vignette|Le premier tribunal de Munich, lieu du procès. Photo de 2012. Le procès de Bełżec est le procès de 8 anciens membres de la SS du camp d'extermination de Bełżec, au premier tribunal de grande instance de Munich, de 1963 à 1965.
Cinq accusés du procès de Belżec sont également traduits au procès de Sobibor, en 1965. Le procès de Belżec, celui de Sobibor, comme les procès de Treblinka examinent les meurtres de masse commis dans le cadre de l'Aktion Reinhardt, la mise à mort de plus de deux millions de Juifs et de Roms et Sinti. Ces procès sont également reliés à l'exécution massive de handicapés dans le cadre de l'Aktion T4 car plusieurs gardiens des camps d'extermination avaient auparavant travaillé dans les centres d'euthanasie.
Le procès de Bełżec au tribunal de grande instance de Munich Le procès de huit accusés se déroule du au au tribunal de grande instance de Munich. Il retient alors peu l'attention de l'opinion publique. Le tribunal décide le de ne pas poursuivre sept des huit accusés, au motif qu'ils se trouvaient à l'époque des faits soumis à la contrainte de l'état de nécessité (Putativnotstand). Cinq de ces sept accusés, à savoir Dubois, Fuchs, Jührs, Unverhau et Zierke comparaissent ensuite au procès de Sobibor. La Cour d'appel allemande rejette le recours du parquet qui réclamait la poursuite de la procédure contre l'ensemble des accusés. L'audience débute alors contre le seul Josef Oberhauser le et se clôt dès le .
14 témoins sont entendus, dont le médecin Wilhelm Pfannenstiel, qui avec Kurt Gerstein avait été témoin en du gazage de victimes juives à Bełżec. Le survivant Rudolf Reder, qui ne peut cependant reconnaître ni nommer les accusés, est également témoin.
Oberhauser allègue pendant le procès, tout comme les autres accusés, l'état de nécessité. Il rappelle sa peine de prison déjà purgée en République démocratique allemande (RDA), mais la concertation avec le parquet de la RDA permet d'établir qu'Oberhauser n'a alors purgé que huit années de sa peine de détention de quinze ans, et qu'il n'avait d'ailleurs pas été condamné en raison de son activité à Bełżec, mais pour sa participation à l'Aktion T4 à Magdebourg. Le tribunal ne retient pas l'état de nécessité, estimant qu'Oberhauser, puisqu'il était alors l'adjudant de Christian Wirth, le commandant du camp de Bełżec, entretenait des relations cordiales avec son supérieur. Le tribunal de grande instance de Munich motive son verdict indulgent par la prise en compte des conditions sévères de détention en RDA, et en rappelant que dans le cadre d'un procès qui aurait jugé à la fois les infractions commises à Bełżec et celles relatives à l'Aktion T4, la peine maximale encourue aurait été de 15 années de détention. Le pourvoi auprès de la Cour de Cassation allemande aboutit à la confirmation du verdict contre Oberhauser.
Chefs d'accusation et verdicts AccuséFonction à BełżecChef d'accusationVerdictJosef OberhauserCommandant du camp de au ; assure également la liaison avec l'état-major du SS- und PolizeiführerComplicité de meurtre commis en réunion dans cas4,5 années de détention, dont il purge la moitié, et privation des droits civiques pendant trois annéesErich Fuchs Préposé à l'accueil des convois, et à la commande de matériaux pour la construction d'une chambre à gazComplicité de meurtre commis en réunion pour 90.000 cas.Acquitté en raison de l'état de nécessitéPréposé à l'accueil des convois, comme à la surveillance dans le vestiaire de la chambre à gaz.Complicité de meurtre commis en réunion pour 170.000 casAcquitté en raison de l'état de nécessitéWerner DuboisPréposé à l'accueil des convois (environ personnes), assure la direction des commandos de travail des détenus juifsComplicité de meurtre commis en réunion pour 360.000 casAcquitté en raison de l'état de nécessitéAccompagnement des détenus juifs à la chambre à gazComplicité de meurtre commis en réunion pour 360.000 casAcquitté en raison de l'état de nécessitéTri et évacuation des vêtements des victimesComplicité de meurtre commis en réunion pour 360.000 casAcquitté en raison de l'état de nécessitéSurveillantComplicité de meurtre commis en réunion pour 360.000 casAcquitté en raison de l'état de nécessitéErnst ZierkeForge et préposé à l'accueil des convoisComplicité de meurtre commis en réunion pour 360.000 casAcquitté en raison de l'état de nécessité
Ce procès fait apparaître les difficultés que rencontre la justice fédérale dans la punition des crimes nazis. Ces crimes ne sont pas jugés en Allemagne selon un régime de droit particulier, mais bien selon le droit pénal commun. Il est donc souvent difficile de distinguer le statut d'auteur de l'infraction de celui de complice, comme il est délicat d'apporter l'élément matériel de preuve.
La reconnaissance de la contrainte ou de l'état de nécessité équivaut ici au moins à une circonstance atténuante, sinon à un élément qui exonère l'accusé de toute responsabilité. La question se pose cependant de sa reconnaissance pour certains accusés et non pour Josef Oberhauser.
L'ancien gardien Samuel Kunz, qui devait être jugé en 2011, est mort le .
Bibliographie
Liens externes Belzec Lagergeschichte sur deathcamps.org Jenny Oertle: Bełżec Lager sur LeMO
Notes et références
Catégorie:Conséquence de la Shoah Catégorie:Procès de la Seconde Guerre mondiale Catégorie:Centre d'extermination de Bełżec