La famille Gaignault est une famille française subsistante, issue de l'ancienne bourgeoisie des villes d'Alençon, en Normandie, et d'Issoudun, en Berry.
Elle compte parmi ses membres des maires, des officiers. Elle dirigea une imprimerie à Issoudun de 1866 à la fin du . Pendant près de 115 ans elle imprima aussi l’Écho des marchés du Centre. Elle est aussi connue pour avoir édité l'Almanach de l'Indre surnommé dans tout le département le petit Gaignault qui a paru jusqu'en 1990.
Patronyme Ce patronyme est cité à Alençon (Orne) dès 1462 avec Jehan Le GaigneauArchives départementales de l'Orne, 4E 70/3 et bulletin des VNFS n° 32.. L'étymologie probable est le vieux français « gagner », signifiant labourer, cultiverM.-T. Morlet, Dictionnaire étymologique des noms de famille, Paris, 1991.. Orthographié « Le Gaigneau » puis « Gaigneau » jusqu’au , il s'est progressivement transformé en « Gaignault », sauf pour les rameaux cadets « Gaigneau » et « Gaigneau d’Etiolles » qui ont conservé à l'état civil la forme d’origine (avec un complément pour le second) jusqu’à leur extinction, en 1963 et 1983.
thumb|signatures de membres de la famille Gaignault au bas d'un acte de mariage en 1790 : illustration du passage de l'orthographe « Gaigneau » à l'orthographe « Gaignault » et de l'emploi des noms de terre jusqu'à la fin de l'Ancien Régime.
Les différentes branches berrichonnes de cette famille ont toutes été connues sous des noms de terre : Vouet (commune de Paudy, Indre), Beaulieu (commune de Lazenay, Cher), Berthenon (commune de Saint-Ambroix, Cher), Saint-Soin (commune de Saint-Georges-sur-Arnon, Indre), Favrille (commune de Lizeray, Indre), la Pinauderie (commune de Cerbois, Cher), etc. Seule la branche aînée (autrefois « de Vouet ») subsiste aujourd’hui.
Histoire Citée en 1462 à Alençon, sa filiation est rigoureusement établieInformations mises au jour début 2020 par l'archiviste et paléographe normand, Jean-Yves Laillier. à partir de Jehan Le Gaigneau, bourgeois d'Alençon, né vers 1480, qui testa les et AD Orne 4 E 70/36 et Jacques Dubois, Notre-Dame d’Alençon, financement et reconstruction (1350 – 1540), Presses universitaires de Rennes, Rennes, 2000. en faveur de son fils Estienne, apothicaire et bourgeois de la même ville. De son mariage avec Guillemine HébertLouis Charondas Le Caron, Réponses du droict français, chez P. L'Huillier, Lyon, 1586, tome II, pp. 328 et suivantes., ce dernier fut père de Mathurin Le Gaigneau, né à Alençon, devenu apothicaire à Levroux (Indre), qui fixa sa descendance en Berry. Le fils aîné de ce dernier, Pierre Gaigneau, fut chirurgien-juré en la ville et ressort d'Issoudun, alors capitale du Bas-Berry, où les Gaignault sont toujours représentés. Cette famille a donné à cette cité entre autres : des conseillers de ville, cinq échevins et un maire, un lieutenant du premier chirurgien du roi, des médecins, des bourgeois, des officiers royaux de diverses juridictions (grenier à sel, élection)Ph. Werth, Issoudun à la fin de l'Ancien Régime, Issoudun, 1983., des administrateurs de l’Hôtel-Dieu et de l'hospice des incurables Jugand, Histoire de l'Hôtel Dieu et des institutions charitables d'Issoudun depuis leur fondation jusqu'à nos jours, Issoudun, 1881., des hommes et femmes d’Église, etc. Deux de ses membres, représentant la classe des « bourgeois vivant noblement » ont siégé à ce titre dans l'assemblée municipale constituée en vertu de l'édit de 1765Ph. Girard de Villesaison, III-A 146 (1770), archives de la ville d'Issoudun.. Les Gaignault ont également compté un député suppléant aux Etats généraux de 1789 et un garde d'honneur de l'Empereur (1813). Aux et , ils ont donné des propriétaires terriens, un receveur particulier des finances, des industriels en textile à Corbeil-Essonnes et ParisJ. Varin, Corbeil-Essonnes, aux rendez-vous de l'histoire, Paris, 1986., quelques officiers de Terre et de Mer, deux lieutenants de louveterie, des gestionnaires de patrimoine. De 1866 à 1990, ils ont dirigé à travers cinq générations l’imprimerie Gaignault, à Issoudun. 