La famille de la Croix de Chevrières, anciennement Guerre ou Guere, est une famille dauphinoise, ayant été anoblie par les charges qu'elle a occupées au parlement du Dauphiné au cours du .
Elle compte parmi ses membres plusieurs conseillers et présidents à mortier au parlement du Dauphiné, des conseillers d'État, des prélats, des officiers généraux en France et un en Espagne.
Histoire LIntroduction, aux Fonds d'archives de la branche de La Croix de Chevrières de Pisançon, indique que la famille obtient des principes de noblesse au , mais qu'elle a , de la part du dauphinois Guy Allard (1678), permettant de faire remonter la noblesse de la famille au 29 J, Fonds de la famille de La Croix de Chevrières de Pisançon.. Allard, auteur de Histoire généalogique des familles de La Croix de Chevrières , de Portier, d'Arzac, de Chissé, de Sayve et de Rouvroy, dédie son ouvrage au comte de Saint-Vallier, famille qui publie d'ailleurs à ses frais l'ouvrage. Allard omet notammnet l'origine marchande de la famille pour mettre en avant les faits d'armes, inventés, ou provenant d'autres familles.
Généalogie romancée par Allard (1678) Allard (1678), repris par les généalogistes notamment Rivoire de La Bâtie (1867) ou encore Borel d'Hauterive (1848), indiquait que la famille avait pour ancien nom Guerre ou Guere et qu'elle était originaire de Voreppe, en Dauphiné.
Il profite du fait que les deux premiers membres connus, Jean I et Félix I, portent le nom de Guerre, pour donner comme souche aux La Croix, une famille noble de Guerre, existante, originaire de Voreppe. Il fait le récit d'une substitution de nom, par un testament de . André Borel d'Hauterive (1848) le reprend en indiquant qu'un Jean, fils de Pierre de Guerre, aurait été institué légataire universel de Félix de la Croix, dernier vivant d'une famille du Gévaudan.
Le fait est que Félix I de la Croix n'est pas un capitaine prisonnier à Pavie, mais un marchand à Romans.
Accession à la noblesse au Régis Valette indique que la famille trouve son principe de noblesse au parlement du Dauphiné en 1543 et que son fief d'Ornacieux a été érigé en marquisat en 1645..
Les dossiers du Cabinet d'Hozier ainsi que les dossiers bleus de la Bibliothèque nationale ont permis au baron Henry de Woëlmont de Brumagne (1924) ou encore Jules Chevalier de produire des notices généalogiques.
La filiation de la famille commence de manière certaine avec Jean de La Croix, dit Guerre, marchand et syndic de Romans (1488). Son fils, Félix, connait une ascension rapide puisqu'il est successivement conseiller (1543), puis avocat général (1549) et maître des requêtes (1553) au parlement de Grenoble. Il acquiert, de Diane de Poitiers, les seigneuries de Brié et de Chevrières, en . Son fils, Jean II, poursuit la même carrière dans la magistrature, devenant conseiller (1578), avocat général puis président au Parlement (1603), maître des requêtes (1580-1588), conseiller d'Etat (1595-1612), garde des sceaux de Savoie (1600-1601), ambassadeur extraordinaire en Savoie (1605), surintendant du Dauphiné (1595), jusqu'à, devenu veuf à 52 ans, où il entre dans les ordres et devient évêque de Grenoble. Sa situation lui permet une politique de terres importante. Il achète ainsi la baronnie de Clérieux, les comtés de Saint-Vallier et de Vals, la parerie poitevine de Pisançon, les terres d'Ornacieux et de Faramans.
À la suite de Jean II, la famille se divise en deux branches, les la Croix de Chevrières de Saint-Vallier et les la Croix de Chevrières de Pisançon. Une troisième suivra avec les possesseurs de Sayve et d'Ornacieux.
Généalogie
Félix de la Croix de Chevrières, est né à la fin du , seigneur de Guerre et de la Ruinière. Il a d'abord été pourvu d'une charge de conseiller au parlement du Dauphiné, le 30 avril 1543. Il a acquis la seigneurie de Chevrières de Diane de Poitiers, duchesse de Valentinois, en avril 1560. Le roi lui a fait remise des droits de lods par lettres patentes du 27 septembre 1561. Il a épousé, par contrat passé le 15 juin 1541, Guigonne de Portier, dame de Brie, fille de Jacques de Portier, écuyer, seigneur de Brie, et de Catherine de Morard d'Arces. De ce mariage il a eu : Félix de la Croix, dit le capitaine Chevrières, Jean III de la Croix de Chevrières, qui suit. André de la Croix, seigneur de Satuzange, mort célibataire après 1577. Balthazar de la Croix. Gaspard de la Croix. Guigonne de la Croix. Gasparde de la Croix. Catherine de la Croix, dite de Guerre, dame de Fiancays, fait son testament en 1586.
