vignette|Autoportrait par Louis Janmot. 1832. Musée des beaux-arts de Lyon.

L’histoire des arts à Lyon est l'étude de l'ensemble des arts pratiqués dans la ville de Lyon depuis son origine jusqu'à nos jours. Cet article traite ainsi des beaux-arts et de la musique, mais pas de ce qui touche à l'architecture, traité dans l'article Histoire urbaine de Lyon.

Antiquité

Moyen Âge

400 - 800 Durant cette première période du Moyen Âge, l'école de calligraphie lyonnaise produit un certain nombre de manuscrits à peinture qui sont parvenus jusqu'à nous, tels les Sermons de Saint Augustin (ms 604) ou les commentaires d'Origène (ms 443).

Renaissance

À la Renaissance, Lyon connait une grande prospérité économique et un vif essor intellectuel et artistique. Ce développement est dû au grand développement de l'imprimerie, au grand développement des foires et à la présence fréquente et durable d'un grand nombre de personnages importants, dont de nombreux rois de France.

La peinture et la gravure vignette|Paysage lyonnais avec la demeure de Pierre Sala. Enluminure frontispice des Prouesses de plusieurs Roys, vers 1523, Bibliothèque nationale de France, Ms. fr. 10420, fol. 1 v.

La production picturale lyonnaise de cette époque est encore très mal connueIl existe très peu de travaux publiés sur ce sujet. Une thèse récente ouvre des pistes de recherches et fait le point sur la documentation : Tania Lévy, « Mysteres » et « joyeusetés » : les peintres de Lyon autour de 1500, dirigée par Fabienne Joubert, 2013, Paris-Sorbonne, Centre André Chastel – Groupe Villard de Honnecourt. Elle a été publiée en 2017 aux Éditions Universitaires de Rennes sous le titre Les peintres de Lyon autour de 1500.. Visiblement abondante, il n'en reste à l'heure actuelle plus grand-chose, entre les dommages causés par l'iconoclasme des Huguenots en 1562, les dispersions ultérieures à la suite des changements de goût des élites. et les déprédations dues à la Révolution française.. Centre commerçant, bancaire, intellectuel et politique important tout au long de la Renaissance, la ville est un axe de diffusion et de confrontation entre les artistes et les courants picturaux européens. Dès la seconde moitié du , la cité et les artistes qui y résident connaissent les influences flamandes et italiennes tout en conservant un lien avec la tradition française gothique développée par la cour de Charles VIII et Louis XII, à l'image du peintre écossais Jean Hortart, actif à Lyon entre 1412 et 1465 et auquel est attribué un ange musicien peint sur pierre dans la chapelle Saint-Marguerite de l'église Saint-Paul. Les deux genres les plus représentés au sein de la production picturale et gravée lyonnaise sont l'illustration d'ouvrages, avec par exemple Bernard Salomon. et le portrait avec essentiellement Corneille de Lyon..

Les institutions officielles Il n'existe que deux institution qui encadrent ces métiers, le poste de peintre officiel de la cathédrale et la guilde des peintres de Lyon ; mais ils ne regroupent pas tous les artistes présent en ville.

Le peintre officiel de la cathédrale Il n'existe à la Renaissance qu'un seul poste officiel de peintre dans la cité rhodanienne, celui attaché à la cathédrale Saint-Jean. Le consulat ne nomme jamais personne à un poste équivalent.. Le premier de ses titulaires pour la période de la Renaissance est connu notamment pour ses réalisations dans la cathédrale : Laurent Girardin (1441-1471)A. Châtelet, Jean Prévost, le Maître de Moulins, Paris, 2001, .. Il a réalisé les vitraux de la chapelle du Sacré-Cœur, aujourd'hui en partie manquant, où l'on voit l'archange Gabriel et la Vierge de l'annonciation, entourés de dix-huit figures d'anges. Ses figures énergiquement représentées sont quelquefois disproportionnées. On attribue également à Laurent Girardin une Trinitévoir la reproduction sur le site du musée. (1460?) conservée au musée d'Arts de Cleveland. Ces deux œuvres sont rapprochées d'autres commandées par Charles de Bourbon, dont une Annonciation actuellement dans la chapelle de L'Arbresle..

