Le vice-amiral Robert FitzRoy, né le à Ampton, dans le Suffolk, et mort le à Londres, dans le quartier de Upper Norwood, est connu comme le capitaine du célèbre , chargé de missions hydrographiques et cartographiques en Terre de Feu. En 1839, il publia simultanément avec Le Voyage du Beagle de Charles Darwin son propre récit Narrative of the Voyage of the HMS Beagle.
Gouverneur général de Nouvelle-Zélande de 1843 à 1845, il essaye de protéger les Maoris de la vente illégale de leurs terres aux colons britanniques.
Ce fut l'un des premiers météorologues, auteur de Weather Book, Remarks on New Zealand, il popularisa un système de prévisions météorologiques à court terme appelé le baromètre de FitzRoy. Il devint en 1854, le premier directeur du Meteorological Statist to the Board of Trade, l'ancêtre du service météorologique britannique actuel (Met Office). Il fut également hydrographe.
Il se suicida en se tranchant la gorge avec un rasoir, à l'aube du , dans son appartement de Westow Hill, près de Crystal Palace, à Londreshttps://nzhistory.govt.nz/page/former-governor-fitzroy-dies-suicide..
Jeunesse Robert FitzRoy naquit à , Ampton, dans le Suffolk, en Angleterre, dans la plus haute aristocratie britannique des grands commis de l’État. Par son père, le général Charles FitzRoy (1764-1829), Robert étant le petit fils au du roi Charles II d'Angleterre ; son grand-père paternel était Augustus FitzRoy (3e duc de Grafton) (1735-1811), duc de Grafton. Sa mère était la fille du premier marquis de Londonderry et la demi-sœur du vicomte Castlereagh, qui devint secrétaires d'État des Affaires étrangères. À partir de l’âge de quatre ans, Robert FitzRoy alla vivre avec sa famille à ou nommé aussi , leur résidence dans le Northamptonshire.
Carrière En , à l'âge de douze ans, Robert FitzRoy entre à l'Académie royale de la Marine au collège royal naval de Portsmouth, et l'année suivante dans la Royal Navy. À quatorze ans, il embarque comme étudiant volontaire à bord de la frégate , qui vogue vers l’Amérique du Sud durant le milieu de l’année 1820. Robert FitzRoy sert ensuite sur le comme aspirant. Il complète sa formation avec succès et est promu lieutenant le , après avoir passé ses examens avec la meilleure note possible. Après avoir servi sur le , il est engagé en 1828 comme flag lieutenant par le contre-amiral , commandant en chef de la flotte d'Amérique du Sud, à bord du .
À cette époque, le , sous la direction du capitaine Pringle Stokes, menait une campagne de relevés hydrographiques en Terre de Feu. Le commandement général était assuré par le capitaine Phillip Parker King sur le . Pringle Stokes devint très dépressif au cours du voyage et se suicida. Sous la direction du lieutenant Skyring, le navire rejoignit Rio de Janeiro, où Otway engagea Robert FitzRoy comme capitaine (temporaire) pour le Beagle, le . Lors du retour du bateau vers l’Angleterre, le , Robert FitzRoy y établit sa réputation d’ingénieur et de commandant.
Durant son voyage, quelques-uns de ses hommes campèrent sur la plage à terre quand un groupe des habitants de la Terre de Feu (les Fugéens ou Yagan) s’emparèrent de leur embarcation. Son bateau leur donna alors la chasse et après une échauffourée, les familles des coupables furent ramenées à bord comme otages. En fin de compte, FitzRoy se saisit seulement de deux garçons, une fille et deux hommes, mais l’un des hommes s’échappa. Comme il n’était pas possible de les débarquer de façon opportune, il décida de les emmener et de civiliser ces « sauvages » en leur apprenant l’anglais, les bases du christianisme et l’utilisation des outils les plus communs avant de les ramener ultérieurement comme missionnaires.