Jean II de la Croix de Chevrières, seigneur de Chevrières, de Brie. Il a commencé comme son père avec une charge de conseiller au parlement du Dauphiné dont il est pourvu avec dispense d'âge le 25 juin 1578. Il a résigné cette charge pour celle d'avocat-général à ce parlement le 29 octobre 1585 où il est reçu le 20 décembre. Henri III l'a nommé le 24 novembre 1588 maître des requêtes et intendant de justice et de finances dans l'armée commandée par le duc de Mayenne dans le Dauphiné. Henri IV le nomme conseiller honoraire au parlement du Dauphiné le 27 novembre 1591, puis, le 13 septembre 1595, conseiller d'État et surintendant de la justice et des finances de son armée dans le Dauphiné commandée par Alphonse d'Ornano, le maréchal de Lesdiguières étant alors occupé à conquérir la Savoie. Le roi établit alors un conseil souverain et un parlement en Savoie et y appela Jean de la Croix par lettres patentes datées de septembre 1601 et . Avec le traité de Lyon, la paix est signée avec le duc de Savoie. . Ayant été chargé de suivre l'exécution de ce traité, il a reçu du roi en récompense de son action une charge de président à mortier au parlement du Dauphiné. Il y est reçu le 31 décembre 1603. Il ne réussit pas l'année suivante à obtenir du roi l'adjonction des provinces cédées par le duc de Savoie au gouvernement du Dauphiné. Elles sont rattachées au gouvernement de la Bourgogne. Mais le roi l'a nommé le 27 mai 1605 son ambassadeur extraordinaire près la cour de Savoie. D'après les instructions qui lui ont été données en 1607 de mettre en place une ligue avec la Savoie contre l'Espagne pour conquérir le duché de Milan, puis le céder au duc de Savoie contre la Savoie qui aurait été conservée par la France. Le meurtre d'Henri IV a mis fin à ce projet. Il a été chargé de stipuler les conditions de mariage entre Victor-Amédée et Christine de France, fille du roi. Au retour de son ambassade, veuf depuis des années et souhaitant embrasser la vie religieuse, le roi l'a nommé évêque de Grenoble dont il a reçu les bulles le 11 juillet 1607. Il a résigné son office de président à mortier au parlement du Dauphiné le 2 octobre 1607, mais le roi lui conserve le même jour les rangs qu'il avait non seulement dans ce parlement mais dans tous les parlements du royaume, ce qui est enregistré au parlement de Paris le 22 février 1609. Le 21 février 1609, le roi l'a appelé à la présidence des États du Dauphiné. Il a acheté en 1584-1585 au duc d'Aumale, petit-fils de Diane de Poitiers le comté de Saint-Vallier, le comté de Vals, la baronnie de Clérieux et la terre de PizançonEnnemond Fayard, Notice historique sur Saint-Vallier (Drôme), Saint-Vallier sous les Guerre de la Croix de Chevrières, , H. Georg, Lyon, 1894 (lire en ligne). La maison de Chaumont lui a cédé les terres d'Ornacieux et de Faramans ainsi que la baronnie de Serves. Henri IV lui a fait don des droits de lods sur la baronnie de Clérieux et la terre de Chantemerle. Il a fait hommage à Henri IV pour la terre de Lieudieu en la chambre des comptes de Grenoble le 28 février 1606. Marie de Médicis l'a nommé le 25 juin 1611 son conseiller ordinaire, puis conseiller d'État ordinaire en 1612. Il a assisté aux États généraux du royaume en 1615, puis à l'assemblée des notables tenue à Rouen en 1618. Il est mort à Paris en mars 1619, pendant l'assemblée générale du clergé de France. Il a été inhumé dans le tombeau de sa famille dans la collégiale Saint-Barnard. Il avait épousé, par contrat du 7 septembre 1577, Barbe d'Arzac, fille de noble Joachim d'Arzac, de Saint-Marcellin, et de Claude de Costaing de Pusignan qui a fait de sa fille son héritière universelle. De ce mariage, il a eu : Félix II de la Croix de Chevrières, qui suit. Alphonse de La Croix de Chevrières, chevalier, seigneur d'Ornacieux, des Cottanes, de Balbin, de Faramans de Lieudieu, etc. Il a été nommé le 30 avril 1611 le coadjuteur de son père. Il lui a succédé comme évêque et prince de Grenoble, président perpétuel des États du Dauphiné. Il a été sacré à Lyon, le 9 novembre 1616, évêque de Chalcédoine. Ses infirmités lui ont fait démissionner de l'épiscopat de Grenoble en 1620. Il est mort à Saint-Marcellin en juillet 1637. Jean de la Croix de Chevières, auteur de la branche de Pisançon. Pierre de la Croix de Chevrières, mort avant son père. Catherine de la Croix de Chevrières, mariée à noble Pierre de la Baume. Marguerite de la Croix de Chevrières, mariée à noble Laurent de Rabot d'Orillac.
Félix II de la Croix de Chevrières, comte de Saint-Vallier et de Vals, baron de Serves et de Clérieux, seigneur de Chevrières, de Chantemerle, de Faramans, etc. Il a été pourvu d'une charge de conseiller au parlement du Dauphiné le 24 novembre 1607, puis d'avocat-général au grand conseil le 17 janvier 1613. Le 19 juin 1619 il a été nommé conseiller du roi en ses conseils, maître des requêtes ordinaire et prête serment devant le parlement de Paris pour ces charges le 13 juillet 1619. Il a rendu hommage au roi pour ses terres devant la chambre des comptes du Dauphiné le 14 décembre 1620. Il a fait son testament en 1624 et est mort le 23 novembre 1627. Il a épousé par contrat du 10 juillet 1610 Claude de Chissé, fille de Michel de Chissé, chevalier, baron de Marcousse, et de Claude de Monteynard de Marcieu. De son mariage il a eu : Jean III de la Croix de Chevrières qui suit. Joachim de la Croix de Chevrières, mort en 1619. François-Octavien de la Croix de Chevrières, tué au Siège d'Arras (1640). Jeanne de la Croix de Chevrières, mariée à Félicien de Boffin, baron d'Uriage, avocat-général au parlement du Dauphiné. Catherine de la Croix de Chevrières, mariée en 1634 avec Annet de la Baume-Suze, comte de Rochefort en Languedoc. Anne de la Croix de Chevrières, morte en 1619. Barbe de la Croix de Chevrières, religieuse à la Visitation de Sainte-Marie à Grenoble. Marie de la Croix de Chevrières, religieuse au Monastère royal de Montfleury, diocèse de Grenoble. Françoise de la Croix de Chevrières, religieuse au monastère royal de Montfleury, diocèse de Grenoble.