Baloumgou est un village du Cameroun de la commune de Bangou. La commune est située dans le département des Hauts-Plateaux de la région de l'Ouest, en pays bamiléké.. Les conflits armés avec les villages voisins notamment les Bangou et les Bangoua durant le début du contribuent au façonnage actuel du village. Cependant le village bénéficie aujourd'hui des infrastructures administratives qui ont permis son désenclavement, notamment une réserve forestière classée au patrimoine national Camerounais.
Géographie
Localisation Baloumgou se situe à l'extrême Sud du département des Hauts Plateaux dans la région de l'Ouest du Cameroun. Il appartient préalablement au département de la Mifi dans les années 1993. Le village s'étend entre le 5°05' et 5°15' de latitude Nord et 10°20 et 10°27 de longitude est. Le village s'allonge du sud au nord du 5°16 au 5°18 de latitude Nord et, de l'ouest à l'est, il s'étend du 10°19' et 10°22' méridien Est, ce qui correspond à une superficie d'environ . Villages Limitrophes
Le village se situe à de Bamena, de Bangoua., de Batoufam, et à de Bangou..
Le village compte sept quartiers : Ngwetcha, Tswetcha, Ngwetche poutswe, Pokeue, Toukon, Tchichi, Fopsac.
Géologie et relief Le village est situé au nord-est du mont Batcha, la majorité du territoire est constituée des massifs volcaniques. L'altitude varie entre qui correspondent à la hauteur du mont Batcha et du mont Toudieu. Une dénivellation d'environ de long sur une hauteur de sépare le haut plateau de la vallée. Da manière plus globale, les massifs volcaniques constituent les 3/5e de la superficie totale, et les vallées occupent les 2/5e restants. Cependant, l'on trouve de façon alternative sur tout le territoire des petits massifs montagneux d'une part et des cours d'eau donc le débit varie en fonction des différentes saisons atmosphériques.
Hydrographie L'essentiel de l'hydrographie de Baloumgou se compose des sources de rivières. Elles coulent du sud vers l'est. C'est le cas de la rivière principale Chekong, qui prend sa source dans le Seche, la rivière Mekoo qui a sa source dans les eaux de raphiales; et de la rivière Pang - pang.
Climat Le climat est de type subéquatorial de mousson à dominante humide et fraîche, à une saison de pluie allant du mois de mars au mois de novembre. La température annuelle moyenne est de , pour une hauteur de précipitations moyennes de .. Nous avons deux types de saisons: une saison de pluies (Mars - Octobre) et une courte saison sèche (Novembre - Février).
Végétation La prairie représente l'essentiel de la végétation des Baloumgou. Les plantes de raphia constituent une bonne partie de la végétation des vallées. Ces bambous de raphia constituent la matière première des habitants pour la confection des meubles (lits, chaises, tables) d'une part et pour la fabrication des vins de raphia, un breuvage largement apprécié par les autochtones. La propriété des raphias à stocker d'énormes réserves d'eau favorise une agriculture qui s'étend tout au long de l'année, même en saison sèche.
Sol Les sols du village se répartissent en trois groupes : les sols ferrallitiques dérivés de basaltes que l'on retrouve dans les quartiers Gwetcha, Pokeheu; les sols peu évolués issus des roches volcaniques et riches en matières organiques; les sols hydromorphes - sableux que l'on retrouve dans les fonds marécageux. De façon plus générale, les sols sont plus fertiles sur les versants que sur les sommets. Cependant, il faut aussi noter la présence majoritaire des plateaux inhérents à la région de l'Ouest du Cameroun. On y retrouve deux grands groupes de plateaux : le plateau granito-gneissque du sud, sur lesquels on retrouve du granite; les plateaux basaltiques du nord.
Voies de communication et transport
Voies de communication On accède au village par trois axes routiers, l'axe Bangoua - Baloumgou, l'axe Bamena - Baloumgou, et l'axe Bangou - Balougoum;
Toponymie Le nom Baloumgou connaît plusieurs déclinaisons du fait de la colonisation occidentale. Le nom se décompose en trois syllabes : Ba = Originaire de; Loum = Une transformation en langue française de « Leup » qui signifie territoire, et Gou = une transformation Française de « Ngeu » qui signifie « grand, gigantesque ». Finalement, le nom Baloumgou signifie les populations du grand territoire.
