L'Oratorio per la Settimana Santa est un oratorio en langue italienne composé au milieu du et attribué au compositeur italien de musique baroque Luigi Rossi (v.1598-1653)Brigitte Barchasz, notice du CD Oratorio per la Settimana Santa, Les Arts Florissants, 1989, réédition 2016, HAF 8901297.
Historique L'Oratorio per la Settimana Santa fait partie des premières compositions dont la source manuscrite porte le nom d'oratorio, à Rome au milieu du .
Il s'agit également d'un des premiers oratorios composés en langue italienne, dits oratorio volgare George J. Buelow, A History of Baroque Music, Indiana University Press, 2004, . Jon Charles Peterson, Editing and Performance Issues in Oratorio per la Settimana Santa from the Barberini Collection of the Biblioteca Apostolica Vaticana, The University of Arizona, 2010, et il est considéré comme étant probablement le plus ancien oratorio consacré au thème de la PassionFrans C. Lemaire, La Passion dans l'histoire de la musique, Fayard, 2011.
Son manuscrit, conservé dans la collection Barberini de la Bibliothèque du Vatican (Bibliotheca Apostolica Vaticana) sous la référence Barb. lat. 4198-99 Margaret Kimiko Murata, A Topography of the Barberini Manuscripts of Music dans "I Barberini e la cultura europea del Seicento", Fr. Solinas, L. Mochi Onori, S.Schütze, éditeurs, Rome, 2007. Howard E. Smither, A History of the Oratorio: Vol. 1: The Oratorio in the Baroque Era, University of North Carolina Press, 1977, ., est anonyme.
Le librettiste est connu : il s'agit de Giulio Cesare Raggioli Christian Speck, Das italienische Oratorium 1625-1665: Musik und Dichtung, Brepols, 2003, . (v. 1601-1678), un Toscan qui évoluait à Rome dans les années 1640 et 1650 dans l'entourage du cardinal Pier Maria Borghese puis à la cour des Barberini, dans l'entourage du neveu du pape Urbain VIII, le cardinal Francesco Barberini Florian Bassani, « Biographische Materialien zur Geschichte des römischen Oratoriums im 17. Jahrhundert: Marc'Antonio Pasqualini, Giovanni Lotti, Giulio Cesare Raggioli, D. Lelio Orsini », Mélanges de l'École française de Rome - Italie et Méditerranée modernes et contemporaines [En ligne], 122-2 | 2010, mis en ligne le 19 septembre 2013, consulté le 01 juin 2016. URL : http://mefrim.revues.org/581. Il occupa le poste de maestro da camera chez Maffeo Barberini (1631 - 1685), prince de Palestrina et fils de Taddeo Barberini, le frère de Francesco.
Le doute plane par contre sur l'identité du compositeur. En 1954, le musicologue italien Alberto Ghislanzoni a attribué cet oratorio à Luigi Rossi, un compositeur originaire du sud de l'Italie qui fut, de 1621 à 1641, au service de la famille Borghese puis, de 1641 à 1645Howard E. Smither, notice du CD Deux oratorios, Les Arts Florissants, 1982, HMA 1901091, au service du cardinal Antonio Barberini, neveu du pape Urbain VIII comme Francesco Barberini et généreux mécène. On considère que la principale activité de Luigi Rossi dans le domaine de l'oratorio (et donc la composition de l'Oratorio per la Settimana Santa et de l'oratorio Un peccator pentito), a pris place entre 1641 et 1645, durant son service auprès de la famille Barberini, avant leur départ pour la France, où elle demeura en exil jusqu'en 1653 Howard E. Smither, , . et le double séjour de Luigi Rossi à Paris (1646/47 et 1648/49), où il fut invité par le cardinal Mazarin à travailler en tant que compositeur à la cour de France.
Mais, en 2000, la spécialiste américaine Margaret Murata (Université de Californie, vice-présidente de l'American Musicological Society de 1994 à 1996 Université de Californie) a mis en doute cette attribution et suggéré que la musique pourrait avoir été composée par Marc'Antonio Pasqualini Naomi J. Miller and Naomi Yavneh, Maternal Measures : Figuring Caregiving in the Early Modern Period, Ashgate, 2000, ., castrat et compositeur occasionnel. En 2007, Murata fait cependant le constat qu'aucune preuve clairement documentée n'a encore été trouvée concernant l'identité du (des) compositeur(s) des neuf oratorios de la collection Barberini.
