Epsilon Pegasi (ε Peg / ε Pegasi), également nommée Enif, est l'étoile la plus brillante de la constellation de Pégase. Avec une magnitude apparente d'environ 2,4, cette supergéante rouge précède de peu Scheat. D'après la mesure de sa parallaxe annuelle par le satellite Hipparcos, l'étoile est située à environ de la Terre. Elle s'éloigne du Système solaire à une vitesse radiale de .

Nomenclature

ε Pegasi, latinisé , est la désignation de Bayer de l'étoile. Elle porte également la désignation de Flamsteed de .

Enif est le nom approuvé pour par l’Union astronomique internationale (UAI). C’est l’arabe الفرس أنف Anf al-Faras, « le Nez du Cheval », nom rare donné dans le cadre du ciel gréco-arabe, les noms les plus fréquents donnés pour cette étoile de l’astrolabe étant فم الفرس Fum al-Faras, « la Bouche du Cheval », et جحفلة الفرس Ğaḥlafat al-Faras, « la Lippe du Cheval ». Mais il doit figurer sur l’astrolabe puisqu’il est introduit par Jean de Londres (1246) sous la forme cinf .i. muscida equi Paul Kunitzsch, « Typ VI », in : Typen von Sternverzeichnissen in astronomischen Handshriften des zehnten bis vierzehnten Jahrhunderts, Wiesbaden : Harrassowitz, 1966, .. À la fin du Moyen Âge, on lit Enif, Scaligero Enf Alpheras dans l’Uranometria de Johann Bayer (1603) Johann Bayer, Uranometria, omnium asterismorum continens schemata, nova methodo delineata…, Augusta Vindelicorum : C. Mangus, 1603, fol. 19r., nom relevé par Richard Allen (1899), et qui se perpétue dans les catalogues du Paul Kunitzsch, Arabische Sternnamen in Europa, Wiesbaden : Otto Harrassowitz, 1959, .Roland Laffitte, Héritages arabes... , ..

Autres noms venus du ciel arabe :

Fum al Faras, est l’arabe فم الفرس Fum al-Faras, « la Bouche du Cheval »Roland Laffitte, Étymologie des noms arabes d'étoiles, op. cit. sur le site de la Selefa (Société d’Études Lexicographiques et Étymologiques Françaises & Arabes, 31 décembre 2002, ., que ᶜAbd al-Raḥmān al-Ṣūfī relève sur l’astrolabe(ar/fr) Hans Karl Frederik Christian Schjellerup, Description des étoiles fixes composée au milieu du de notre ère par l'astronome persan Abd-al-Rahman Al-Sûfi. Traduction littérale de deux manuscrits arabes de la Bibliothèque royale de Copenhague et de la Bibliothèque impériale de Saint-Pétersbourg…, Saint-Pétersbourg : Eggers et Cie, 1874, repr. Fuat Sezgin, Islamic mathematics and Astronomy, vol. XXVI, Frankfurt am Main : Institut für Geschichte der arabisch-islamischen Wissenschaft an der Johann Wolfgang Goethe-Universität, 1997, (fr.).. Figurant dans le traité d'al-Qazwīnī ( s.) édité par Christian Ludwig Ideler (1806), lequel donne la transcription‘fom el feres‘(ar/de) Ludwig Ideler, Historische Untersuchungen über die astronomischen Beobachtungen der Alten, Berlin : C. Quien, 1806, ., il est relevé comme nom dans des catalogues du par Richard Hinckley Allen (1899) Richard Hinckley Allen, Star-names..., op. cit., ., qui contribue à le maintenirRoland Laffitte, Héritages arabes. Des noms arabes pour les étoiles, Paris : Geuthner, 2001, , n. 372..

Jahfelez alferaz est l‘arabe جحفلة الفرس Ğaḥfalat al-Faras, « la Lippe du Cheval ». Ce nom est également relevé sur l’astrolabe par ᶜAbd al-Raḥmān al-Ṣūfī. Introduit sous la forme ‘jachlefez alferaz‘ dans le Tables tolédanes ( s.) Paul Kunitzsch, « Typ XIII », in : Typen von Sternverzeichnissen in astronomischen Handshriften des zehnten bis vierzehnten Jahrhunderts, Wiesbaden : Harrassowitz, 1966, ., on le retrouve, probablement à partir de Christian Ludwig Ideler (1806)(ar/de) Ludwig Ideler, Historische Untersuchungen..., op. cit., ., chez Richard Hinckley Allen (1899) Richard Hinckley Allen, Star-names..., op. cit., ., à partir de qui il figure comme nom dans les cataloguesRoland Laffitte, Héritages arabes..., op. cit., , n. 372..

Propriétés Enif est une supergéante orange de type spectral K2b-. Elle est environ 12 fois plus massive que le Soleil et on estime qu'elle est âgée de . Malgré son jeune âge, elle est donc déjà dans les dernières phases de son évolution stellaire. Bien qu'Enif n'ait plus que quelques millions d'années devant elle, on ne sait toujours pas si elle va exploser en une supernova ou devenir une naine blanche inhabituelle à néon et à oxygène, car sa masse se trouve à la limite entre les étoiles destinées à exploser et celles destinées à devenir des naines blanches très denses. Le rayon de l'étoile est autour de 183 fois plus grand que le rayon solaire, elle est près de fois plus lumineuse que le Soleil et sa température de surface est de .

Enif est une variable irrégulière à longue période de sous-type LC, dont la magnitude apparente varie habituellement entre 2,37 et 2,45. Toutefois, en 1972, elle semble avoir procédé à l'éjection d'une vaste quantité de matière qui a amené sa magnitude jusqu'à 0,70 durant quelques minutes. Il est ainsi possible que les supergéantes rouges telles qu'Enif connaissent de gigantesques éruptions qui sont considérablement plus lumineuses que les éruptions solaires.

Dans la fiction Epsilon Pegasi est l'emplacement d'un avant-poste majeur dans le jeu FreeSpace 2, la Station Enif.

Références

Voir aussi Articles connexes Liste des étoiles les plus brillantes Liste d'étoiles de Pégase

Liens externes

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