alt=logo du Lojban|vignette|Logo du Lojban La grammaire du lojban, langue construite sur la base de la logique des prédicats, est majoritairement empruntée au premier « langage logique », le Loglan, et certaines de ses caractéristiques proviennent du Làadan.

La manière dont le lojban considère et articule ses concepts pleins (les brivla) est directement décalquée du formalisme mathématique du calcul des prédicats. Afin de pouvoir transcrire ce qui est fondamentalement des prédicats (parfois récursivement définis) sous forme d'une suite de mots, le lojban dispose d'un riche vocabulaire de « mots grammaticaux », les cmavo, qui permettent de traduire le plus naturellement possible les différentes articulations possibles entre prédicats, et si nécessaire de marquer parenthésages et séparations sur des structures complexes.

La régularité, l'univocité, et la polyvalence de la grammaire du lojban doivent beaucoup à la linguistique scientifique et à la programmation informatique, qui étaient indisponibles pour les concepteurs de langues antérieures.

Un avantage du lojban a été résumé comme suit: « Le lojban se place au-delà des restrictions de la grammaire européenne. Il incorpore ouvertement les universaux linguistiques, la construction de ce qui est nécessaire pour soutenir l'expressivité de toute la variété des langues naturelles, y compris celle des non-européens. »LeChevalier, Bob.

Généralités

Grammaires formelles

Les structures grammaticales de la langue sont « définies par un ensemble de règles qui ont été testées afin d'être non-ambiguës lorsque le lojban est utilisé par des ordinateurs ». Les textes lojban peuvent être analysés comme des textes de langages de programmation, n'utilisant que des grammaires formelles comme le PEG, YACC, et la forme de Backus-Naur.. Il y a plusieurs types d'analyses syntaxiques disponibles.... Selon What Is Lojban?, ils peuvent être analysés formellement par un automate, qui est appelé la «machine grammaticale», sans avoir à s'appuyer sur la sémantique : chaque mot a exactement une interprétation grammaticale ; les mots se rapportent grammaticalement les uns aux autres exactement d'une manière.

Les règles non-ambiguës testées par ordinateur comprennent également la grammaire de phrases «incomplètes», par exemple : narrative, citationnelle ou des expressions mathématiques.

Alphabet et Phonologie

Le lojban est conçu pour pouvoir être lu comme il est écrit, et pour être écrit comme il est parléThe Lojban Reference Grammar, §3.1 : Orthography.. Cette correspondance biunivoque est le premier sens dans lequel il est dit ne pas être ambigu.

6 voyelles et 21 consonnes existent en lojban. Les phonèmes doivent être en rapport avec les graphèmes, ce qui signifie que l'alphabet du lojban est composé de 27 lettres (lerfu) correspondant chacune à chaque morceau de son de la langue. Les graphèmes lojban peuvent varier; cet article utilise la version de l'alphabet latin, qui est actuellement l'utilisation la plus courante (voir Orthographe pour plus de détails). Les phonèmes, d'autre part, sont définies par l'alphabet phonétique international.

Le nom de chaque consonne est la consonne elle-même, suffixée par y (qui se prononce euh, comme le schwa) : by., cy., dy., fy., gy.... Le nom des voyelles est la voyelle elle-même, suffixée par bu (suffixe transformant une lettre en mot) : .abu, .ebu, .ibu, .obu, .ubu, ybu.. Pour épeler des mots non lojban, les trois lettres H, Q, et W se transcrivent .y’y.bu, ky.bu et vy.bu.

Le lojban possède 16 diphtongues. les triphtongues existent en tant que combinaisons d'une diphtongue montante et tombante, par exemple <iau>.

Transcription

Le lojban peut être écrit à travers des systèmes orthographiques différents aussi longtemps qu'il répond aux régularités requises. Les raisons pour une telle liberté sont les suivantes : Le lojban est plutôt défini par les phonèmes; par conséquent, aussi longtemps qu'ils sont correctement rendus de façon à maintenir l'isomorphisme audio-visuel lojban ; Le lojban est censé être aussi culturellement neutre que possible, il n'est donc jamais essentiel de prétendre qu'une l'orthographe particulière d'une certaines langues particulières devrait être le mode dominant de cette langue.

Certains lojbanistes ont étendu ce principe afin de revendiquer que même une orthographe originale de la langue doit être recherchée.

Morphologie

Le lojban est conçu pour qu'une analyse morphologique formelle soit toujours possible : même sans connaître en connaître le sens, il est toujours possible de séquencer un énoncé en mot (en s'appuyant notamment sur les accents et les arrêts vocaliques), et il est toujours possible de déterminer la classe grammaticale d'un mot inconnu : c'est le deuxième sens dans lequel le lojban revendique d'être non ambiguWhat do you mean by 'unambiguous'?, What Is Lojban?..

Il y a trois classes principales de mots, et quatre unités d'analyse morphologique, qui se distinguent par leur morphologie : Les , les noms propres. Un nom propre doit toujours se terminer par une consonne (ou plus), et donc être suivi d'une pause marquant la fin du mot (notée par un point). Les qui sont des petits mots grammaticaux jouant des rôles divers. Un cmavo se caractérise morphologiquement par le fait qu'il se termine par une voyelle, et ne contient jamais de double consonne. Les , noms de relation, correspondant aux noms communs et aux verbes, les deux classes étant assimilées en lojban. Un brivla se caractérise par le fait qu'il se termine par une voyelle et contient toujours une paire de consonnes dans les cinq premières lettres (sans compter y et apostrophes). Ils ont toujours au moins deux syllabes, et portent l'accent sur l'avant-dernière syllabeThe Lojban Reference Grammar, §4.3 : brivla.. De plus, pour la formation des mots composés lujvo, des « formes recombinantes » (rafsi) sont attribuées à certains des brivla (racines) et de certains cmavo.

Suivant leur origine, il existe trois catégories de , qui peuvent se distinguer par leur morphologie : les , les mots racines qui permettent de construire les autres ; les (mots composés), composition de ; les (mot étranger importé), des mots issus de langues naturelles, lojbanisés. Cependant, ces trois types de brivla jouent exactement le même rôle dans la grammaire du lojban.

Attitudinals

Les attitudinals sont un ensemble de cmavo qui permettent aux orateurs d'exprimer leur état émotionnel, ou létat actuel du discours. Dans les langues naturelles, les attitudes sont exprimées à l'aide des interjections, mais aussi par le ton de la voix en parlant, et (très imparfaitement) par la ponctuation lors de l'écriture; en lojban, ces informations sont largement exprimable en mots. Et les significations doivent être comprises séparément de l'attribut principal. .iu (amour) .ui (heureux) Ils peuvent être «hiérarchisés» par suffixes: .uinai (heureux-non = malheureux) .uicai (heureux-intense = très très heureux) .uicu'i (heureux-neutre) La combinaison est possible, créative et hautement productive : .uinaicai (heureux-non-intense) .iu.uinai (amour-heureux- non = Je suis malheureux en amour)

Mots grammaticaux

cmavo

Le lojban utilise de nombreux mots grammaticaux (les cmavo) pour préciser de manière non ambigüe les rapports entre les mots pleins (les brivla). Les cmavo permettent d'articuler en une même assertion des mots pleins (brivla) ou des structures plus complexes.

Les cmavo peuvent être comparés à des opérateurs mathématiques portant sur les assertions, et de même qu'en mathématique, un cmavo ne peut avoir qu'un sens et un seul - l'analyse grammaticale ne doit conduire à aucune ambiguïté, c'est la troisième non-ambiguïté revendiquée par le lojban.

À cause de cette contrainte, les cmavo se retrouvent très souvent à former une famille nombreuse (selma'o), dont chaque membre est nécessaire pour gérer un cas particulierThe Lojban Reference Grammar, §20 : A Catalogue of selma'o..

