Jacques Poch, né le à Paris et mort le dans la même ville, est un homme d'affaires français essentiellement connu comme étant l'importateur-distributeur officiel en France des marques automobiles Škoda Auto et Lada. Il a également importé les marques Tatra, Aero Minor, Hansa, Glas, Borgward, Moskvitch, Tavria, et le 4x4 Bertone Freeclimber II.

Ces marques étaient distribuées par le réseau Poch qui comptait 350 concessionnaires et agents en France au sommet de son activité, en 1983. Avec son concurrent direct André Chardonnet, il a été l'un des deux plus grands importateurs privés d'automobiles étrangères en France. C'est aussi un homme des compétitions automobiles, notamment des 24 Heures du Mans et du rallye automobile Monte-Carlo.

Biographie Jacques Poch est né le à Paris 18e, fils de Prosper Poch, industriel, et de Renée Léonard. Il est scolarisé au Lycée Montaigne à Paris, puis aux lycées du Mans et de Marseille. Son père possède alors une scierie à Arnage, où l’enfant se rend pour les vacances. La proximité de l’usine paternelle du circuit du Mans lui donne l’occasion d’assister en 1923 aux premières 24 Heures du Mans. En 1926, son père décède.

À 18 ans en 1930, après avoir obtenu son baccalauréat, il est engagé comme vendeur au garage La Parisienne, l’un des plus anciens concessionnaires de France, qui commercialise les marques Panhard, Talbot, Hotchkiss et Citroën. Idéalement situé à l’angle de la rue de Tilsitt et de l’avenue de la Grande-Armée, le magasin bénéficie d’une magnifique vitrine d’exposition. Quant à l’immeuble, il accueille sur son toit un golf miniature qui attire les élégantes venues en Hispano-Suiza et en Rolls-Royce. Ensuite, on le retrouve successivement chez Laroussé, boulevard Saint-Germain, puis chez Baroen, rue de Courcelles et enfin dans un garage de Neuilly-sur-Seine, tous concessionnaires Citroën. Il se constitue ainsi un portefeuille de clients, qu’il conserve lorsqu’il change d’employeur. Grâce aux contacts pris pendant le Salon de l’automobile, Jacques Poch engrange des adresses de prospects qu’il exploite tout au long de l’année. Hélas, la reprise de Citroën par Michelin en 1934 entraine dans la réorganisation qui va suivre, la création de secteurs géographiques en dehors desquels les concessionnaires ne sont plus autorisés à intervenir. Il se met à son compte en 1938. Il acquiert un petit garage situé au fond d’une cour au 33, avenue de Neuilly, à Neuilly-sur-Seine. Il fait tourner au maximum son stock de voitures qu’il écoule grâce à son carnet d’adresses, notamment auprès de marchands de province.

En 1940, démobilisé (il sera décoré de la croix de guerre 1939-1945), il retrouve son garage. Durant la guerre, plus de voitures, plus d'essence. Jacques Poch prend la bonne option, il devient concessionnaire des gazogènes Facel. Il transforme alors les quelques voitures restées en stock en utilitaires fonctionnant au gaz de ville, qu’il va louer et organise un réseau qui prouve vite son efficacité. Après la Libération, il acquiert un garage situé 8, rue Fourcroy dans le arrondissement de Paris. Ce garage prend le nom de SIDAM.

Son fils Jean-Jacques naît le , à Boulogne-Billancourt.

Après la guerre, les marques automobiles disponibles sont rares. Jacques Poch songe à la Tchécoslovaquie, réputée pour son industrie automobile et motocycle. En 1946, il devient l'importateur en France des automobiles Skoda, Tatra, AéroMinor, et des motos Jawa. Il a droit à 150 exemplaires par an, pas un de plus, seuil fixé par le gouvernement français soucieux de préserver les intérêts de l'industrie nationale et de la Régie Renault naissante. C’est le début du réseau Poch. La société déménage pour s'installer dans des locaux plus grands quelques mètres plus loin, au 127, avenue de Neuilly, à Neuilly-sur-Seine. Au mois de septembre, Jacques Poch expose pour la première fois ses automobiles au Salon de l'automobile de Paris. En 1948, une partie de l'activité de Jacques Poch est bloquée par le quota fixé par le gouvernement français sur l'importation automobile.

