Marie-Madeleine-Claudine Lidoine, appelée en religion Mère Thérèse de Saint-Augustin ou parfois Madame Lidoine (Paris le - Paris le ) est la mère supérieure des Carmélites de Compiègne qui furent guillotinées à Paris durant la Grande Terreur.
Béatifiée avec ses sœurs carmélites martyres de Compiègne le par le pape Pie X, elle est fêtée le . Elle est canonisée le par le pape François.
Biographie Enfance et entrée au Carmel Marie-Madeleine-Claudine Lidoine est née . Lorsqu'elle se présente pour entrer au Carmel, elle ne parvient pas à rassembler la dot nécessaire. La mère supérieure du couvent de Saint-Denis, Mère Thérèse de Saint-AugustinElle était également la fille du roi Louis XV., lui verse alors sa dot pour faciliter son admission. En reconnaissance, la jeune carmélite prendra comme nom de religion, le même nom que sa bienfaitrice : Sœur puis Mère Thérèse de Saint-Augustin.
La Révolution Lorsque la Révolution française éclate en 1789, Mère Thérèse de Saint-Augustin est la supérieure du couvent du Carmel de Compiègne qui compte vingt-et-une religieuses.
Le décret du qui supprime les ordres religieux, outre qu'il empêche les novices de prononcer leurs voeux définitifs, impose à chacune des carmélites de déclarer si son intention est de sortir de son monastère ou d'y rester. Chacune des religieuses affirme individuellement et séparément . En , Mère Thérèse de Saint-Augustin est réélue prieure.
La Consécration pour la France Un siècle avant la Révolution, une carmélite de ce monastère, sœur Élisabeth-Baptiste, avait vu en songe toutes les religieuses de son couvent dans la gloire du ciel, revêtues de leur manteau blanc et tenant une palme à la mainLa palme est le signe du martyre chez les chrétiens. Le martyre s'entendant bien sûr comme une vie donnée, offerte par amour, sans violence et sans laisser couler un sang autre que le sien.. L'interrogation quant à l'éventualité d'un martyre pour les religieuses de ce couvent était restée présente tout au long du siècle, jusqu'à l'arrivée de la Révolution et du début des violences.
En , lorsque mère Thérèse sent dans la communauté monter le désir du martyre, elle propose aux religieuses, de faire un acte de consécration par lequel .
Cette consécration est faite d'enthousiasme par toutes les religieuses, sauf deux, plus anciennes, qui expriment leurs craintes. Elles sont moins émues par le sacrifice lui-même que de la manière dont il devra s'accomplir (la guillotine). Mais quelques heures plus tard, en pleurant, elles sollicitent la faveur de prêter à leur tour le serment, et ainsi de se joindre à leurs sœurs.
Chaque jour, la communauté renouvelle sa consécration, et son engagement à mourir pour la France.
Le , en application de la loi sur les congrégations religieuses, les carmélites sont expulsées de leur couvent. Elles sont hébergées dans la ville de Compiègne par quelques familles, et vivent réparties en petits groupes dans quatre maisons, étroitement surveillées par la police locale. Elles n'en continuent pas moins, mais secrètement, de mener leur vie selon la Règle de sainte Thérèse d'Avila et de se rendre à la messe.
Le martyre
thumb|Exécution des Carmélites, vitrail de l'église Notre-Dame-du Mont-Carmel de Quidenham (Angleterre). Les lois de Prairial an II durcissent la politique anti-religieuse et le , les religieuses sont arrêtées et incarcérées dans l'ancien couvent de la Visitation devenu prison. Elles sont envoyées le à Paris pour être jugées.
Arrivées dans la cour de la Conciergerie après un voyage harassant,
Les religieuses sont jugées sommairement, condamnées et conduites pour l'exécution place de la Nation le . . Exceptionnellement, pour cette exécution, ce fut l'inverse : Constance de Jésus, la plus jeune carmélite s'agenouille devant sa supérieure pour recevoir sa bénédiction. Puis toutes les autres religieuses suivent (après avoir reçu la bénédiction de Mère Thérèse), et enfin, la prieure monte à son tour sur l’échafaud.
Son corps, comme ceux de ses sœurs, est jeté dans une fosse commune du cimetière de Picpus voisin. thumb|Plaque commémorative du cimetière de Picpus
Béatification et canonisation
Mère Thérèse est béatifiée en même temps que les sœurs carmélites martyres de Compiègne le par le pape Pie X. Sa mémoire est fêtée le (avec les 16 autres carmélites)..
Le le pape François la proclame sainte par un décret de canonisation équipollente avec les autres martyres de Compiègne..
Notes et références
Notes
Références
Annexe Voir aussi Georges Bernanos, Dialogues des Carmélites, Paris, Seuil, 1949
Bibliographie Gérald de Servigny, Le martyre des carmélites de Compiègne, Pour l'Église et la France, Éditions Sainte-Madeleine, 2026 William Bush, Apaiser la Terreur, Clovis, Étampes, 2001
Liens externes
Les carmélites de Compiègne, Bulletin de la Société Historique de Compiègne, B34 Madame Lidoine, sur republique.de
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