Horace Savelli, né le à Luçon en Vendée, mort le à Paris, est un officier des Forces françaises libres pendant la Seconde Guerre mondiale. Compagnon de la Libération, il s'illustre au cours de la campagne de Tunisie et de la campagne de Normandie. Il a appartenu au réseau breton de l'Organisation armée secrète (OAS) durant la guerre d'Algérie. Arrêté en 1962, il est condamné à 13 ans de prison.
Biographie
Né en 1906, d'ascendance à la fois corse et vendéenne, Horace Savelli est le fils de Dominique Savelli, officier de cavalerie, et de Marie Marcetteau de Brem. Il effectue son service militaire en 1927-1928 comme élève officier de réserve à l'école de cavalerie de Saumur, au de cuirassiers.
Après son service militaire, il continue ses études, à l'École nationale des eaux et forêts, à Nancy. Il en sort ingénieur agronome, et devient officier des Eaux et forêts. Il préside les Jeunes de l'Union nationale des combattants (UNC) de la Loire-Inférieure avant la guerreInter-sections : bulletin de liaison des jeunes de l'UNC, juin 1936 ( photographie ), L'Ouest-Eclair, 12 octobre 1936, "La fête du drapeau national des Jeunes de l'UNC à La Chapelle-sur-Erdre: Savelli, dans son discours, critique le régime et les grèves de 1936. Cf. aussi La Voix du combattant, 15 janvier 1938: appel au patriotisme contre et : . et est vice-président national des Jeunes de l'UNC (JUNC, appelés aussi La Relève) à partir de La Voix du combattant, 21 novembre 1936, Ibid., 5 décembre 1936 ( photographie ). Il participe à des réunions à travers la France aux côtés des dirigeants de l'UNCLa Voix du combattant, 14 mai 1938, Ibid., 30 juillet 1938 ( photographie ), Ibid., 29 juillet 1939, etc.. De 1934 à 1940, il est conseiller d'arrondissement et maire de La Chapelle-sur-Erdre.
Début de la Seconde Guerre mondiale Au début de la Seconde Guerre mondiale, Horace Savelli est mobilisé en 1939 comme lieutenant, d'abord dans le génie, avant de revenir dans la cavalerie. Il participe à la Campagne de France de mai et avec le groupe de reconnaissance de corps d'armée (GRCA), dans l'Est de la France. À l'issue de cette campagne, il est démobilisé à Riom le .
Rejoint la France libre Refusant la défaite, Savelli choisit de répondre à l'appel du général de Gaulle. Il se rend à Marseille pour embarquer à destination de l'Afrique du Nord. Parvenu à Alger, il gagne Casablanca puis Tanger, et franchit le détroit de Gibraltar, d'où il embarque sur un navire britannique pour Liverpool, et arrive enfin à Londres le . Il s'engage aussitôt dans les Forces françaises libres..
Il est alors nommé au camp d'Old Dean à Camberley. Chargé de constituer une unité de cavalerie, il forme avec des hommes issus du bataillon de chasseurs de Camberley fraîchement dissous un « escadron mixte » d'automitrailleuses et d'automobiles. Il est promu au grade de capitaine en .
Combats au Fezzan et en Tunisie thumb|alt=photo en couleurs d'un petit bunker émergeant des sables|Un des bunkers de la « Ligne Mareth » que Savelli a contribué à défendre victorieusement à Ksar Ghilane. Quittant l'Angleterre, Savelli parvient en Afrique en . Après avoir rencontré le colonel Leclerc le à Fort-Archambault, il est nommé au régiment de tirailleurs sénégalais du Tchad (RTST), alors basé à Fort-Lamy. Il y met sur pied un peloton d'automitrailleuses et prend part avec lui aux premières opérations dans le Fezzan en février-. Il fait alors partie de la compagnie de découverte et de combat ( DC). Il est l'adjoint du capitaine Massu.
Il est chargé à partir du de commander l'escadron d'automitrailleuses de la colonne Leclerc. Il dirige cet escadron pour la deuxième campagne du Fezzan, de jusqu'à fin .
