Duralex est une marque qui fabrique depuis 1945 de la vaisselle en verre trempé en France. Elle est populaire pour ses modèles de verres Gigogne et Picardie ainsi que le détournement ludique des numéros de fabrication par les enfants.
Duralex Scop SA est l'entreprise industrielle de verrerie française, implantée à La Chapelle-Saint-Mesmin dans le département du Loiret près d’Orléans qui reprend la production en en société coopérative et participative (SCOP), à la suite du redressement judiciaire d' de La Maison française du verre qui détient la marque de 2021 à 2024. La Scop est placée en redressement judiciaire en juin 2026.
Historique Origines Depuis le milieu du , la famille Dessaux, célèbre vinaigrier orléanais, était propriétaire de terrains agricoles situés à La Chapelle-Saint-Mesmin dans l'agglomération orléanaise. Ces terrains couverts de vergers et de vignes permettaient à la famille Dessaux de cultiver et produire du vin afin de fabriquer du vinaigre pour son usine située à Orléans. En 1887, les Dessaux font édifier divers entrepôts et une distillerie sur la partie de la propriété située en bordure de la voie du chemin de fer Orléans-ToursEn 2025, la superficie représente exactement 14,2 hectares.. Ces anciens entrepôts sont en 2025 toujours présents et visibles sur le site. Au début du , l'activité de distillerie est progressivement abandonnée afin de permettre de développer le stockage du vinaigre..
En 1927, afin de lui permettre de conditionner sa propre production, le vinaigrier Dessaux transforme partiellement le site en verrerie avec l'installation d'un premier four à huit pots permettant de fabriquer bonbonnes et bocaux..
Société des verreries de La Chapelle-Saint-Mesmin (1930-1934) La verrerie est vendue en 1930 au parfumeur François Coty, sous le nom de Société des verreries de La Chapelle-Saint-Mesmin. Elle sert alors à fabriquer des flacons de parfum..
Saint-Gobain (1934-1997) En 1934, elle est acquise par Saint-Gobain. En 1935, l'usine compte . Cette entreprise française, qui a inventé le verre trempé à la fin des années 1930 (le processus est définitivement mis au point en 1944 et le brevet est déposé le Bulletin annuel du GHL de La Chapelle-Saint-Mesmin N° 36 (2019), article de Christian Veillon.), fait alors produire par la verrerie de La Chapelle-Saint-Mesmin des feux d'éclairages et vitres pour automobiles, sous le nom de Société d'exploitation verrière Beauce-Bourgogne (SEV). Dans les années 1970, elle produit quelques articles sanitaires et dans les années 1980, des hublots de lave-linges.
Création de la marque en 1945 La société imagine un autre débouché pour le verre trempé, la vaisselle, et dépose le la marque Duralex. Le site de La Chapelle-Saint-Mesmin est alors transformé en usine de gobeleterie pour produire des « objets en verre pour usage culinaire, notamment en verre trempé »..
gauche|vignette|Café dans un verre Duralex modèle Gigogne
Le verre de type Gigogne est lancé en 1946.. Devenu culte depuis, cette timbale ronde est le premier article de vaisselle commercialisé par la marque.. Le modèle de verre Picardie, à neuf facettes ou côtes, est lui créé en 1954.
Les années 1960 et les Trente Glorieuses constituent l'âge d'or de Duralex. Un second site de production est ouvert à Rive-de-Gier dans le département de la Loire., et un spot télévisé de la marque remporte le prix du festival international du film publicitaire de Cannes en 1965. Hors des cantines scolaires, les créations dont les lignes Gigogne et Picardie, sont depuis connues dans le monde entier, jusqu'à la boutique design du Museum of Modern Art, à New York. Vers cette époque, l'entreprise emploie environ .
Le déclin de la marque débute à la fin des années 1970. Saint-Gobain cède cette branche de son activité. en 1997 au verrier italien Bormioli Rocco. Une valse des actionnaires débute.
