La famille de Clérieu(x) est une famille noble éteinte du Dauphiné.

Origines La recherche des origines de la famille de Clérieu nécessite l'interprétation des actes de donation qui donnent des indications sur les filiations probables à partir des noms utilisés qui sont considérés comme des anthroponymes de la famille.

Les plus anciens membres assurés remonteraient au à Silvion (ou Sylvion) l'Incendiaire (870-après 930), mais les historiens ont relié la famille aux évêques de Valence, Bonit (788), Salvius II (800), et Adon (835). L'évêque de Valence Bonit serait lui-même l'arrière-petit-fils de l'évêque de Clermont, Bonitus. À partir de cette filiation certains historiens comme Christian Settipani., Laurent Grimaldi (thèse). et Pierre-Yves Laffont. ont fait remonter leurs origines aux familles gallo-romaines des Salvii, des Syagrii et des Aviti.

Le premier membre rattaché à la famille de Clérieu est Silvion, marié à Didane, connu par un acte de 812 lui donnant, avec l'accord de l'archevêque de Vienne Barnard, l'usufruit de biens donnés au chapitre de Saint-Maurice de Vienne par l'archevêque Ursus (740-après 796)Les Clérieu (version 2), acte RD (Regeste dauphinois) 593Chanoine Ulysse Chevalier, Regeste dauphinois, acte RD593..

Entre Silvion (ou Sylvion) et Silvion l'Incendiaire, les historiens ont placé un Silvion connu en 810, un Léger né en 840, mort avant 903, marié à Gotolinde, père de Gomberge mariée à Ungrinus, né vers 850 et mort avant 921, et de Rostaing (Rostagnus) né vers 870 et mort après 903, coadjuteur de l'archevêque de Vienne cité en 903. On trouve deux actes concernant Rostaing archevêque de Vienne : vers 903 : Rostagnus, archevêque de Vienne, donne à Dieu et à saint Maurice l'église Saint-Pierre de Vilaris. Sa mère Gotolende et son frère Adon souscrivent à l'acte 903RD 976. : Rostagnus, évêque par la grâce de Dieu [coadjuteur de Vienne] donne à l'église [de Romans] dédiée aux martyrs Séverin, Exupère et Félicien pour le repos de son père Léger [Leodegarius], de sa mère Gotolinde, de ses frères Guillaume, Adon et Didier, deux manses à ArthemonayRD1137...

Personnalités Silvion l'Incendaire Un acte du indique : Donation par Silvion [Silvion l'Incendiaire], pour le repos de l'âme de son père Ungrinius, de sa mère Gomberge, de son oncle Gailenus, à l'église (de Romans) sur l'Isère, que gouvernent Alexandre, archevêque [de Vienne], et Remegarius, évêque [de Valence]. Les biens sont situés dans le pagus de Valence, et comprennent la villa de Carliaco, l'église Saint-Michel de Pisançon, , celles de Saint-Auban et de Saint-Ferréol à Pectoratis (commune de Chatuzange), etc.RD1051.

Vers 930, l'archevêque de Vienne Sobon a des difficultés avec les moines de l'abbaye Saint-Barnard de Romans. Pour les mater, il a envoyé ses soldats sous le commandement de Silvion à Romans. Ces soldats pillent et incendient l'abbaye. Les moines s'adressent alors au pape Jean XI qui décide alors de mettre l'abbaye sous sa protection et la soustrait à l'autorité de l'archevêque de Vienne. Dans le bref émis par le pape, probablement en 932, Silvion s'accuse d'avoir fait incendier l'abbaye, fait pénitence et s'oblige à la reconstruire. Dans la rédaction du cartulaire de l'abbaye de Romans, les moines de l'abbaye ont continué à affirmer dans le préambule du bref que c'est Sobon qui a donné l'ordre de brûler l'abbaye et que Silvion n'a fait que l'exécuterChanoine Ulysse Chevalier, Cartulaire de l'abbaye de Saint-Barnard de Romans, partie, (817-1093), , Romans, 1898 (lire en ligne).

Silvion, pour se faire pardonner, s'est rendu à Rome et s'est agenouillé devant le pape. Le pardon lui est accordé sous les conditions de faire pénitence publique, de donner d'importantes aumônes et d'affranchir soixante serfs. Cependant, Silvion a conservé les terres de l'église située aux portes de Romans qui a constitué le domaine de la baronnie de Clérieux. L'archevêque Sobon a donné à Silvion le domaine de Génissieux aux portes de Romans. Ce domaine est entré dans les possessions des dauphins de Viennois par le mariage de Gotelène, fille de Silvion de Clérieu avec Guigues d'Albon, vers 1000, parents de Guigues d'Albon.