Il participe ensuite aux combats de la campagne de Tunisie avec la « Force L », et y reçoit deux citations. Il se distingue lors des combats d' au Djebel Fadloun, ce qui lui vaut une première citation. Au Ksar Rhilane, les Allemands essayent de contourner la « Ligne Mareth » ; le général Leclerc le charge de résister face à cette tentative ennemie. Savelli prend alors le commandement des postes avancés pour résister et défendre la position. La réussite de cette mission prouve son efficacité et ses talents militaires, et lui vaut une deuxième citation.
Il est nommé le au régiment de marche de spahis marocains (RMSM), au sein de la division française libre ( DFL), future division blindée ( DB), et y prend le commandement du escadron intégré au Groupement tactique Rémy (GTR).
Campagne de Normandie Savelli débarque avec la DB en Normandie en , à proximité de Sainte-Mère-Église. Il se distingue lors de la campagne de Normandie, notamment près d'Alençon au cours des combats du 10, du 11 et du . Il prend part à la libération de Paris, et est créé Compagnon de la Libération par décret du Journal officiel, 22 novembre 1944. Il participe ensuite à la Campagne de Lorraine.
Il est alors promu chef d'escadron, mais doit quitter ses hommes à regret en , étant nommé chef de cabinet du ministre de la Guerre André Diethelm. Il est démobilisé après la guerre.
Après-guerre
Après la guerre, Horace Savelli, ingénieur agronome de formation, s'établit comme exploitant agricole à la Chapelle-sur-Erdre, en Loire-Inférieure, où se trouve le château de la Gascherie appartenant à sa famille. Il est le maire de la localité, de 1945 à 1963. Il préside une importante coopérative agricole et s'efforce de généraliser les techniques modernes.
Lieutenant-colonel de réserve, il préside l'Amicale départementale des anciens de la DB. Vice-Président de l'Union nationale des combattants de Loire-Atlantique en 1945, il accède ensuite à la présidence. Vice-président de l'Union nationale des combattants, il succède le à Alexis Thomas à la présidence nationale de cette association d'anciens combattants, marquée à droite et favorable à l'Algérie française. Il n'occupe cette fonction que quelques semaines, du fait de son arrestation en mars.
La guerre d'Algérie, l'OAS et la prison
Horace Savelli n'a pas été un officier des FFL inconditionnel du général de Gaulle et n'a pas caché ses opinions Algérie françaiseCf. infra le dossier constitué par l'UNC.. Il est arrêté en , soupçonné d'être le chef de la région de l'OAS-Métro dans l'Ouest, sous le pseudonyme de Marceau, ce qu'il finit par reconnaîtreLe Monde, 7 mars 1962, "Nantes: le comte Savelli, président de l'U.N.C. est arrêté", Ibid., 10 mars 1962, " Je suis Marceau ", avoue le président de l'U.N.C. qui désigne comme ses " adjoints " deux instructeurs de Coëtquidan", Feuille d'avis du Valais, 9 septembre 1962, "L'OAS démantelé en Bretagne", . Le réseau OAS de l'Ouest, constitué essentiellement de militaires d'active, instructeurs à l'École militaire interarmes de Coëtquidan, a été découvert après 7 attentats commis le mois précédent, dans le Morbihan, la Mayenne, le Maine-et-Loire et la Vendée, puis à NantesLe Monde, 11 septembre 1962, "Horace Savelli et 34 membres du réseau OAS de l'Ouest comparaitront mardi devant le tribunal militaire": , Ouest-France, 7 septembre 1962, "La région OAS-Métropole mardi devant le tribunal militare" ( cf. le dossier constitué par l'UNC de Loire-Atlantique ). Savelli est le de la libération à avoir rompu avec le général de Gaulle et à s'être engagé dans l'activisme en faveur de l'Algérie française.
Jugé avec d'autres membres de son réseau par le tribunal militaire en septembre, il déclare lors de son procès: Georges Fleury, Histoire de l'OAS, Grasset, 2002. Il est condamné à 13 ans de prison, malgré la plaidoirie de son avocat Albert Naud: Le Monde, 18 septembre 1962, "Jugement dans l'affaire du réseau O.A.S. de l'Ouest: Savelli et Renault : treize ans de réclusion • Vingt-cinq autres condamnations dont dix avec sursis • Dix acquittements", Ouest-France, 17 septembre 1962, "La région OAS-Métropole mardi devant le tribunal militaire" ( cf. supra le dossier constitué par l'UNC de Loire-Atlantique ).