Laurent Girardin cède son office à son gendre Jean Prévost en . Celui-ci exécute de nombreux travaux, assez divers. En 1476, il réalise les décors pour l'entrée solennelle de Louis XI, en 1478, une Pietà sur le manteau des quêteurs pour les pauvres, en 1482, de la dorure sur une sculpture de Hugonin de Navarre, la peinture de l'horloge de la cathédrale en 1488. Il semble que Jean Prévost se soit perfectionné dans les Flandres, participant par exemple aux préparatifs du mariage de Charles le Téméraire en 1468, ce qui explique une influence flamande dans ses œuvresA. Châtelet, Jean Prévost, le Maître de Moulins, Paris, 2001, .. Jean Prévost travaille également au chantier de l'église de la collégiale de Moulins au début des années 1470. Il y réalise plusieurs vitraux, dont un arbre de Jessé et une Nativité de la Vierge.

La corporation des peintres, sculpteurs, graveurs et verriers En 1496, les statuts de la corporation des peintres, graveurs d'images (sculpteurs) et verriers de Lyon sont approuvés par le roi Charles VIII. Le texte cite quinze noms, le premier d'entre eux, qui est alors peintre à la cour de Charles VIII, est Jean PerréalLes autres sont Jean Prévost, Jean Blic, Pierre de Paix, Dominique du Jardin, Philippe Besson, Pierre Bonté, François Rochefort, Jean de Saint-Priest, Nicolas Leclerc, Guillaume Bayote, Claude Guinet, Jacques de la Forest, Gauthier de Crane et Gonyn Navarre.. Les autres peintres n'ont laissé aucune trace ou presque, notamment en raison des destructions des iconoclastes protestants. La seule œuvre conservée est la Sainte Catherine d'Alexandrie, que Natalis Rondot a attribué à Claude Guinet..

Parmi eux, douze sont désignés comme capables de travailler aussi bien sur panneaux de bois que sur verre. La peinture sur verre est d'ailleurs une spécificité de la production lyonnaise. La création de peinture sur verre répond à la demande des couvents de la cité, mais également à un marché tourné vers l'extérieur. Ainsi, le peintre en titre de René d'Anjou Nicolas Froment vient à sa demande chercher des peintures sur verre à Lyon..

Leurs statuts indiquent qu'ils travaillent aussi bien à produire des tableaux, enluminer des manuscrits, décorer des statues, des écussons, des bannières, des façades. Ils sont également mandatés pour effectuer les préparatifs des entrées solennelles, ou même des relevés pour des travaux de voiries..

La fin du Durant le , de nombreux couvents se développent, dont les Cordeliers en 1467, suivis des Franciscains. Ces établissements sont demandeurs d'œuvres religieuses vis-à-vis des artistes de la ville, qui trouvent ainsi une clientèle en plein essor. De nombreux grands personnages visitent également la ville ou y restent de longues périodes, et peuvent ainsi faire l'acquisition d'œuvres proposées ou commandées à des peintres. Parmi ceux-ci, il y a René d'Anjou qui, en 1476, acquiert plusieurs tableaux dont une Vierge, un Christ au jardin des oliviers, sans que l'on ai le nom des peintres.

Un artiste important de cette période est Jean Hey, identifié comme étant le Maître de Moulins, actif sous le règne de Louis XI.. Protégé par Charles de Bourbon, de qui il obtient un office rémunérateur, il peint son portrait.

La sculpture de la fin du est marquée par l'achèvement du chantier de la cathédrale Saint-Jean à travers l'ornementation de nombreux retables, comme celui toujours en place de la chapelle de l'Annonciade. Un sculpteur en particulier est documenté à travers une exceptionnelle fonte figurant un ange, provenant sans doute d'un groupe de l'Annonciation (New York, The Frick collection), signée par Jean Barbet "dit de lion" et datée de 1475.