Cependant, il existe une autre traduction locale du nom Baloummgou : Ba = Originaire de..., Loum = trompette ou tambour de rassemblement, Gou = grand. ce qui se traduit part « la population de la grande trompette ou le du grand tambour de rassemblement ».
Une troisième signification nous est donnée de la manière suivante: "Temps de guerre pour rassembler les guerriers"http://www.foretcommunale-cameroun.org/download/ESERFBaloumgou.pdf.
Histoire Les Baloumgou sont des descendants des immigrés du peuple Tikar., Il s'agit des chasseurs partis de Bankim, dans la plaine du Tikar qui s'installent à Mbo.. Les ancêtres connus les plus éloignés du village Baloumgou sont Tchaptcui et Kouagou d'après certains patriarches du village Baloum, les premiers chefs des villages Baloum, Melong 2 Bamena et Bangoulap sont des jumeaux originaires de la chefferie BALOUMGOU dans le département des hauts plateaux. Ainsi, dans une chefferie Bamena, se trouve la case du tout premier chef Baloumgou, sa majesté Kouadjo. La tradition orale reconnaît néanmoins quatorze chefs historiques: 1 - Kouadjo2- Kekswe3- Tanse Douo4 - Tankoua5- Kouakep6 - Tassepa'a7 - Mepedjo8 - Tcheepbong9 - Toukep10 - Ngomedjeu11 - Kouamou12 - Djahango13 - Djomo Zachee14 - Wache Norbert
Les origines selon la tradition orale Selon la tradition orale, tout commence sur un territoire appelé Leup. Ce territoire appartient au roi Leup, qui a cinq fils. Ces princes deviennent des rois dans leurs territoires respectifs. Un des cinq fils accouche par la suite deux garçons qui deviennent à leur tour rois dans leurs terres respectives. Du fait de sa progéniture, le père des deux rois acquit le statut de grand chef du territoire appartenant à ses frères.. Il s'agit du roi Nkouadjo du royaume Lup Ngeu.
La chefferie traditionnelle La lignée des chefs supérieurs reconnus débute à partir du roi Nkouadjo. L'on décompte quatorze rois. Cependant le siège de la chefferie connaît plusieurs modifications du fait des guerres avec les tribus voisines et la recherche des ressources naturelles. Le site actuel est la conséquence du besoin de s'installer auprès d'une rivière afin de satisfaire les besoins en eau potable et la pratique de certaines cérémonies traditionnelles. Une anecdote veut que les Baloumgou, du fait de leurs nombreux changements de chefferies, changent mystiquement, dans leur intérêt, le cours d'eau de la rivière Chekong qui se jette initialement sur le territoire d'une chefferie voisine (celle des Banyangam. Les différents sites utilisés pour la chefferie sont les suivants : Le site Touna Fopleup dans le quartier Tchitchi. Le site Fopsack, qui est le lieu de naissance du fondateur de la chefferie Bangoulap. Le site Képintouo, qui est le site de nombreuses batailles. Le nom du site est devenu le cri de ralliement des Baloumgou. Il est toujours utilisé lors de rassemblement de ceux-ci. L'actuel site Toukoung, situé au bord de la rivière Chekong. Ce site est établi par le roi Tounkep. Le roi actuel des Baloumgou est sa majesté Wache Nobert..
Conflit Baloumgou - Bangou Selon la tradition orale, l'origine du conflit entre les Baloumgou et les Bangou débute au . Les chefs traditionnels de la région l'Ouest du Cameroun sont conviés à prendre part à une cérémonie traditionnelle au village Bandjoun, c'est de cette cérémonie que naît la rivalité entre les chefs Bangou et Baloumgou.