En 1949, il s’adonne au second volet de ses passions : la compétition automobile. C’est avec AéroMinor que son dynamisme conduit aux 24 Heures du Mans, les premières après la guerre. Il court sur une Aero Minor Sport 750 et a pour copilote le tchèque Ivan Hodac. En 1950, c’est sa deuxième participation aux 24 Heures du Mans, toujours sur Aero Minor, avec comme copilote . La casse du roulement avant droit provoque leur abandon. Jacques Poch s'inscrit également au Rallye automobile de Monte-Carlo, où il court sur AéroMinor. En 1951, c’est sa troisième participation aux 24 Heures du Mans, toujours sur Aero Minor, avec comme copilote Maurice Vasselle. Ils abandonnent à la suite d'un problème de joint de culasse. Puis, le duo s'engage sur Hotchkiss au Rallye automobile de Monte-Carlo, dont Maurice Vasselle a justement été vainqueur en 1932 et 1933.

En 1952, Jacques Poch obtient la représentation des automobiles allemandes Hansa. Côté compétition, quatrième participation aux 24 Heures du Mans, cette fois-ci sur Constantin-Peugeot 203, avec comme copilote . Ils abandonnent à la suite d'une sortie de piste lors de la heure. Ensuite, pour le Rallye automobile de Monte-Carlo, Jacques Poch a compris que pour bien figurer et se faire plaisir, il lui faut une Panhard Dyna X. Associé à Edmond Mouche, il conduit donc une Panhard. Ils arrivent dans les 50 premiers avant le parcours commun, dans des étapes marqués par la neige et la glace, alors que la moitié seulement des concurrents rejoignent Monaco dans les délais. En 1953, c’est la cinquième participation aux 24 Heures du Mans, cette fois-ci sur Borgward Hansa 1500 Rennsport Coupé (écurie Borgward GmbH), avec pour copilote Edmond Mouche. Le moteur de leur voiture casse à la heure.

En 1954, la marque de motos Jawa n'existant plus, la relève est prise avec les motos tchèques CZ, qui dominent en Championnats du Monde de Cross 260 cm3. Jacques Poch les importera jusqu'en 1978. En 1955, pour sa sixième participation aux 24 Heures du Mans, maintenant sur Constantin Tank (écurie Alexandre Constantin), il a pour copilote Jacques Savoye. Un problème de transmission à la heure cause leur échec. En 1956, c’est le début de l’importation de la marque allemande Isard-Glas. Jacques Poch les distribuera en exclusivité jusqu'à l'arrêt de leur production en 1966 lors du rachat de cette marque par BMW.

En 1958, l'embargo imposé par le gouvernement français étant enfin levé, Prague peut de nouveau envoyer des voitures en France, par train désormais. Mais AéroMinor a disparu, et Tatra ne construit plus que des voitures pour les apparatchiks des démocraties populaires. Reste Skoda, dont les importations reprennent. En parallèle, après bien des déboires qui le conduisent souvent à l’abandon, Jacques Poch revient aux 24 Heures du Mans sur une Monopole-Panhard X86 équipée d’un moteur de 745 cm3. Avec Guy Dunan-Saultier comme coéquipier, il découvre de nouveau la conduite d’une Panhard, mais qui réagit mal lors des freinages appuyés. L’équipage tombe en panne de batterie. Si le règlement n’autorise pas le remplacement de celle-ci, l’interdiction ne concerne pas les éléments qui la composent : ils les changent tous et repartent. Des quatre voitures engagées, celle de Jacques Poch est la seule à terminer à la place.

En 1959, il commence l’importation de la marque allemande Borgward. En 1961, il distribue la marque française Facel Vega, jusqu'en 1964. Cette année-là, Jacques Poch devient le Président d'honneur de la Chambre syndicale des importateurs automobiles et motocycles, où il siègera jusqu'en 1982.

