Une victoire aérienne est une action militaire consistant à abattre un aéronef ennemi en vol. Un avion civil abattu en vol n'est pas considéré comme tel.

Les aéronefs peuvent être de tout type : ballonshttp://aerohistory.org/1914-1918/etrangers.html., dirigeables, avions, planeurs et hélicoptères constituent ou ont constitué autant de cibles potentielles au cours de l'histoire de la guerre aérienne.

thumb|upright=1.5|400px|Un Focke-Wulf Fw 190D touché par le tir d'un P-51 Mustang de la RAF alors qu'il se préparait à attaquer un bombardier Avro Lancaster au-dessus de l'Allemagne (octobre 1944).

Généralité Définition Le plus souvent, une victoire aérienne découle d'un combat aérien entre deux avions ou plus. Le nombre d'adversaires abattus en combat aérien reste un paramètre important au cours d'un conflit. Il permet notamment aux pilotes concernés de monter en grade et d'acquérir des décorations. Mis en avant de la scène, ces aviateurs servent à la propagande de leurs pays comme le célèbre Manfred von Richthofen. Enfin, il permet à l'état-major de se fixer une idée sur le matériel restant de l'ennemi.

Un aéronef est détruit le plus souvent par l’armement de son adversaire : aux tirs de carabine se succède très vite ceux des mitrailleuses et des canons ; puis viennent les roquettesR4M. puis les missiles. Plusieurs aviateurs remportèrent également des victoires en percutant volontairement l’ennemi : on parle alors d’abordage volontaire ou taran ou encore d’action Kamikaze...

Un appareil capturé, c’est-à-dire forcé à se poser en territoire ennemi, constitue également une victoire aérienne. Ainsi, l’as français René Fonck obtint sa première victoire aérienne officielle de cette manière. En théorie donc, une victoire peut s'obtenir sans faire l'usage d'arme à feu. Chose plus rare, quelques pilotes furent couronnés de succès en amenant simplement un appareil ennemi à s'écraser au sol ou en amenant deux à se percuter en vol, comme ce fut le cas pour Chuck Yeager le .

Historique

L'aviation militaire fut utilisée pour la première fois en 1914 et à cette époque, les combats aériens sont encore rares. La première victoire fut remportée le 5 octobre de cette année par le duo français Joseph Frantz et Louis Quenault. Les choses s'accélèrent en 1915 puis surtout en 1916, quand sont désignés les premiers as par les communiqués des armées (5 victoires aériennes).. Mais le combat aérien est alors une nouvelle forme de combat avec des protagonistes en guerre les uns contre les autres. Chaque pays élabore donc ses propres règles, ce qui rend d'autant plus difficiles toutes comparaisons précises entre les scores des pilotes de chaque nation.

La guerre civile espagnole, la guerre sino-japonaise, la Guerre d'hiver virent également de nombreux combats aériens et précédèrent la Seconde Guerre mondiale où eut lieu sans conteste le plus grand nombre de victoires aériennes de toute l’histoire de l'aviation militaire. Là encore, les différents pays avaient des critères d'homologations différents surtout en ce qui concerne les victoires partagées.

En 1944 apparaissent les premiers appareils à réaction qui supplanteront plus tard les avions à hélices. Dans les années 1950 à 70, la guerre de Corée et celle du Vietnam vit des combats entre jet et l'utilisation d'hélicoptères. Parallèlement à la même époque éclataient les et surtout les différents conflits israélo-arabes où un grand nombre de victoires furent obtenues notamment par les forces aériennes de Tsahal. D'autres combats aériens eurent lieu plus tard dans les années 1980-90 pendant la guerre Iran-Irak, la guerre des Falklands, la première guerre du Golfe et le conflit des Balkans. Les technologies comme le radar et les caméras embarquées permirent de confirmer de façon plus fiable les différentes victoires mais pas toujours.

