Élisabeth Revol, née le à Crest (Drôme), est une alpiniste française, notamment connue pour ses réalisations himalayennes en style alpin. Elle débute par son premier sommet à en 2006 puis deux ans plus tard, part sur l’Himalaya. Elle est la première femme à avoir réalisé le triplé Broad Peak - Gasherbrum I - Gasherbrum II en solitaire et sans oxygène. Le Gasherbrum I - Gasherbrum II sont enchaînés en un temps record de sans retour au camp de base. Elle est également la première femme à réussir un en hiver, en style alpin au Pakistan, avec ouverture d'une voie en face nord ouest en hiver..

En , Élisabeth Revol bénéficie du sauvetage considéré comme l'un des plus exceptionnels de l'histoire de l'alpinisme. Alors qu'elle a réussi avec Tomasz Mackiewicz à atteindre le sommet du Nanga Parbat dans des conditions très difficiles, la santé de Mackiewicz décline de façon fatale. Ils survivent à une nuit au-dessus des . Puis seule, elle réussit à survivre à une deuxième nuit consécutive à plus de . Pour venir au secours d'Élisabeth Revol, Denis Urubko et Adam Bielecki battent un record en remontant plus d'un kilomètre en moins de huit heures via la « voie Kinshofer » après un transport en hélicoptère de l'armée pakistanaise. Ils rejoignent Élisabeth Revol vers les d’altitude dans la nuit avant de réussir à la raccompagner vers des hauteurs permettant son transport en hélicoptère au matin.

Un an et demi après son sauvetage, elle réussit l'ascension de l'Everest () puis gravit le lendemain le Lhotse, quatrième sommet du monde, culminant à d'altitude, et adjacent à l'Everest.

Biographie

Originaire de la Drôme, Élisabeth Revol randonne, entre autres, dans le massif des Écrins avec son frère et ses parents. Durant l'adolescence, son goût pour l'alpinisme reste présent. Elle pratique la gymnastique jusqu'à . Elle commence réellement l'escalade à et prend ce qu'elle nomme . Petit gabarit d'un mètre 56, elle a reçu de ses parents le goût de la montagne.. Voulant devenir guide, elle devient professeur de sport au début dit-elle, métier qu'elle arrêtera au milieu des années 2010 pour devenir .

vignette|Le Pharilapcha en arrière-plan. Durant une dizaine d'années, elle parcourt largement les sommets des Alpes. En 2006, Élisabeth Revol part en Bolivie avec le groupe excellence alpinisme national de la Fédération française des clubs alpins et de montagne (FFCAM). Là, l'équipe réalise cinq ouvertures. C'est son premier . L'année suivante, elle s'envole pour le Népal et découvre l'Himalaya comme ; elle ouvre une nouvelle voie dans la face sud-est du Pharilapcha ()..

En 2008, elle part au Pakistan et réalise l'ascension de trois sommets de plus de , les premiers pour elle : le Broad Peak, le Gasherbrum I et le Gasherbrum II. Ces trois sommets ont été réalisés en , en solitaire, sans oxygène. Le Gasherbrum I - Gasherbrum II sont enchaînés en un temps record de sans retour au camp de base.. C'est lors de son retour vers Islamabad qu'elle survole le Nanga Parbat : mais les en hiver lui semblent inaccessibles.

En 2009, elle atteint le sommet Est de l' () avec par une ouverture de voie partant de la vallée du Machapuchare, remontant au Singu Chuli et Roc noir.. Une longue ascension. Le vent les empêche de continuer en direction du sommet Central.. Pris dans une violente tempête de neige, Martin Minarik disparaît pendant la descente ; elle le cherche pendant des heures puis redescend seule. Élisabeth Revol met quatre ans avant de retourner en Himalaya.

De 2009 à 2013, elle arrête les projets himalayens et se lance dans le Raid multi-sports à travers le monde au sein du Team Lafuma. Cette équipe remporte plusieurs titres : champion d'Europe en 2012« Vibram Lafuma remporte la Finale de la coupe d'Europe de trail » publié le 31 mai 2012 sur le site de Corse-Matin.. au championnat du monde en 2012. champion de France en 2013. sur une manche de coupe du monde raid en Équateur

En parallèle, elle obtient des succès en France en compétition individuelle ou en équipe : ., Raid du Mercantour, Raid Vauban, Raid des terres noires, Raid Vallon Pont d'Arc., Raid VTT les Chemins du soleil., à la Transvésubienne..

Retour en montagne À partir de 2013, son principal projet himalayen devient l'ascension du Nanga Parbat en hiver. Elle connaît une première expérience en style alpin sur l'éperon Mummery début 2013 avec une mauvaise météo. Elle est accompagnée de l'Italien Daniele Nardi et ils échouent après deux tentatives sur cette voie. Deux ans plus tard, elle parvient le à l'altitude de avec Tomasz Mackiewicz, puis ils font demi-tour ; la météo ne leur permet pas de continuer en direction du sommet. Ce sont les premiers à atteindre cette altitude en style alpin. Le duo a emprunté la voie pour parvenir a cette altitude... Elle a rencontré Tomasz Mackiewicz dit « Tomek », un alpiniste polonais , à Chilas au Pakistan ; celui-ci vit avec une fascination mystique pour le Nanga Parbat et parle à Fairy, la divinité qui habite la montagne. L'année suivante elle y retourne avec Tomek et échoue de nouveau, le à cause du froid extrême, à .

Mi , elle tente l'ascension du Makalu (). Elle atteint l'antécime du Makalu () le puis abandonne à cause de la météo. Elle déclare que

Le , elle réalise sans apport d'oxygène artificiel, en solitaire, l'ascension du Lhotse (), le quatrième sommet le plus haut du monde., La montée est difficile, avec un vent violent, et elle la termine accroupie. Elle ne reste que dix secondes au sommet puis redescend de nuit.