Un deuxième acte découlant de la rivalité entre ces deux peuples concerne l'assassinat programmé du chef des Baloumgou par le chef Bangou. L'histoire raconte que le chef Bangou, de caractère expansionniste convoite les terres fertiles et prospères du village voisin. Cependant, contrairement aux autres villages conquis par la violence (Ndengnieup, Medjieu, Ndenkop), il utilise la ruse pour s'approprier les terres des Baloumgou. Après l’assassinat de son homologue, il entreprit de le remplacer au trône. Seulement, il se trouve confronté à une résistance farouche de la part du peuple. La conséquence est l'émiettement du territoire des Baloumgou avec l'aide des Bangoua.
L'arrêté préfectoral du portant désignation des chefs des quartiers de l'arrondissement Bangou constitue une autre source dans les relations conflictuelles entre les Bangou et les Baloumgou. Le chef Bangou, sa majesté feu Djomo Christophe, est soupçonné d'être impliqué dans l'établissement de cet arrêté qui de par son contenu, marginalise les Baloumgou au profit des Bangou. Les Baloumgou s'opposent à cet arrêté en en faisant valoir un décret présidentiel, datant du dont l'objet est la hiérarchisation des chefferies traditionnelles. De ce fait, l'applicabilité de l'arrêté préfectoral devient improbable.
Conflit Baloumgou - Bangoua Selon toujours la tradition orale au travers du patriarche Mba'a Sa'a Ndep, la guerre entre les Baloumgou et les Bangoua commence en 1957. Cette guerre provoque l'exil d'une grande partie des populations Baloumgou vers les villages Bamena, Bangoulap et autres coins du Cameroun.
Conflit Baloumgou - Bamena À l'origine, les Baloumgou et les Bamena possèdent un ancêtre commun. Cependant, les Bamena refusent d'intervenir lors des différentes guerres des Baloumgou. La rivalité éclate lors de la réalisation d'un projet de construction d'un Collège d'Enseignement Secondaire (CES) dans la réserve forestière de Baloumgou. Les Bamena font obstacle au dit projet, se réclamant propriétaires de la réserve forestière. Cette réclamation est conséquente du fait qu'en 1970, la réserve forestière appartient au département du Ndé qui administre dès lors les deux villages.
Les années 1960 Le maquis qui sévit au pays dans les années 1960, crée le déplacement des populations du village vers les forêts. Ceci dans le but de se protéger des poursuites de l'administration de l'époque.. Le retour au calme une dizaine d'années plus tard marque le retour de villageois exilés.
Culture locale et patrimoine La culture Baloumgou est assez riche et complexe.
Patrimoine culturel
Les danses traditionnelles Elle se caractérise par certaines activités telles les danses traditionnelles, on en dénombre quatre : La danse de Medjong. Elle est fondée par le chef Baloumgou. Ces danseurs sont considérés comme étant les gardiens de la tradition, ce sont des jeunes gens de forte constitution qui sont envoyés en avant poste lors des situations délicates. Ils font partie du folklore Baloumgou et participent aux différentes festivités organisées par le village ; La danse de Gokpeme ; La danse Kessou ; Les Ngwa Ntep Ntep.
Le veuvage Le veuvage débute après l'inhumation du proche défunt. Les membres de la famille se coiffent au plus du corps dans un délai de sept jours après l'inhumation. Pour ce qui est de la femme du défunt, elle doit se vêtir d'un simple cache sexe, éviter de se laver et se coucher uniquement sur les feuilles de bananier sèches. Du fait des contraintes sociologiques actuelles, la durée du veuvage est ramenée de neuf mois à neuf jours. L'une des pratiques consiste dans le choix d'un petit fils du défunt qui doit administrer une fessée à la veuve chaque fois qu'elle entre dans la maison de défunt. Du fait de la pratique de polygamie, la première épouse possédant plus de droits que ces concubines. De ce fait, durant la période du veuvage, elle est l'initiatrice de toutes les actions de ses concubines et celles-ci lui doivent entière soumission. Durant cette période, les enfants du défunt préparent quotidiennement un mets composé de plantain pour les veuves.
Composition religieuse Deux grandes doctrines religieuses principales caractérisent le village: