparavant inscrit en doctorat auprès de Frédérique Matonti à l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne en 2006.. Jean-Louis Fabiani déclare que cette thèse , mais qu'elle était « tout à fait honorable » et a été soutenue « devant un jury régulièrement constitué ». Christian Topalov, directeur de recherche au CNRS, émet un avis défavorable sur la qualité de la thèse, son intervention ayant pour conséquence que Lagasnerie n'obtient pas les félicitations du jury. Une sociologue déclare en 2021 à Marianne que la thèse était . Selon Libération, Lagasnerie pratique des attaques frontales contre le milieu universitaire, qu'il s'est mis à dos. La philosophe américaine Judith Butler prend sa défense, estimant « logique » qu’en retour de sa critique de l’institution « ceux qui contrôlent précisément les disciplines cherchent à l’écarter »..

En 2013, il obtient une qualification aux fonctions de maître de conférences dans la section du Conseil national des universités..

Il intègre en 2013 le corps des professeurs des écoles nationales supérieures d'art et enseigne depuis septembre de la même année la philosophie et la sociologie à l'École nationale supérieure d'arts de Paris-Cergy..

Il obtient une habilitation à diriger des recherches en philosophie à l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne en 2018.. En 2022, il obtient une qualification aux fonctions de professeur des universités dans la section « Philosophie » du Conseil national des universités..

Il dirige la collection « À venir » aux éditions Fayard, qu'il a créée en 2009... Il fait notamment publier des ouvrages de Joan W. Scott, Didier Eribon, Judith Butler, Pierre Bergounioux. À cette époque, il est la figure la plus à gauche de la maison d'édition.. À partir de 2023, et à la suite de son départ des éditions Fayard, il dirige la collection « Nouvel avenir » aux éditions Flammarion...

Ses travaux portent notamment sur la philosophie politique, la théorie critique, la sociologie du droit et la sociologie des intellectuels. Ses ouvrages sont traduits dans plusieurs langues dans divers pays....

Il est considéré comme une figure de la gauche radicale.... En 2015, il est classé par le magazine Les Inrockuptibles parmi les cent créateurs qui, dans tous les domaines, « réinventent la culture »« Les 100 qui réinventent la culture : l’édito », Les Inrockuptibles, 23 juin 2015..

Cinéma En 2026, Geoffroy de Lagasnerie fait l'objet d'un film documentaire réalisé par Léolo Victor-Pujebet qui s'intitule "La Conscience politique". Ce portrait cinématographique du philosophe mêle entretiens, scènes du quotidien, archives et lectures de textes par Emmanuelle Béart, Rachida Brakni, Edouard Louis et Mathieu Morel. Le film est sélectionné au Festival international du documentaire Cinéma du réel en 2026 et au FID de Marseille.

Pensée et orientation intellectuelle

La pensée de Geoffroy de Lagasnerie se situe à la croisée de la philosophie politique critique et de la sociologie engagée. Inspiré notamment par Michel Foucault, l'Ecole de Francfort, Pierre Bourdieu, mais aussi Émile Durkheim, il explore dans ses ouvrages le fonctionnement et les impensés de différents systèmes de pouvoir (le système académique, le système pénal, le système politique, le système de la contestation, l'ordre policier). Son travail interroge aussi la place des intellectuels et des artistes dans la société et la capacité de la recherche à produire des formes d'émancipation. Rejetant la neutralité académique, il défend une conception de la théorie comme pratique politique. Dans ses ouvrages récents, il articule cette perspective à une critique du système pénal et des institutions de domination symbolique.

Œuvres principales Logique de la création Dans Logique de la création. Sur l'Université, la vie intellectuelle et les conditions de l'innovation (2011), Geoffroy de Lagasnerie dénonce ., où se maintient selon lui une qui conduit à ..

Il fait l'éloge des intellectuels comme Bourdieu, Foucault, Deleuze, Derrida., qui, en évoluant en marge de l'institution, ont pu selon lui s'émanciper des dogmes pour aboutir à des qui .

La Dernière Leçon de Michel Foucault À partir des derniers cours donnés par Michel Foucault au Collège de France, Geoffroy de Lagasnerie souhaite développer une philosophie de l’émancipation à l’ère néolibérale., et se demande comment concevoir , qu'il juge autoritaires et bureaucratiques..

Serge Halimi remarque, dans Le Monde diplomatique, que les positions de l'auteur le placent aux antipodes de celles de Jean-Claude Michéa., et y voit .

Jérôme Lamy évoque « l'usage mal maîtrisé », selon eux, du corpus foucaldien, d'où « la tentative ratée, par Geoffroy de Lagasnerie, de faire de Foucault un penseur du néolibéralisme ». Mitchell Dean et Daniel Zamora considèrent que son ouvrage « pâtit de faiblesses importantes » et que « la plus grosse erreur que commet Lagasnerie est peut-être d’affirmer, dans une exégèse des cours de Foucault, que « l’homo œconomicus apparaît donc, au sens propre, comme un être ingouvernable. En fait, ce que dit Foucault du néolibéralisme et de ce qui le distingue du libéralisme classique, c’est précisément l’inverse : « L’homo œconomicus, c’est celui qui est éminemment gouvernable » ».