Duralex International France (2004-2008)
En 2004, l'entreprise est revendue à un cadre de l'entreprise associé à des investisseurs. Elle est finalement contrainte au dépôt de bilan l'année suivante. L'entreprise est alors rachetée par Sinan Solmaz, un grossiste turc de et premier client de la marque. L'usine de Rive-de-Gier, qui avait déjà été menacée de fermeture en 2002 en raison de difficultés financières, et qui employait alors , ferme définitivement ses portes cinq ans plus tard...... La société, employant alors , se déclare en cessation de paiement le puis est placée en liquidation judiciaire le .
À la suite d'une plainte déposée par le mandataire judiciaire dans le cadre de cette procédure, il apparaît que de début à , Sinan Solmaz a organisé le départ pour la Turquie de machines, de moules et de de marchandises. Ces marchandises y ont été vendues à « 20 % de leur valeur réelle », entraînant un manque à gagner pour Duralex de plus de d'euros. De plus, plusieurs centaines de milliers d'euros de créances dues à Duralex ont été encaissés par Sinan Solmaz sur un compte qu'il possède à Dubaï. Enfin, il a augmenté artificiellement la dette de Duralex au profit de ses entreprises en Turquie, grâce à des jeux d'écriture comptable. L'homme d'affaires, visé depuis par un mandat d'arrêt européen, est condamné le à trois ans de prison ferme pour abus de biens sociaux et banqueroute par détournement ou dissimulation et d'amende par le tribunal correctionnel d'Orléans..
Dès le , plusieurs offres de reprise sont déposées au tribunal de commerce d'Orléans..
Duralex international (2008-2022)
Le , ce dernier décide de confier les destinées de l'entreprise à Antoine Ioannidès, industriel franco-britannique, épaulé par deux cadres de Duralex et la famille Boulos composée d’importateurs grossistes libanais actifs dans la région du Proche et Moyen-Orient. La somme de doit être investie et préservés sur que compte Duralex, et sont supprimés.
Ce sont finalement qui sont investis au cours des dix-neuf premiers mois par les repreneurs, et ce sans soutien bancaire. Le premier exercice s'élève à de chiffre d'affaires et le bénéfice à , sur les dix-huit premiers mois.
En 2010, les principaux débouchés commerciaux des produits Duralex se trouvent au Proche-Orient, ce qui représente près de la moitié du chiffre d'affaires de la société.. En 2014, 87,6 % des activités de Duralex s'effectuent à l'export. ; six ans plus tard, ce sont toujours environ les trois quarts du chiffre d’affaires qui se voient effectués à l'étranger, principalement en Europe de l'Ouest et au Moyen-Orient.
En 2017, Duralex subit une difficulté d'ordre industriel. Lors du remplacement de son four, le racleur normalement associé à la machine est installé avec retard. Le ralentissement de la production qui en découle occasionne un manque à gagner important durant un an.
En , Antoine Ioannides annonce mandater Ernst & Young France pour faire entrer des investisseurs au sein du capital de l'entreprise verrière, avant de s'orienter au printemps 2020 vers une cession intégrale de l'entreprise..
En , l'entreprise Duralex, qui compte , est placée en redressement judiciaire...
Rachat par International Cookware En , le groupe français International Cookware, établi à Châteauroux, qui vend ses produits sous la marque américaine Pyrex, prend le contrôle de Duralex. . Avec un prix de cession d'un montant de , International Cookware promet de maintenir la majorité des emplois, de créer un plan de redressement à travers l'investissement de plusieurs dizaines de millions d'euros (entre autres en modernisant l'usine d'Orléans) et de faire naître des synergies commerciales avec Pyrex surtout pour le commercial et les achats. Le savoir-faire de l'entreprise en matière de verre trempé, très résistant, intéresse la marque américaine, bien que l'outil industriel soit vétuste. De plus, l'image vintage de l'entreprise, avec ses deux meilleures ventes que sont le Gigogne et le Picardie plus d'un demi-siècle après leurs créations, reste également un frein à une évolution, la notoriété de Duralex n'allant pas au delà de ces deux modèles : la transformation vers une image plus moderne est l'un des gros chantiers du groupe.
