La bataille de Noyon est un ensemble de combats de la Première Guerre mondiale qui se sont déroulés au cours de la bataille du Kaiser déclenchée par l’armée allemande le . Elle débuta le au matin et se prolongea jusqu’au .

Contexte historique Le , l’armée allemande ayant rapatrié les troupes du front russe, lança une grande offensive la bataille du Kaiser ou Offensive de printemps. L’objectif était d’enfoncer le front allié et de séparer les troupes britanniques des troupes françaises. Le front allié fut percé de part et d’autre de Saint-Quentin, les Allemands avançant rapidement vers Amiens. Les divisions allemandes du général von Hutier avancèrent en direction de Noyon pour marcher ensuite vers Paris.

Les combats au nord de Noyon L'avancée allemande en direction de Noyon Le général Pellé, commandant le d’armée français reçut la mission d’entraver l’avancée allemande. La et la françaises et les éléments de la britannique devaient barrer la route de Compiègne et de Paris à l’armée allemande. Le , le général Pellé installa son PC dans l’hôtel de ville de Noyon pendant que les soldats français prenaient position entre Noyon et Guiscard. Le 23, les Allemands prennent Ham alors que le général Gamelin commandant la d’infanterie organisait la défense du Noyonnais depuis Flavy-le-Meldeux et Le Plessis-Patte-d'Oie. Le 24, les Allemands prennent Golancourt. La population civile et des soldats britanniques et français se replient alors dans Noyon. La d’infanterie française dut affronter six divisions allemandes (, de la garde, , , et de réserve) soutenues par trois divisions en réserve (les , et ). Le , la d’infanterie française reçut le renfort de la d’infanterie pour appuyer une contre-attaque vers Guiscard. Les Allemands prirent de court les Français mais furent contenus à Crisolles.

Les troupes allemandes entrent dans Noyon L'ennemi reprit son attaque le (, l’armée française fut contrainte de se replier sur les hauteurs de Noyon. Le général Gamelin décida alors de dégager son artillerie et de la regrouper à Dreslincourt et à Cambronne-lès-Ribécourt pour constituer un nouveau front sur la ligne Pont-l'Évêque-Porquéricourt.

À , le vint renforcer la au hameau de Tarlefesse avec comme consigne : « Tenir le plus longtemps possible la lisière nord de Noyon et interdire l'accès du canal du Nord en construction, vers son aboutissement à la grande route de Noyon. » Pendant ce temps, l'évacuation des civils se poursuivit malgré l’incendie qui ravageait les dépôts d'approvisionnements britanniques.

À , les Allemands entrèrent dans les quartiers nord de Noyon. Le résista pour permettre au de prendre position sur la ligne Pont-l'Evêque-Mont Renaud. Vers , le repli des derniers soldats français put commencer.

Le , à du matin, l'ordre de rompre le combat et de se replier sur la ligne Pontoise-lès-Noyon-Sempigny-Mont Renaud fut donné. À 6 heures du matin, Noyon était totalement aux mains des Allemands..

Les combats du Mont Renaud Bombardement de Noyon par l'artillerie française depuis le Mont Renaud Du 26 au , la bataille de Noyon se prolongea par les combats du Mont Renaud. La ville étant aux mains de l’ennemi, l’artillerie française positionnée sur les hauteurs dominant la cité fit pleuvoir sur elle un déluge d'obus de 180 et de qui stoppa les Allemands dans leur progression vers Compiègne.

Le commandant de le du d’artillerie nota dans son rapport : « Encore intacte le matin, la ville de Noyon abandonnée par ses habitants, était le soir une cité lugubre attendant la mort […] ».

, témoin de cette lutte acharnée, écrivit : « La jolie ville de Noyon, avec sa magnifique cathédrale encore intacte au bout de trois ans de guerre de 1914 à 1917, a été en moins de trois semaines réduite en un monceau de ruines sous le feu de l'artillerie française du plus gros calibre. »

La ligne Pont-l'Evêque - Mont Renaud mis en place par le Général Gamelin tint. Malgré les bombardements continuels de l’artillerie française, les Allemands réussirent à tenir Noyon grâce, en partie, aux stocks intacts de ravitaillements abandonnés par les Britanniques.