En 1965, Jacques Poch peut croire au succès avec quasiment 2000 Skoda immatriculées, contre 151 l'année précédente. Il signe alors un contrat de représentation pour toutes les marques soviétiques actuelles et futures, en commençant dès octobre par les Moskvitch russes. Les deux premières Moskvitch 408 arrivent à Paris quelques jours à peine avant le Salon de l'Automobile. Bien que flambant neuves, elles sont rouillées et mal finies ; on les rafistole comme on peut pour les présenter au public. La presse ayant largement diffusé la nouvelle, il y a foule autour du stand de l'importateur. Leur lancement est un succès, et le Général de Gaulle n'y a pas peu contribué. En effet, le Président de la République, qui entretient de bonnes relations avec l'URSS, se fait photographier sur le stand Moskvitch aux côtés de Jacques Poch et de son fils Jean-Jacques. La photo fait la Une de France-Soir.

À partir du , Poch quitte Neuilly et s'installe dans de plus vastes locaux de la périphérie parisienne, au 5, rue Jean-Jaurès à Bezons. À partir du printemps 1973, il commence à importer la marque russe Lada, sur le marché automobile français, dont il devient rapidement le premier importateur mondial.

En 1978, lors du anniversaire de la société, est inauguré le nouveau siège social, au 10, boulevard des Martyrs-de-Chateaubriant à Argenteuil, sur un terrain de , avec son centre de stockage de pièces de rechange. Ce siège accueille aussi un centre de formation après-vente (atelier pilote, salle de cours, centre de contrôle). En 1980, les établissements Poch se transforment en une société holding, la Société financière de participation Poch (S.F.P.P.). L'automobile reste toujours l’activité principale, mais le moment de la diversification est venu. Il s'investit dans l'édition au travers de "VSD Partenaires", dans le prêt-à-porter avec les marques "Marcelle Griffon" et "Anne Surfer", dans l'immobilier, par l'acquisition d'immeubles commerciaux ou de bureaux et, enfin, dans le secteur vinicole par une prise de participation dans la S.G.V.B. - Domaine Prieur, propriétaires d'appellations les plus réputées de Bourgogne.

Cette année 1980 marque un tournant : c'est avec la deuxième édition du Paris-Dakar de Thierry Sabine que les Lada accèdent à la gloire. Le petit 4x4 russe y fait des prodiges, et l'image de marque de Lada en France est désormais associée à cette compétition.

En 1983, au plus fort de son activité, le réseau Poch compte 350 concessionnaires et agents en France. Pour la première fois, Poch S.A. organise les "Nivalp Lada", où les propriétaires de Lada 4x4 Niva se retrouvent au début de l'été pour une compétition sans enjeu, amicale et culturelle. La "Nivalp" est une traversée découverte des Alpes de 2000 km, rassemblant pour quinze jours une cinquantaine de voitures. Huit éditions successives sont organisées jusqu'en 1991.

Toujours en 1983, Coluche et son ami Erick Courly, ancien champion de France de vitesse moto devenu journaliste, décident de se lancer dans le stock-car. Le choix de leur voiture se porte naturellement sur une Lada, une "marque à toute épreuve" comme le dit le slogan publicitaire de l'époque, et qui sied particulièrement bien à ce genre de traitement. Leur véhicule est peint en rose, la couleur préférée de Coluche et celle de sa société de production "Radis Rose Productions". La réalisation est confiée à l'équipe technique d'Auto Export, distributeur Lada-Réseau Poch à Malakoff, sous le contrôle et les plans d'un ingénieur de Poch S.A. Celui-ci se base tout d'abord sur la Lada 1600 (type VAZ 2106) qui se voit discrètement mais sérieusement préparée pour l'occasion. Elle développe en effet 140 ch et un ensemble de renforts est directement intégré dans sa carrosserie, si bien que les autres concurrents ne se rendent pas toujours compte de la résistance du véhicule. L'important pour Poch S.A. étant que Coluche soit en bon état à la fin de la journée, c'était l'une des priorités. Les voitures étaient tubées sur toute leur longueur. En 1984, pour la suite de l'aventure en stock-car avec Coluche, Poch S.A. se base sur la récente Lada 2107. Ingénieurs et mécaniciens passent une grande partie de leurs week-ends à travailler avec toute l'équipe d'Auto-Export. La belle aventure dure pendant trois manches du championnat de France avant que Coluche ne disparaisse, le .