Comme d'autres activistes de l'OAS, il bénéficie le d'une mesure de grâce de la part du général de Gaulle, et est libéré de prisonLe Monde, 25 décembre 1965, "Deux cent trois condamnés politiques bénéficient de mesures de clémence prises par le chef de l'État".
Militantisme politique Aussitôt, il assiste au congrès national de l'Action françaiseLe Monde, 14 janvier 1966. Il figure en 1966, aux côtés d'autres personnalités anticommunistes et antigaullistes, au comité de patronage du comité franco-hongrois pour la célébration du soulèvement hongrois de 1956Le Monde, 3 novembre 1966. En 1974, il apporte publiquement son soutien à la campagne menée par Ordre Nouveau contre « l'immigration sauvage », affirmant : « je n'ai jamais été choqué par les idées d'Ordre Nouveau »Dominique Pouchin, « La campagne d'Ordre Nouveau contre "l'immigration sauvage" était-elle raciste ? », Le Monde, 13 février 1974.. En 1975, il fait partie des personnalités qui patronnent le Comité de soutien à l’armée mis en place par le Parti des forces nouvellesLe Monde, 19 février 1975, "Soixante-dix appelés ont signé le " contre-appel " des cent ( appel lancé par le sergent Joël Dupuy de Méry ), Collectif, La Désobéissance civile: Approches politique et juridique, Presses Universitaires du Septentrion, 2008, , Jean-Yves Camus, "L’Extrême-droite française et l’insoumission", 17 octobre 2008, contre les comités de soldats d'extrême gauche qui demandaient pour les conscrits et les militaires le droit de se syndiquer. Il adhère par la suite au Front national, jusqu’à son décès, faisant partie du comité de soutien à Jean-Marie Le Pen« Médaillés de la Résistance, de la France libre, compagnons de la Libération… Abécédaire, non exhaustif, des principaux anciens résistants ayant fondé ou rejoint le Front national, durant la présidence de Jean-Marie Le Pen », in Valeurs Actuelles, Hors-Série, n° 38, 7 mars 2024, p. 103..
Il bénéficie de la loi de réhabilitation votée au début des années 1980. Le , Jacques Chirac tire un trait définitif sur le passé controversé de Savelli en lui remettant la cravate de commandeur de la Légion d'honneurLe Monde, 21 mai 1996, au cours d’une cérémonie privée à l’Élysée.
Horace Savelli meurt le dans le . Un hommage public lui est rendu dans la cour d'honneur des Invalides.
Hommages et distinctions (1996). par décret du . , trois citations. . avec mention « Fezzan 1942 ».
Notes et références
Voir aussi Bibliographie . .
Articles connexes Liste des Compagnons de la Libération France libre
Liens externes
« Horace Savelli », biographie sur le site de l'Ordre de la Libération. Biographie des 1038 compagnons sur le site de l'Ordre de la Libération Dossier constitué par l'UNC de Loire-Atlantique: l'affaire Savelli (Lire en ligne) Le Monde, 10 mars 1962: biographie Le Monde, 5 juin 1998, Nécrologie
Catégorie:Officier des Forces françaises libres (terrestres) Catégorie:Militaire de la 2e division blindée (France) Catégorie:Compagnon de la Libération Catégorie:Membre de l'Organisation de l'armée secrète Catégorie:Nationaliste français Catégorie:Commandeur de la Légion d'honneur promu en 1996 Catégorie:Titulaire de la croix de guerre 1939-1945 Catégorie:Chevalier du Mérite agricole Catégorie:Titulaire de la médaille coloniale Catégorie:Maire de La Chapelle-sur-Erdre Catégorie:Conseiller d'arrondissement Catégorie:Naissance en novembre 1906 Catégorie:Naissance à Luçon Catégorie:Décès en juin 1998 Catégorie:Décès dans le 16e arrondissement de Paris Catégorie:Décès à 91 ans