Synopsis Le texte de l'oratorio ne comporte pas de narrateur, généralement appelé le Testo : cette caractéristique, qui d'après Arcangelo Spagna apparaît pour la première fois dans les oratorios en 1656, donne un indice précieux sur la datation de l'œuvre.
L'œuvre est structurée en deux parties distinctes : d'abord, la condamnation de Jésus par Ponce Pilate et, ensuite, la lamentation de la Vierge.
La première partie de l'oratorio, qui commence par un bref prélude instrumental, est à son tour divisée en deux grands tableaux. Le premier tableau, très violent décrit la confrontation entre Pilate et la foule (turba) qui demande que Barabbas soit gracié et lui soit rendu (Baraba a noi si dia!) et que Jésus soit condamné et crucifié (Alla croce, alla croce). Après avoir tenté de résister à la pression de la foule, Pilate cède, s'en lave les mains (le mani io lavo) et livre le criminel à la foule (Baraba a voi dono). Le second tableau, puisque le texte évoque Pluton et l'Érèbe, montre le Démon se réjouir de la défaite du préfet Pilate et de la condamnation du fils de Marie et appeler le chœur des démons (coro di demoni) à partager sa joie.
La deuxième partie de l'oratorio se déroule dans un cadre similaire. Le Démon invoque le lac Averne et les cinq fleuves des Enfers grecs (le Styx, le Léthé, l'Achéron, le Phlégéthon et le Cocyte) et se réjouit avec les autres habitants du Tartare, quand soudain la Vierge Marie implore la pitié des cieux et des étoiles (Cieli, stelle, pietà!). Face aux railleries des démons commence la longue et très émouvante lamentation de la Vierge : Tormenti non più! (Assez de tourments !). Cette lamentation reflète la tristesse et la frustration de La Vierge lorsqu'elle entend le triomphe joyeux des démons après la mort de Jésus Howard E. Smither, , ..
L'oratorio se termine par le chœur final Piangete occhi! (Pleurez, mes yeux, pleurez !) mentionné dans le manuscrit comme Madrigale ultimo.
Un aspect intéressant des oratorios qui sont attribués à Luigi Rossi est l'usage du lirone ou lira da gamba : la sonorité de cet instrument était considérée à cette époque comme particulièrement appropriée pour l'accompagnement de textes pathétiques.
Structure Prima Parte : Introduzione Turba : Baraba a noi si dia! Pilato : E di Gesù che fia? Pilato : Di si rigida sentenza Pilato : Troppo i lumi Turba : Si gelata paura il cor l'ingombra Demonio : Respirate, atre caverne Un demonio : Il fatto è di te degno Coro di demoni : O menzogne fortunate Seconda Parte : Introduzione Demonio : O del tartareo speco Demonio : Quando mai l'atra magione Vergine : Cieli, stelle, pietà! Vergine : Tormenti non più! Vergine : Asprissimi chiodi Demonio : O follia di cieca fè! Coro di demoni : Cosí d'empio dolor Madrigalo ultimo : Piangete, occhi, piangete
Discographie Oratorio per la Settimana Santa, Les Arts Florissants, dirigés par William Christie (enregistré en et paru en 1989 sur CD Harmonia Mundi HMC 901297 ; réédité en 2016 dans la série "Arts Florissants rééditions 2016" sous la référence HAF 8901297) Chanteurs : Agnès Mellon, soprano (la Vierge) Jill Feldman, Marie-Claude Vallin, sopranos Dominique Visse, Vincent Darras, hautes-contre Ian Honeyman, Michel Laplénie, ténors Philippe Cantor, François Fauché, Antoine Sicot, basses Instrumentistes : Erin Headley, Lira da braccio (lyre) Jay Bernfeld, Jonathan Cable, violone
Références
Voir aussi Articles connexes Luigi Rossi Un peccator pentito Orfeo (Rossi) Liens externes
Catégorie:Œuvre de Luigi Rossi Settimana Catégorie:Musique classique vocale italienne Catégorie:Musique classique vocale en italien Catégorie:Jésus-Christ dans la musique Catégorie:Œuvre musicale composée en 1645