150px|thumb|right|redresse|Ex-libris aux armoiries de M. Gaignault : d'azur à trois plumes d'autruche d'argent, issant d'un croissant chargé de trois mouchetures d'hermine ; supports : deux licornes d'argent. Cette famille est devenue propriétaire en 1866 d'une imprimerie créée en 1794 à Issoudun, à laquelle elle donna son nom. Elle la conserva jusqu'à la fin du . Cette entreprise imprima notamment le code de la route Rousseau, et de nombreuses revues médicales, juridiques et techniques. Elle est aussi connue pour avoir édité l'Almanach de l'Indre surnommé dans tout le département le petit Gaignault. Pendant près de 115 ans, elle fit en outre paraître l’Écho des marchés du Centre. Ce journal dirigé par la famille Gaignault tirait à plus de jusqu'en 1914 puis à plus dans l'entre-deux Guerres. À cette époque, « tout le monde lisait le bihebdomadaire de Henri Gaignault » dans le Berry, selon le journaliste Pierre-Valentin Berthier. La ligne politique du journal était nettement conservatrice. Les déclarations faites en 1880 par M. Gaignault cachent une adhésion personnelle au mouvement monarchique : « Soumis aux lois constitutionnelles de notre pays, et sans hostilité préconçue contre la forme du gouvernement établi, nous restons les partisans convaincus de la liberté pour tous. Nous croyons que la République doit à son essence, à son principe, et à ses promesses, de donner cette liberté, comme aussi d'opérer toutes les réformes qu'appellera la marche du temps et surtout celles tendant à l'amélioration du sort des classes populaires »1829 - 1929 : Centenaire de l'Echo des marchés du Centre, Plaquette éditée en souvenir de ce centenaire, célébré le jeudi 20 février 1930. Le député républicain et journaliste Georges de Beauregard ne s'y trompe pas lorsqu'il écrit, au moment de la mort d'Alphonse Gaignault, en 1902 : « S'il fut une carrière bien remplie, c'est assurément celle de M. Alphonse Gaignault qui, comme imprimeur et journaliste, devint pendant de longues années l'arbitre des luttes politiques de sa région ». Le lien entre son fils et des proches du comte de Chambord est par ailleurs établi. Le journal s'en prenait aussi au maire d'Issoudun, Alexandre Lecherbonnier, représentant d'une gauche radicale et surtout anticléricale, ce qui lui valut un procès en diffamation. Ce positionnement conservateur du journal valait à ses propriétaires d'incessantes critiques de la part d'autres journaux qui qualifiaient, au moment du Front Populaire, l'Echo des marchés du Centre de « journal dirigé contre la classe ouvrière ». Maurice Gaignault, qui deviendra le quatrième directeur de l'imprimerie de la famille, était par exemple surnommé le « chevalier de la pomme de pin » en référence à l'hôtel particulier où il habitait. À la Libération, le comité local de Libération saisit temporairement le matériel de l'imprimerie, ce qui conduisit à la disparition de l'Echo. Ses propriétaires, en effet, bien qu'autorisés à faire reparaître le titre à la suite d'un arrêt de la Cour d'appel de Bourges prononçant un non lieu sur la collaboration par voie de presse et l'atteinte à la sûreté de l'État en 1947, et une décision de la Cour de Cassation cassant l'ordonnance de mise sous séquestre, sans doute usés par les combats politiques menés depuis des décennies, n'ont pas souhaité lui redonner vie. Ils se sont alors retournés sur les seuls travaux d'édition et d'impression, en gardant toutefois le "Petit Gaignault" qui a paru jusqu'en 1990.
L'imprimerie fut l'un des principaux employeurs d'Issoudun avec plus de 300 salariés pendant de nombreuses années. Sa présence marqua fortement Issoudun et les anciens ouvriers de l'imprimerie restent encore soudés en organisant des « retrouvailles ».