Les marins donnèrent des noms à leurs captifs : la fille fut dénommée Fuegia Basket (ainsi dénommée parce que le remplacement de leur bateau volé fut un simple esquif improvisé : un coracle, qui ressemblait à un panier), le garçon Jemmy Button (Robert FitzRoy l'acheta contre des boutons), et l'homme fut nommé « York Minster » (d'après le nom d’un rocher près duquel il fut capturé). Le second garçon fut appelé « Boat Memory » Robert FitzRoy les ramena tous les quatre sur son bateau jusqu'en Angleterre. Malheureusement « Boat Memory » décéda à la suite d'une vaccination contre la variole. Les autres en guérirent et furent éduqués par le missionnaire Richard Matthews; jusqu'à ce qu'ils fussent considérés comme assez « civilisés » pour être présentés à la Cour durant l'été 1831.
Le second voyage du HMS Beagle
Au début de , Robert FitzRoy, de retour en Angleterre, se présenta comme candidat des Tory pour le siège d’Ipswich lors des Élections Générales, mais il fut battu. Ses espoirs pour obtenir un nouveau poste et pour organiser un projet de nouvelle expédition vers la « Terre de Feu » semblaient alors s’évanouir. Il s’arrangea néanmoins pour affréter un bateau à ses propres frais pour retourner voir les Fuegians avec Matthews, son ami d’alors : Francis Beaufort, qui était un hydrographe de la Navy de l’Amirauté. Son « oncle compréhensif », George FitzRoy, intercéda pour son compte auprès de l’Amirauté. Le , FitzRoy fut réengagé comme commandant sur le Beagle. Il ne regarda pas à la dépense pour équiper le navire.
Il était conscient de la solitude qu'impliquait le commandement. Il connaissait les suicides tant du capitaine Stokes que de son oncle, le vicomte Castlereagh, qui s’était sectionné la gorge en 1822, alors qu'il est en fonction au gouvernement. Robert FitzRoy en parla à Beaufort en , en lui demandant de trouver un compagnon de voyage, un agréable gentleman, capable de partager les tâches scientifiques, sachant faire bon usage des opportunités de l'expédition dans les recherches sur la nature, de dîner avec lui en égal et d'avoir de bonnes relations humaines. Alors que les premières approches de Beaufort ne se confirmaient pas, Robert FitzRoy prit en compte la proposition de Charles Darwin pour ce poste. Avant qu'ils ne quittent l'Angleterre, Robert FitzRoy donna à Darwin une copie du premier volume des Principes de géologie de Charles Lyell, un livre dans lequel le capitaine avait lu des explications sur les caractéristiques de la terre comme étant issue d'un processus graduel prenant place sur de très longues périodes. Robert FitzRoy avait pris en compte la demande de Lyell d'enregistrer les observations sur les phénomènes géologiques, tels que la présence de blocs de pierre erratiquesIntroduction by Janet Browne and Michael Neve to – .
De fait, Robert FitzRoy et Charles Darwin s'entendirent bien, malgré les moments de tension inévitables durant les cinq longues années du voyage. Le capitaine avait un tempérament violent et ses déchaînements lui firent gagner le surnom de « café chaud », avec des querelles parfois « proches de la folie », comme le raconta plus tard Darwin. Lors d'une occasion mémorable en à Bahia, au Brésil, Darwin fut horrifié par la description du traitement des esclaves. Robert FitzRoy, bien qu'il n'approuvât pas les brutalités, raconta comment le propriétaire d'une estancia demanda, à son esclave s'il souhaitait être libéré et celui-ci lui répondit qu'il ne le voulait pas. Charles Darwin objecta à Robert FitzRoy, qu'il pensait que des esclaves ne pouvaient répondre sincèrement à une telle question, quand elle lui était posée par son maître, le capitaine perdit alors son calme et explosa, il dit à Darwin, que s'il remettait en doute ses paroles, ils ne pourraient plus continuer à vivre ensemble et il chassa Darwin de sa table. Mais avant que la nuit ne fût tombée, la colère de Robert FitzRoy s'était apaisée et il adressa ses excuses à Charles Darwin en lui demandant de « continuer à vivre avec lui ». À partir de ce moment-là, ils évitèrent le sujet de l'esclavage. Aucune de leurs querelles ne porta sur la religion; alors que de tels désagréments survinrent après leur retour de voyage.