Le , les Français de la , venue de la Marne deux jours plus tôt, renforcèrent les et . L’objectif étant d’arrêter les troupes allemandes qui menaçaient Noyon et la montagne de Porquéricourthttp://www.mairie-chateau-thierry.net/1418/labase/dosmonum_Mont%20Renaud%2057e%20RI.pdf.

L'armée allemande à l'assaut du Mont Renaud Le , des éléments de l’armée allemande gagnèrent les pentes du Mont Renaud afin de prendre le château. Le lendemain, les soldats français prirent position sur les anciennes lignes de 1917. À l’aube, les Allemands lancèrent deux assauts sur le Mont Renaud avec des obus à gaz, sans succès.

Quatre nouvelles divisions allemandes prirent position pour enlever le Mont Renaud aux Français. Le , sous une pluie battante les , , et d’infanterie allemandes lancèrent une attaque générale dans le secteur de Passel, et du Mont Renaud. La s’empara de la partie Nord du Mont Renaud puis, du chemin de Passel à Pont-l’Evêque. Les mitrailleuses françaises ouvrirent le feu dès le début de l’attaque avec le soutien des batteries de 75 et dissimulées dans les bois de la Carmoye et d’Attiche. Malgré un feu roulant intense, les Allemands s’installèrent sur les pentes et dans le bois du Mont Renaud. Le , une nouvelle offensive fut lancée à mais le d’infanterie allemand subissant de lourdes pertes dut renoncer.

L'armée française contre-attaque Le , les Français attaquèrent le mont Renaud par surprise. Ils prirent rapidement la première ligne allemande malgré le bombardement ennemi. Par cinq contre-attaques successives, les fantassins allemands du et du parvinrent à récupérer partiellement leurs lignes.

L’armée française poursuivit l’attaque le lendemain et le surlendemain. Le mont Renaud fut repris par les Français mais le 13, une contre-attaque allemande ruina leurs efforts. Cependant, au soir de cette sanglante journée, le d’infanterie français repoussa deux assauts allemands.

Le , les Allemands de la d’infanterie attaquèrent au lance-flamme.

Derniers assauts allemands sur le mont Renaud Le , après quinze jours de préparation et malgré les tirs de l’artillerie française, les Allemands attaquèrent le Mont Renaud. Des milliers d’obus à gaz furent tirés sur les troupes françaises des et , toutes les lignes furent enfoncées. Des poilus se réfugièrent dans les caves du château et tirèrent dans le dos des Allemands à travers les soupiraux. Dans l’après-midi, un bataillon du amalgamé au contre-attaqua et reprit le château dans une lutte aux corps à corps.

Conséquences Même si les premières lignes ne furent pas reprises à l'ennemi, l’objectif de l'armée française était atteint, la route de Paris restait sous son contrôle, inaccessible aux troupes allemandes.

Dès lors, l’état-major allemand abandonna son offensive sur le mont Renaud et concentra ses forces en vue d’une attaque sur le Chemin des Dames.

Bilan Au total le mont Renaud subit vingt-trois assauts de l’ennemi. Le d’infanterie français stoppa vingt-deux assauts et participa à seize attaques. Le dernier assaut allemand fut supporté par le .

Pour la sauvegarde de la route de Paris, les pertes françaises s’élevèrent à mis hors de combat en trente-six jours d'affrontement pour le et le perdit de pour la seule journée du .

Lieu de mémoire Sur le mont Renaud : Plaque commémorative, apposée sur le mur de la ferme du Mont-Renaud, en souvenir de l'engagement de la , qui dès le , lutta pour barrer la route aux troupes de la armée allemande du général von Hutier. Stèle à la mémoire du , près du jardin potager de la ferme du Mont-Renaud. La stèle fut inaugurée le .

Postérité Le lieutenant de réserve du d'infanterie Georges Gaudy, membre de l'Action française, narre la bataille de Noyon dans son livre L’agonie du Mont-Renaud en 1921.

Articles connexes Première Guerre mondiale Offensive du printemps Bataille de la Somme (1918) Mont Renaud

Liens externes Chronologie de la Grande Guerre dans l'Oise

Notes et références Notes

Références

Noyon Catégorie:Bataille de la Première Guerre mondiale impliquant la France Catégorie:Bataille impliquant l'Empire allemand Noyon Catégorie:Bataille sur le sol français Noyon Bataille de Noyon Bataille de Noyon Bataille de Noyon Catégorie:Picardie (1914-1918) Bataille de Noyon