Cette famille compte une cinquantaine de représentants vivantsEstimation d'après le site roglo. Elle a été admise en 2006 au sein de l'association des Vieux noms français subsistants (VNFS), association cofondée en 2004 par l'un de ses membres qui en est le président depuis sa créationBulletin de l'association des Vieux Noms Français Subsistants, Paris, 2007..
Six membres de la famille sont membres de la Légion d'honneur : Alphonse Gaignault (1855-1923), Arthur Gaigneau d'Etiolles (1838-1892), Henri Gaignault (1870-1954), Pierre Gaignault (1898-1989), Robert Gaignault (1904-1972), Xavier Gaignault (1970- ).
Filiation
Personnalités vignette|Pierre, Robert et Christian Gaignault, courtiers en valeurs mobilières près la Bourse de Paris, vers 1960. Pierre Gaigneau (avt 1596 - 1677), lieutenant du du roi en la ville et ressort d'Issoudun J.-F. Mercier, Étude généalogique et sociale d'une lignée de chirurgiens et de médecins en Berry de la fin du au début du siècle : la famille Gaignault, in revue de l'Académie nationale de chirurgie, 2011.. Pierre Gaignault, sieur de Vouet (1716 - 1768), conseiller du roi, échevin d'Issoudun, administrateur de l'Hôtel-Dieu et capitaine de la compagnie de Saint-Louis. Denis Gaignault, sieur de Beaulieu (1723 - 1797), conseiller du roi, juge au grenier à sel et échevin d'Issoudund'Hozier, Armorial général ou registre de la noblesse de France, tome III, Paris, 1736 - 1768.. Cyr-Jean-Pierre Gaignault de Favrille (1726 - 1778), chanoine du chapitre royal de VatanMémoires du chanoine Métivier, Bulletin de la société du Berry à Paris, Paris, 1865.. Anne Gaignault de Beaulieu (1736 - 1835)A. Saulnier, Les mémoires de M. Champion, enfant d'Issoudun, Issoudun, 1936. À noter qu'Anne a également été connue sous le nom de "Gaignault de Dormillon" jusqu'à son mariage., femme de Pierre de La Châtre, seigneur d'Availles et de Senay, et mère de Pierre Denis de La Châtre, baron de l'EmpireVte A. Révérend, Armorial du premier Empire, Paris, 1897.X. Gaignault, Le colonel Pierre-Denis de La Châtre, baron de l'Empire, Paris, 2007.. Pierre-Denis Gaignault (alias Gaigneau), seigneur de Saint-Soin (1737 - 1818), conseiller du roi en l'élection générale et maire d'Issoudun, député suppléant aux Etats généraux de 1789F. Naudin, Issoudun de 1789 à 1800, Châteauroux, 1929.. Joseph "Gaigneau-Thurot" (1772 - 1827), receveur particulier des finances, beau-frère de l'académicien Jean-François Thurot. Louise-Victoire Gaignault (1813 - 1882), épouse Borget, belle-sœur du peintre Auguste Borget. Arthur Gaigneau d'Etiolles (1838 - 1892), officier de MarineArchives nationales : dossier n° LH/1053/16, héros de la Guerre de 1870Participation du arrondissement maritime à la Guerre de 1870-1871, Brest, 1874.La Guerre de 1870 - 1871, tome IV, R. Chapelot, Paris, 1903-1904.. Cyr Gaignault, né en 1938, chercheur, membre de l'Académie nationale de pharmaciehttps://www.universalis.fr/auteurs/jean-cyr-gaignault. Gilles Gaignault, né en 1951, journaliste sportif contemporain (sport automobile), créateur et directeur de l'écurie GDBA. Astrid Gaignault, née Astrid de La Rochefoucauld en 1956, maire de Diors (Indre) de 2001 à 2014 et fille de Robert de La Rochefoucauld. Fabrice Gaignault, né en 1956, journaliste et écrivain contemporain. Florent Gaignault, né en 1959, frère du précédent, directeur de société et producteur. Les époux Igor. et Jacquotte. Gaignault, artistes contemporains. Benjamin Gaignault, né en 1988, cofondateur et directeur général de l'entreprise Ornikar.
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