Sur l’île de Buttons Land en Terre de Feu, ils installèrent une mission. Quand ils revinrent neuf jours plus tard, le poste avait été mis à sac. Matthews renonça, rejoignant le bateau, laissant sur place les trois Fugéens occidentalisés afin de continuer le travail de la mission.
Alors qu’il était aux îles Malouines, Robert FitzRoy acheta une goélette sur ses propres fonds pour aider aux relevés topographiques qui lui avaient été demandés. Il la fit réaménager et la renomma Adventure, espérant que le coût en serait remboursé ultérieurement par l'Amirauté. Il retourna à la mission mise en place, mais ne retrouva que Jemmy Button. Celui-ci était revenu à son mode de vie ancien et refusa l'offre de retourner en Angleterre.
À Valparaíso en 1834, alors que Charles Darwin était absent du bateau, explorant les Andes, l’Amirauté réprimanda Robert FitzRoy pour l’achat de l’Adventure. Il prit très mal la critique, revendant aussitôt la goélette et annonçant qu'« ils aillent se faire voir pour le programme de recherche », démissionnant alors de son commandement et laissant planer des doutes sur sa santé mentale. Dès que Charles Darwin fut revenu au bateau, les officiers le persuadèrent de revenir sur sa démission et de continuer comme cela était planifié. Robert FitzRoy continua donc son voyage, naviguant vers les îles Galápagos, Tahiti, la Nouvelle-Zélande, l’Australie et l’Afrique du Sud. Il fit un détour par Bahia au Brésil lors du voyage de retour, afin de procéder à des relevés complémentaires pour s’assurer de l'exactitude de ses mesures de longitude avant de retourner en Angleterre.
Après le retour de son voyage Peu de temps après le retour du Beagle''' le , Robert FitzRoy se maria avec une jeune femme avec qui il s'était fiancé depuis longtemps. Darwin fut stupéfait, car pas une seule fois en cinq ans de leur voyage Robert FitzRoy n'avait parlé de ce projet.
Robert FitzRoy fut décoré d'une médaille d'or par la Royal Geographical Society en 1837. Des extraits de son journal quotidien, adressés à la société le comprenait l’observation suivante (page 115) :
Robert FitzRoy écrivit sa part du récit du voyage, en y incluant l’édition des notes du capitaine précédent du Beagle. Elles furent publiées en mai 1839 sous le titre de Narrative of the Surveying Voyages of H.M.S. Adventure and Beagle, en quatre volumes. Elles incluaient le volume Journal et Remarques, 1832—1836 de Charles Darwin, qui en constitue le troisième volume. Cette édition de mai 1839, en trois volumes, constitue donc également la première édition du Journal du Beagle de Darwin, avant sa réédition en un exemplaire autonome le mois d'août suivant. La participation de Robert FitzRoy comprend une section sur des Remarques avec référence au Déluge dans laquelle, il admet qu’ayant lu les travaux des « géologues, qui sont en contradiction avec l’implication, si ce n’est avec les termes mêmes des Saintes Écritures » et « bien qu’attiré par le scepticisme », « il avait fait la remarque à un ami que les vastes plaines formées de matériel sédimentaire, qu’ils avaient traversées n’auraient jamais pu être le siège d’une inondation de . » Il écrivit que dans cette tournure d’esprit et ignorant les écritures, « il était disposé à ne plus croire dans les affirmations bibliques. » Mais se sentant concerné par le fait que de telles idées pouvaient « atteindre les yeux des jeunes matelots », il expliqua son engagement renouvelé pour une lecture littérale de la bible avec les arguments que les couches de rocher les plus hautes dans les montagnes, contenant des coquilles sont une preuve de cette inondation du temps de Noé ( et que les six jours de la création ne pouvaient pas s’être étendu sur des éternités, parce que l’herbe, les plantes et les arbres” seraient morts durant les nuits prolongéesA very few remarks with reference to the deluge., chap. XXVIII de R. D. Keynes, Charles Darwin's Beagle Diary, Cambridge, Cambridge University Press, 2001, pp. xxi–xxii.