Lors d'une tentative sur la voie normale sud (côté Népal) de l'Everest () le , sans oxygène supplémentaire et en solitaire, elle doit rebrousser chemin vers en raison du mauvais temps..

Tous ces sommets himalayens et tentatives ont été réalisés sans l'apport d'oxygène artificiel, sans porteur d'altitude et souvent en solitaire. Élisabeth Revol s'entraîne au minimum vingt heures par semaine avant ses expéditions et s'astreint à un régime alimentaire strict.

Retour au Nanga Parbat vignette|L'alpiniste polonais Adam Bielecki. En , Élisabeth Revol et Tomasz Mackiewicz atterrissent à Islamabad puis retournent à nouveau sur cette montagne, la , aussi appelée la « montagne nue » ou Diamir (signifiant « Roi des montagnes »). Elle a déjà tenté trois fois auparavant et Mackiewicz six fois.

Ils restent bloqués trois semaines à à cause du mauvais temps et surtout de vents violents contrariant leur acclimatation. En date du , ils sont au à . Après un jour blanc et d'attente à cause du jet stream, les empêchant d'établir un camp à une altitude supérieure plus proche du sommet, il fait beau ce matin du au à , même si l'hiver reste glacial. Ils partent tardivement à , légers, confiants, avec l'équipement minimum pour faire l'aller-retour dans la journée en style alpin. En fin de matinée et après des passages compliqués, ils atteignent . Les difficultés d'ascension s'accroissent à mesure qu'ils progressent. Ils perdent donc du temps et arrivent à (pénétrant ainsi dans la « zone de la mort ») à , ; mais motivés et pleins d'émotion, ils prennent ensemble la décision de continuer, le froid restant encore gérable juste avant que le soleil ne se couche. Vers , de nuit et dans des températures basses (‒50, ), un , elle atteint le sommet, et attend Tomasz Mackiewicz avant d'entamer une descente . Les conditions météos sont très dures. Ils réussissent ainsi la première ascension hivernale en style alpin (sans porteur, sans oxygène, sans corde et camp fixe), par une nouvelle voie. Élisabeth Revol réussit la première ascension hivernale féminine de ce difficile sommet.

Descente Au sommet, sans signe précurseur, Tomasz Mackiewicz lui explique qu'il a des problèmes de vue et annonce : Il est atteint de cécité des neiges. Pour Revol, la joie d'être au sommet se transforme en ; elle doit réagir rapidement et commencer à rapidement perdre de l'altitude. Devant l'urgence de la situation, elle aide son compagnon à descendre durant toute la nuit en s'éclairant à la frontale, elle l'épaule et le réchauffe dans des conditions extrêmement sévères. Glacés par les températures et le vent, ils doivent impérativement chercher à atteindre leur camp de base, sans s'arrêter, le tout dans une marche lente de par l'état de Mackiewicz. Son état se dégrade rapidement, Tomasz Mackiewicz commence à avoir des symptômes d'œdème pulmonaire et cérébral., une urgence absolue en alpinisme sans oxygène. Il retire son Buff de son nez, ayant du mal à respirer. De plus, il est frigorifié, ses mains en particulier sont très atteintes. Revol tente de lui faire une injection de dexaméthasone, mais l'unique aiguille se casse sur la combinaison de l'alpiniste polonais. Élisabeth Revol lui donne alors la dexaméthasone sous forme de quatre cachets. La descente devient de plus en plus difficile, Mackiewicz continuant de se dégrader, mais ils progressent doucement, aidés par les automatismes de cordée établis au cours de leurs expéditions communes-

À , Élisabeth Revol comprend qu'ils sont piégés : le duo n'atteindra pas le mais ne peut pas s'arrêter là. À elle lance un SOS sur son inReachinReach : Tracker GPS permettant d'envoyer de courts messages sous forme de texte. Elle dispose par ailleurs lors de cette ascension d'un téléphone satellite Thuraya, laissé au car impossible à rechercher en altitude avec l'équipement minimum., puis informe dans la nuit le camp de base, son mari, et Anna, la femme de Mackiewicz, de la situation compliquée dans laquelle ils se trouvent. Tomasz Mackiewicz, avec de très graves gelures, dès le début de la descente, a du mal à avancer, à bouger et il respire toujours difficilement. Ils continuent à progresser malgré tout. Sur un passage plus facile, Élisabeth Revol part seule en avant pour chercher un endroit où ils pourraient s'abriter.

Ils arrivent finalement à se réfugier dans une crevasse à vers du matin. Mackiewicz est totalement à bout de force arrivant à peine à mettre un pied devant l'autre. Des messages de soutien arrivent sur l'inReach de Revol, la prévenant de l'organisation de secours terrestres et aériens. Ils sont encore en vie au matin du . Au lever du jour, elle décide de traverser et de monter seule au pour récupérer duvet, nourriture, réchaud, matelas ou tente. Le temps ayant effacé les traces de la montée effectuée deux jours plus tôt, doublé du manque de concentration dans une telle situation, elle cherche le et sa tente pendant plusieurs heures ; face à l'échec, elle décide de rejoindre son compagnon d'ascension dont l'état physique a encore empiré. Élisabeth Revol envisage alors les options possibles, les différentes voies pour rejoindre une altitude plus basse. Tous deux sortent, difficilement, de la crevasse les protégeant. , précise-t-elle. Convaincue par son expérience et les messages de son équipe qu'il lui faut descendre en dessous de , Revol ne se résout pas à laisser son compagnon. Après échanges de messages l'informant des prochains secours, elle redescend Tomasz Mackiewicz dans la crevasse et se décide à partir pour l'altitude demandée en milieu d'après-midi.

Secours