Sa fille Gotheline est mariée à Geilin , comte de Valentinois entre 943 et 960. Ensemble, ils font des dons à l'abbaye Saint-Chaffre en 956 ou 962RD1241.

Silvion Il est qualifié dans une charte de 994 de magnificus vir. Comme ses ancêtres il a eu des querelles avec les moines de la collégiale Saint-Barnard de Romans-sur-Isère dont les possessions étaient limitrophes des siennes. D'abord pour la manse de Bouverie que son trisaïeul leur avait usurpé du temps de l'archevêque de Vienne Sobon (927-949), puis au sujet des remparts que les moines ont élevés malgré lui autour de Romans. Craignant comme les moines de Romans la puissance envahissante des comtes d'Albon, ces conflits ont été limités. Le , probablement 973, Silvion et son épouse Wila, pour obtenir le pardon de leurs péchés, donnent à l'église de Romans que gouverne l'abbé Guillaume une manse à ChanosRD1340. Dans un acte rédigé vers 995, Silvion de Clérieu considérant la gravité de ses péchés mais confiant dans la miséricorde de Dieu, avec l'assentiment de l'archevêque Thibaud, restitue à la basilique de Saint-Pierre à Romans l'église de Saint-Romain, avec ses dépendances, port et moulinsRD1498. D'après une charte de l'abbaye de Cluny, en 976 ou 977, Silvion, son épouse Wila et leur fils Guillaume ont fait donation à l'abbaye de Cluny de biens dans le pagus de Viviers pour la fondation d'un prieuré à Rompon dédié à Saint Pierre. Vers 1024, Wila, du consentement de Guillaume, donne à l'église de Romans fondée par saint Barnard, pour sa sépulture et l'âme de son mari Silvion, un manse à Saint-Martin (sur Chatuzange), au pagus de Valence mais s'en réserve l'usufruitRD1677.

Les enfants de Silvion et de Wila de Vienne sont : Adon (d'après Anatole de Gallier), Gotelène, Guillaume l'Ancien (aussi surnommé Rufus dans un acte) ou Fides. Pour Giraud et Anatole de Gallier, Laurent Grimaldi et Pierre-Yves Laffont, Fides est la fille de Silvion . Par contre, dans un acte de donation de Wila dans le pagus de Valence, vers 1024, Guillaume dit qu'il est le fils de Wila. Adon est le seigneur de Clérieux.

Guillaume l'Ancien Il est marié avec Fides. Le couple n'est connu que par les actes de leurs enfants. Ils sont morts avant 1045. Si certains historiens ont fait de Fides la fille de Silvion , il est plus probable qu'il soit le fils de Silvion . Leurs enfants sont : Guillaume Manceps, le riche ou le cupide. ArmandLe fait qu'un de leurs fils se prénomme Armand pourrait rattacher Fides à la première ., Adon, Léger, abbé de Saint-Barnard de Romans en 1025, archevêque de Vienne en 1031. Le fait que Léger soit le fils de Guillaume et de Fides est montré par une charte du concernant son élection se trouvant dans le cartulaire de Saint-BarnardCartulaire de Saint-Barnard : 23 novembre 1025. Cette charte montre aussi que l'abbaye est un fief de sa famille qui possède tous les revenus et tous les droits qui lui sont attachés. Léger, puis Armand, passent des actes avec Bernon de Bressieu, père d'Armand de Bressieu, concernant le château de Pisançon à titre de bénéficeCartulaire de Saint-Barnard : acte et note de l'acte .