L'Art de la révolte. Snowden, Assange, Manning Geoffroy de Lagasnerie consacre cet ouvrage aux lanceurs d'alerte et activistes Edward Snowden, Julian Assange, et Chelsea Manning, qu'il qualifie de « personnages exemplaires »., et qui, selon lui, . par leur action consistant à .

En 2016, Geoffroy de Lagasnerie organise une journée consacrée aux thèmes de L'Art de la révolte, dans le cadre du festival « Hors Piste » du Centre Pompidou, avec le concours de l'École nationale supérieure d'arts de Paris-Cergy et de l'artiste Sylvie Blocher.. Outre plusieurs intervenants issus du monde artistique et académique, comme Céline Sciamma ou Achille Mbembe, on y retrouve Julian Assange, interrogé par Skype. Les organisateurs veulent voir dans cette journée

Juger. L'État pénal face à la sociologie Dans cet essai, Geoffroy de Lagasnerie s'intéresse aux logiques de l'État répressif et élabore une critique radicale du droit pénal au croisement des questions du pouvoir et de la violence... Il voit dans le tribunal où l'État oriente . et conteste la notion de responsabilité individuelle, en s'appuyant sur les travaux du sociologue Paul Fauconnet..

En s'inspirant de la justice réparatrice, Lagasnerie souhaite repenser pour aboutir à un et une justice plus démocratique, qui et qui serait .

Penser dans un monde mauvais Cet essai est décrit par Les Inrocks comme une ..

Lagasnerie veut placer la question de l'articulation de l'activité intellectuelle au monde réel au cœur de la réflexivité des chercheurs en sciences sociales., et vise ainsi à . Il critique ce que Michel Foucault appelle « la grande confrérie de l'érudition inutile », dont la production d'un savoir vrai, neutre et « désengagé » lui apparaît comme une à l'ordre social.. Il invite à et non plus par objet, pour et ainsi retrouver la vocation subversive des sciences sociales.

La Conscience politique La Conscience politique (2019) est une tentative de traditionnelle, que Geoffroy de Lagasnerie juge productrice de et dont le vocabulaire, selon lui, ne .. Il cherche donc à inventer un nouveau langage politique, qui permettrait de s'affranchir .. Il opère une critique générale contre la philosophie politique et certains de ses représentants, comme Thomas Hobbes, Giorgio Agamben, David Graeber ou Chantal Mouffe., mais également le Comité invisible qui, selon lui, n'a .

Geoffroy de Lagasnerie fonde ce nouveau langage d'opposition sur les analyses du Black Panther Party, notamment sur la nature « coloniale » du rapport entre les Noirs et la loi américaine. Ainsi, selon lui, , et , comme la démocratie, le peuple, l'autodétermination ou la désobéissance civile. Il prône une , qui exige de ne plus considérer l'État comme une entité autonome : .

Il réfute également la catégorie de la « non-violence » : ..

Il s'étonne, par ailleurs, que beaucoup aient . Sur la question de la violence, il se réclame de la pensée de Günther Anders, à l'instar de Frédéric Lordon..

L'ouvrage a été salué comme une contribution essentielle à la théorie contemporaine dans un long article de discussion de Willam James Earle paru dans la revue académique de philosophie américaine Philosophical Forum..

Sortir de notre impuissance politique Dans Sortir de notre impuissance politique (2020), Lagasnerie part du principe que la gauche régresse et accumule les échecs depuis des décennies et propose d'interroger ses stratégies et ses modes de pensée afin de les refonder pour que l'arc progressiste puisse redevenir puissant politiquement.

estime Les Inrocks..

L'art impossible L'art impossible (2020) développe une conférence donnée aux Beaux-Arts de Paris, réfléchit sur la création et sur les conditions de possibilité d'un « art politique ». Se demandant si être artiste ne revient pas à renoncer à la révolution, Geoffroy de Lagasnerie y aborde notamment les conséquences de l'autonomie de l'art, la honte qui peut saisir les créateurs ainsi qu'un certain nombre de catégories d'appréhension de l'art contemporain (fiction, énigmatisation, etc.).

« Avec l’art que Lagasnerie cultive de pousser les idées dans leurs derniers retranchements et de trancher dans le vif des évidences et des impensés, ses soixante-dix pages sont conçues comme une interpellation à destination des producteurs de biens culturels – en particulier écrivains et artistes, et au premier chef leur auteur », écrit Antoine Idier dans le magazine culturel Diacritik. « Elles interrogent leur inconscient collectif, dans une proximité avec un autre texte publié cet automne par l’auteur, Sortir de notre impuissance politique (Fayard), qui partageait le format de courte intervention : il s’agit de mettre en cause un ensemble de mots d’ordre et de modes d’action, de représentations et de perceptions du monde, de dispositions incorporées qui sont spontanément mobilisés et revendiqués – dans les luttes politiques d’un côté, dans la culture de l’autre – et qui, loin de s’avérer efficaces, conduisent à entraver l’action et réduisent à l’impuissance »..