Jean-Michel Langevin né le à Ingrande (province d'Anjou dans le royaume de France) et mort guillotiné le à Angers (Maine-et-Loire) est un prêtre catholique, martyr en haine de la foi. Béatifié le , il fait partie des , parmi plus de deux mille hommes et femmes guillotinés à Angers et fusillés à Avrillé pour la plupart.

Biographie thumb|left|250px|Acte de baptême de Jean-Michel Langevin cliquez pour agrandir

Fils d'Urbain Langevin marchand boulanger et d'Anne Le Coudre (dernier enfant du couple, qui en eut cinq) Jean-Michel Langevin naît à Ingrande (le nom du village s'orthographiait alors sans s) en province d'Anjou, le . Il est baptisé le lendemain dans cette paroisse Lire l'extrait de l'acte de Baptême ci-contre à gaucheJeab-Michel Langevin sur http://shenandoahdavis.canalblog.com : il a pour parrain Jean Langevin, son oncle et pour marraine, Marie Hérisson, femme d'Urbain Poislane.

Entrée en religion Vicaire au Louroux-Béconnais puis à Villevêque, il est nommé prieur-curé de Beausse en 1759 ; il est installé curé de BriolayÀ la Révolution, le village s'écrit avec un seul l soit Briolay, ce n'est qu'en 1801 qu'il prend deux ll soit Briollay le Gallica / Anjou historique, janvier 1905, M. Langevin, curé de Briollay, guilottiné à Angers, Célestin Port, Dictionnaire Historique du Maine-et-Loire, 1878 Complément de l’article Briollay.

Prêtre réfractaire Lorsque survient la Révolution française, il refuse de prêter serment à la Constitution civile du clergé et de rejoindre les rangs de l'Église constitutionnelle de même qu'André Fardeau, un de ses vicairesJ. Siraudeau, L'Anjou historique, volumes 31 à 32, . Jean-Michel Langevin est alors chassé de sa cure le , par ses paroissiens révolutionnairesJean-Michel Langevin prêtre réfractaire (1731-1793)Andegaviana - Volumes 3 à 4 - Page 496Amans-Claude Sabatié, Les tribunaux révolutionnaires en province: sommaire historique, procédure, tribunaux divers, commissions militaires, arrestations arbitraires, exécutions, déportations, statistiques pour chaque département, état des victimes dans le clergé pour chaque diocèse, Volume 1, P. Lethielleux, 1914 . Son autre vicaire André Janin prête le serment constitutionnel Gustave Bord, Charles d'Héricault, Revue de la révolution, volume 7, 1886, p.127.

L'abbé Simon Gruget, qui vit durant la Révolution à Angers et autour, rapporte à son sujet : « C'était un digne pasteur qui eut beaucoup à souffrir de ses paroissiens. Il ne faut pas en être surpris, il avait dans sa paroisse beaucoup de philosophes, disciples de Voltaire et de Rousseau, et tout leur soin était de chercher à traverser leurs curés, à leur susciter des procès, dans le but de les discréditer aux yeux de leurs paroissiens. M. Langevin ne fut pas plus heureux. Il fut supplanté par son propre vicaire, M. Janin, frère de M. Janin, vicaire de Saint-Michel-du-Tertre, qui fit inutilement tous ses efforts pour le retirer de l'abîme ».

L'ex-abbé Langevin part pour Angers le et y reste jusqu'au . Puis il s'en va à Montrevault, dans les Mauges, où il reste jusqu'à la Toussaint pour revenir à Briollay et y enlever des meubles pour le bourg du Mesnil-en-Vallée où il possède une maisonAndegaviana, Volumes 3 à 4 - page 497. Il repart ensuite à Angers, car un arrêté du enjoint à tous les prêtres insermentés du département de venir résider dans cette ville, pour y être soumis à un appel quotidien. Langevin arrive donc à Angers le , et se présente le devant la municipalité .

Implication dans la guerre de Vendée et arrestation

Le , Langevin échappe au risque d'internement, visant l'ensemble des prêtres insermentés depuis la loi du 26 mai 1792 ; il se cache dans une chambre appartenant à Mademoiselle de Vaugirault rue Saint-Martin et y reste jusqu'à l'arrivée des insurgés de l'Armée catholique et royale au mois de . Sorti de sa cachette, l'abbé Langevin descend la Loire en bateau et retourne au Mesnil-en-Vallée. Il y exerce son ministère avec Blanvillain, ex-curé d'Ingrandes ; il proclame à l'autel qu'il administrera les malades de jour et de nuit, et les autres dans la mesure de ses forces.

Après la défaite de l'armée vendéenne, les prêtres du diocèse, traqués, arrivent à Angers pour y entendre une sentence de mort. Langevin ouvre le premier cette route sanglante. Dénoncé le au Comité Révolutionnaire d'Ingrandes par quatre patriotesDénonciations faites le 7 septembre 1793 au Comité Révolutionnaire d'Ingrandes par quatre patriotes du Mesnil - qui l'accusent d'avoir prôné l'enfouissement dans le sable des républicains. La copie de ces dénonciations est envoyée au Comité Révolutionnaire d'Angers le 25 octobre. et arrêté le au Mesnil-en-Vallée dans une ferme, il est transporté à Angers. Interrogé une première fois et conduit à la prison nationale, place des Halles, d'où on l'extrait le , pour être jugé par la commission Félix siégeant au couvent des Jacobins .

Exécution Condamné à mort, il est guillotiné le lendemain, le , à 4 heures de l'après-midiFrançois-Marie Tresvaux Du Fraval, Histoire de l'Église et du diocèse d'Angers, J. Lecoffre, 1859, , place du Ralliement, autrefois place saint-Maurille Sylvain Bertholdi, La place du Ralliement. Histoire d'un quartier sur www.angers.fr.

L'abbé Langevin est la première personne à être guillotiné à Angers (« Cette guillotine, établie sur une nouvelle place, la place du Ralliement, à l'endroit même où était le grand autel de l'église Saint-Pierre, y demeura en permanence pendant une année entière, depuis la fin d' jusqu'à la mi- ») Edmond Biré dans Le clergé pendant la révolution (1789/1799), E. Vitte, 1901, qui ajoute « Or le premier condamné est un prêtre ». D'autres exécutions suivront par le fusil et la guillotine à Avrillé et à Angers.

Béatification thumb|right|180px|Vitrail de la Chapelle Saint-Louis du Champ des Martyrs à Avrillé.

En 1905, Joseph Rumeau, évêque d’Angers, introduit la cause d’un certain nombre de victimes d'Avrillé et d'Angers mises à mort en haine de la foi et de l’Église catholique. Une procédure canonique de béatification est alors lancée. Le décret proclamant le martyre de quatre-vingt-dix neuf de ces victimes, dont Jean-Michel Langevin et André Fardeau, est promulgué le : ce sont les Martyrs d'Angers. Leur béatification est célébrée solennellement le par le pape Jean-Paul II à la Basilique Saint-Pierre du Vatican.

Fête et mémoire liturgique La mémoire liturgique de Jean-Michel Langevin est célébrée le Bienheureux Jean-Michel Langevin sur Nominis et le 1er févrierBienheureux Martyrs d'Angers sur Nominis

Hommage Une école primaire d'Ingrandes-Le Fresne-sur-Loire porte son nom.

Bibliographie

sur Gallica sur Gallica

Notes et références Notes

Références

Voir aussi Articles connexes André Fardeau Jean-Baptiste Lego Noël Pinot Fusillades d'Avrillé

Liens externes

Homélie du pape Jean-Paul II (1984), site du Vatican

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