De nos jours, la neutralisation des bases aériennes ennemies demeure souvent la priorité ce qui limite d'autant plus les possibilités de victoires aériennes. Si le combat aérien reste le rôle prioritaire d'un avion de chasse, celui-ci sera de plus en plus amené à être utilisé comme avion multirôle.

Les différents systèmes d'homologation par pays

Le système français thumb|right|165px|Le lieutenant Charles Nungesser, 40 victoires en solo, 3 partagées et 11 probables.. En 14-18, un pilote victorieux devait avoir plusieurs témoins au sol pour retrouver l'épave et confirmer que l'avion était bien détruit. Si ce dernier tombait dans les lignes ennemies sans témoin oculaire, la victoire n'était que probable. Ce système strict avait ses avantages et ses défauts. Certes, l'armée française pouvait comptabiliser les appareils ennemis abattus de façon certaine ; mais les aviateurs eux se retrouvaient avec des scores faussés. Ainsi, un pilote ayant abattu 40 adversaires de part et d'autre de la ligne de front n'en recevait l'homologation que de 20. Les observateurs mitrailleurs pouvaient également devenir des as au même titre que les pilotes.

Le système changea et s'assouplit grandement au cours de la Seconde Guerre mondiale, tout comme les autres nations belligérantes. Un témoin en vol suffisait à confirmer une victoire quel que soit l'endroit où tombait l'appareil ennemi détruit.

L'Armée de l'air française considère que tout pilote participant à une victoire aérienne se voit crédité d'une victoire à part entière. Ce système fut en vigueur au cours des deux guerres mondiales et faussa lui aussi grandement les statistiques, suivant que les pilotes tiraient seuls ou à plusieurs. Ainsi, Georges Guynemer remporta 53 victoires, dont 48 en solo et 5 en collaboration. ; à l'inverse, Michel Coiffard fut crédité de 34 victoires, mais seulement 18 en solo, les 16 autres en collaboration..

Lors de la bataille de France, le , sept pilotes français du GC I/5 descendirent ensemble deux chasseurs ennemis, chaque pilote se voyant crédité d'une victoire.. Si on applique ce même calcul pour tout le groupe au cours de cette campagne, on obtient 204 victoires aériennes confirmées pour seulement 84 appareils ennemis réellement abattus. À la fin de la campagne de France, plusieurs pilotes français furent donc crédités d'une dizaine de victoires aériennes., mais peu, voire aucune, individuelle. La même comptabilité fut utilisée par la suite pour les pilotes œuvrant pour Vichy, en Afrique du Nord et dans le régiment du Normandie-Niemen ; même système également durant la guerre d'Algérie. Pour les volontaires des FAFL dans la RAF en revanche, le comptage des victoires se faisait différemment (voir ci-dessous).

Le système britannique, d'un extrême à l'autre Comprendre par tous les pays du Commonwealth : Angleterre, Irlande, Écosse, pays de Galles, Canada, Australie, Afrique du Sud... Pendant la Première Guerre mondiale, tous les pilotes œuvrant pour ces nations étaient officiers, leurs actions se prouvaient donc sur leur seule bonne foi. Il n'y avait donc pas besoin de témoins pour confirmer une victoire.

De ce fait, un ennemi fortement endommagé ou laissé simplement en vrille dans les nuages pouvait constituer une victoire aérienne. Un exemple frappant est celui du canadien William Bishop : le , l'as s'envole seul pour un aérodrome ennemi, détruit 3 avions en vol et d'autres au sol, un fait d'armes qui lui vaudra la Croix de Victoria ; si ces actions furent probables, elles ne seront en revanche jamais étayées par personne d'autre que son auteur. En 1917, le nombre de victoires notées étaient tellement nombreuses que les Anglais durent limiter les victoires aux seuls avions détruits, fortement endommagés ou capturés.

Dans les cas où plus d'un pilote était impliqué dans une victoire, les choses étaient encore moins simples. En fait et suivant les escadrons, une seule victoire partagée pouvait soit revenir à un seul pilote, soit, le plus souvent et comme en France, à tous les pilotes participant à la destruction de l'appareil ennemi.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, tout change radicalement. Un ailier, un témoin au sol, une épave ou un film de combat sont nécessaires pour confirmer une victoire aérienne. Et encore parfois, le film passé sous l'œil d'experts, n'atteste pas systématiquement une confirmation. En fait, l'appareil ennemi touché peut être classifié en trois catégories : endommagé, probable ou confirmé. Seul ce dernier est synonyme de victoire aérienne.

Pour les victoires partagées, la RAF divise cette fois les scores en fonction du nombre de pilotes ayant participé à la destruction de l'avion ennemi, puis les ajoute au score individuel.

Les pilotes étrangers servant sous les couleurs de la RAF étaient soumis aux mêmes règles que leurs homologues britanniques. Par la suite, pour les pilotes français, l'armée de l'air rétablit les scores à ses pilotes en appliquant ses propres règles. Pierre Clostermann fut par exemple crédité de 23 victoires aériennes dans la RAF. et 33 selon les règles françaises.

Bien que constituant des cibles volantes, les V-1 abattus en vol ne seront comptabilisés qu'à titre indicatif et non insérés dans le score final des pilotes... Ceci du fait que ces victoires sur ses fusées croisant en ligne droite étaient faciles (bien que périlleuses si l'engin explosait !) notamment grâce à la vitesse du chasseur anglais Tempest. Le Britannique Josef Berry, déjà titulaire de trois victoires, détruira au cours de l'été 1944 plus d'une cinquantaine de ces engins. dont deux quintuplés et un septuplé au cours de mêmes journées..

Le système américain, analogue aux britanniques

Pendant la guerre de 14-18, les pilotes américains volaient jusqu’à l'entrée des États-Unis dans la Première Guerre mondiale dans des escadrilles françaises et britanniques. L'homologation des victoires américaines se faisait donc sous les deux systèmes. La majorité des as de ce pays furent donc ceux qui volaient avec les Britanniques, système moins contraignant oblige. Le partage des victoires lui, était le même : deux vainqueurs sur un même avion équivalait à une victoire pour chacun. Un grand nombre de victoires furent donc homologués pour la destruction réelle d'avions et de ballons inférieures à la moitié de ce nombre.

En 1941, quand les États-Unis entrèrent à nouveau en guerre, le système était comparable à celui des Britanniques : témoin en vol ou au sol, cinémitrailleuse et victoires divisés par le nombre d'avions participant à l'attaque. L'as des as sur North American P-51 Mustang le major George Preddy fut par exemple crédité de vingt cinq victoires individuelles, trois demi victoires et un tiers de victoire, soit 25 + (3 x 0.5) + 0.33 = 26,83 victoires..

En 1944, James H. Doolittle offrit également le titre d'as à tout pilote américain qui parviendrait à détruire 5 appareils au sol, ceci afin d'encourager les pilotes à détruire la Luftwaffe partout où elle se trouvait. Mais peu s'y risquèrent toutefois en raison des risques encourus.

Dans le Pacifique, les surévaluations et erreurs de revendications de victoire pouvait être monnaies courantes car les avions tombés en mer finissaient irrémédiablement par couler, ne laissant ni trace d’épave ou de fumée :

Les Américains furent plus tard la nation occidentale qui utilisa le plus l'aviation à réaction après 1945, notamment durant la guerre de Corée et la guerre du Viêt Nam. Dans cette dernière, le principal chasseur de l'US Air Force et l'US Navy était le F-4 Phantom II, un avion en tandem composé d'un pilote et d'un opérateur arrière. Lors d'un succès en combat aérien, les deux membres d'équipage se voyaient tous deux crédités d'une victoire.. On comprend alors vite que pour obtenir le nombre d'ennemis Viêt-Cong abattus, il faut compter le nombre d'appareils détruits et non simplement additionner les scores des pilotes.

Le système belge, un système franco-britannique