New Duralex International (2022-2024)
En 2022, le groupe International Cookware change de nom, pour devenir La Maison française du verre, et dans le même temps, l'entreprise Duralex devient New Duralex International..
Crise énergétique En , consécutivement à la hausse des prix de l'énergie, due à la crise énergétique mondiale de 2021-2023 l'entreprise est contrainte de cesser ses activités et mettre ses fours à l'arrêt. Les sont placés en chômage partiel..
Les fours sont redémarrés le , soit cinq mois plus tard. Durant cette période, l'entreprise bénéficie de d'aides de l'État pour faire face à cette crise..
En , l'entreprise New Duralex International se voit réclamer le paiement de « droits à polluer » liés aux activités de l'ancienne direction, d'un montant de . Ce montant, non provisionné, risque alors de mettre en péril la trésorerie de l'entreprise..
Redressement judiciaire En , La Maison française du verre, qui a acquis Duralex en 2021, sollicite l'ouverture d'une procédure de redressement judiciaire de New Duralex International (NDI) auprès du tribunal de commerce d'Orléans en raison des difficultés de l'entreprise à subvenir à ses besoins dans un contexte de flambée des prix de l'énergie...
En , quatre offres de reprise sont étudiées par le tribunal de commerce d'Orléans.. Quelques semaines plus tard, Orléans Métropole propose de racheter le terrain et les bâtiments de la verrerie pour aider les salariés à relancer l'activité via une société coopérative et participative (SCOP).. Ce dernier projet serait le seul qui permettrait d'éviter une casse sociale, selon les syndicats.. Le , le tribunal de commerce d’Orléans choisit l'offre de SCOP portée par une majorité des salariés et par le syndicat CFDT avec le soutien des politiques locaux.. Quelques jours après cette décision, François Marciano, le directeur, signale une hausse de à la suite de l’annonce de l’adoption du projet de SCOP....
Duralex SCOP SA (depuis 2024)
Le , l'entreprise Duralex SCOP SA est créée..
En , l'État français annonce prêter à Duralex dont l'objectif est d'atteindre un volume de chiffre d'affaires de 40 millions d'euros en 2029 alors que les ventes ont baissé à 24,6 millions d'euros, contre plus de 31 millions en 2022..
Le , Duralex lance une souscription auprès de particuliers via la plateforme de crowdfunding Lita afin de trouver 5 millions d'euros nécessaires à la survie de l'entreprise. Cette souscription rencontre le succès et les fonds espérés sont récoltés en quelques heures. Elle fait l'objet d'un audit financier au printemps 2026 par le Ministère de l'économie, puis d'une enquête et de perquisitions à l'automne 2026 par le parquet d’Orléans.
En , le directeur général François Marciano est remplacé par Peggy Sadier, qui occupait jusqu'à présent les fonctions de directrice marketing et commerciale France et international.
En , l'État demande un audit en raison d'une situation de trésorerie « tendue », selon le ministère de l'Économie et des Finances. La Scop est placée en redressement judiciaire en juin 2026.
Fin juin 2026, le plan de cession de l'entreprise est lancé, les candidats au rachat ayant jusqu'au 6 août 2026 pour se manifester auprès du tribunal de commerce d'Orléans. Deux offres sont considérées comme sérieuses par Bercy.
Communication
Origine du nom Le nom Duralex proviendrait de la locution latine qui signifie .
Identités visuelles
Activité, rentabilité et effectif +Activité.20142015201620172018201920202021202220232024Chiffre d'affaires en milliers d'euros.30 03531 23930 52257 78626 03823 41031 26024 610Résultat net en milliers d'euros + 340 + 143 - 429 - 1 822 - 12 355 - 4 360 - 8 480 - 37 310Effectif moyen annuel198206214231250