Le premier vignette|Page 6 de L'Amour de Cupido et de Psiché, mère de volupté, Lucius Apuleius, gravure de Bernard Salomon. éd. 1546.

Les peintres les plus importants de cette époque sont le Maître JG, qui officie durant les années 1520., Corneille de Lyon, dont la carrière commence dans les années 1530, Bernard Salomon et Jean Perréal. Les peintres travaillant à Lyon durant les premières décennies semblent vivre surtout des commandes du consulat ou de confréries, même si l'activité commerciale et intellectuelle de la ville fournit un flot régulier de clients.. On ignore presque tout de leurs travaux pour des particuliers, surtout liés aux foires. Parmi ces peintres on peut citer : Liévin Van der Meer, Daniel et Jean de Crane, Mathieu Chevrier..

Les graveurs et illustrateurs impriment une personnalité particulière à la production imprimée de la ville. . L'un des éditeurs les plus actifs est Jean de Tournes. Il fait travailler Bernard Salomon entre autres graveur et diffuse sa production dans toute l'Europe, répandant ainsi l'art des graveurs lyonnais..

Le second Les peintres les plus marquants de cette époque sont Maignan et Perrissin. Dans le domaine de l'estampe, l'œuvre de Pierre Eskrich est caractéristique de cette période et de l'impact des conflits religieux sur l'art.

Comme pour les entrées solennelles précédentes, celles de cette époque sont l'occasion pour les marchands italiens faire venir des artistes italiens. Pour celle d'Henri II sont actifs le peintre Nannoccio dela Costa da San Giorgio et le sculpteur Zanobi, qui œuvrent aux décors théâtraux du palais archiépiscopal..

La musique vignette|Francesco de Layolle, portrait présumé par Jacopo da Pontormo (1518).

. Elle semble toutefois plus limitée que la vie littéraire ou que l'activité musicale à Paris ou dans les principales cités italiennes.. Frank Dobbins retrouve environ 150 musiciens à Lyon durant tout le , mais beaucoup ne sont pas professionnels et très peu publient des œuvres musicalesFrank Dobbins. Music in Renaissance Lyons. Oxford : Oxford University Press, 1992.. Certains sont également facteurs d'instruments. Parmi les musiciens les plus célèbres, on peut citer Guillaume de La Mœulle, Loys Bourgeois, Pierre de Villiers, Philibert Jambe de fer, Francesco Layolle et son fils Alamanno Layolle, Eustorg de Beaulieu, François Roussel, Simon Gorlier, Didier Lupi Second.

Ces musiciens sont rétribués pour animer des fêtes par le Consulat ou de riches marchands, mais aussi pour donner des cours à des familles aisées ; ils remercient la plupart du temps leurs protecteurs en dédicace de leurs ouvrages.. Les entrées royales organisées par le Consulat, dont on a parfois des comptes ou des relations, sont aussi l'occasion de réunir de grands ensembles et de composer des œuvres particulières (Jambe de fer, par exemple, a travaillé à de telles occasions).

vignette|left |Page de titre des Dicts et complaintes du trop tard marié, édité par Jacques Moderne.

Nombre des musiciens qui ont exercé à Lyon n'y ont pas passé toute leur carrière, et parfois seule l'édition d'un ou plusieurs livres de musique témoigne de leur passage.. C'est le cas par exemple de Dominique Phinot pour ses livres de motets et de chansons, de Jean de Castro ou encore de Didier Lupi Second.

Il ne semble pas y avoir eu d'importante activité musicale dans les églises de Lyon, et les archives sont quasi muettes sur ce point. Les chanoines de la primatiale Saint-Jean refusent toute évolution de leur manière de conduire les offices, veillant à en rester au plain-chant. Il en est de même pour les chapelles soumises à leur autorité, dans lesquelles on n'identifie aucun maître de chapelle. Il n'y a presque que dans l'église Notre-Dame de Confort, paroisse de la communauté florentine lyonnaise, qu'on suppose une réelle activité musicale, due à l'organiste florentin Francesco Layolle, très impliqué dans l'édition musicale aux côtés de l'imprimeur Jacques Moderne, mais les archives de cette église sont perdues..