Séparateurs

L'unité élémentaire d'énonciation (la phrase) est appelée bridi, terme primitif qui signifie « prédicat » ou « être en relation prédicative ». Cependant, si la logique sous-jacente est toujours celle d'un prédicat, ce prédicat est exprimé sous forme d'une suite de mots. Dans un énoncé lojban il n'y a normalement ni parenthèses ni virgule apparentes, parce que ces fonctions de délimitation sont implicitement remplies par la structure même de l'énoncé.

Certains cmavo, qui peuvent introduire des sous-structures grammaticales, sont associés à des séparateurs ou encore à des délimiteurs, eux-mêmes des cmavo, qui permettent si nécessaire de délimiter sans ambiguïté les limites des différentes structures. Cependant, dans la plupart des structures, il n'y a pas d'ambiguïté dans les cas simples. Les cmavo associés aux fonctions correspondantes sont dans ce cas optionnels, peuvent être omis et sont alors implicites. Ces ellipses permettent d'alléger considérablement les phrases simples, mais par le fait même, rendent invisible la structure logique rigoureuse sous-jacente à la construction des énoncés.

Dans certains cas, inversement, les délimitations implicites ne sont plus suffisantes, et des mots délimiteurs deviennent nécessaires.

Il y a des délimiteurs permettant de préciser les limites de chaque structure complexe, et il n'est jamais incorrect grammaticalement de les expliciter, mais expliciter des délimiteurs inutiles est considéré comme contraire à l'esprit du lojban.

Structures grammaticales ambivalentes

Par défaut, l'analyseur grammatical considère que les mots successifs se rattachent au bloc grammatical le plus profond dans la structure d'analyse qui soit encore ouvert, jusqu'à ce que quelque chose impose la clôture du bloc. Pour l'analyse formelle, ce peut être l'épuisement de la liste d'arguments, mais également l'apparition d'un cmavo appartenant à un bloc supérieur, ou un cmavo marquant explicitement la fermeture de ce bloc.

La division grammaticale entre des mots pleins successifs (brivla) peut par exemple être rendue explicite par le séparateur cu, qui par définition marque la fin du premier argument et le début du prédicat : le nixli cu melbi = (le nixli cu) melbi = la fille est belle Dans cette phrase, cu est un séparateur qui marque la fin du premier argument, et montre donc que dans la succession de brivla, le terme de gauche est un sumti (argument) et le terme de droite joue le rôle de selbri (entremetteur). Sans cu, les deux gismu nixli melbi seraient compris comme une « métaphore » (tanru) formant un seul bloc, « la beauté de la fille » (voir relations en lojban). Noter que malgré le parallélisme apparent des mots, cu n'a rien à voir dans cette phrase avec la traduction du verbe être, c'est un terminateur sans valeur sémantique.

De même, un terminateur vau permet de séparer les sumti (arguments) communs dans un bridi (énoncé) composé : mi dunda le cukta gi'e lebna lo rupnu vau do = mi, ( (dunda, le cukta), gi'e, (lebna, lo rupnu), vau), do Je ( (donne le livre) et aussi (prends de l'argent) ) à toi Il indique ici que les deux bridi, dunda le cukta et lebna lo rupnu, partagent le même premier sumti mi et le même deuxième do. Comparez-le avec son équivalent développé : mi dunda le cukta do .ije mi lebna lo rupnu do = (mi, dunda, le cukta, do) .ije (mi, lebna, lo rupnu, do) Le terminateur vau signale la fin de la structure ouverte par gi'e. Sans ce terminateur vau, le dernier sumti (argument) serait rattaché au dernier énoncé ouvert, celui de lebna (prendre). mi dunda le cukta gi'e lebna lo rupnu do = mi, ( (dunda, le cukta), gi'e, (lebna, lo rupnu, do ) ) Je ( (donne le livre) et aussi (prends de l'argent à toi ) ) Le dernier argument, do, ne se rattachant plus au premier énoncé, on ne sait plus à qui le livre est donné.

Terminateurs et séparateurs omissibles