Adon Adon de Clérieu, chanoine de Romans, fils de Guillaume l'Ancien et de Fides, frère de Léger, archevêque de Vienne, de Guillaume Manceps et d'Armand. Dans un acte du vers 1044, il fait don du mas de Drotian, dans le village de Saint-Paul et de ses dépendances en terres et en prés à l'église de Romans. Ses frères Léger, Guillaume et Armand, ainsi que sa mère Fides, signent l'acteCartulaire de Saint-Barnard : 28 juin vers 1044. Cet acte nous informe qu'Adon a été chanoine de la collégiale Saint-Barnard avant de revenir à la vie laïque, peut-être après le décès d'Armand, et d'avoir des enfants. Un acte du /1053 fait à Romans indique que l'abbaye de Romans a été détruite par Sobon, archevêque de Vienne, et en a distribué les biens au plusieurs chevaliers. Par la suite, avec l'aide des archevêques de Vienne Thibaud et Burchard, les moines ont essayé de récupérer leurs biens sans y réussir. Ils se rendent alors au synode réuni à Rome par le pape Léon IX, avec 72 évêques, dont Léger, archevêque de Vienne. Le pape demande à Léger de faire rendre les biens saisis. Il n'y réussit pas complètement. Adon de Clérieu est présentRegeste dauphinois (RD1902)..

Guillaume II Dans un acte de donation à l'église de Romans (RD2448), Guillaume II de Clérieu se dit le fils d'Adon et le petit-fils de Guillaume RufusRegeste dauphinois (RD2448).. Cet acte rend peu probable la généalogie proposée par Laurent Grimaldi faisant de Guillaume II le fils d'un Guillaume de Clérieux, petit-fils d'Adon, frère de Fides.

Guillaume de Clérieu est le fils d'Adon et l'arrière-petit-fils de Silvion . Le se plaignent que Guillaume de Clérieu, fils d'Adon, prélève d'injustes redevances sur leurs vignes de MarnasRegeste dauphinois(RD2522).. En 1095, le pape Urbain II le menace ainsi que François de Royans du glaive et de l'indignation apostolique s'il ne répare pas les graves torts qu'ils ont fait aux chanoines de RomansRegeste dauphinois (RD2570).. À la fin du , il est intervenu comme médiateur entre Lambert François et l'église de RomansRegeste dauphinois (RD2791).. À la fin du , il donne son accord à la donation de Guillaume, fils de Lanthelme de Mercurol, faite à l'église de RomansRegeste dauphinois (RD2802).. Vers 1100, un accord est passé entre Guillaume de Clérieu et Lambert François au sujet du château de Pisançon. Lambert François le tenait seul alors que Guy, archevêque de Vienne et abbé de Romans, et les clercs de cette église l'avaient donné à GuillaumeRegeste dauphinois (RD2757).. Il est témoin vers 1108 d'un don de Guillaume de MercurolRegeste dauphinois (RD2989).. Il signe un acte de donation en 1111 faite par Guillaume, fils de Austorgius, à l'église de RomansRegeste dauphinois (RD3077)..

Silvion II En 1130, Silvion de Clérieu rend à l'église de Romans la manse de la Bouverie mais s'en réserve l'usufrit. Il se désiste de ses exigences sur les terres de Saint-Barnard à partir du Chalon mais les châtelains de Clérieu et les autres chevaliers ont des réserves. Il confirme les donations de ses ancêtres Silvion, Guillaume, Adon et de son père Guillaume. L'acte est confirmé par son épouse Mételine et Guillaume, abbé de Saint-FélixRD3444.

En 1132, nouvelle querelle entre Sivion de Clérieu et les moines de Romans au sujet de la hauteur des portes de la ville. Trois évêques sont nommés pour faire la médiationRegeste dauphinois(RD3471).

Le , Silvion de Clérieu, sa femme Mételine et son fils du même nom font une donation à la commanderie de RicherenchesAnnoté par le marquis de Ripert-Monclar, Cartulaire de la Commanderie de Richerenches de l'Ordre du Temple (1136-1214), Fr. Seguin imprimeur à Avignon et H. Champion éditeur à Paris, 1907 (Lire en ligne : Charte n°30). Cette charte est signée comme témoins par Rostaing de Sabran et Raymond de Toulouse qui n'a alors que 7 ans. C'est la première mention du futur Raymond V de Toulouse dans cette partie des états de son père.

En 1144, un accord est passé entre Jean, évêque de Valence, et Silvion de Clérieu, par l'entremise d'Étienne, archevêque de Vienne, et Hugues, évêque de Die. Silvion cède à l'évêque de Valence le château et mandement d'Alixan avec tous ses droitsRegeste dauphinois(RD3719)..

Dans un bref du , l'évêque de Valence dans lequel on apprend que l'abbé Béraud et les moines de l'abbaye Saint-Chaffre se sont plaints de Silvion de Clérieu et d'Arnaud de Crest qui s'emparent des biens du monastère de Cliousclat (Clivum).